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 Un vagabond ne regarde jamais en arrière...

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Machi
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Machi

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MessageSujet: Un vagabond ne regarde jamais en arrière...   Mer 14 Fév - 0:06

Un temps d’hivers… Un peu de neige sur le sol, un ciel blanc, un soleil glacial et lointain, une clarté matinale. Un temps idéal pour voyager n’est-ce pas ? Il l’avait pensé, de toute façon pour lui, tout les temps étaient bon pour le voyage, qu’ils soient pluvieux, venteux ou ensoleillés, ça n’avait pas d’importance Rien ne comptait plus face à cette sensation de liberté absolu qui enlaçait son cœur tandis qu’il se laissait porter par ses jambes sur un chemin choisis au hasard. Du moins d’habitude car aujourd’hui, Machi avait un but. Et puisque les hommes étaient condamnés à être libre, il avait choisi sa route… Celle qui le conduirait à Ynis Witrin, une île cachée où elle s’était probablement installée. Probablement dis-je, puisqu’en ces temps obscurs, rien n’était moins sur que l’avenir…

Un pas sur le sentier enneigé. Un sourire fugace vint éclairer le visage de Machi, il avait toujours pensé que le jour où il s’ancrerait sur une terre, il se sentirait privée de sa si précieuse indépendance, de la liberté farouche qui courrait dans ses veines. Mais il n’en était rien ! Il avait même comme un poids en moins sur les épaules, il se sentait plus léger, et un arrière goût de bonheur revenait en lui. Parce qu’il avait choisis ses chaînes, que c’était par sa volonté qu’il allait sur cette île, et surtout parce que bientôt il la reverrait…

Nouveau sourire. Discret, rapide, un peu comme un mirage dans le fond, on pourrait presque le qualifier d’énigmatique puisqu’au fond, il n’y avait que très peu de personne qui aurait pu interpréter ce geste. Et cela était amusant, du moins pour lui. Un sace en toile sur les épaules, son regard fier sur l’horizon, son corps dégageant cette aura particulière, celle des gens qui ont « ça » dans le sang, qui ont « ça » dans les gênes, qui ont « ça » dans leur destinée. Et puis soudaine, ce petit ponton de bois qui apparaît au loin, qui semble tendre les bras comme pour vous dire : voyez c’est ici que s’arrête votre chemin, et votre long voyage qui à l’origine n’était rien du plus qu’une fuite.

Le jeune homme s’arrêta, comme pour contempler l’horizon, le visage soudain sérieux, comme celui d’un homme qui aurait quelque chose de difficile à annoncer. Un coup de vent balaya ses cheveux, il tendit la main pour recueillir au creux de sa paume quelques flocons de neige et les observa un moment, un long et silencieux moment, avant de s’exclamer dans un souffle :


« Tu devrais partir… Ta vie ne se résume pas à moi Enka. »

Mince… Repérée, mais à quoi s’attendait-elle ? Il était réputé dans le milieu pour son sens inné de l’observation, elle aurait dû le savoir qu’un simple charme ne suffirait pas à masquer sa présence. La jeune fille soupira et apparut derrière les arbres nus de feuilles. Le froid avait bleuit sa peau, mais elle ne grelottait pas, elle ne semblait même pas s’en apercevoir, tout ce qu’elle savait se résumait en une phrase : Machi allait l’abandonner et son cœur n’était pas capable de le supporter.

« Pourquoi tu t’entête ? » lança-t-il, la fixant gravement.

« Parce que… » Commença-t-elle, bien vite couper par la voix de son protecteur.

« Non… Tu crois que c’est pour cela. Enka, tu as juste peur, mais que tu le veuilles ou non, c’est ici que nos chemins se séparent ! »

Elle s’apprêtait à répliquer, il le sentait, il le voyait… Le visage de sa protégée portait les marques d’une douleur profonde, elle était pure Enka, peut-être trop pour ce monde ci. Il eut soudaine envie de l’envoyer de l’autre côté, là où les guerres n’existaient pas, la où elle pourrait connaître la sérénité à laquelle elle aspirait temps. Il s’imaginait que peut-être, sur cette île, ses sentiments envers lui s’effondreraient, qu’elle apprendrait à être heureuse et indépendante de lui. Seulement, les rêves ne sont pas toujours faits pour être réalisés, ils existent juste pour nous apporter l’espoir, et ça, Machi n’en avait que trop conscience.
Jamais il ne verrait Enka autrement qu’une petite sœur, et s’il restait près d’elle, elle en mourrait, Ely avait été formelle…

Il devait le faire… Maintenant ! Brusquement, Machi saisit le poignet de la jeune femme et l’attira contre lui, il déposa un baiser sur son front glacial avant de lui poser cette simple question dont son avenir dépendrait :


« Pourquoi veux-tu aller sur cette île dis-moi… »

« Je veux y aller pour… » Une larme se forma au coin de son œil et roula sur sa joue, elle renifla avant de poursuivre d’une voix tremblotante « Je veux être avec toi Machi ! »

Mauvaise réponse… Les yeux miels du magicien rencontrèrent son regard désespéré, il avait peur qu’il ne soit trop tard. Il l’éloigna un peu de lui, sortie un collier de sa poche qu’il lui glissa autour du cou. C’était un très beau bijou, une chaîne en or, ornée d’un rubis aux propriétés surnaturelles.

