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 Un nouveau destin (PV)

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Cissée Céol
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MessageSujet: Un nouveau destin (PV)   Mer 27 Fév - 2:52

Cela faisait quelques jours que Cissée n’était pas allée sur le continent. Depuis sa rencontre avec Anarion, l’escorteur de l’au delà. Quelque chose la retenait sur l’île, une envie de calme, une étrange envie d’ailleurs pour une jeune fille sans cesse à la recherche de sensations fortes. Comme ce dernier l’avait dit, depuis qu’elle était rentrée de cette rencontre, les questions se bousculaient, tout comme les images de ce futur chaotique dont elle avait eu droit à l’avant première. Pourquoi elle ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi… ? Pourquoi… ? Elle restait, là sans bouger des journées durant en vain.

De plus, elle abandonnait son poste de chevaucheuse. Du moins elle l’avait mis en suspend du coup, et elle ne savait pas si cela serait vraiment du goût de Dan, leur chef. Ainsi, elle se prit en main, et décida daller sur le continent, reprendre du service, et qui sait peut être faire ce que le démon lui avait dit. L’appeler. Mais pourquoi était elle dans cet état. Elle avait vraiment envie de l’appeler de lui parler comme si une entité étrange l’y poussait. Elle se croyait devenir fille mais n’était ce pas réellement le cas ? Peut être que tout cela lui montait finalement à la tête.

Une fois que Lily l’apprentie meneuse de barque l’eut déposé de l’autre côté de la rive, la jeune chevaucheuse, accompagnée de sa fidèle amie se mit en route pour le village le plus proche. En chemin, elle traversa un bois, réputé pour cacher de nombreux démons. Elle put le vérifier. Alors qu’elle avançait à pas furtif et silencieux, un zombie apparut devant elle. Elle l’observa quelques secondes avec dégoût, haine et écoeurement, puis le transperça de son épée. Trop rapide, pas assez dangereux, la jeune Cissée voulait se vider l’esprit. Elle s’affaissa alors contre le tronc d’un chêne immense, Neïla venant se poser sur son épaule lui réchauffant ainsi le cœur de ses flammes éternelles. Et elle resta là des heures durant sans bouger, ne sachant que faire. Elle savait qu’il était dangereux de rester là sans le moindre mouvement à la merci du moindre petit démon, mais c’est ce qui lui plaisait et après tout elle ne savait elle même plus ce qu’elle souhaitait.

Décidant qu’il était temps de partir à la nuit tombée, elle se redressa, et erra jusqu’au premier village. Les portes étaient en trin de se fermer lorsqu’elle arriva. L’homme, le gardien, l’incendia quelque peu, il ne comprenait pas qu’une jeune fille traîne si tard sur le contient si dangereux. Elle ne lui répondit pas, complètement dans ses pensées, et partit directement à l’auberge la plus proche. De l’argent, Ahh, non ca allait elle l’avait coincé dans la petite pochette sous son armure d’écailles. Elle se paya ainsi une boisson bien chaude, elle aimait la chaleur, et resta assise devant le comptoir, pensive. Et sans réfléchir, d’un coup, elle dit :


« Anarion »

Elle ‘lavait pensé, mais ne s’était pas rendue compte qu’elle l’avait aussi dit à voix haute. Elle se demandait comment il réagirait et comment elle verrait les choses en sa présence. C’était étrange comme ce démon avait agit sur elle, et ses pensées, sa manière de voir les choses.
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Anàrion
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Mer 27 Fév - 23:26

Plusieurs jours s’étaient écoulés depuis que l’escorteur avait fait la connaissance de Cissée. Depuis ce jour, il n’avait cessé de l’observer spirituellement depuis le sommet d’une région rocheuse dans laquelle il aimait rester seul. A chaque instant, il guettait le moment où il sentirait de nouveau son aura sur le continent car malgré sa puissance, il devait reconnaître que la barrière magique entourant Ynis Witrin l’empêchait de bien sentir les choses et les gens de cette île. Enfin, toutes ces considérations n’avaient plus grand intérêt pour lui car seul comptait son prénom que la jeune femme venait de prononcer, condition qu’il lui avait offerte si elle voulait le revoir. Imbu de lui-même, il fallait pourtant reconnaître qu’il ne s’était pas trompé sur le fait qu’irrémédiablement, la guerrière serait attirée par lui, probablement pour tenter de percer son essence où peut-être parce qu’elle s’en était déjà enivrée.

Se levant du rocher sur lequel il était assis jusque là, il se prépara à se rendre dans cette petite auberge de village où la chevaucheuse venait de s’arrêter. Avait-elle choisis cet endroit peuplé afin de s’assurer une certaine sécurité ? C’était possible mais il n’y croyait pas, pensant plutôt que même si elle pouvait le craindre, elle préférerait se battre seule plutôt que de mettre en danger des innocents. D’ailleurs, il n’avait pas non plus manqué sa performance dans la forêt contre le zombie mais aussi contre les dangers que pouvaient présenter ce lieu à une heure si tardive. Peu à peu, elle lui dévoilait sa force et il savait qu’elle était encore très loin d’avoir montrée tout son talent. L’escorteur brûlait d’ailleurs d’être celui qui lui permettrait de déployer ses forces pour un monde qu’elle pourrait ainsi façonner elle-même sans craindre personne qu’il soit humain, elfe, démon ou même divin.

Anarion avait ainsi beaucoup de projets pour cette femme mais aussi pour lui car il ne fallait pas s’y tromper, l’escorteur n’agissait pas sans arrières pensées. La jeune femme était, virtuellement pour le moment, au cœur de projets que lui seul connaissait. Il n’avait plus qu’à tenter de l’attirer peu à peu à lui, chose à laquelle il allait s’employer dès à présent.

Il ne fallut pas plus de quelques secondes au « démon » pour arriver à la porte de cette auberge. Cette fois-ci, il n’était pas vêtu de son épaisse cape noire, bien au contraire. En effet, il avait opté pour une tenue plus légère, celle qu’il revêtait depuis qu’il avait accepté son appartenance aux escorteurs de l’au-delà. La couleur, blanche, était totalement en décalage avec la noirceur de son âme mais il aimait ce contraste et aussi le fait que sa veste était ouverte sur le haut, laissant ainsi découvrir une partie de son torse. Associé à son regard rouge et à ses cheveux fins tombant jusqu’au bas de sa nuque. Bref, Anarion arborait sa tenue « traditionnelle » qui montrait, par sa légèreté et le contraste avec sa personnalité, sa confiance en lui. En effet, nul besoin d’une armure pour quelqu’un qui ne voyait personne, hormis la Mort, capable de le terrasser.

Assise au comptoir, elle prenait une boisson chaude, probablement un signe de son lien avec la chaleur. Avançant vers elle, l’escorteur attirait l’attention de la « faune locale » mais ne s’en préoccupait pas vraiment car pour lui, tous les autres n’étaient que des insectes inutiles bien loin de ses desseins. Seule Cissée l’intéressait et à un point qui le surprenait même comme si, de son côté également, elle parvenait à l’attirer par sa présence, chose qui ne fut jamais le cas avec Sykanh par exemple. Enfin, il fallait dire que le cas de la chevaucheuse était unique vu qu’il n’avait jamais laissé à quiconque de « bon » la possibilité de lui parler sans que ceci ne finisse soit de manière tragique, soit dans l’indifférence.
Une fois arrivé à ses côtés, il s’assit à son tour et prit la parole sans pour autant la regarder encore.


- « Qualifieriez-vous cet entrevue de rendez-vous Cissée ? Car si tel est les cas alors vous n’avez pas fait le choix de la personne la plus recommandable. » dit-il comme pour détendre l’atmosphère, chose qu’il ne faisait que rarement mais qui, ici, était nécessaire pour ne pas mettre la jeune femme mal à l’aise d’entrée de jeu.

Dans quel état d’esprit pouvait-elle bien être ? Il ne fallait pas être voyant pour comprendre qu’elle devait se poser de nombreuses questions suite à leur dernière rencontre. Il allait donc la laisser venir à lui et lui fournir les réponses qu’il s’autorisait à donner. Cette fois-ci, elle n’aurait pas à craindre un éventuel affrontement et bénéficiait encore de la protection de son phénix. Son volatil lui était hostile mais cette fois-ci il serait bien obligé de se rendre compte qu’il ne voulait pas le moindre mal à la jeune femme.
A présent, il allait véritablement entamer la conversation afin de mieux saisir son état d’esprit et voir ce qu’elle attendait de lui. Pour ce faire, il devait être attractif comme le ferait tout vampire cherchant à attirer à lui une proie féminine qu’il choisirait pour « saveur » et ses senteurs.


- « J’imagine que si vous m’avez fait venir à vous ici ce n’est pas pour m’entraîner dans un chambre et y faire des choses qui feront rougir d’indécence les dieux qui nous observent pour tromper leur ennui n’est-ce pas ? Bref, si vous le voulez bien, jouons au jeu des questions- réponses chacun à notre tour car j’ai l’impression que ce que je vous ai dit la dernière fois est de rigueur : chacun de nous veut saisir la personnalité et l’essence de l’autre. » dit-il en la regardant cette fois-ci.

Il serait un peu hâtif d’attribuer de l’humour à l’escorteur mais force est de constater qu’il était à l’aise en cet instant, non pas parce qu’il se sentait dominant mais parce qu’il aimait le jeu qu’il était en train de lancer. Restait désormais à voir jusqu’où cela le mènerait, jusqu’où Cissée le mènerait.
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Cissée Céol
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Jeu 28 Fév - 22:10

Cissée se tenait au comptoir, pensant à tout et à rien à la fois. Elle n’en revenait pas que finalement le démon avait raison, elle avait fini par céder et l’appeler. Mais viendrait ils seulement ? Puis pourquoi voulait elle tant le voir, lui poser ces questions ou tout simplement lui parler comme des gens civilisés. Il fallait quand même qu’elle se méfie, mais y arriverait elle seulement face aux révélations qu’elle aurait et au comportement qu’il adopterait ? Telles étaient les questions existentielles que la jeune femme pouvait se poser en sirotant son vin chaud. Un vin chaud et épicé selon sa demande pour un mélange plus explosif en matière de chaleur et de sensation piquante. Pourquoi ? Et bien Cissée, emplie elle-même du feu du dragon aimait particulièrement, cette douce sensation, qui lui apportait un certain confort. Elle avait découvert cela peu de temps avant sa rencontre avec Anarion, alors qu’elle essayait de soigner un rhume particulièrement dévastateur sur ses pouvoirs.

Quoi qu’il en soit, c’était fait, ce nom avait été prononcé. Mais en était elle consciente ? Dans ces pensées, elle avait impulsivement dit ce prénom qui la hantait jours et nuits depuis cette fameuse journée dans les marécages. C’était presque devenu maladif, même ses combats étaient devenus machinaux, sans importance comparée aux réponses qu’elle attendait. Et bien sûr, à présent que ce nom était sorti de sa bouche sans même qu’elle ne s’en rende compte elle ne s’attendait de fait pas à le voir. Elle ne vit pas que l’attention de l’assemblée s’était portée, quelques instants sur une personne qui venait d’entrer dans l’auberge.

Quelqu’un s’assit alors à côté d’elle, le froid en émanait de chacun de ses pores, Cissée le sentait très bien. Neïla, installée sur ses genoux se mit à émettre de petits sifflements désagréables. Mais ce fut avec surprise qu’elle accueillit les premiers mots prononcés par cet homme. Elle se retourna vivement vers lui et ouvrit des grands yeux en le reconnaissant. Anarion, il était vraiment apparut !! Comment d’ailleurs ? Elle ne se souvenait toujours pas avoir prononcé son nom. Puis outre cela, il était vêtu d’une manière toute à fait élégante et de fait un certain contraste opérait entre la nature de l’homme et l’allure qu’il avait. Mais vu comme cela, Anarion était plutôt attirant. Elle l’observa alors quelques instants, essayant de se convaincre qu’il venait bien de faire une plaisanterie. Mais quel décalage, vraiment !


« Comment avez-vous su où j’étais je ne vous ai même pas appelé de vive voix ?? Quant au rendez vous, pourquoi n’en serait ce pas un ? »


Un petit air malicieux avait tout de même fini par s’accrocher aux lèvres de la jeune fille. Mais au fond toujours la même angoisse, et les même questions. Et surtout cette étrange attraction qu’elle ne maîtrisait absolument pas. Son regard, elle voulait l’éviter, elle se souvenait de ce qu’il avait réussit à faire à Thylion, alors que les messagers de l’ombres sont de puissantes créatures. Cependant, il ne lui était pas possible d’échapper à ce regard de braise si profond et semblant pourtant tellement calculateur.

Cissée ne comprenait pas très bien où tout cela la mènerait et encore moins à quoi jouait Anarion avec ses petites phrases pleines de jokes et pourtant elle souriait malgré elle. Et en parlant de jeu, ce fut ce qu’il proposa ! Un jeu de questions réponses. Tellement de légèreté pour éclaircir un sujet si lourd ! Cela était presque indécent aux yeux de la jeune chevaucheuse. Mais elle ne nota rien restant fixée sur son siège ; La seule chose qu’elle nota réellement fut le regard de l’escorteur. Il l’observait dans les yeux à présent chose qu’il n’avait faite avant ! Ses yeux de braise fixaient les siens.


« Très bien, de quoi d’autre pourrions nous parler de toute manière ? Qu’attendez vous réellement de moi depuis cette fameuse journée dans les marécages ? Pourquoi croyez vous que e suis capable de choses si puissantes pour changer le futur que vous m’avez montrez ? »

Elle se rapprocha de lui, entraînant un sifflement du phénix qui s’était mis à dormir. Puis elle se saisit de la main d’Anarion. La différence de température de leur deux corps était évidente et en parfaite opposition. Le mélange de ce froid et de cette chaleur aurait presque pu entamer une danse des éléments sans que personne ne s’en rende compte excepter els deux concernés.

« Pourquoi l’être froid que vous êtes et si attiré par mon essence ? »
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Anàrion
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Ven 29 Fév - 14:31

Dès qu’elle formula sa première réponse, l’escorteur comprit deux choses importantes. La première était que, comme il pensait, elle se trouvait dans le doute allant même jusqu’à s’étonner de sa présence, assurant qu’elle n’avait pas prononcé son nom ? La deuxième était qu’elle lui répondait avec une expression qui lui indiquait qu’elle n’était pas indifférente à sa tentative de la mettre à l’aise d’entrée. Quoi qu’il en soit, elle lui donnait déjà matière à discuter, chose qui témoignait de son intérêt pour lui visiblement. Il allait donc s’exécuter tandis que le phénix troublait finalement quelque peu ce « tête à tête » qu’il voulait par dessus tout de façon à ce qu’elle ne puisse se réfugier, si elle en ressentait le besoin, derrière quelqu’un.

- « Certaines personnes pensent les choses de manière si forte qu’elles finissent par les prononcer voir même les matérialiser sans s’en rendre compte. Je sais bien que je ne suis pas quelqu’un qui inspire la plus franche confiance mais je peux vous assurer que vous avez prononcé mon nom ici même et, comme promis, je suis aussitôt arrivé auprès de vous après avoir senti cet appel. Quant à la notion de rendez-vous, je crois l’avoir trop assimilé à un sentiment amoureux pour ne pas l’appliquer à moi-même qui ne suit pas en mesure de ressentir ce sentiment si humain. » dit-il de manière posée mais à la fois concise comme s’il voulait montrer qu’il n’avait rien à ajouter à tout cela, notamment sur ce terme de rendez-vous lié à un sentiment qu’il ne maîtrisait pas, où plutôt croyait ne plus maîtriser.

Contrairement au jour où tous deux s’étaient rencontrés dans les marécages, l’escorteur ne dégageait pas d’intentions meurtrières à l’encontre de la jeune femme car il ne voulait en aucun cas la perdre, tant elle pouvait être vitale à ses plans. Pourquoi elle d’ailleurs ? C’était notamment la question qu’elle-même se posait avec intensité visiblement. Pour sa part, Anarion avait longuement réfléchi à la question même si pour lui rien n’était encore clairement établi puisqu’il devait avant tout faire pencher suffisamment Cissée de son côté, dans cette voie qu’il ne réservait qu’à elle pour le moment. Il allait donc lui répondre de manière beaucoup plus précise que la dernière fois afin de mieux lui faire comprendre sa valeur et sa place dans ses desseins. Espérant qu’elle lui donnerait du crédit, il attendrait ensuite ses réponses afin de voir si elle lui accorderait une partie de sa confiance.
Avant cela il fit un signe au tavernier et demanda qu’on lui serve la même boisson que celle de Cissée tout d’abord pour mieux la connaître mais aussi car l’odeur qui se dégageait de la boisson lui donnait envie d’apaiser sa soif. A présent, alors qu’elle avait accepté ce jeu de questions-réponses, il était prêt à lui répondre tout en continuant à soutenir son regard avec le sien qui montrait le feu de l’ambition. Toutefois, le geste qu’elle fit avant de lui poser une question supplémentaire le troubla. En effet, elle venait de lui prendre la main, chose qui était presque inconcevable pour ceux qui connaissaient la réputation macabre de l’escorteur. Devait-il alors, avec ce geste, comprendre qu’elle se trouvait au-dessus d’un vulgaire sentiment de peur à son égard ? Voulait-elle simplement le comprendre ou lui transmettre quelque chose ? Il n’avait pas encore la réponse et ceci lui plaisait beaucoup d’ailleurs. Il aimait ressentir ces stimulations que 2000 années en tant qu’escorteur de l’au-delà avaient presque effacées. Ainsi, sans le savoir, la guerrière venait de lui tendre une perche dont il allait se saisir pour son argumentation tandis qu’il ne cherchait pas à se dégager de son geste.


- « Comprenez que dans le futur qui s’annonce, les démons auront définitivement remporté la bataille contre ceux qui se veulent défendre le bien. Je dois reconnaître que les combats entre les deux camps m’indiffèrent totalement s’ils ne me concernent pas. En revanche, je ne tiens pas à ce que l’un des camps écrase l’autre. Si tel était le cas alors le monde me semblerait bien insipide même si j’imagine qu’il y aurait encore des guerres entre ceux du même camp puisque la violence est un élément central de ce monde. Quant à vous, lors de notre première rencontre, j’ai senti une particularité de taille qui se trouvait dans votre sang. Il m’a fallut un bon moment avant de déterminer que vous possédez du sang de dragon. Associé à votre talent pour l’élément du feu, vous me semblez en mesure de créer une chaleur plus intense que celle de l’Enfer. Bref, vous êtes en mesure de venir troubler le futur qui s’annonce mais pour cela, il va vous falloir quelque chose en plus. »

Anarion venait d’exposer ce qu’on pouvait appeler la petite partie émergée de ces projets. En effet, il ne voulait clairement pas de ce futur dans lequel plus aucune grande âme ne naîtrait dans l’objectif de changer les choses puisqu’il n’y aurait plus d’espoir de le faire, hors, l’escorteur avait un besoin vital de ces âmes puissantes pour augmenter sa puissance et venir destituer la Mort. De plus, et c’est là que Cissée intervenait, il avait besoin d’autre chose pour ses projets et il allait le lui montrer par un petite démonstration que personne ne serait en mesure de voir mais que la jeune femme sentirait avec intensité. Ainsi, il fit passer son énergie dans la main qu’elle avait posée sur la sienne. Le froid qu’elle sentait en lui fusionnait alors avec la chaleur qu’elle détenait, offrant un ainsi une association de puissance inimaginable.
Personne n’était en mesure de déceler cette union invisible mais tous deux pouvaient sentir à quel point leur énergie, contre toute attente d’ailleurs, fusionnaient parfaitement ensemble pour aboutir à une énergie nouvelle, semblable finalement à cette troisième voie si chère au « démon ». Puis, après le fait, l’escorteur décida de passer aux mots tandis qu’un sourire de satisfaction s’était dessiné sur son visage comprenant qu’il ne s’était pas trompé sur elle.

- « Je crois qu’il est désormais inutile de préciser davantage pourquoi je suis attiré par votre essence. Ainsi, je suis en mesure de vous confier une partie de ma puissance si vous acceptez de la recevoir. Avec cette force, vous serez en mesure de changer le futur à la condition que vous en ayez vraiment la volonté. Bien sûr, je ne vais pas vous cacher que recevoir ma force c’est aussi accepter une partie de mes crimes mais ne faut-il parfois pas faire quelques entorses au règlement afin de réussir quelque chose ? La décision vous appartient entièrement. »

Sur ce point, l’escorteur ne lui mentait pas. En effet, avec l’association de leurs deux puissances, la jeune femme serait peut-être en mesure de repousser les invasions de démons. Il n’avait toutefois pas mentionné de quelle manière il lui offrirait cette force ni même tout ce que cette association lui permettrait d’obtenir personnellement. Quoi qu’il en soit, il n’allait pas en dire davantage car il devait déjà voir l’effet de ces révélations mais aussi car c’était finalement à lui de poser une question désormais.[/i]

- « A présent, c’est à moi de vous poser une question qui sera unique et simple. Ainsi, j’aimerai savoir si vous pensez qu’il est vous ait désormais possible de vous détacher de moi ? » dit-il avec sérieux sans la quitter du regard.

A première vue, avec cette question, l’escorteur montrait à quel point il se portait en haute estime mais ceci n’était qu’illusoire ici car finalement, le véritable sens de cette question était de mettre en avant que, quelle que soit la force des convictions de Cissée, elle ne serait plus en mesure d’écarter ces rencontres avec lui. Peut-être mentait-il, peut-être qu’il cherchait simplement à la tromper mais elle connaissait la force de l’escorteur et savait que ses pensées s’étaient tournées vers lui malgré ce qu’il représentait. Pouvait-elle faire marche arrière ? Telle était la question d’Anarion qui cherchait à s’attacher cette femme si particulière par son sang, sa volonté mais aussi la place qu’elle allait probablement tenir dans le destin de ce monde.
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Cissée Céol
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Sam 1 Mar - 21:58

Rencontrer un escorteur de l’au delà dans une auberge. Que pouvait il y avoir de plus étrange ? Un jeu de séduction entre deux personnes en opposition totale ? Oui peut être, mais la discussion qu’entamaient les deux personnes aussi diamétralement opposées soit elle était plus qu’attendue par Cissée. Elle avait besoin de réponses. Jamais auparavant elle n’avait subi une telle pression à cause de sa conscience. Elle avait fait l’erreur de laisser se démon s’échapper vivant la dernière fois mais elle était aussi tout à fait consciente d’être incapable de le vaincre, et puis ces mots…elle savait qu’il ne fallait pas porter trop de crédit aux mots d’un démon, même si il ne se faisait pas appeler démon mais escorteur, pour elle s’était la même chose. Néanmoins, cette fois ci, l’unique fois où elle s’était laissée approchée sur un terrain de chasse, la jeune chevaucheuse semblait prise au piège. Etait ce pour son bien, ou pour son malheur ?

« Soit. »

Fut alors la seule et unique réponse de Cissée. Elle acquiesçait par là, les précédenst mots d’Anarion. Il était fort probable qu’elle est prononcé son nom en pensant à lui, elle ne le niait aucunement, et la notion de rendez vous était fort bien traduite à ses yeux. Peut être par cette simple réponse semblait elle songeuse et évasive, et surtout peu loquace, mais ne l’étai elle pas après tout ? Mais n’était il pas tout aussi étrange de voir els rôles inversés ? D’accoutumée, les humains sont bavards et les démons pas vraiment. Et ce sont les démons qui sont attirés par la gente féminine. L’inverse se prouvait cependant et en cet instant précis, bien qu’Anarion était lui aussi attirait par l’essence de la jeune hybride.

Elle devrait se méfier, Cissée le savait, mais elle avait avant tout une soif de connaissance, elle souhaitait des réponse, et elle ne sentait pas chez l’homme d’hostilité notable. Un aimant, voila à quoi elle aurait pu l’assimiler, un aimant contre lequel on ne peut avoir aucune résistance tellement sa puissance nous dépasse. Elle se laissait aller dans ce regard, qu’elle ne soupçonnait aucunement calculateur, et pourtant…oui pourtant elle savait qu’elle ne ressortirait pas de cette auberge sans dommages. Etrange sensation s’insinuant dans l’âme sans que l’on puisse lutter contre. L’appel des réponses était le plus fort.

« Cette boisson est très forte, c’est un cocktail à ma sauce, faites attention… »

Etait ce juste un avertissement, ou un simple renseignement ? Cissée avait dit cela sur le ton de la constatation, mais à vrai dire elle n’avait réellement cure de ce que pouvait bien provoquer cette mixture chez l’escorteur. Ce qui l’importait le plus étaient les réponses, oui celles pourquoi elle n’était plus dans son état normal depuis quelques temps. Même sa témérité avait augmenté en intensité. D’ailleurs, la peur s’était enfuie, elle aussi, vague brise de quelques secondes lorsqu’un souffle apparaît pour balayer quelques grains de sables. De cela, naquit une aisance, et une facilité de contact avec l’homme qui à ses côtés se tenait, regard profond ancré dans le sien. Une main, petite, mais dure, et sachant parfaitement manier l’épée se posa alors sur celle d’Anarion. C’était bien sûr, celle de la chevaucheuse. Elle souhaitait communiquer, lui faire passer sa chaleur, pour qu’il comprenne le contraste qui opérait entre eux, contraste qui els rapprochait, ou les éloignait peut être ? Mais ne dit on pas que les contraire s’attirent ? Suite à se toucher particulièrement étrange, duquel Anarion ne se dégageait absolument pas, vint enfin une réponse. La jeune femme exposa alors ses pensées à voix haute.

« il est étrange de voir que comme un démon vous êtes vile et n’agissez que dans votre intérêt, mais il l’est encore plus en ce sens, que si l’on vous écoute bien, votre neutralité du à votre condition originelle ressort à travers vos paroles ?...Quant à ma particularité, mon sang, vous lui accordez bien trop d’importance ? Certes je maîtrise le feu, plus chaque jour, mais ma volonté, mes principes, ne surmontent ils pas le potentiel de mes pouvoirs et de mes origines ? Qui vous dit que je voudrais utiliser mes pouvoirs à de telles fins ? »

Cissée était calme, elle contrôlait parfaitement son rythme cardiaque, mais sa main étant dans celle d’Anarion, elle en profita pour donner un coup de chaleur supplémentaire, agrémentant le tout d’un sourire remplit de malice, mais tout aussi mystérieux. Puis soudain, alors qu’elle ne s’y attendait absolument pas, des picotements remontèrent le long de son bras, une énergie nouvelle, une énergie sombre, et froide. Et au même instant, Neïla se réveilla et d’une manière que la jeune chevaucheuse ne comprit pas, elle délia les mains des deux jeunes gens. Un sifflement perçant traversant l’auberge. Autre étrangeté de ce lien naissant. Mais Cisssée avait senti une telle puissance en elle ! Que penser de tout cela ? Pourquoi son amie, son phénix, l’avait elle séparé de cette union ? Cissée décida de murmurer alors quelques mots à Neïla, et celle-ci après un coup d’œil désapprobateur qui se notait malgré le fait même qu’elle était un phénix, s’envola, et resta perchée dans le coin opposé du bâtiment.

«Si je comprend bien, vous me demandez de faire un choix ? Et quand bien même j’accepterez, comment voulez vous lier nos deux puissances ? »

Il fallait le reconnaître, Cissée était intéressait par cette alliance, et si cela pouvait fonctionner, elle en réfèrerait certainement à Dan, même si il fallait qu’elle n’engage qu’elle, il fallait qu’elle essaye, qu’elle se donne au moins le moyen d’éviter un tel futur chaotique. Mais comme elle ‘lavait promis, c’était un jeu de questions réponses, et elle en avait déjà posé plusieurs, il était temps pour Anarion de faire de même. Néanmoins, pour la première fois depuis le début de cette entrevue, Cissée craignait les mots qui allaient sortir de la bouche de l’escorteur.

Se…se détacher de lui ? Quelle étrange demande, qui pourrait presque passer pour du lyrisme, ou, dans un tout autre registre, pour de la peur. La peur de ne pas être reconnu aux yeux de la jeune fille. Que répondre ? Fallait il qu’elle soit sincère ? Après tout avait elle seulement la preuve que ce « rendez vous » n’était pas un leurre, une mascarade depuis le début ? Mais dans un autre sens, le monde ne marchait il pas ainsi ? N’était il pas qu’une avancée, aveugle face au destin ?