« Ferme les yeux… Enka. »

Elle s’exécuta, il commença à murmurer quelque chose dans une langue ancienne, trop lointaine pour qu’elle n’en comprenne le sens. Et puis elle s’évanouit tout simplement… Machi glissa sa veste autour de ses épaules, il la prit dans ses bras et déposa la jeune fille à l’orée du bois, contre un tronc d’arbre. Le pendentif qu’elle portait la cacherait aux yeux des êtres malfaisants, et quand elle se réveillerait, elle n’aurait plus aucun souvenir de Machi… Oh, elle se souviendrait bien d’un homme, d’un homme qui l’avait tiré de la taverne où ses parents l’avaient vendu, qui l’avait accueillit, et qui serait simplement parti un matin sans laisser la moindre trace. Un homme sans nom et sans visage.

Machi lui, n’oublierait pas cette gamine, et encore moins les premiers mots qu’elle lui avait chuchotés sur le ton du secret : « Un matin elle est partie n’est ce pas ? ». Ce serait sans doute douloureux, puis le temps passerait, la vie continuerait son petit bout de chemin, leurs chemins, comme ceux de tants d’autres personnes, avaient simplement finit par se séparer. C’était pour son bien à elle…


« Faudra que quelqu’un me paie pour ça ! Je ne travaille pas gratuitement, mon karma risquerait d’être trop positif ! » Marmonna-t-il d’un ton emprunt d’une ironie mordante.

Puis il s’avança vers le ponton de bois, il scruta cet horizon qui semblait l’interpeller, l’appeler… Ou peut-être était-ce le souvenir envahissant de cette femme brune qui l’enchaînait à lui. Il était libre de revenir à elle, elle était libre de se refuser à le revoir… Mais dans ce cas, il ferait comme il avait dit, il ferait en sorte d’être à nouveau celui qu’elle voulait.

Un sourire étrange se forma sur ses lèvres. Il s’assit avec élégance sur le petit pont et attendit, le regard rivé vers cette brume omniprésente parce que, vous ne le savez peut-être pas mais…


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Miyu
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MessageSujet: Re: Un vagabond ne regarde jamais en arrière...   Mer 14 Fév - 11:34

Il ne faisait pas spécialement beau sur Ynis, cette nuit là. Une bruine, douce et légère tombait avec un murmure régulier sur les reliefs de l'île. Elle était tombée toute la nuit, son chant d'une grande douceur s'inflitrant partout. Miyu avait passé la nuit dehors, silouhette blanche dans son long manteau de vinyle diaphane, arpentant les abords du lac. La lune n'était pas pleine, et la lumière de son croissant régulier, dessiné comme sur la feuille confiée à un enfant, était trop tamisée pour permettre une promenade sûre. Il s'était donc arrêté puis assis au bord de l'eau, sa capuche rabattue sur ses cheveux azurins. D'un coude appuyé sur ses genoux repliés, il faisait danser ses lunettes d'aviateur par petites caresses télékinétiques, du bout de l'oriculaire. Il était absent.

S'ennuyer? Lui? Pas tout à fait, il était juste en mode veille, attendant que le soleil ne vienne souiller cette bruine pour l'évaporer et éclairer l'île de milles feux. La rendre chatoyante. Il devait venir chercher quelqu'un. Cela faisait longtemps qu'il n'avait plus été appelé à cela. Les nouveaux venus se faisaient rares, sur l'île. Et on avait une explication à cela : des tarés se promenaient aux abords d'Ynis, voulant jouer le rôle de "menace" voulant les angoisser, angoisser les meneurs, les gardiens. Angoisser les soeurs Aleyna. Miyu quant à lui ne se sentait que très vaguement en danger, avec cette histoire. Se préoccuper de cela n'aurait eu pour seul effet que d'entamer la qualité de son travail, la paix avec laquelle il se laissait aller sur ce lac, seul média entre le continent déchiré et cette île de rêve.

A cette pensée, déjà loin de cette idée de menace, il s'imagina l'espace d'un instant de petites vahinées accueillant les nouveaux arrivants
'Bienvenue sur Ynis Witrin ! Ici vous serez heureux, et vivrez avec des gens gentils tout plein ! Bienvenue à Ynis !' Cette pensée (hors sujet, certes) déclancha un petit éclat de rire chez le meneur japonais, sa voix légèrement rauque (il avait gardé le silence un moment) s'envolant entre les fines gouttelettes d'eau. Puis il soupira et abaissa ses mains pour s'y appuyer, dans son dos. Les lunettes en suspension en l'air tombèrent alors , inertes, sur le sable. Il leva son visage pour constater que le ciel, déjà, se teintait de reflets opalins. Il allait bientôt quitter le confort de la grève pour s'engouffrer dans le cocon des nuées.

...