« Me détachez de vous ? Je vous ai rencontré, nous avons parlé, peut être était ce une erreur, mais vous avez indéniablement marqué mon passage sur terre, pour mon bien ou en me damnant je n’en sais rien, ou du moins pas encore, et peut être probablement jamais ! Mais me détacher est, à ce stade, et selon avis impossible, et je crois que cela l’aurait été pour n’importe qu’elle autre personne à ma place. Et quand bien même je le voudrais, à quoi cela me servirait il ? Je n’aime pas oublier els gens que je rencontre, et je n’aime pas oublier mes combats de la même manière car ce sont toutes ces étapes de notre vie qui nous façonnent…Vous voyez cette large cicatrise sur mon visage ? … »

Elle lui montra cette ligne blanche qui traversait son visage de part en part en une ligne diagonale traversant son nez et son œil gauche.

« C’ets le vestige de l’un de mes combats et j’ai été brûlée. Certaines personnes voudraient oublier car c’est un mauvais moment, mais pas moi, et de toute manière on ne le pourrait car nous sommes marqués à vie…Vous m’avez marqué à vie Anarion, que je le veuille ou non, et que vous le vouliez ou non, c’ets ainsi. Donc pour répondre plus simplement à votre question, non je ne crois pas pouvoir me détachez de vous. Mais ne le prenez pas pour vous, il s’agit là d’un unique fait. »
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Anàrion
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Mer 5 Mar - 0:37

Depuis leur première entrevue, il fallait bien constater que chacun détenait quelque chose qui lui offrait, par moments, un ascendant sur l’autre. C’était entre autre cela qui avait empêché l’escorteur de la tuer et qui la faisait désormais entrer dans ses projets personnels. D’ailleurs, ceci était devenu la clé de leur « relation » même si la chevaucheuse n’avait pas encore conscience de la menace qu’il pouvait représenter, notamment pour son île qu’il avait pour objectif de s’accaparer en tuant les sœurs Aleyna. Elle ignorait aussi la raison de son attachement à vouloir la lier à lui d’une manière ou d’une autre. En effet, si le sang qui coulait en elle et ses aptitudes avaient autant attiré son attention, c’était pour une raison bien précise qu’il dissimulait encore parfaitement même s’il était évident que Cissée se doutait qu’il ne tournait pas autour d’elle sans buts précis. Cacher ainsi la nature de ses objectifs était donc une chose à laquelle il s’attacherait autant que possible ou, en tout cas, jusqu’à ce qu’elle soit en mesure d’être plus « ouverte » à ses choix et pratiques.
Pour le moment, il écoutait ce qu’elle avait à ajouter concernant la boisson qu’il commandait et qui, selon elle, était très forte, chose qu’il put vérifier de lui-même. Le liquide lui offrit effectivement une sensation de forte chaleur qu’il compara alors, durant un instant, à la sensation que pourrait lui offrir la jeune femme dans une étreinte corporelle. De manière générale, il était courant de penser que les « démons » étaient attirés par la gente féminine mais ce n’était pas le cas de l’escorteur qui ne se laissait aller à la luxure que si cela lui permettait d’obtenir une âme puissante. S’il l’avait désiré, il aurait pu se livrer à tous les vices possibles et imaginables en ce monde car il en possédait la puissance et la ruse mais il ne s’y pliait pas jugeant que ceci n’était pas digne de lui ou bien parce qu’il gardait encore en lui, des souvenirs si forts pour sa fille et sa femme décédées.

Quoi qu’il en soit, il remarqua à quel point la jeune femme semblait captivée par ce qu’il disait ou allait dire. Son regard était plongé dans le sien tandis que la main de la chevaucheuse était posée sur la sienne. De plus, elle ne dégageait pas de sentiments montrant sa peur, chose qui confortait Anarion dans son idée qu’elle commençait peu à peu à pencher de son côté même si c’était encore de manière très légère car il savait qu’il ne suffisait pas simplement d’attirer quelqu’un par sa personne pour le faire adhérer entièrement à sa cause.
Pour le moment, Cissée lui demandait ce qui le faisait croire qu’elle utiliserait ces pouvoirs afin de changer le futur et il allait lui répondre de manière claire tout en lui montrant qu’il n’agissait peut-être pas que dans son simple intérêt comme elle pouvait le penser.


- « Pour moi il ne fait aucun doute que vous utiliserez ces pouvoirs car vous devez avoir des gens auxquels vous tenez en ce monde et je pense que l’idée de les voir assassiner par des démons n’est pas une chose qui vous enchante. Constatez bien que la faiblesse des humains est de ne pouvoir combattre de manière totalement détachée. Ainsi, les êtres qui vous sont chers sont une faiblesse sur laquelle jouent les démons. Vous pourrez alors penser qu’il en va de même pour moi mais quoi qu’il en soit, je pense que si la situation tournait mal pour ceux que vous aimez, alors vous aurez besoin de ces pouvoirs pour les défendre. »

Dans ces mots, l’escorteur ne cherchait pas à la manipuler mais il savait que tout ou tard, s’il lui montrait l’intensité des pouvoirs qu’il pouvait lui offrir, elle ne pourrait refuser son aide d’autant plus que ses proches seraient en danger quoi qu’il arrive comme tout le reste du monde d’ailleurs et ceci on ne pourrait pas le lui mettre sur le dos.
Concernant cette puissance qu’il voulait lui transmettre, il venait de lui en faire une petite démonstration, s’étonnant même de l’intensité de cette union à moindre échelle qui fut soudainement interrompue par une intervention du phénix qui ne voulait visiblement pas de cette association. Anarion aurait pu être énervé par cette intervention mais il n’en était rien car le temps qu’elle dura fut suffisant selon lui pour faire prendre à la guerrière à quel point elle pouvait devenir puissante. Juste après cette démonstration, elle lui posa deux questions notamment sur le moyen de lier leurs puissances. Sur ce point, elle n’aurait pas de réponses car le moment n’était pas encore venu selon lui.


- « Vous dire maintenant le moyen de lier nos forces ôterait beaucoup de piments à la situation alors permettez-moi de vous laisser dans l’attente d’une réponse que vous finirez par apprendre par des faits. »

Sur ce point, on pouvait dire que le « démon » était maître du jeu et il en avait conscience tout comme il savait parfaitement le moyen d’unir leurs forces. Toutefois, pour lui, fournir une réponse à la jeune femme enlèverait tout goût à son exécution. Elle devrait donc attendre encore un peu avant d’obtenir une lumière claire à son interrogation.
Puis, ce fut à son tour de lui poser une question et la réponse qu’elle lui fit eut pour effet d’attiser encore l’intérêt qu’elle lui suscitait. Ainsi, elle lui confiait clairement le fait qu’il l’ait marqué de manière presque indélébile comme cette cicatrice qui resterait sur son visage. Elle ne voulait pas oublier les gens ou les événements de sa vie et il en serait de même à l’intention d’Anarion qui n’en avait pas espéré autant aussi vite. D’ailleurs, il devait reconnaître que cette addiction précoce le troublait quelque peu mais de toute manière ce qui comptait pour lui était qu’elle se rapproche de lui de manière de plus en plus nette. Effectivement, il se servirait d’elle mais il lui offrirait réellement une puissance suffisante pour combattre la menace future. En tout cas, cette discussion même si elle était encore relativement brève était riche et lui donna une idée qu’il allait soumettre à son interlocutrice juste après que l’escorteur ait touché avec délicatesse la cicatrice de la jeune femme comme pour lui montrer qu’il aimait cette trace du passé.


- « Je ne sais pas si vous êtes au courant du fait que non loin d’ici, dans une grotte scellée par les dieux se trouve enfermé le père des démons terrestres. Sa puissance était telle qu’il fut désigné par les démons de l’époque le désignèrent comme leur roi et les dieux comme le père de ces monstres. Alors que cet être augmentait sa puissance de jour en jour, les dieux redoutèrent qu’il finisse par les attaquer à la tête d’une armée. Ils unirent alors leur force et l’emprisonnèrent dans une grotte par un sceau que nul ne pourrait rompre. Toutefois, les démons pensent que l’union de deux êtres opposés pourrait venir briser le sceau, chose que les dieux pensent impensables. »

Anarion venait de présenter les faits, il ne lui restait plus désormais qu’à lui montrer l’intérêt de libérer le père des démons terrestres.

- « Je pense que vous avez senti tout comme moi tout à l’heure la puissance que nous pouvons obtenir en nous unissant et je pense que cela peut nous permettre de briser le sceau. L’intérêt de ceci serait de s’entraîner face à un adversaire et d’adresser un message aux dieux. En tout cas, ne vous inquiétez pas pour la puissance de ce démon, je pense qu’elle n’est pas du tout insurmontable et je vais vous le prouver. Ainsi, peut-être accorderez-vous plus de crédit à ma cause. Etes-vous prêt à relever ce défi ? »

En quelque sorte, l’appât venait d’être lancé. Cette histoire était authentique tout comme l’assurance de l’escorteur à vaincre ce père des démons terrestres. Bien sûr, ceci était un nouveau moyen de tester la jeune femme et leur union. Bien sûr, cette idée, il l’avait eut bien avant de la retrouver dans cette petite auberge et voyait même un signe dans le choix du lieu de leur rencontre qui était finalement si proche de la prison du démon. Toutefois, le but principal de cette excursion possible était de permettre au démon de briser un sceau qu’il ne pouvait pas faire seul et de s’emparer de l’âme d’un des êtres les plus puissants en ce monde. Son désir de partir vers ce lieu avec Cissée était tout à fait palpable dans ces paroles et dans son regard, restait désormais à savoir si la guerrière serait en concordance avec lui.
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Jeu 6 Mar - 13:45

Piquante, épicée, chaude, voilà des mots qui pouvaient aussi bien résumer la boisson que Cissée tenait entre ses mains, que la chevaucheuse elle-même. Des mots, inspirant joie, gaîté, féerie même, aussi bien que chaos, tristesse et mal. Un étrange contraste, mais qui englobait bien des visions du monde. Un contraste qui se notait aussi entre ces deux individus, comme inéluctablement attirés l’un à l’autre sans dans une sensuelle danse vampirique. Une danse qui mènerait certainement l’un ou l’autre à sa perte ou à son ascension…le destin, quelle vaste notion d’inconnu et de méprise ! On en parlait, mais qui pourrait le prévoir, où ne serait ce que l’entre apercevoir ? Réellement, sans aucune possibilité de changement ? Personne, la réponse était réellement simple, personne, car la fatalité n’est elle pas on plus elle-même une notion abstraite ? Et pourtant, Anarion lui exposait l’avenir, et dans cet avenir de chaos, il faisait la promotion de l’union bénéfique de leurs deux êtres. Quel beau scénario, quelle idée alléchante ! Mais Cissée, de son côté doutait, elle savait que son âme n’était pas pure. Et la sienne non plus d’ailleurs, mais au moins, sa volonté de faire le bien n’était pas factice, elle voulait voir vivre les personnes qui lui restaient et qui en ce moment même devaient dormir dans un lit douillé à rêver de leur avenir ?

Mais, bien que cela était sa volonté, l’escorteur se servait de ce fait pour la faire adhérer à sa cause. Il cherchait en elle, le point sensible, la corde qui casserait le plus facilement. Et il trouvait, et plus il en jouait, plus Cissée baissait sa garde, mais restait cette question, ce doute. Comment pouvait il penser, que malgré sa volonté de fer à garder un monde assez neutre pour que les êtres lui étant cher puissent vivre, elle utiliserait ses pouvoirs en son nom à lui, dans une alliance plus saugrenue encore que le fait même qu’elle soit attirée par sa présence. Cissée se doutait qu’il se jouait d’elle, qu’il y avait un plan sadique, ou bien très minutieux et recherché derrière cette approche, et pourtant… Elle entendait ce qu’il fallait, lorsqu’il le fallait, et ses doutes s’envolaient plus vite encore que si la magie devait opérée. Et tout cela dans une subtilité pouvant paraître effroyable de part sa finesse.

Mais plus encore, la réponse d’Anarion, bien qu’il ne connaisse son histoire, elle en était sûre, touchaient la jeune chevaucheuse au plus profond d’elle-même. Et certains mots résonnaient encore dans son esprit alors que l’escorteur avait fini. « …vous devez avoir des gens auxquels vous tenez en ce monde et je pense que l’idée de les voir assassiner par des démons n’est pas une chose qui vous enchante », voilà qui mettait Cissée hors d’elle. Soudain les images de son dernier jour dans son village lui revinrent en mémoire, et particulièrement celle de son père vira, ou faut peut importait à l’époque et encore aujourd’hui, en train d’agoniser, brûlé à vif. IL ne pouvait pas imaginé à quel point, avec ces quelques mots, plus que banals, Anarion venait de faire basculer la jeune femme dans une rage sans nom contre le mal qui pouvait régner dans ce monde. Cela devait logiquement s’appliquer à l’escorteur, néanmoins il était la source de cette demande, elle le voyait donc, inéluctablement, différemment. De plus il pouvait lui offrir ce pouvoir pour éviter cette nouvelle fatalité !

Son poing s’était crispé, ses yeux figés, et son corps chauffait sous le coup de la colère, et de l’ambition, oui l’ambition de sauver ce monde d’une manière ou d’une autre. Elle se contrôlait heureusement, et encore plus fortunée, elle resta elle-même durant l’établissement de ce lien étrange par Anarion. A travers deux mains, tant d’énergie circulait librement,c’en était assez déstabilisant. Mais Neïla était visiblement tout à fait contre cette démonstration, tout comme elle n’aimait pas Anarion, c’était tout à fait notable dans ses agissements. Néanmoins, elle retourna de suite sur son perchoir après avoir brisé le lien, comme si de rien était. Mais il fallait l’avouer, ce que l’escorteur venait d’accomplir intéressait vaguement Cissée, qui se laissait glissée, sans le vouloir sur une pente qu’elle ne contrôlerait bien tôt plus, et que certainement elle regretterait, ou non. Mais elle voulait en savoir plus, maîtriser son sujet avant de faire quoi que ce soit, et le fait que le « démon » ne veuille lui en dire plus, lui fit faire un pas un arrière. La méfiance, quelle dangereuse mère de toute prudence ! Mais ne plus contrôler une situation faisait se sentir, indéniablement, faible et sans défenses, ce que Cissée par certains côtés était. Quoi qu’il en soit, en cet instant pile, il menait la danse, et ce n‘était pas pour plaire à la jeune chevaucheuse, qui, paradoxalement, toujours décontractée, écouta ce qu’il avait dire, et surtout sa question, comme le devait le petit jeu qu’ils avaient entamé. Une question étrange soit, mais à laquelle, elle répondit, et se fit loquace dans ce but. Elle voulait montrer que sa venue, et son implication dans cette discussion n’étaient pas factices, qu’elle le faisait vraiment, par pure curiosité, ou non, mais elle était sincère. Le feu de l’ambition et celui de l’envie de vaincre n’avaient jamais était aussi présents dans son sang qu’en ce moment précis. Son regard de braise devait d’ailleurs bien le montrer.