La petite barque avançait sans se presser, un peu à l'aveuglette. Les rames ronronnant, paisiblement endormies, au fond de l'embarcation, c'était grâce à l'esprit de son meneur qu'elle avançait avec toute sa délicatesse. Le mouvement était doux, bien qu'irrégulier, et pantomimait tout à fait bien celui, naturel, d'une coquille de noix poussée par l'eau. A son bord, Miyu, aux prises avec une brume plus lourde que d'ordinaire (en raison de la bruine) s'amusait de son épaisseur. Les deux mains au niveau de son visage, avec un sourire narquois, il s'était créé grâce à la télékinésie un petit théatre No, où les acteurs évoluaient en boitant, fugitifs. Il était leur spectateur, leur marionnetiste puéril, et retrouvait dans ce petit morceau de soleil levant un peu de son pays natal. Sa voix jouait tous les rôles, son ton aigu, puis grave, plutôt ridicule, il faut en convenir, piquait de petits aiguillons la main brûmeuse qui l'entourait.

Tout à coup, la brûme s'allégea et ses petits acteurs furent balayés comme par le revers d'une claque. Des rayons de soleil blancs vinrent percer à travers ces masses vaporeuses, comme des flèches de lumières, moirant la brume paresseuse de reflets pailletés. C'était un joli spectacle, d'autant plus pour un amoureux de l'eau (et de la musique !) tel que Miyu. Mais si la brume s'allégeait, cela voulait dire qu'il n'étais plus sous un nuage humide, et donc, qu'il s'était approché du continent. Il avait depuis longtemps déjà levé puis abaissé la barrière magique protégeant l'île, aussi s'attendait-il à tout instant à croiser le regard de quelque futur passager (si, bien sur, il ne s'était pas fait manger tout cru par la 'menace' des serials killers se promenant tout autour d'Ynis)

Le cocon de brûme n'était plus qu'une vapeur montant d'une eau non moins étrange, ressemblant plus à de la fumée luisante au soleil qu'à de l'eau à proprement parler.


¤~ Elle fait ça, depuis quelque temps. Peut-être manque-t-elle de Hoop? Cette petite créature avait sublimé l'eau, et la voila qui part en fumée. Cette île irait-elle mal? ~¤

Pour le meneur, c'était une réflexion comme une autre. Détaché, neutre, il n'était nullement préoccupé par tout ça. Lui, il avait été désigné comme un moine -en vinyle, avec les cheveux bleus, un broshing à toute épreuve et un sourire glauque, oui oui- un passeur d'un monde à l'autre. Il n'appartenait réellement à aucun des deux, n'ayant pas encore trouvé de réelle attache, si ce n'était le petit bout de japon qu'était la boutique de Kyoko. Un tout petit morceau de pays dans lequel il était passé en coup de vent, juste histoire de, se souvenant avec plaisir d'un univers qu'il avait quitté il y avait de ça un moment déjà.

Finalement, il entrevis le bord de l'eau. La pierre polie par les passages, puis l'embarcadère. C'était là qu'il était sensé l'attendre, cet homme qu'il était venu chercher.
Et en effet il apperçu une silouette, un peu plus loin. C'était bien un homme, qui bien qu'assis lui sembla plutôt grand et élancé. Un beau mâle...


¤~ Comme moi, quoi ~¤

... Qui à coup sur avait du en faire tomber plus d'une...

¤~ Oui voila, comme moi ~¤

Le sourire commercial d'un animateur de camp de vacances aux lèvres, il s'approcha de profil de l'embarcadère, et sitôt qu'il fut à portée de voix, fit d'une voix amusée

"Alohaaaaa"

Il eut un rire doux, en décalage total avec le froid ambiant, et même cette ambiance, glauquissima. Après tout, dans sa bulle, sa barrière mentale inviolable, il ne precevait rien. Il avait sans doute l'aura d'une huitre, donc bon, il aurait eu du mal à s'imprégner de la solennelité du moment pour respecter celle de ses voyageurs. Il hocha la tête et bondit d'un geste leste de sa barque, attérissant dans l'eau. Ses bottes blanches montant au-dessus de ses genoux, il ne se mouilla pas, et se contenta d'ôter les lunettes d'aviateur et la capuche (because I worth it *) pour accueillir plus comodément le passager.

"Bienvenue ! Machi, si je ne m'abuse? Je me nomme Takumi Miyu, et je suis votre moine pour la traversée"

¤~ J'adore cette histoire de moine ! quel dommage qu'on nous appelle "meneurs de barque" maintenant... c'est d'un sinistre ! C'est tellement plus fun, un moine ! ~¤

"Nous ne devrions pas trop nous attarder ici. Il y a des tarés en liberté qui mangent les gens avant que je ne les attrape, donc bon..."

Il éclata de rire.

"Non pas que j'ai peur, m'enfin, la perspective n'est guère réjouissante"

[* Parce que je le vaux bien]

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MessageSujet: Re: Un vagabond ne regarde jamais en arrière...   Dim 25 Fév - 11:54

Les regrets sont inutiles, il l’avait toujours dis… Ce sont des fantômes qui se nourrissent de la douleur que procurent les espoirs déchus. A quoi bon se torturer avec ce que l’on aurait pu faire, ce que l’on aurait pu dire. Le passé est derrière nous, et il doit rester immuable. L’avenir lui en revanche, devrait être vu comme une porte de sortie, une chance d’effacer ses regrets, l’espoir de devenir quelqu’un. La plupart des gens passaient beaucoup trop de temps à se morfondre et à s’apitoyer sur leur sort et leurs médiocres conditions de vies au lieu de chercher à les améliorer. Ils avaient torts, simplement torts de se faire mal alors que ce monde était peuplé de jolies choses agréables… Il suffisait juste de se donner la peine de chercher un peu. Etait-ce si difficile que cela ?