Il effleura cette cicatrice qui lui barrait le visage de part en part, e une étrange sensation un frisson à vrai dire la parcourut de l’échine jusque dans la coup, d’une manière pas si désagréable que cela. Le touchait était froid, mais pour Cissée, bien que cela puisse paraître étrange, l’intention semblait chaude, cuisante, intéressée. Et à ce toucher s’ajouta alors une histoire, fort troublante. Elle savait pourtant, au plus profond d’elle déjà, que cette petite histoire n’était pas gratuite. Et ce qui vint ensuite, la proposition d’Anarion, ne plut pas vraiment à Cissée ! S’unir, pour libérer le démon terrestre ! Même si il était facile à vaincre avec leurs deux pouvoirs, elle ne pouvait pas se risquer à mettre en danger Ynis, avec une telle folie, non elle ne pouvait pas ! C’était hors de question ! Mais comme pour contredire cette volonté ferme de refuser, une image vint s’introduire dans son esprit.

‘ Les dragons venaient vers son village. Elle en était la cause. Elle courait, courait encore et encore, pour essayer d’aider els gens qu’elle aimait, mais trop tard. Du feu, oui des flammes de partout, envahissant toute la contrée, le petit village y comprit. Son père ? Où était il ? Le seul être vivant avec son frère et sa petite sœur, qui lui restait. Le premier endroit où elle se dirigea, fut le bon. Mais le pire était arrivé ! Après avoir fouillé les décombres, elle le trouva là, étendu sur le sol, quasiment brûlé dans son intégralité, respirant à peine. Ses dernières larmes avaient été pour lui, les ultimes, depuis le chagrin, elle ne le ressentait plus. Elle avait perdu son dernier pilier…’

« D’accord ! »

Fut la seule exclamation qu’elle eut pour montrer son accord. Elle paya alors le barman, et se leva aussi promptement que son exclamation était intervenue. Elle réajusta son ‘armure’ d’écailles, et se dirigea vers la porte d’un pas ferme et décidé. Elle attendit Anarion dehors. Elle avait besoin de prendre l’air, et surtout de reprendre le contrôle sur sa flamme interne. Neïla revint vers elle aussi et se reposa sur son épaule. Enfin, un petit combat lui ferait du bien, même si pour cela elle s’alliait au pire des manipulateurs. Mais quelque chose disait à Cissée qu’elle ne sortirait pas perdante de cette alliance. Elle récupéra sa lance et son épée.

« J’espère que tu me fais confiance mon amie… »


Dit elle alors à l’adresse de son phénix.
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Mer 30 Avr - 3:48

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Anarion se tenait fixement devant un pilier de marbre parsemé d’orchidées blanches et sur lequel reposait un large récipient rempli d’eau claire qui semblait d’ailleurs presque être la seule source « lumineuse » dans cet endroit profondément sombre situé dans un lieu que probablement aucun humain, en vie du moins, n’avait foulé.

- « Alors Anarion, tu es toujours en train de fixer cette île que tu veux détruire ? Ne comprends-tu pas que ton entreprise est vaine ? »

- « Et toi pauvre fou, ne sais-tu pas que je suis un dieu et que rien ne peut se mettre entre un dieu et sa volonté ? » répondit l’escorteur à cette voix qui semblait englober tout le lieu dans lequel il se trouvait.

- « Lequel est le plus fou d’entre nous ? Celui qui croit être un dieu alors qu’il n’en est pas un ou moi qui tente encore de tenter de te raisonner ? Je crois que nous sommes désormais tout d’eux à mettre dans le même sac mais la vérité dans tout ça c’est que quoi qu’il arrive nous sommes liés à jamais et que d’ici peu nous serons tous deux vaincus par cette femme. » renchérit cette voix vive mais également posée.

- « Tu cherches encore à me parler de cette « Cissée » c’est bien ça ? »

A cet instant, le démon caressa légèrement la surface de l’eau qui se trouvait devant lui et fit apparaître l’image de la chevaucheuse qui ne devait probablement pas se douter qu’elle était observée depuis un monde qu’elle n’avait encore jamais foulé. Durant quelques secondes, il resta silencieux et l’observa fixement avant de briser son reflet d’un coup de poing sec.

- « Je crois que tu as finalement bien fait de me reparler d’elle aujourd’hui car maintenant j’ai envie d’aller lui rendre une petite visite. Tu dis qu’elle causera notre perte et je vais prendre cela comme un défi. Ainsi, je peux te garantir qu’elle ne nous causera aucun tort et qu’au final je la ferai même devenir notre alliée. » ajouta l’escorteur qui avait désormais un plan bien particulier en tête concernant la chevaucheuse.

Puis, son aura se mit à grandir jusqu’à envelopper tout le lieu puis repousser celle qui entretenait un dialogue avec lui depuis le début tandis que le visage de la jeune femme réapparut à la surface de l’eau.

- « Alors Cissée, dis-moi un peu : aimerais-tu devenir notre reine ? » s’exclama-t-il avec l’excitation de mener à bien ses plans la concernant.

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Pour que Cissée se rapproche de lui l’escorteur avait eu l’idée de lui montrer la puissance que tous deux pouvaient avoir en unissant leurs forces et il avait trouvé que se confronter au père des démons terrestres serait une occasion parfaite pour plusieurs choses. Tout d’abord, il sentait, et particulièrement en ce moment précis, que la jeune femme brûlait de se confronter à de nouvelles choses, de nouveaux challenges et il allait lui en offrir un de taille. Il sentait à travers son attitude et son regard de braise qu’elle voulait en apprendre plus sur ce côté sombre qui se trouvait en elle et il allait tentait de lui faire sentir que la chaleur d’une flamme sombre était bien plus enivrante et puissante qu’elle ne pouvait le penser. Lui-même voulait en apprendre plus et allait beaucoup plus loin avec elle que ces quelques échanges déjà prometteurs.
L’escorteur sentait qu’il avait réussi à lui faire légèrement baisser sa garde grâce aux mots et à de légers avant-goûts de la puissance qu’il pouvait lui offrir. A présent, il allait tenter de briser sa garde par les faits. Toutefois, il fallait aussi savoir qu’il ne faisait pas tout cela sans arrières-pensées puisque grâce à elle il pourrait détruire le sceau qui retient le père des démons et ainsi acquérir une puissante âme qui renforcerait considérablement ses pouvoirs, l’approchant ainsi encore un peu plus de son but. Quoi qu’il en soit, il se leva à son tour et sortit de l’auberge un peu avant elle. Dehors, le froid régnait en maître et il se demanda alors si la flamme de la jeune femme serait suffisante pour qu’elle ne le craigne pas. Enfin, de toute manière, d’ici très peu de temps les conditions climatiques ne seraient pas son principal soucis.


- « Nous n’avons que quelques centaines de mètres avant de parvenir à la grotte. Ça peut paraître surprenant de savoir qu’un tel monstre se trouve si près d’un village mais pour information sachez que, même si les habitants actuels l’ont oublié, les premiers colons qui s’installèrent ici le firent afin de rester proche de leur maître pour son éventuel retour. Quoi qu’il en soit, ce vieux démon n’aura pas le temps de se poser la question de savoir où sont ces disciples aujourd’hui. » dit-il en esquissant un petit rictus.

Il resta ensuite silencieux jusqu’à arriver dans une gigantesque plaine glacée ou visiblement rien ne semblait venir troubler ce blanc infini qui s’étendait à perte de vue. Maître en illusions, l’escorteur savait parfaitement que la grotte se trouvait tout juste devant lui mais qu’elle était invisible à tous ceux qui ne possèdent pas de sang divin. Ainsi, si quelqu’un s’aventurait ici, il ne serait pas en mesure de localiser la grotte et ne ferait que traverser du vent s’il passait à travers. Pour faire apparaître la grotte il fallait donc surpasser le pouvoir d’illusion qui la masquait et c’est ce que le démon fit après avoir tracé face à lui différents signes anciens qui étaient utilisés par les escorteurs qui existaient dès la naissance du monde. Ainsi, la grotte apparut aux yeux de ceux qui venaient pour briser son sceau et l’entrée des lieux offraient un renseignement sur la taille de ce qui pouvait se trouver à l’intérieur. En effet, l’entrée de la grotte était tout simplement colossale avec sa hauteur de près de trente mètres et sa largeur de cent mètres. L’entrée donnait alors une ouverture vers les profondeurs du sol qui se trouvait être la prison du démon. A présent, le moment était venu d’ouvrir cette lourde porte faite d’un alliage divin tout comme son sceau représentant un ange et un démon s’affrontant à l’aide d’un glaive.

- « Voilà, nous y sommes enfin, le moment est venu de vous montrer la puissance que nous pouvons avoir ensemble. En tout cas, une fois le sceau brisé, il faudra que vous attaquiez le monstre de toutes vos forces dès le début car si on lui laisse l’occasion d’attaquer en premier alors il pourrait détruire notre corps et notre âme en instant. De mon côté j’aurai besoin d’un peu de temps pour lancer mon attaque et l’associer à la votre mais cela ne devrait pas vous poser de problème majeur. » dit-il avec sérieux mais aussi avec une telle assurance que cela pouvait paraître troublant au vu de l’adversaire colossale qu’ils allaient tous deux devoir affronter.

Ce combat comportait réellement beaucoup d’enjeux. Si tout réussissait comme il l’espérait alors l’affrontement marquerait l’avènement réel de Cissée comme alliée, c’est en tout cas ce en quoi il croyait. Toutefois, pour lui, la suite des événements serait bien plus intéressante encore mais ceci était une toute autre histoire qui n’existait que dans sa tête pour le moment.
Anarion finit ensuite par retirer sa cape qui disparut sans laisser la moindre trace au moment où il la laissa au vent, son élément de combat et d’essence. Il resta ensuite aux côtés de la chevaucheuse avant de tendre ses mains en direction du sceau et d’y projeter un courant d’air très violent.


- « C’est le moment Cissée, associez vos forces aux miennes et laissez-moi vous montrer qu’ensemble nous allons pouvoir vaincre ce que même les dieux n’ont pas pu vaincre. Montrons leur notre avènement ! » s’exclama-t-il en redoublant de puissance.

Lorsque les deux attaques se combinèrent, le sceau qui fut forgé par les dieux ne mit que quelques instants à se briser tandis que le sol trembla tout autour d’eux devant leur puissance cumulée. Jusque là rien ne surprit l’escorteur jusqu’à ce qu’il ressente un nouveau tremblement de terre qui cette fois ne fut pas leur œuvre mais celle du père des démons qui sortit de la grotte. Le monstre était tout simplement hideux mais également colossal. Toute sa peau était plus noire que le charbon lui-même et son buste était supporté par deux pattes qui se terminaient par cinq griffes de près de deux mètres chacune. Son visage était une sorte de croisement entre celui d’un homme et celui d’un minotaure, le tout orné par une imposante barbe blanche mettant en avant son ancienneté. Son buste se terminait par une queue semblable à celles d’un vers de terre à ceci près qu’elle mesurait bien un kilomètre pour une épaisseur de dix mètres. Face à lui, Anarion et Cissée semblaient tels des insectes. En tout cas, l’escorteur n’avait pas prévu que ce titan sorte en compagnie de près d’une cinquantaine de démons qui furent enfermés en même que leur maître.

Anarion aurait pu reprendre la parole mais il savait que la jeune femme était consciente de ce qu’elle devait faire et de son côté il fit sortir de terre près de cent squelettes pour qu’elle ne soit pas gênée par les démons. Débuta donc un combat entre les deux camps tandis que pendant ce temps, il sortit sa faux et prépara la création d’une tornade qui s’associerait à la puissance de la jeune femme. Toutefois, le père des démons eut le temps de lancer une attaque colossale, cette même technique qui pouvait à la fois détruire l’âme et le corps.
Ainsi, tout le paysage d’hiver disparut et laissa place au cosmos, à l’univers infini. Tous les protagonistes du combat se trouvèrent alors au beau milieu des ténèbres de l’espace avec tout autour d’eux, une myriade d’étoiles les entourant. Cette illusion était puissance et montrait que le père des démons pouvait briser tous les repères de ces adversaires. Bien sûr, ceci ne causait encore aucun dommage direct pour le moment mais ceci n’allait pas durer puisque après avoir poussé un long râle, une pluie de comètes se dirigea sur Cissée et Anarion. Cette attaque ne faisait pas de pitié puisque les démons et les squelettes furent pulvérisés par ses comètes qui les broyèrent en un instant. Visiblement marqué par l’emprisonnement, le père des démons ne faisait plus la différence entre ses alliés et ses ennemis.


* Tu crois pouvoir nous battre avec si peu ? Comment les dieux ont-ils pu avoir tant de mal à t’enfermer espèce de vieux fou ? J’aurai ton âme quoi qu’il arrive et c’est encore la meilleure chose que tu puisses offrir à ce monde. * pensa-t-il, transcendé par le combat et la présence de Cissée.

A cet instant, une tornade enveloppa Cissée et son créateur et les protégea des comètes qui virent s’y briser. Le moment de la contre attaque était venu et c’est ainsi qu’Anarion flotta en l’air, porté par le vent au creux de la tornade et donna un souffle offensif à la tornade en la frappant de sa faux. Le moment de l’union véritable des forces des deux combattants était venu quand soudain, le monstre envoya directement un puissant message dans l’esprit de la jeune femme.

- « Aujourd’hui je meurs pour de bon mais je sais que ma cause contre les dieux ne mourra pas avec moi… Je te souhaite bonne chance dans ta lutte contre les dieux… Cissée, toute puissante reine de l’au-delà. »

Ce message que seule la jeune femme pouvait entendre prendrait fin tout comme l’illusion au moment où elle frapperait le monstre. A présent, il ne restait plus à la jeune femme qu’à unir ses forces à l’escorteur, si elle l’acceptait encore.
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Mer 7 Mai - 0:22

Feu des Enfers
Feu de l’Ame
Feu des Morts
Et Feu de la Vie

Quel était celui de Cissée, chevaucheuse de l’Ombre, pour le compte d’Ynis ? Elle se sentait un peu seule, perdue. Jeune, oh que oui, ça elle l’était ! Mais comme les autres jeunes de son âge, elle, elle n’avait pas eu l’occasion de vivre ces instants intenses des jeunes années, les rigolades avec les copines les discussions chiffons, ou alors se faire courtiser ou faire des combats dans le cas de la jeune Cissée. Où étaient donc passées ces années de légèreté où l’insouciance est la principale caractéristique de l’individu. Le pire dans l’histoire était que Cisée n’avait aucun regret sur tout cela vu qu’elle n’y avait jamais goûté. Non elle continuait son chemin, celui qu’on avait tracé pour elle quelques temps auparavant en brûlant le village auquel elle appartenait. Et bien qu’elle vivait sur Ynis, son cœur était toujours sur la terre de sa naissance, là où son père été décédé de graves blessures après une attaque de dragons. Dragon qu’elle ne pourchassait plus à présent malgré la cicatrice que l’un d’eux avait imprimée sur la belle peau de la jeune chevaucheuse. Mais quel goût aurait une autre vie ? Une vie plus innocente, moins combative, une vie jeune, et sans guerre ! Voulait elle vraiment le savoir ? Non assurément, tout comme elle ne voulait pas savoir ce que serait une vie encore plus dure, plus enfermée dans ce monde de frayeur et de combats, et pourtant elle devait faire des choix, pour se protéger et protéger ceux qu’elle aimait. Des choix qui pouvaient faire pencher la balance de sa vie ainsi que de nombreuses autres.

Pourtant, elle était à la sortie de cette auberge, dans l’attente d’une personne qui changeait sa vie, pour le meilleur…ou pour le pire. Elle n’avait certes pas laissé les préjugés dominer son opinion et sa décision, mais était ce vraiment sage ? Ressortirait elle vivante de cette affaire, et pire, ne provoquait elle pas là la chute d’Ynis ? Tant de questions qui se soulevaient alors que sur son bras, Neïla semblait inquiète et sur ses gardes. Quand Anarion fut prêt, le chemin, vers l’inconnu, le danger et un destin incertain commença.

Le temps était plus qu’incertain, et surtout un froid considérable régnait. L’atmosphère rendait la situation glauque et encore plus incertaine, voire à l’issue néfaste. Mais elle avançait, son esprit essayant en vain d’analyser ce qui l’attendait. Le froid la picotait certes mais sa flamme intérieure la protégeait. De fait, ce n’était pas cette neige qui pourrait l’arrêter. Non ce serait plutôt la peur, ou le doute, mais elle s’efforçait de mettre cela de côté. De suivre sa décision, de prendre des risques. Elle vida alors son esprit et observa son phénix voler au dessus d’eux tel l’aigle guettant le danger du ciel. Leur marche était silencieuse jusqu’à ce qu’Anarion fasse un commentaire. Auquel, la jeune femme ne dit rien, écoutant seulement d’une oreille tendue, et divertie par les potentiels craquements de feuilles ou autre qui trahirait une présence étrangère. Néanmoins, le reste du chemin se fit en silence. Un silence de mort d’ailleurs. De son côté, Cissée ne pouvait s’empêcher de se questionner sur le but final du démon. Si il faisait cela ce n’était pas pour rien. Quoi qu’on en dise, les démons avaient toujours un dessein derrière toute action.

Quoi qu’il en soit, ils finirent par arriver, du moins semblait il aux dires de l’escorteur. Cissée, elle ne voyait rien, absolument rien à part une étendue blanche à perte de vue. Non il n’y avait rien, même pas âme qui vive. Ce silence d’ailleurs rendait le lieu plus que suspect. Ce qui d’ailleurs mettait des doutes en Cissée quant à la véracité du renseignement. Il était fort plausible que ce soit la vérité. C’était la vérité même, car une fois le rituel d’Anarion effectué, une immense ouverture leur fit face. Une ouverture qui, alors que Cissée levait la tête pour essayer d’en voir le haut, lui donnait le vertige. C’est alors que la peur, pour la première fois depuis des années, la prit, au plus profond de ses entrailles. A quoi avait elle dit oui ? La chose qui habitait ces lieux semblait impossible à vaincre, rien que de par l’entrée de son habitat, tout simplement impossible. Et elle avait dit oui pour apporter son aide, et jamais elle ne rompait ses promesses. Qu’allait il advenir de sa jeunesse pas encore vécue, ou de son futur tout aussi incertain ?

Mais voilà. Le moment fatidique. Oui, il était là, devant elle, dans le futur, ce futur proche, très proche et incertain. Elle devait attaquer pleine puissance, amis savait elle au moins ce que cela voulait dire ? Elle ne l’avait jamais fait ! Ou peut être que si après tout, mais cela ne devait pas être bien fort alors. Et surtout elle devait être rapide. Habituellement il n’y avait aucun problème à cela, mais ici cela suffirait il face à ce colosse ? Autant de questions qui se bousculaient dans l’esprit de la jeune Cissée. Elle qui était d’accoutumée sûre d’elle et prête à de nombreuses choses, d’un seul coup ses forces, et son assurance s’envolaient malgré elle. Elle ne se sentait pas prête, la chevaucheuse était à la fois impressionnée parce qu’elle ne voyait pas encore, mais aussi par le fait que ce soit Anarion qui l’ai emmené ici, un démon. Néanmoins, le choix ne s’offrait plus à elle et bientôt elle devrait affronter ce qui se trouvait derrière ce sceau, derrière cette immense porte.

Soudain, avant même qu’elle ait pu dire ouf, Anarion lança son attaque contre le sceau. Cette chose que des Dieux avaient apparemment laissé là des années, voir des siècles durant par crainte de la puissance de ce qui se cachait derrière. Etait elle folle pour faire ce qu’elle allait faire ? Devait elle-même le faire ? Pourquoi le ferait elle ? Après tout elle ne devait rendre de compte personne. Toutes ces questions, étaient là et lui faisait perdre du temps, pendant que l’escorteur lui lançait toute sa puissance contre ce qui les séparait du combat final. Quelques secondes peut etre même minutes passèrent, lentement, très lentement, du moins pour Cissée, avant que celle-ci n’envoie sa flamme e combiner avec le vent et la force d’Anarion. Le résultat fut magistral, encore plus impressionnant que la petite étincelle dans l’auberge. Il ne fallut d’ailleurs pas longtemps avant que l’effet souhaité surgisse. Un monstre, hideux sortit de son antre. Cissée avait combattu des dragons, qui étaient des bêtes déjà immenses, mais elles étaient tout aussi magnifiques et avaient beaucoup de prestance. Ils avaient ce quelque chose qui change tout. Néanmoins, ce monstre là, était…hideux, informe, puant et surtout…plus qu’accompagné.

Des dizaines de démons accoururent vers eux. Neïla survolait les lieux et quand un cri de danger s’échappa de son bec, elle prit flamme, et passa au milieu des démons en détruisant la première ligne. Cissée, elle regarda Anarion, énervée et complètement assommée par ce qui était en train d ‘arriver, elle allait lâcher, pour une fois ses nerfs étaient mis à rude épreuve, il fallait qu’elle se reprenne, qu’elle reprenne le contrôle de tout son être. Mais rien ne la mettait en condition pour, pas même son coéquipier du moment qui mettait trop d’espoirs en elle, qui la croyait de choses bien plus au-delà de ce dont elle était capable. Elle n’analysait même plus la situation, et envoyait juste des boulets de feux ou se battait avec son épée contre les démons.

Soudain le décor entier changea. Cissée crut devenir folle ! Dans quoi elle était tombée ?? Elle qui n’avait peur de rien, cette nouvelle sensation lui brûlait l’estomac, lui donnait des sueurs froides, et la faisait trembler. Pourtant, sa précision au combat ne s’était pas dissipée elle. Non au contraire, elle restait lucide sur cet unique fait. Et encore, lucide, un mot sans vraiment de but ni de définition propre dans l’état où elle se trouvait. On aurait dit une enveloppe charnelle ayant perdu son âme. Ses yeux étaient figés sur les cibles, et elle ne calculait plus rien d’autres. Quelle était cette illusion si puissante, si dévastatrice. Des comètes tombaient en tout sens, dévastant tout sur leur passage. Cela allait être la fin, elle le savait. Les démons et les squelettes d’Anarion ne furent que poussière sous ses géantes de feu ! Cissée eut l’idée d’envoyer ses flammes pour essayer de contrer l’arrivée des comète, mais cela était il seulement suffisant ? Peut être en combinant ses pouvoirs à ceux de l’escorteur ? Mais encore fallait il qu’il soit encore en vie ou présent. Elle ne voyait même plus Anarion. Le lâche il avait du fuir en douce la laissant affronter seule ce démon horrible contre lequel elle n’avait bien sûr aucune chance. Elle ne le voyait pas non c ‘était simplement cela, mais dans sa tête, oui dans sa tête une petite voix lui disait qu’elle était seule, seule au monde pour défendre ceux qu’elle aimait, et qu’elle voulait voir vivre.Mais il était présent, elle le sentait, tout comme elle sentit cette protection, se souffle puissant l’englober et lui redonner du courage, un courage qui lui fit analyser mieux, plus objectivement la situation. Un démon lui donnait du courage, voilà une étrangeté bien insaisissable ! Leur destin était il vraiment lié ?... Et cette petite voix finit par se transformer en puissante onde télépathique. Cette voix, ces mots, tout redonna un courage étrange à Cissée, non pas pour une raison quelconque, mais plutôt parce qu’elle n’en revenait pas de cette absurdité !


« Reine de rien du tout !!!! Cissée je suis Cissée je resterais à jamais, unique, simple et surtout libre !!!!!!!!!! »

Et sur ce elle envoya les plus puissantes flammes qu’elle eut jamais développées en elle. C’est alors que tout s’éclaira, et qu’elle reprit conscience de l’environnement et du combat. Elle revit Anarion, en plein dans son attaque, la sienne se mêlant ainsi. Le démo quant lui explosa en milles morceau sous la puissance des deux flux magiques. L’illusion elle aussi s’évanouit, et tout redevint normal, la lande de neige blanche reparut sous leur pieds, et tout alentour était baigné de sang et d’os. La chevaucheuse quand à elle, se sentit mal, comme vidée de son énergie. Elle s’affaissa, tomba à genoux se soutenant alors grâce à son épée, puis soudain, même les muscles de ses bras lâchèrent, et elle se retrouva allongée dans la neige, le visage enfouit dans cette nuée blanche et froide. Un monde de ténèbres s’offrit alors à elle.

Ce qui lui sembla quelques secondes à peine après sa chute, elle se releva. Tout était noir. Seule une lueur luisait au loin, l’illuminant elle, et uniquement elle. Cissée avançait, à l’aveuglette quand un murmure lointain se fit entendre. Elle essaya alors de le suivre même si elle ne comprenait pas les mots, même si elle ne savait pas où ca la menait…
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Anàrion
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Mer 7 Mai - 2:37

A la base, l’escorteur avait prévu d’observer avec attention les faits et gestes de la jeune chevaucheuse mais la venue des différents démons aux côtés de leur père et l’extrême rapidité de son attaque avait fait qu’il n’avait pas réussi à tenir son objectif. Toutefois, s’il n’était pas parvenu à l’observer visuellement, il fut parfaitement en mesure de suivre son aura quand elle déploya ses forces pour briser le sceau et pour frapper mortellement le démon. Il n’avait pas non plus manqué de constater qu’elle s’était impliquée dans le combat aux cotés de son phénix contre les démons alors qu’il avait fait en sorte qu’il y ait suffisamment de squelettes pour qu’ils ne soient pas dérangés. Il avait aussi remarqué que face à cet adversaire titanesque, elle avait perdu certains de ses repères comme si la réalité du combat lui avait fait perdre l’assurance qu’elle lui avait montrée précédemment. Pouvait-on dire que le démon était alors déçu ? Non, il ne l’était en aucun cas et se sentait même presque rassuré en estimant que les mises en garde qu’on lui avait faîte n’existaient pas. Selon lui, elle n’était pas capable de le battre ou même de lui faire face. Toutefois, il ne pouvait pas nier sa puissance, celle qui avait brisé le sceau et celle qui frappait désormais le père des démons. Mais ce qui le frappa avant tout fut le fait que son courage sembla ravivé par la protection qu’il lui offrit. A cet instant, il commençait à croire qu’elle serait peut-être vraiment en mesure de diriger l’au-delà à ses côtés, idée qu’il ne lâcherait plus désormais.
En tout cas, le véritable déclic sembla se produire au moment où elle s’exprima à voix haute. Visiblement elle semblait répondre à quelqu’un qui devait soit être le père des démons, soit elle-même. Anarion n’eut pas le temps de s’attarder sur ces mots tout d’abord car il devait maintenir son attaque mais aussi parce que les flammes déployées par Cissée furent si puissantes qu’il en fut presque aveuglé tandis qu’il devait reconnaître qu’il n’avait encore que très rarement rencontré une aussi forte intensité de chaleur dans une attaque de feu.

Frappé par l’union des deux attaques, le père des démons n’allait pas tarder à disparaître et tandis qu’il cessait à jamais d’exister et que l’illusion semblait imploser, Anarion se jeta sur le démon et tendit son bras pour aspirer son âme. A cet instant, son adversaire s’adressa mentalement à lui comme il l’avait fait pour Cissée.


* Tu es vraiment très puissant pour un escorteur de l’au-delà mais ta confiance en ta puissance t’aveugle et même si tu crois avoir échappé à mon attaque, sache qu’il n’en est rien et que lorsque ma puissance sera tienne alors tu ne seras plus ce que tu es. *

Anarion, bien trop content d’acquérir une âme si puissante ne crût pas un mot de ce qu’il venait d’entendre. Pour lui, il ne s’agissait là que de la malédiction d’un mourrant, seule chose que le père des démons pouvait encore tenter contre lui.

- « Ton âme est à moi !! A présent je suis en mesure de vaincre les dieux ! Non, je suis déjà bien au-dessus de ça… Désormais je suis tout simplement devenu un dieu ! » s’exclama-t-il à haute voix sans prêter la moindre attention à Cissée.