Non… Ou en tout cas pas selon Machi… Lui, il ne regrettait pas d’avoir effacé son image de la mémoire d’Enka. Ses raisons étaient valables et justifiés. Il ne s’en voulait pas de cette trahison, il l’assumait pleinement, finalement, il s’assumait tout simplement. Pourquoi cela aurait-il du être autrement d’ailleurs ?

Assis sur ce ponton, observant la neige qui ne cessait de se déposer sur ce monde, comme pour y apporter un peu de cette pureté qui n’existait plus que dans les rêves, que dans les yeux de quelques rares enfants. Ceux qui n’auraient pas encore été pervertis par la vie. Le temps passait doucement, il n’y prêtait tout d’abord pas vraiment attention, mais peu à peu, les minutes se changèrent en heure et sa patience se mua en impatience. Il commençait vraiment à s’ennuyer ici, à ne rien faire !


*Ils auraient au moins pu nous laisser du saké ! Et des amuse-gueules, histoire de faire passer le temps…*


Que voulez-vous, le jeune maître des souhaits était tout de même habitué au luxe bien qu’il soit capable de s’adapter à tout type de style de vie, ou d’ailleurs de survie. Il le fallait bien pour voyager, et en gardant ses manières nobles et gracieuses, il avait adopté un certain goût pour l’aventure, peut-être était-il une fois de plus à la frontière entre deux mondes ? Comme ici, sur ce ponton, face à cet horizon mystérieux dont il désirait trouver le secret, foulez la terre, histoire de voir ce qu’il y avait dans le coin, histoire de la revoir…

Enfin il vit quelque chose troubler l’eau ! Machi arqua joliment un sourcil interrogatif et se releva d’un mouvement agile. Ses jambes étaient engourdies et une sensation désagréable les parcourait. Tant pis, il ferait avec ! Ses yeux sombres suivirent l’approche d’une chaloupe, une chaloupe menée par un personnage qui lui parut d’emblée bien intriguant avec ses cheveux bleus. Cela fit naître un sourire sur les lèvres de Machi. Cette île n’était peut-être pas aussi ennuyante qu’il ne l’avait cru, peut-être pourrait-il même s’y plaire après tout.

Le jeune japonais s’avança vers cet étrange personnage qui venait de le saluer, il l’observa furtivement pour marquer plusieurs détails dans son esprit avant de lui répondre d’un air amusé :


« Aloha ! »

Machi mima ensuite une fausse révérence d’une solennité que l’on pouvait qualifier de prostitué bien qu’elle fut parfaitement exécutée. Il en faisait un simple jeu, comme de sa vie en général de toute manière. Il écouta attentivement son « moine » et ses conseils sans un mot bien que l’envie de lui demander si « son vœux étaient de se débarrasser de ces tarés » se fasse fortement ressentir. Vieux mécanisme de vendeur de souhait, de vendeur de rêves… A la place, il hocha simplement la tête et monta pour s’installer dans la petite embarcation.

« Quoi que s’il venait cela pourrait nous faire quelque chose à grignoter, je meurs de faim... Mais ce serait de cannibalisme non ? »

Sourire énigmatique… Etait-il vraiment sérieux ? Non, c’est du moins l’impression qu’il donnait surement en laissant échapper un léger rire. Un rire qui lui fit du bien et décrispa certaines tensions qu’il avait sans vraiment s’en rendre compte accumuler. C’était inutile de stresser ou de s’évertuer à prévoir tout les scénarios possibles et inimaginables de ce qu’il vivrait sur cette île. Soit il rêverait de manière trop optimiste, soit teinté d’un trop grand pessimiste. En tout cas, la réalité serait très certainement tout autre, et la seule manière de la connaître était de ce rendre sur Ynis Witrin.

« Dîtes vous n’auriez pas quelques chose à boire ? Du saké par exemple ? Non parce que sur mon ponton il n’y avait pas grand-chose ! Vous devriez servir des petits fours… »

Là par conte, il était sérieux… C’était une perspective un peu étrange certes, mais cela lui aurait passé le temps! Machi ne s'en doutait absoluement pas, mais la femme qu'il était venue retrouver avait énoncer la même demande lors de son arrivée ici....
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Miyu
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MessageSujet: Re: Un vagabond ne regarde jamais en arrière...   Lun 26 Fév - 1:43

[navrée, c'est un peu confus... ^^" mais le clavier me rejette, là xD]

Le jeune homme était souriant… Il ne rechignait pas à un « aloha », et ne semblait si en sang, ni au bord de la crise de nerf, ni en pleine dépression… pas non plus anxieux… Cela fit sourire Miyu, soulagé de voir quelqu’un de normal (bon, normal pour lui, quoi) chercher à rejoindre l’île d’Ynis. Pataugeant dans l’eau devant son futur passager, le meneur garda le silence alors qu’il grimpait à bord, ses yeux fins plongés dans le ballet gracieux des flocons de neige. Il avait entendu ce qu’avait dit Machi, mais n’avait pour l’instant pas envie de répondre. Il sourit avec simplicité, puis se tourna vers le jeune homme qui déjà avait pris place à bord. Ses bottes montant à mi-cuisse couinèrent un peu lorsque, s’appuyant d’une main au rebord de la barque (la maintenant immobile grâce à la télékinésie) il bondit avec légèreté à bord. Une petite flaque d’eau s’étendit à leurs pieds alors que Miyu s’installait confortablement dans sa coquille de noix. Il poussa du pied les rames bleues, étendues au fond. Elles ne servaient pas, après tout. Il les gardait juste parce qu’il avait pris la peine de les peindre en bleu et qu’elles étaient jolies *.*
Ah aussi parce qu’en cas de passagers serial-killers ou portés sur les katanas, il aimait bien les mettre au carreau avec une simple rame, juste pour le fun, et aussi parce qu’il ne risquait pas de leur faire trop de mal avec ça (après tout, il ne craignait pas les coups, étant donné son pouvoir… Pourquoi alors s’armer comme un forcené ?) (‘puis il était non-violent :})

Bref, il poussa donc ses petites rames chéries, et sourit largement à Machi. Sa pique sur les méchants vilains des alentours le fit rire.


« Ah, il paraît qu’ils sont plutôt inhumains ^^ Je pense qu’assouvir une faim, une très grosse faim bien irrépressible, un peu comme une envie de petits fours, sur des créatures inhumaines, c’est pas tout à fait du cannibalisme »

Son faciès lumineux, il remit ses lunettes d’aviateur et arrangea ses cheveux bleus. Un dernier regard au continent, et un sourire amusé se dessina sur ses lèvres…

« C’est quand même joli, la neige »

C’était surtout très idiot… mais bon, insensible à ce que pouvaient bien penser les autres, ces derniers autres tout à fait insensibles, quoi qu’il fassent –avis aux télépathes- à ce que lui pouvait bien penser, il n’avait d’autre choix pour partager un tant soit peu ce qu’il ressentait que de dire tout ce qui lui passait par la tête. C’était devenu un mécanisme, à force. De petites phrases, lâchées comme de petites piques, sans but, ne demandant pas de suite. Souvent, ce n’étaient que de petites parenthèses, plutôt insipides, encadrant ses propos réels. Il resta une seconde silencieux, puis leva une main et, d’une caresse de l’esprit, la barque se mit en branle comme par magie (bon par magie, quoi) et commença petit à petit à s’engouffrer dans la masse brumeuse menant à Ynis. Machi avait demandé du saké… Ca lui rappelait singulièrement quelqu’un, ça. Pas un souvenir négatif, loin de là ^^
C’était comme revivre (avec la beauté plastique adéquate en moins) sa rencontre avec Kyoko. Elle avait fait la demande de saké. Les petits fours, certes, il avait oublié si elle en avait demandé mais l’alcool, en tout cas, lui avait suffisamment mis l’eau à la bouche pour qu’il fasse des pieds et des mains pour mettre la main sur une bonne quantité de bouteilles de saké. Il n’était pas aussi fin, ni aussi délectable que l’était celui de son pays… mais pour une traversée du lac… Machi avait eu de la chance, de tomber sur lui. Il voyait mal Nennvial, Aura ou Arwin lui sortir comme par magie de sous son banc une bouteille tamponnée de kanji. A la limite, le vieil homme lui aurait proposé une bonne vieille liqueur arrachant la moitié des organes vitaux de qui se risque à en boire… Mais bon. Quant à Arian… Trop classe, trop sérieux pour ne serait-ce qu’imaginer saouler.

Avec un rire léger, Miyu plongea donc une main sous le banc sur lequel reposait son joli popotin, poussa une guitare désaccordée avec laquelle il faisait des merveilles (ça c’était pour quand ses passagers étaient de sympathiques demoiselles) Et saisit deux bouteilles de saké. L’une d’entre elles était entamée, il tendit l’autre à son passager avec un sourire franc, et déboucha la sienne avec un petit ‘plop’ résonnant doucement
.

« Par contre, il va falloir se contenter du goulot. Je sais je sais pour du saké, c’est pas fantastique, m’enfin, sur une barque, c’est déjà plutôt pas mal… »

Un clin d’œil –qui ne se vit pas, étant donné les lunettes d’aviateurs- et Miyu but une gorgée de l’alcool, le sentant descendre tout au long de son parcours, à la fois doux et brûlant. L’air ambiant s’était refroidi, ça faisait donc un bien fou, ce petit saké sauvage.

« A votre santé, Machi. Profitez bien de ce saké, il est difficile d’en trouver sur l’île, malheureusement »

Il plissa le nez une seconde, jouant l’irritation avec le talent d'acteur d'un animateur de colo.