A cet instant, l’aura de l’escorteur devint encore plus conséquente et se déploya tout autour de lui tandis que paradoxalement l’illusion se dissipa pour laisser peu à peu place au paysage enneigé initial. Toutefois, il n’aurait pas la chance de voir la fin de l’illusion puisqu’il ressentit soudainement une violente douleur à la tête qui le fit tomber au sol. A présent, il était inconscient tandis qu’une énergie inconnue se dégagea de lui et l’enveloppa tout comme la jeune femme qui avait alors le visage enfouit dans la neige.


La jeune femme avait eut l’impression d’avancer à travers le noir tandis qu’une lumière l’illuminait et qu’une voix se fit entendre. Suivant cette voix, elle allait bientôt se rendre compte qu’elle était celle d’Anarion qui se trouvait assis sur une chaise près d’elle qui se trouvait alors allongée dans un petit lit en bois et recouverte d’une épaisse et moelleuse couette. Le regard de l’escorteur qui se posait sur elle était doux et affectueux, ce qui était tout à fait inhabituelle voir impensable pour quiconque connaissait un tant soit peu le personnage. Sa tenue était elle aussi bien différente. Le noir n’était plus de rigueur, il portait une veste marron usée et il en était de même pour son pantalon. Sa chemise semblait elle aussi avoir souffert du temps. Il ressemblait alors à une sorte de baroudeur, de chasseur voir de garde forestier. A sa ceinture se trouvait une petite hachette qui semblait lui servir à couper des morceaux de bois assez fin. Quoi qu’il en soit, l’homme qui se trouvait à présent en face d’elle semblait complètement différent de ce qu’il fut.
Puis, constatant que la jeune femme était réveillée, un sourire se dessina sur son visage avant qu’il ne s’adresse à elle avec une voix relativement basse qui se voulait préserver la jeune femme d’une nuisance sonore qui pourrait s’avérer bien nuisible à cet instant.


- « Et bien, autrefois, ma mère m’avait raconté l’histoire d’une jeune femme qui était tombée dans un sommeil sans fin suite à un mauvais sort. J’ai crû un moment que vous étiez cette femme mais votre réveil me rassure. J’imagine alors que vous êtes simplement une grande paresseuse puisque cela fait bien deux jours que je vous ai ramené chez moi après vous avoir trouvé inconsciente dans la forêt. » dit-il en souriant du fait qu’il voulait se montrer amical et qu’il avait ajouté une pointe d’humour à ses propos.

Visiblement, Anarion et Cissée avaient été transporté dans un lieu qui n’était pas celui de leur combat tandis que l’escorteur semblait ne pas reconnaître la jeune femme et être quelqu’un d’autre. Pour le moment, il était difficile d’en dire plus car la maison qui les abritait semblait certes appartenir au jeune homme mais c’était bien tout ce qu’elle pouvait révéler de concret hormis le fait que l’unique pièce comprenant le lit mais aussi la cuisine, une table pour manger et une petite cheminée, indiquait qu’il vivait seul en ce lieu qui dégageait une chaleur accueillante.

- « J’ai bien conscience que vous venez tout juste de vous réveiller mais j’aimerai savoir si vous savez qui vous êtes car comme cela peut-être que l’on pourra tous deux expliquer votre présence en ce lieu perdu de cette vaste forêt et vous ramenez auprès de vos proches. Pour ma part, je me nomme Anarion, je suis ce qu’on pourrait appeler un marginal vu que je vis éloigné de tout au milieu de la forêt et vous vous trouvez d’ailleurs chez moi. Je ne suis pas médecin mais j’ai essayé de faire de mon mieux afin de faire baisser votre fièvre et concernant votre équipement, rassurez-vous, il se trouve juste à coté de ce lit. » dit-il tout en gardant une attitude qui se voulait apaisante et attentionnée.

Anarion semblait vouloir aider la jeune femme et connaître son identité sans pour autant se rendre compte que lui-même ne connaissait pas la sienne.
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Cissée Céol
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Ven 9 Mai - 2:38

L’attaque finale avait était rapide, et Cisssée n’avait même pas calculé ses gestes, elle s’était jetée à corps perdu dans une attaque, dirigée par l’unique volonté de vouloir faire taire cette voix stupide et fortement désagréable. Elle se laissait diriger par des sentiments, chose qu’elle ne faisait que rarement, mais qui pour une fois avait été bénéfique dans la puissance de l’attaque. Néanmoins, toutes ses forces, visiblement y étaient passées. Peut être aurait elle dû s’économiser au lieu de combattre les démons elle aussi. Elle savait qu’Anarion faisait le nécessaire, parce qu’il y avait au moins son intérêt si ce n’était pas pour elle, mais Cissée ne se sentait vraiment en confiance que lorsqu’elle s’impliquait elle aussi ! D’ailleurs, cette protection qu’Anarion lui offrait la déstabilisait quelque peu, car elle ‘n’avait pas l’habitude des combats accompagnés, elle était toujours seule face à son adversaire habituellement, et surtout elle contrôlait tout. Elle était son propre maître de combat. Mais pour cette fois ci elle faisait avec, essayant de jouer le jeu ; Qui plus est sentir cette protection n’était pas si mauvaise, elle donnait du courage à Cisée, même si celle-ci était trop fière pour le reconnaître, du moins au premier abord.

L’attaque combinée touchant le démon, celui-ci rendit vite fait l’âme. Mais dans le même temps, Cissée se rendit compte en quoi Anarion prenait avantage de la mort de ce monstre hideux et qui devait etre bien plus puissant par le passé qu’il ne l’était maintenant, après tant d’années d’enfermement. En effet, son âme, oui elle devait être puissante, plus puissante que n’importe laquelle que l’escorteur aurait pu arracher aux hommes. Il tirait donc avantage d’une potentielle puissance inespérée. Mais ne voyait il pas trop gros pour lui justement. L’équilibre du monde n’allait il pas être renversé ? La chevaucheuse ne savait pas vraiment ce qui allait se passer à présent, elle ne pouvait pas arrêter l’escorteur, elle ne s’en sentait pas la force, mais ce qui était sûr, c’est qu’elle ne le laisserait pas s’en sortir ainsi. Il ‘avait utilisait dans un unique but, et elle n’aimait pas cela, elle n’aimait pas être ainsi privée de cette liberté de choix et d’action, et encore moins être manipulée. C’est ainsi qu’en gardant son regard fixé sur Anarion elle grogna pour elle-même
« Tu me le paieras ! ».

Mais après cela, elle tomba littéralement dans le sol, la douleur la parcourant entièrement ; Son visage maintenant enfoui dans la neige blanche et douce, reparut une fois l’illusion disparue, Cissée se retrouva dans un lieu fort étrange et inconnu. Elle ne comprit pas très bien ce qui lui était arrivée. Tout ce qu’elle vit : du noir, et une lumière, lointaine, et faible. Elle avait suivi cette lumière, ainsi que la voix, d’abord un murmure qui s’intensifiait au fur et à mesure de ses pas. Petit à petit, les sensations revenaient dans son corps ; elle sentit ses jambes, son dos, ses bras, son visage. Elle devait donc encore etre en vie, oui c’était obligé ! Et doucement, elle reprit conscience, ses paupières battirent doucement et ses yeux s’ouvrirent, un peu agressés par la lumière du jour. De fait, sa vision fut troublée quelques instants durant, mais elle finit par distinguer une silhouette, puis…un visage et surtout sa voix lorsqu’il se mit a parlé, évoquer un étrange souvenir même. Sa mémoire intacte, lorsqu’elle le reconnut, se fut comme si elle n’avait pas contrôlé, mais son bras s’activa et la gifle partit quand soudain, elle se rendit compte que quelque chose n’allait pas. Cissée se redressa dans le lit. Tout d’abord, le ton de la voix d’Anarion n’était absolument pas le même que celui qu’elle connaissait, et lorsqu’elle le regarda une nouvelle fois, elle remarqua que la cape noire avait était abandonnée à l’insu d’une tenue plus…comment dire…forestière. Quoi qu’il en soit le style était complètement décalé avec ce qu’elle se souvenait de l’escorteur qu’elle avait rencontré et auprès duquel elle avait combattu deux jours plus tôt à ce qu’elle avait compris. Mais cela n’était il pas une autre illusion ?? Alors, un peu à la manière de quelqu’un qui découvre un visage pour la première fois, ou du moins ce qu’est une personne, elle approcha doucement sa main du visage de l’escorteur, puis la posa sur sa joue. Et, un peu à la manière d’un aveugle, avec le regard assez interrogateur, elle parcourut ainsi tout son visage, ainsi que son torse et ses bras, comme si elle voulait voir si il était bien réel.

Elle regarda ensuite le lieu où elle se trouvait. Une petite maison coquette, où l’on voyait bien que seule une personne donnait vie au lieu. Elle souleva ensuite le drap et vit que son armure n’était plus là, il ne lui restait plus sa tunique qu’elle mettait en dessous et ses braies. Dans le même temps, elle se remémorait le moindre détail pour essayait de trouver comment elle avait pu atterrir ici, avec un Anarion complètement différent. Qui plus est, sa bouche était pâteuse, et sa gorge sèche, ainsi, elle avait du mal à parler. Mais elle réussit tout de même à répondre à l’escorteur, même si tout cela lui semblait absurde et complètement loufoque.
« Cissée ! Je m’appelle Cissée, mais vous vous n’êtes pas un marginal ! Ne vous fichez pas de moi, je e souviens de tout !...Merci pour les soins… » La jeune femme avait pris un ton à la fois perdu et dur sur les fait qu’elle était convaincue de savoir justes. Elle le regarda droit dans les yeux, et ce changement, le voir ainsi compatissant et attentionné était plus qu’étrange pour elle. Elle finit alors par se lever, avec difficultés, ses membres étant engourdis, et elle essaya d’atteindre la porte, tant bien que mal, en se tenant à ce qu’elle pouvait. *Que s’est il passé ? Que lui est il arrivé ? Où suis-je ?* Une fois à la lumière du jour cependant, elle trouva ses appuis et appela : « Neïla ?? » Mais avant de voir quelconque silhouette, ses forces la quittèrent de nouveau et elle s’affaissa le long de la porte….
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Anàrion
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Ven 9 Mai - 14:10

Contre toute attente, alors qu’il faisait tout pour ne pas la brusquer, Anarion se prit une gifle de la part de Cissée qui lui semblait totalement inconnue. Puis, quelques instants après et de manière encore plus surprenante, elle passa délicatement sa main sur son visage puis sur son torse et ses bras tandis que son regard était tout à fait interrogateur. Le baroudeur n’avait pas l’habitude de rencontrer beaucoup de personnes mais il savait que cette attitude était parfaitement inhabituelle encore que, il devait le reconnaître, ce second aspect tactile ne le dérangeait pas, bien au contraire. En effet, à cet instant précis, il tenta de se remémorer la dernière fois où une femme caressa sa peau. L’aboutissement de sa pensée le renvoya alors à des événements bien sombres.
En tout cas, il resta silencieux et l’observa laisser aller son regard sur toute la pièce puis constater qu’effectivement, il lui avait retiré son armure qui aurait été bien trop gênante pour son repos dans ce lit. Puis, elle prit enfin la parole au moment où il commençait à croire qu’elle était peut-être aphone. Son ton était à la fois perdu et dur, ce qui l’étonna sans qu’il ne le montre. Tout d’abord, elle lui confia son prénom puis qu’elle se souvenait de tout tandis qu’elle finit par le remercier pour ses soins. Le moment aurait alors été propice pour reprendre la parole et tenter d’y voir plus clair ou bien de rassurer cette jeune femme qui semblait indéniablement troublée pourtant il n’en fit rien, voyant que Cissée tentait désormais de quitter les lieux sans même prendre le temps de reprendre son équipement et sans se rendre compte qu’elle n’avait pas récupéré toutes ses forces. Conséquence de cette faiblesse, elle vacilla près de la porte avant d’avoir tenté d’appeler un ou une certaine « Neïla ». Cette fois-ci, le baroudeur n’allait pas rester inactif ou silencieux et sans plus attendre il arriva près d’elle et la porta avant de la ramener sur le lit. Visiblement, Anarion ne semblait ici pas très costaud mais il leva la jeune femme avec une véritable aisance qui témoignait contre toute attente d’une force physique considérable. Il prit alors la parole et même si son regard était devenu celui d’un homme inquiet et voir en peu en colère face à la prise de risque que sa « patiente » venait de prendre. Toutefois, sa voix n’avait pas changé et se voulait toujours aussi amicale.


- « Si l’on fait un léger bilan, je sais désormais que vous vous appelez Cissée et que chez vous il est coutume de frapper un inconnu et ensuite de lui caresser le visage afin de lui dire bonjour. D’une certaine façon, j’ai trouvé que ceci pouvait être une coutume originale mais ce n’était encore rien par rapport au fait que visiblement, chez vous, on aime également sortir dehors avec assez peu de vêtements sur soi. » dit-il en souriant avant de la poser sur le lit et de relever la couette sur elle.

Pour lui, l’humour était le meilleur moyen de la rassurer même si cela pouvait paraître léger en de telles circonstances. Bien sûr, il aurait aimé savoir pourquoi elle semblait troublée en le voyant mais aussi pourquoi elle lui avait dit qu’il n’était pas un marginal. Toutefois, il savait également qu’il y avait un temps pour chaque chose et en cet instant, il devait avant tout lui faire reprendre quelques forces que sa fièvre récente lui avait ôtées. Il se dirigea donc vers un petit placard en bois, en sorti quelques framboises ainsi que des baies qu’il avait ramassé il y a peu et les versa dans une petite soucoupe de bois avant de l’apporter à la jeune femme avec un petit verre d’eau en plus.


- « Tenez, buvez et mangez ça, ça vous apportera un peu de forces. Je ne peux vous donner plus car je suis végétarien, je considère que nous n’avons aucun droit de tuer pour vivre même si c’est pour nous nourrir. Enfin, rassurez-vous, je mange ces fruits tous les jours et je m’en porte pas plus mal. » dit-il en déposant le tout sur la petite table de nuit qui se trouvait juste à coté du lit.