« Ils n’ont pas un sens de la fête terrible, sur cette île… »

Décalé. Il était décalé, par rapport à l’île, à son ambiance, mais aussi et surtout par rapport à tout ce qui se passait autour. Un sens de la fête peu développé… qu’est-ce que ça pouvait bien faire, quand partout ailleurs, la guerre et la mort faisait rage ? N’importe qui aurait trouvé cette réflexion déplacée, s’en serait abstenue, dans le contexte actuel… Mais pour cela, il fallait être un tant soit peu affecté par le sort du monde, non ?

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MessageSujet: Re: Un vagabond ne regarde jamais en arrière...   Dim 18 Mar - 12:59

[Inadmissible retard. Je m’excuse ^^]

« Perspective alléchante ! Peut-être auraient-ils bon goût ! Bien que leurs karmas ne doivent pas être jolis à voir… »

Machi haussait légèrement les sourcils tout en disant ces mots, semblant réellement réfléchir à la question alors qu’en réalité, ces pensées étaient totalement ailleurs ? Pas vraiment fixées sur un objet précis, vagabondant d’idée en idée sans jamais vraiment s’attarder, ce serait une perte de temps de toute manière de trop penser, de réfléchir à des choses vaines. Trop compliqué ! Trop inutile… De toute manière, maintenant qu’il était à bord de la chaloupe, il songeait qu’il y avait peu de chance qu’ils croisent lesdits « tarés ».

Miyu fit alors une remarque sur la neige, une remarque qui peu paraître sans intérêt, futile, et dont on n’aurait pas à se préoccuper et pourtant dans l’esprit de Machi, de cette petite phrase, découlait bon nombre de chose d’une importance capitale pour lui. Il neigeait, il était sous la pureté glaciale des flocons depuis un bon moment et ses vêtements de voyageur ne le protégeaient pas vraiment de la rigueur de ce début d’hivers… Et quoi de mieux pour se réchauffer que quelques gouttes de saké ? Bien entendu, notre beau Machi ne se fit pas prier pour en faire la demande, qu’est ce qui aurait pu l’en empêcher d’ailleurs… Les règles de la bienséance ? Pure hypocrisie dont il ne se servait que lorsqu’il y avait ses intérêts en jeu, sinon, il n’y prêtait aucune importance… Etait-ce une forme de franchise ? Peut-être, au moins il ne se voilait pas la face sur sa propre nature.

Et il avait bien fait ! Il se saisit d’un geste calme de la jolie bouteille et afficha un sourire ravie.


« Merveilleux ! »

Fit-il simplement. C’est vrai, qui se serait douter que Machi allait tomber sur un moine aux cheveux bleu capable de répondre à sa plus grade attente du moment : boire de saké. D’un geste noble à outrance, mais pourtant non dénué de grâce, le jeune vagabond cogna sa bouteille contre celle de Miyu avant de s’exclamer:

« Kampaï ! »

Sans attendre de plus, il entreprit de boire une gorgée de ce merveilleux breuvage… Pas mauvais ! En tout cas, comme l’on disait parfois, ça fait du bien pas où ça passe, et il ne doutait pas que d’ici quelques minutes, l’effet du froid serait moins rude. Attentif à ce que pouvait bien lui dire son moine, Machi n’en fixait pas moins pour autant l’horizon. C’était joli, la brume si épaisse qu’on n’y voyait pas à moins de deux mètre. Amusé, il songeait au nombre de personne qui devait s’extasier ou être effrayer en passant par ici. Lui, il trouvait simplement que le sort utilisé était d’une puissance extrême et excellemment bien réalisé… Ca ne lui inspirait pas vraiment autre chose.

Un sens de la fête peu développé ? Sourire ironico-divertit, Kyoko devait s’ennuyer si tel était le cas, et elle n’était sans doute pas passé inaperçue ! Pour qui passerait-elle inaperçue d’ailleurs ? Tant mieux, cela n’en serait que plus facile pour la retrouver ! Il haussa légèrement les épaules avant de répliquer à son meneur qui lui paraissait bien sympathique :


« Ah… Il va falloir leur apprendre à faire la fête non ? Qu’en pensez-vous ? »

Oui sinon il allait s’ennuyer, ou pas… Habitué à faire ce qu’il voulait, ou il voulait et quand il voulait et ce malgré l’avis et le regard des autres, Machi ne doutait pas qu’il trouverait bien quelque chose à faire sur cette île. Et puis aussi belle qu’elle soit, les gens qui y venaient chaque jour, qui y vivaient depuis des années, toute ses personnes qui avaient fuis le continent, elles devaient posséder au creux le plus intime de leur esprit, des souhaits inavouable qu’elles désireraient exaucer. Et lui, était là exactement pour ça ! Enfin presque…

Nouvelle gorgée, la curiosité et l’impatience se mêlaient en lui, il voulait savoir, c’était presque plus fort que lui… Reposant son regard de miel sur le jeune meneur, il l’interrogea, une certaine nonchalance indifférente accroché au visage :


« Dîtes moi cher moine, j’ai entendu qu’il y avait sur l’île une maîtresse des rêves, avez-vous entendu parler d’elle ? »
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Miyu
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Miyu

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MessageSujet: Re: Un vagabond ne regarde jamais en arrière...   Mar 22 Mai - 21:13

[Bon je crois que je viens de battre ton retard lol navrée, vraiment...... >< gomen gomen gomen]

Le meneur laissa un rire amusé lui échapper, il haussa les épaules, le sourire au lèvre, puis laissa un regard errer sur le continent.

"Hm... ce n'est pas tant leur karma qui a dérangé les restes de futurs passagers à nous autres meneurs.... En réalité, je miserait davantage sur leurs faux"

Puis il rit à nouveau, comme si le sujet était simplement mondain. Il était tout à fait insolent de tenir de tels propos pour un homme dans la position de Miyu, mais l'Aube du jour où l'insolence l'arrêterait n'avait su, encore, se lever. Aussi se calma-t-il simplement parce que l'instant fugace était passé, ne prêtant guère attention à l'immoralité de la conversation qu'il entretenait avec Machi.

Montés à bord, Miyu sourait simplement. Il était drôle de le voir ainsi en face de cet homme étrange. Cet homme qui somme toute lui ressemblait beaucoup. D'ordinaire, il embarquait des personnes quelque part moins "fortes" que lui-même. Des enfants, des jeunes femmes, des hommes brisés, fuyant quelque ignominie ou simplement bougeon. Mais Machi était très différent. Ils échangeaient sur un même plan, évoluaient sur un même plan. En fait, si les deux hommes s'étaient croisés au Japon, bien qu'aucune amitié ne se serait tissée en raison de la barrière de Miyu... peut-être la rencontre aurait-elle néanmoins été enrichissante. Sur Ynis... tout était applatit. Quel dommage.

Mais heureusement, le saké était toujours bon à envoyer loin en arrière ce genre de regrets, et la mine réjouie de son hôte du moment réjouit également le meneur. C'est ainsi envahis par la brume que les deux japonais trinquèrent.

"Kampaï"

Et Miyu bu à son tour. C'était amusant, en fait. Comme l'amorce de l'une de ces histoire traditionnelles. Sauf qu'il s'agirait de pêcheurs, ou bien leur tête à tête serait 'terni' d'une ambiguité qui n'était pas de rigueur.
Se penchant en arrière, Miyu fut alors plongé, tant par l'alcool de riz que par la brume, dans une petite tranche de cette vie qu'il avait laissé. La plus agréable de ces tranches. Elle fit poindre sur ses lèvres un sourire amusé. Lorsqu'il reporta son attention sur Machi, c'était pour se rendre compte que lui aussi s'abîmait dans la contemplation de la brume. Le meneur aurait bien aimé, certes, savoir ce qu'il en pensait. Mais pour lui cette masse fauve relevait d'une expérience intime, d'autant plus lorsqu'il incantait. Aussi laissa-t-il, cloîtré dans son insensibilitait, de se poser la question. Il préféra, plus par envie que par respect, abandonner ses questions au sujet de Machi pour un autre sujet plus... attrayant?

Et oui, sur Ynis, les fêtes étaient rares. Où, à la limite, elles étaient soft. C'était à déplorer. Miyu pouvait trouver un certain plaisir à un cocktail ou une kermesse... mais quelque part, il regrettait les beuveries musicales pleines de surprises et de gens... comme lui. Tantôt gamin au possible, tantôt bien dans son rôle de jeune adulte irresponsable, le meneur se languissait un peu de l'effervescence de l'Osaka qu'il avait abandonné. Il se contenta alors d'un soupir, levant les mains d'incompréhension, au son du plic plic de la bouteille de saké ainsi secouée.

"J'en pense qu'en deux ans, je ne me suis pas suffisamment tissé de liens sur l'île pour pouvoir m'imposer dans une fête digne de ce nom. J'ai rencontré, certes, une personne qui en attend aussi... mais ça ne va pas plus loin"

Cette personne, c'était évidemment Kyoko.
Depuis qu'il avait embarqué Machi, en fait, il avait pas mal pensé à elle. Plusieurs aspect de l'homme, et plusieurs de ces propres aspects qui ressortaient ainsi, faisaient échos, en lui, au portrait de la grande dame. Les trois, en effet, étaient à poser sur un même plan. Bien que chez Miyu celui du spirituel soit assez réduit. Trois modes de vie similaires. Trois façons de penser similaires. C'était du moins ce qu'il supposait au sujet de Machi.
Et enfin ce besoin de fête, vital pour Miyu. En fait, il fallait exposer les dangers de ce manque clairement : ça devenait dangereux pour lui. Un jour peut-être Miyu risquait de se laisser aller à plus de normalité, coupé de son monde. Un jour peut-être le fêtard déchu serait-il perdu dans un monde par trop sain et droit.

Alors que Machi, à nouveau, lui adressa la parole, Miyu lui signala, en levant le menton, qu'il prêtait attention à ses mots. Déjà, il l'appela cher moine, ce qui eut sur lui un effet tout à fait positif. Il se rappelait avec orgueuil ce statut initial. Sans doute était-il le seul meneur à se vanter d'exercer une profession qui à la base était monastique. Ca n'était pas sensé être exaltant... mais Miyu trouvait ça affreusement tendance.
Mais si l'amorce lui plut, la suite l'intrigua.