Il ne voulait en aucun cas la brusquer et c’était d’ailleurs pour cela qu’il avait laissé le tout sur la table de nuit et non sur le lit afin qu’elle choisisse ou non de manger. En tout cas, il voulait désormais tenter de l’aider de manière plus efficace en commençant à lui raconter les circonstances dans lesquelles il l’avait retrouvé inconsciente au beau milieu de la forêt. Il commença alors à parler après s’être assit de nouveau sur la chaise.

- « Visiblement vous n’avez souffert d’aucun choc à la tête mais je ne sais pas si vous vous souvenez de la façon dont vous êtes arrivée dans la forêt. En tout cas, je pense que vous ne devez pas être ici depuis plus de deux jours car la dernière pleine lune a eu lieu au même moment et lorsqu’elle se termine, plus personne ne peut quitter la forêt à cause de cette maudite barrière magique, le Kekkai. Et concernant ce ou cette « Neïla » que vous avez appelé, je pense que si cette personne n’est pas avec vous en ce moment, il est alors fort possible qu’elle se trouve en dehors de la barrière. Dans ce cas là, il faudra qu’elle attende la prochaine pleine lune avant de pouvoir venir ici. »

Anarion ne s’attarda pas plus sur cette histoire plutôt peu ordinaire de kekkai, préférant attendre une éventuelle réponse ou question venant de celle sur qui il avait veillé sans se reposer durant deux jours en lui préparant des décoctions de plantes dont il avait le secret et en lui renouvelant continuellement une serviette humide sur le front. Pendant qu’il l’a soignait, il avait d’ailleurs eu tout le temps nécessaire pour l’observer. Ainsi, il ne fallait pas être devin pour constater que malgré son jeune âge, Cissée était une guerrière relativement expérimentée dans le sens où son corps témoignait de la rigueur d’affrontements passés et même récents.
Quoi qu’il en soit, il ne l’assaillerait pas de questions même s’il souhaitait lui en poser une importante avant de la laisser se reposer de nouveau si tel était son choix.


- « Tout à l’heure, vous avez parlé comme si vous me connaissiez. Etait-ce anodin ou étaient-ce des mots fondés ? » lui demanda-il avec sérieux.

Lui aussi semblait en proie aux plus fortes interrogations et les réponses qu’il attendait n’étaient peut-être pas si éloignées des questions qu’elle devait se poser, même s’il l’ignorait encore.
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Mer 11 Juin - 20:53

[Désolée pour se grand retard!!:S]


Cissée semblait totalement perdue devant ce nouveau décor qui contrastait totalement avec le champ de bataille dont elle se souvenait et qui pour elle n’était pas si loin que cela. Se réveiller ainsi, dans un endroit inconnu en pensant être à peine tomber face la première dans la neige, est assez déstabilisant, sans en plus se retrouver devant un démon qui n’avait plus le moindre comportement du démon ! Enfin elle se demanda si ce n’était pas une illusion dans le but de la mettre en confiance pour mieux la leurrer. Elle passa alors délicatement ses mains calleuses sur le visage d’Anarion. Il semblait pourtant parfaitement vrai. Sa peau était chaude, étrange pour un escorteur de la mort. Il semblait totalement différent, comme si sa vie d’avant l’avait rattrapé. Cissée quant à elle désorientée, se rendit tout de même compte qu’elle n’était plus vraiment couverte. Uniquement cette grande tunique qui lui arrivait au dessus du genou, et des braies, tout cela était bien léger, surtout face à un homme qu’elle ne connaissait pas. Elle observa alors le reste de la demeure et y aperçut ses affaires dans un coin.

Elle se demandait réellement ce qui lui arrivait, pourquoi le tableau était si différent et les protagonistes étranges. Du moins l’unique protagoniste qu’elle connaissait et qui était présent. Elle essayait de se remémorer chaque détail en observant els lieux, mais il n’y avait rien à faire. Elle ne se souvenait de rien après avoir lancé son attaque contre le père des démons. C’est ainsi, que sans rien demandé, elle se leva, ne se souvenant pas de Neïla, enfin de ce qu’elle était devenue. Elle voulait la revoir, qu’elle lui apporte son réconfort. Mais à la porte d’entrée, bien que l’air frais lui ai fait un peu de bien, ses forces la quittèrent. Elle ne comprenait pas. Cissée avait envie de crier car jamais elle n’avait été dans un tel état de faiblesse, et être surveillée par Anarion, celui qui ne se reconnaissait même plus lui-même était comme jouer avec un feu qui envahie votre chambre lorsque vous dormez. Pourtant, elle se laissa faire et passa même ses mains autour de son coup lorsqu’il la souleva de ce sol frais et humide. C’était étrange, ce contact sur sa peau, celui d’un homme. Il était même bien différent de celui qu’elle avait eu dans l’auberge quand l’escorteur avait voulu lui faire la démonstration du lien qu’ils pourraient établir.

Elle ne pouvait s’empêcher de garder son regard sur lui, de le dévisager. Quelque chose n’allait pas, mais quoi? Et son humour, elle ne connaissait vraiment pas cet aspect là chez cet homme habituellement calculateur et possédant des plans toujours plus ambitieux les uns que les autres. Elle était sûr que même en jouant la comédie, il ne pourrait être ainsi, mais que se passait il donc alors ? Tout était flou, et comme si un doux voile s’était posé sur la réalité, les projetant dans une réalité alternative. Mais elle ne si résolvait pas…La nourriture, cependant avait l’air bien réelle et Cissée qui avait la bouche pâteuse fut reconnaissante envers Anarion, et lui sourit avant de prendre un de ces fruits bien colorés. Elle analysait en même temps ce qu’il lui avait dit, et fut surprise de trouver ses réflexions assez marrantes. Et c’est là, alors qu’elle but un peu après les explications de l’homme sur son état végétarien qu’elle prononça un « Merci » rocailleux. Mais quelque chose lui manquait, elle avait besoin de Neïla mais elle n’était pas là, elle avait besoin de ce contact chaud qui l’apaisait. C’est alors que s’en même s’en rendre compte elle saisit la main d’Anarion qui commençait à lui explique certaines choses avant même qu’elle ne l’eut demandé.


« Neïla est mon amie, c’est un phénix. Je suis arrivée dans la forêt à cause de vous… »

Cissée avait dit cela simplement, mais son regard plongea dans celui de l’escorteur, et elle comprit que ce n’était pas à cause de cette personne là qu’elle était ici ? Certes il s’agissait de son cops, mais son âme n’était pas la même, une autre personne était abritée sous cette chaire. Elle ne comprenait pas l’étendue du phénomène, mais assurément, après sa perte de connaissance, Anarion avait subit u choc, ou quelque chose du genre. Elle comprenait de mieux en mieux.

« … non je me trompe, ce n’est pas de votre faute. »

Mais en même temps elle s’inquiétait pour Neïla. Était-elle sauve ? Avait-elle pu fuir après lui avoir porté secours, Autant de questions auxquelles elle n’aurait pas de réponses avant un moment. SA main, celle qui tenait Anarion, commença d’ailleurs à chauffer et elle le lâcha. Au même moment vint une question, étrange, mais qui expliquait la véracité des pense de la jeune chevaucheuse. Néanmoins, devait-elle lui dire la vérité ou le laisser dans le doute afin de conserver ce coté bon et chaleureux. La jeune femme le jaugea alors plusieurs secondes du regard, essayant de peser le pour et le contre. Valait il mieux être au courant de son passé et risqué de le laisser nous rattraper, ou valait il mieux être dans l’ignorance, et risquer de le découvrir plus tard ? D’autres options étaient plausibles bien sûr, mais pour Cissée, ces deux là étaient les plus évidentes et les plus risquées. Mais elle se souvint d’un vieux dicton de son père « Mieux vaut l’inconnu qui sauve que le connu qui peut tuer ». Elle n’avait jamais vraiment compris cela, mais à présent la lumière se faisait.

« Non, je suis désolée, mais vous ressemblez étrangement à celui que j’accompagnait. Vous avez le même regard…mais je ne vous connais pas… »
mentit elle.

Elle espérait seulement qu’elle n’avait pas fait le mauvais choix, et qu’elle ne le regretterait pas amèrement. Néanmoins, elle était plus que curieuse sur le pourquoi de la question. Généralement on ne pose pas ce genre de chose lorsque l’on connait son identité.

« Puis je savoir pourquoi vous me posez cette question ? Êtes-vous sujet aux pertes de mémoires ? »

Elle n’osait plus vraiment le regarder car les mensonges et elle, ne faisaient pas vraiment bon ménage, mais elle tenait à garder ce secret aussi prenait elle énormément sur elle. Elle finit alors par se redresser dans son lit, s’asseyant en tailleur. Et elle l’invita d’un geste de la main et d’un regard à s’asseoir sur le lit près d’elle.
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Anàrion
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Ven 13 Juin - 16:31

Cissée s’était laissée faire quand il la porta dans ses bras afin de la ramener sur le lit. De toute façon, il ne lui aurait pas laissé le choix vu qu’il était devenu son médecin et que par conséquent il en avait la responsabilité. Il allait donc continuer à veiller sur elle comme il l’avait fait depuis qu’il l’avait trouvé inconsciente au beau milieu de la forêt juste après la dernière pleine lune. Depuis son réveil, ses réactions étaient étranges mais comment pouvait-il en être autrement ? Visiblement, elle avait subi un traumatisme et n’importe quelle personne dans sa situation se serait réveillé avec le sentiment d’être complètement perdu d’autant plus qu’elle avait repris conscience dans la maison d’un inconnu. Utilisant son humour et son attention, il faisait tout pour la mettre en confiance et ceci avait l’air de fonctionner vu qu’elle accepta de boire un peu et de manger les fruits qu’il lui proposait. Ainsi, pour lui, elle était hors de danger et il suffirait de quelques jours pour être remise sur pied. Durant ce temps il serait donc son docteur de fortune qui, il devait le reconnaître, aimait tenir son rôle lui qui était tant habitué à la solitude.

La jeune femme lui avoua ensuite que « Neïla » était un phénix. Puis, elle commença à lui dire qu’elle était arrivée dans la forêt à cause de lui avant de se rétracter. Décidément, il ne comprenait pas pourquoi elle semblait affirmer le connaître car lui était absolument certain de ne l’avoir jamais vu. D’ailleurs, il ne voyait jamais personne alors comment pouvait-elle le connaître ? Elle ignorait très certainement tout de lui car ceux qui lui étaient chers étaient désormais tous morts tandis que lui était condamné à un exil infini. Enfin, le sujet n’avait pas encore besoin d’être abordé pour le moment d’autant plus qu’elle reprit la parole.
Cette fois-ci, elle lui confia qu’elle avait voyagé avec une personne ayant le même regard que lui, ce qui serait alors la raison de sa méprise. Puis, elle lui demanda s’il était sujet aux pertes de mémoires. Décidément, il commençait à comprendre qu’elle lui mentait. Ceci, il pouvait le voir à son regard fuyant et à la sonorité de sa voix mais, contre toute attente, il ne le lui ferait pas remarquer. Il continuait à croire qu’elle avait reçu un traumatisme qui la perturbait et de toute façon, si elle voulait lui confier sa vérité, elle en aurait certainement l’occasion plus tard. Pour le moment, il s’assit sur le lit à ses côtés puisqu’elle l’y avait invité.


- « C’est un peu utopiste mais certains disent que, dans le monde, chacun d’entre nous à une personne qui lui ressemble presque trait pour trait alors je veux bien croire que j’ai le même regard que votre ami. » dit-il en souriant.

Anarion continuait à tenter d’instaurer une atmosphère légère pour que l’état de Cissée ne s’aggrave pas. C’était d’ailleurs aussi pour cela qu’il ne lui parlait pas de son histoire qu’elle ignorait visiblement. Pourtant, comment ne pouvait-elle pas avoir entendu parler de lui dans la région ? Cela n’avait pas encore beaucoup d’importance pour le moment et il décida de lui répondre concernant les pertes de mémoires.

- « Je n’ai aucune perte de mémoire, bien au contraire, car je fais partie de ces gens dont la passé se rappelle à eux à jamais. » répondit-il avec une expression de tristesse qu’il tentait de ne pas mettre en lumière.

A cet instant, beaucoup de sujets de conversations s’offraient à lui. Il aurait pu lui demander de lui parler d’elle et de tenter de se remémorer ses derniers souvenirs mais il préféra tout autre chose qui lui fit retrouver un sourire plus énigmatique mais extrêmement chaleureux.

- « J’ai quelque chose pour vous, ne bougez pas surtout, je n’en ai que pour quelques instants. »

Après s’être levé du lit il se dirigea vers une vieille armoire en bois qu’il ouvrit et dans laquelle il fouilla avant d’en sortira une magnifique robe blanche qui semblait plus légère que le vent lui-même. Il prit le cintre sur lequel elle se tenait et la montra à Cissée avant de prendre la parole avec une certaine émotion.

- « Lorsque je vous ai retiré votre armure, j’ai pu jauger votre gabarit et je me suis rendu compte qu’il était identique à celui de ma défunte femme. Votre tunique et vos braies sont en mauvais état et sentent le sang alors, si vous l’acceptez, le temps que je les lave, portez cette robe quand vous pourrez vous lever. Ne pensez pas que je suis un homme considérant que les femmes ne peuvent pas se battre mais en revanche, je suis de ceux qui croient qu’une femme ne devrait pas avoir à le faire. Ainsi, si vous le souhaitez, cette robe pourrait peut-être vous éloigner quelque peu des conflits de ce monde. » dit-il en déposant la robe sur la chaise se trouvant à côté du lit.

Concernant la correspondance des tailles, il ne s’était pas du tout trompé puisque cette robe semblait avoir été faîte pour que Cissée la porte. Pour le reste de l’histoire, ceci relevait plus de l’intime et du passé de cet homme qui avait laissé de côté son humour à cause d’une émotion très vive. En tout cas, il n’ajouta rien de plus là-dessus et décida que le moment était venu pour lui de la laisser se reposer. Enfin, avant cela, il décida de rajouter une dernière chose.

- « Ne vous en faîte pas pour votre phénix, il est tout à fait possible que lui aussi se trouve dans cette forêt. Nous partirons à sa recherche dès que possible. Nous avons d'ailleurs jusqu'à la prochaine pleine lune pour cela. A présent, reposez-vous un peu, je veillerai sur vous. » dit-il en se rasseyant près d’elle.