Il n'eut pas besoin d'une seconde pour faire le lien avec Kyoko, mais trouva amusant que Machi lui en parle alors que justement ses pensées s'étaient tournées vers elle.

"Oui bien entendu ^^ Votre serviteur à justement eut l'honneur de la guider sur l'île. Vous devez parler de Kyoko. Elle a une petite boutique en ville, si vous voulez lui rendre visite"

Miyu laissa un petit rire lui échapper.

"Et bien, il s'agit justement de celle qui se languis de fêtes arrosées tout autant que nous !"

C'est alors que Miyu fit le lien. Plus alors à cet instant qu'à celui d'avant, il trouva entre Machi et Kyoko des allures semblables. La façon de s'exprimer, de se tenir... Ces reflexions... Les deux voyages s'étaient, à peu de choses près, passés de la même manière. Alors c'était évident :

"Vous la connaissez, n'est-ce pas?"

Il lui sourit d'uu sourire plein de sa lumière ordinaire, sous les énormes lunettes noires.

Ils furent alors interrompus pas un trop plein de brume. Elle était devenue, au fil de la traversée, de plus handicapante, et à présent il était presque difficile aux deux interlocuteurs, pourtant proches, de se voir clairement. Miyu arrêta alors la barque et la fit pivoter, pour se trouver à l'avant. Sa main caressa l'air d'un geste doux, habitué à ce rite. Il dit simplement à Machi...

"A présent, je vous demanderais de cesser de vous agiter inutilement"

... laissa un rire ponctuer la phrase, puis repris son sérieux étonnamment vite pour se redresser. Il s'agenouilla sur son banc, et se mit face au vide, face à l'eau. Il leva les mains et ôta ses lunettes, les laissant entourer son cou, secoua la tête, ses cheveux azurins ondulant dans sa nuque, puis décolla ses bras de ses flancs. Il ne dit rien, d'abord, et laissa simplement la brume le reconnaître. Il ignorait si les autres meneurs en faisaient autant. En fait, cette étape là n'était pas nécessaire au rite, mais Miyu aimait cet instant durant lequel il profitait de la caresse immatérielle de cette eau. Elle vint, agitée par le magnétisme télékinétique du meneur, soulever un peu son imper, ses cheveux, et celui-ci laissa poindre sur son visage un infime sourire. Sourire qui ne brisa cependant pas son masque sérieux. Les yeux clos, il ouvrit la bouche.

Sa voix se mit alors à serpenter à la surface de l'eau, un peu différente de celle avec laquelle il parlait. Tout comme sa voix changeait lorsqu'il chantait, elle changeait lorsqu'il incantait. Légèrement cassée, un peu plus rauque. Plus profonde même que lorsqu'il entonnait des airs captés au cours de son voyage jusqu'ici, ou sur son île natale.
Non, il ne s'adressait pas avec le même ton aux hommes et à Stellae. Aux hommes et à la brume.

Le dialecte était également différent. Il était imprononçable par une personne n'ayant pas reçu le pouvoir du meneur de barque. Un dialecte dans lequel les humains et autres habitants de cette terre ne pouvaient trouver aucune logique. Il leur resterait étranger quoi qu'ils fassent.

Miyu aurait pu, quelque part, s'enorgueuillir d'un tel pouvoir mais... il s'enorgueillissait davantage de l'éclat de ce broshing qui tenait même soumis à un tel taux d'humidité.

Alors que sa voix s'élevait, la brume fut parcourue de spasmes. Elle répondait organiquement à l'appel de l'homme. Elle en eut plusieurs, où un jeu d'attraction puis de répulsion se fit entre elle et Miyu. Puis finalement, à la manière des rideaux de la scène d'un théatre, elle se déplia devant eux et offrit aux yeux de Machi la grandiose Ynis Witrin.

C'est alors que s'éteint la voix du meneur qui s'appuya à la barque. Il tourna la tête vers son passager et lui sourit, le regard amusé.

"Bienvenue à Ynis Witrin"

En général, cette vue provoquait des "aaaaah" des "oooooh", mais Miyu ne doutât pas que la réaction de Machi serait sensiblement différente. Il s'assit derrechef sur son banc et fit tourner à nouveau la barque pour remettre son passager à l'avant. Celui-ci n'avait qu'à se tourner pour voir l'épais tapis émeraude de la forêt qui recouvrait Ynis comme un manteau protecteur. Pour voir le lumineux palais de cristal qui le perçait, et perçait les alentours de ses myriades de flèches lumineuses. Celles-ci plongeaient dans le lac indigo comme sous les traits de milliers d'archers, bien que le temps ne soit pas vraiment beau. Même lorsque le ciel était gris, comme c'était le cas aujourd'hui, il y avait ici une lumière exceptionnelle.
Miyu n'était pas réellement friand de ce type de décors Idylliques, mais il était lui aussi satisfait. La brume, qui se refermait dans le sillage de la barque, lui effleurait les omoplates, ce qui lui procurait un certain plaisir.

La barque se remit en marche pour achever enfin la traversée du lac.

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