Elle l’ignorait mais sa présence en ce lieu faisait revivre cette maison qui n’avait plus connu la chaleur d’une femme depuis très longtemps. Bien qu’étant affaiblie, elle ramenait ici une lumière qu’Anarion lui-même ne semblait plus espérer. Cet homme qui se trouvait en face d’elle ne semblait plus du tout être celui qu’elle avait connu et ceci ne serait certainement pas la seule question à laquelle elle devrait répondre.
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Cissée Céol
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Dim 15 Juin - 2:01

Désoriente ? Cissée l’était de moins en moins. Elle finissait par comprendre qu’Anarion avait subi un choc, et son passé avait du le rattraper. Mais quel passé ? Celui d’un ermite, enfoui dans le souvenir d’une vie passée heureuse ? Elle ne savait pas et ne pourrait se permettre de juger. Et égoïstement, elle voulait garder pour elle le fait qu’elle le connaissait, effectivement. Elle voulait apprendre à la connaître, d’une autre manière. Elle voulait voir comment pouvait être le Anarion qui n’avait pas soif de pouvoir ! Cela était peut être égoïste et peut être serait elle déçue, mais au moins elle aurait essayé. Et qui plus est, Cissée était tout de même femme aimant le risque. Le problème restait de garder ce beau mensonge pour elle, de ne pas se vendre. Mais cela était difficile pou la jeune chevaucheuse, qui n’avait pas pour habitude de mentir. L’avantage : elle pouvait jouer sur le fait qu’elle était désorientée par les derniers évènements…

D’ailleurs en parlant des derniers évènements, la Cissée solitaire semblait avoir souffert de la bataille, et ne voulait plus être seule, du moins pour lors. Non, elle voulait parler (étrange de la part de la jeune femme). Elle invita d’ailleurs l’homme à s’installer face à elle, afin d ‘avoir un échange qui serait plus d’égal à égal. Le voyant ainsi, Cissée trouvait Anarion fort sympathique, et presque pacifique. Non pacifique. Il était aux petits soins, ce qui le rendait fort étrange à ses yeux, car elle n’était pas habituée à cette image de lui. Un homme charmant usant de beaucoup d’humour. Le pire c’est que cela fonctionnait sur elle contre toute attente. Finalement, peut être avait elle aussi été touchée par l’issue de cette bataille contre ce démon. Ou bien étaient ce les pouvoirs de l’escorteur. Quoi qu’il en soit, elle était prête à agir en jeune fille de bonne famille polie, et à écraser ses instincts de guerrière quelques temps.

Baissant la tête elle sourit à la légèreté des propos d’Anarion sur la ressemblance des gens. Elle se demandait si elle était convaincante et si elle ne se vendait pas toute seule. Puis la jeune chevaucheuse finit par se dire qu’en y pensant pas, elle ferait plus crédible. Elle le regarda alors de nouveau dans les yeux. Il s’était assit face à elle. Et pas la suite elle put apprendre, qu’en effet Anarion n’avait aucun souvenir de sa vie d’escorteur, ou du moins il ne emblait pas revendiquer sa soif de pouvoir. Qui plus est un passé apparemment troublant semblait rattraper sa vie quotidienne malgré lui. Et, sur un élan de bonté, après avoir pris un dernier fruit, elle avait posé furtivement sa main sur la sienne en signe d’un réconfort qu’elle donnait sans même savoir s’il en avait réellement besoin. Au pire des cas cela servirait de remerciement.

Soudain, il changea de direction, et la conversation, devint une offre. Cissée avait vraiment l’impression de changer de dimension, et sur le coup elle haussa un sourcil prête à l’envoyer paître mais elle se rappela au bon moment qu’il n’était pas le même et qu’il n’y avait surement rien derrière le tableau apparent. Elle le suivit alors du regard, jusqu’à voir une magnifique robe blanche qui devait donner des allures aériennes à la femme qui la portait. Elle esquissa un sourire en voyant le tissu, car elle se souvint subitement que c’était le genre de vêtements que portait son amie palefrenière sur Ynis, alors qu’elle, était toujours en garçon manquée. Sans cesse Arwana essayait de la mettre en robe, mais jamais elle n’y était parvenue. Elle se redressa alors encore un peu et s’assit au bord du lit, laissant ses jambes pendantes. Et bien sûr au vu du discours d’Anarion, Cissée ne pouvait s’empêcher d’être touchée, car le don n’était pas rien tout de même, et de fait son scepticisme s’envolait peu à peu. Elle-même oubliait avoir connu cet homme sous un autre jour, beaucoup plus noir. Et bien qu’au début elle voulait refuser ce présent bien trop conséquent, elle se regarda de haut en bas et jugea qu’effectivement elle était bien trop peu habillée ace à un homme et ses vêtement ne sentaient pas vraiment la rose ! Ainsi alors qu’il déposait le tout elle dit :


« Merci, beaucoup, j’espère que cela ne vous dérange vraiment pas. J’aurais bien aimé connaître la femme qui portait ce somptueux vêtement. Une amie porte le même genre de chose et elle est formidable, je pense que votre femme devait aussi l’être…Je suis désolée… »

Bien que Cissée était assez indifférente face à la mort, lorsque cela touchait des personnes proches, elle ne pouvait que se sentir triste, se souvenant sans cesse du décès de son père. Et puis ce n’était tout de même pas une jeune fille insensible, même si elle ne montre pas ses émotions.

« Mais pour ce qui est des conflits, jamais je ne pourrais m’en éloigner, c’est mon fardeaux, mon destin. Je suis née pour combattre… »

Bien sûr que non ! Elle en avait décidé ainsi, attirée par les combats de tout temps, mais l’image était tellement ancrée en elle, qu’elle ne voyait pas les choses autrement. Cependant, son état ne lui permettrait certainement pas de combattre avant un moment, et surement qu’Anarion l’en empêcherait. Une autre différence d’ailleurs faisait son apparition. L’escorter qu’il était se serait servi des talents de combat de la jeune fille au lieu de les terrer sous une robe qui la rendrait féminine !

Enfin, sous les consignes d’un homme qui venait de reprendre place sur la chaise qui se situait tout prêt du lit où il l’avait déposé, Anarion la rassura au sujet de Neila et la commanda de s reposer, chose qu’elle fit volontiers. Délicatement, elle posa sa tête sur l’oreiller, jeta un dernier regard à l’escorteur et ferma les yeux, confiante pour on ne sait quelle raison. Sa tête se fit légère et son esprit se vida puis elle sombra dans un sommeil profond. D’abord sans rêves, il tourna bien vite au cauchemar. Ce qui d ‘ailleurs s’en ressentait de l’extérieur. Elle se mit à s’agiter, et se tourner dans tous els sens, gémissant et articulant des paroles incompréhensibles. Quand enfin elle agrippa ce qui devait être une main et se réveilla en sursaut, hurlant :


« Tu vas mourir tas de flammes !!!! »


Puis peut être pour la première fois depuis bien des années, elle se mit à rougir. Sa bouche était sèche et elle eut du mal à déglutir. Il lui fallut un petit moment pour reprendre ses esprits et se remettre de son cauchemar, mais un verre d’eau s’imposait tout de même. Elle en prit un verre qu’elle se servit grâce à la carafe qu’avait posé Anarion quelques temps auparavant. Et seul un regard vers son médecin improvisé s’échappa. Un regard triste et perdu. La Cissée solide et combattante était elle en train de sombrer ?
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Anàrion
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Lun 16 Juin - 16:32

Avant qu’il ne parte chercher cette robe qu’il voulait voir sur elle, sachant qu’elle lui irait probablement à ravir, il sentit la main de la jeune femme sur lui. Même s’il ne l’avait pas montré, ceci fit remonter en lui des sensations presque oubliées : la chaleur d’une femme sur sa peau. Etait-ce un geste anodin pour elle ? Il l’ignorait et décida de ne pas s’attarder davantage même s’il l’aurait voulu.
Lorsqu’il lui montra la robe blanche de sa femme il vit clairement son sourire sur son visage. Avait-il fait mouche avec cette proposition ? Ceci le surprenait déjà car si elle était effectivement une guerrière, il n’aurait pas imaginé la voir sourire ainsi aussi promptement. Elle lui confirma qu’elle accepterait de la porter, ce qui eut pour effet de le faire sourire à son tour. Puis, elle lui dit que celle qui devait porter cette robe devait être une femme formidable tout comme l’une de ses amies. Evoquer son épouse aurait pu être de nouveau une source de tristesse mais cette fois-ci, il tenterait de faire en sorte que ce soit le contraire.


- « Elle s’appelait Séphira et s’était vraiment une femme formidable, effectivement. Le destin l’a retiré beaucoup trop tôt à ce monde et depuis, plus rien n’a la même saveur. » dit-il en caressant le tissu blanc.

Malgré sa volonté, la tristesse s’était de nouveau installée dans sa voix mais il n’allait pas s’y attarder car il se devait de répondre à ce qu’elle ajouta ensuite. Elle affirmait être née pour combattre et lui, même s’il ne la connaissait pas, pensait le contraire.

- « Je crois au contraire qu’aucun d’entre nous ne soit né pour combattre. C’est le monde dans lequel nous vivons qui fait de nous des combattants d’infortune car je crois que personne n’aspire vraiment à la destruction à moins d’avoir été pervertie. Enfin, je pense que je ne pourrai jamais prouver mes dires par les faits car je n’ai pas l’espoir qu’un jour les guerres cessent. »

Quels événements avait-elle vécue pour arriver jusqu’ici, inconsciente et portant des vêtements couverts de sang ? Combien de combats avait-elle mené jusqu’à présent ? Il ne connaissait rien d’elle mais avait un désir naissant de l’écarter de son passé. Or, couper quelqu’un de ses racines pouvait être un moyen de s’asservir une personne mais ce n’était pas son intention. Au contraire, il voulait lui offrir une certaine libération mais avant cela, et après l’avoir rassuré sur son phénix, il la laissa se reposer un peu car son état actuel ne lui permettrait pas de faire grand chose pour le moment.
A présent, il n’avait plus qu’à veiller sur son repos et c’était ce qu’il allait faire sans se lasser à aucun moment. Ceci pouvait paraître surprenant d’ailleurs car regarder quelqu’un dormir n’était pas ce qu’il y avait de plus exaltant mais s’était sans compter le nombre d’années qu’il avait passé seul. Les heures s’écoulèrent ainsi jusqu’à ce que son sommeil devint plus troublé. Cissée était désormais très agitée signe qu’elle était très probablement en plein cauchemar. Puis, elle lui prit la main et s’écria « Tu vas mourir tas de flammes » en se réveillant avant de prendre un verre d’eau et de le regarder de manière perdue. Visiblement, elle devait également se sentir gênée et à cela, il allait tenter d’y remédier.


- « Oui, moi aussi je tiens à vous souhaiter une bonne journée. Par contre, pouvez-vous relâcher ma main pour que je puisse aller calmer ma douleur dans de la glace ? » dit-il en riant aux éclats.

Anarion ne se moquait pas d’elle, il voulait simplement la sortir de son cauchemar sans plus attendre. Avait-il réussi ? Il l’ignorait encore et pour le moment, il la laissa se réveiller tranquillement tandis qu’il allait lui parler doucement.

- « Vous avez dormi durant douze heures et à présent, le jour est levé depuis quatre heures. Comme promis, et si vous vous sentez mieux, nous partirons rechercher votre phénix, je pense avoir une idée de l’endroit où il se trouve. Enfin, avant ça, j’ai préparé quelque chose qui pourrait vous remettre définitivement sur pied. Rejoignez-moi dehors dès que vous le souhaiterez et vous verrez rapidement de quoi je parle. » l’informa-t-il avant de se lever de sa chaise et d’ouvrir la porte de la maison, faisant ainsi entrer le soleil dans la maison telle une douce caresse.

Que pouvait-il bien avoir préparé dehors ? En fait, dès qu’elle aurait franchi la porte, elle le verrait tout de suite. Dehors, un grand fût de bois d’une hauteur d’environ 1m50 se dressait au milieu de l’herbe. Ce fût était fermé par un couvercle et pour accéder à sa hauteur, une petite échelle se trouvait là. C’est d’ailleurs sur cette dernière qu’Anarion grimpa pour ôter le couvercle qu’il fit tomber sur le sol. A cet instant, une épaisse vapeur sortit du fût dans lequel se trouvait une eau parfumée par des petites fleurs. En fait, il s’agissait là d’une sorte de bain où l’eau chaude était conservée par les spécificités du bois utilisé ainsi que par le couvercle.
Lorsque Cissée le rejoignit, il lui expliqua la raison de tout ceci.


- « J’ai préparé ce bain pour vous. C’est un système très ancien mais qui à fait ses preuves car toute la construction permet de conserver la chaleur de l’eau et je peux vous assurer que vous serez même surprise en y entrant. A l’intérieur, il y a une éponge dont vous pourrez vous servir tandis que l’eau est parfumée par des fleurs qui se trouvent dans cette forêt, ce qui fait que l’eau est à elle seule une sorte de savon. Pour vous essuyez, j’ai laissé un drap blanc sur l’échelle. Vous verrez qu’après cela, vous vous sentirez revivre. »

Durant la matinée, Anarion avait fait plusieurs fois chauffer de l’eau dans un chaudron sur un foyer qu’il avait allumé en dehors de chez lui. Faire tout cela n’était pas quelque chose qui le dérangeait puisqu’il avait l’habitude de le faire pour lui-même et aujourd’hui, l’avoir fait pour une femme avait été quelque chose de très plaisant. Ceci l’avait replongé dans des souvenirs beaucoup trop lointain à son goût.
A présent, il décida d’ajouter une dernière chose avant de la laisser se détendre.


- « Quand vous aurez fini, il faudra que je vous parle de cet endroit et du Kekkai qui l’entoure. En attendant, détendez-vous, je vais aller cherche des fruits pour le repas et j’en aurai pour plus d’une heure. » dit-il avant de commencer à s’éloigner à travers la forêt environnante.

Il savait qu’il ne pourrait pas la laisser dans l’ignorance plus longtemps concernant cet endroit mais il voulait avant tout qu’elle soit totalement remise avant de tout lui raconter. Il craignait qu’elle pense qu’il lui cachait la vérité. Quoi qu’il en soit, il décida de la laisser seule afin qu’elle puisse se détendre tranquillement sans craindre qu’il l’observe. La seule chose qu’il ne lui avait pas dit concernant ce bain était qu’il avait laissé sur la poignée de la porte côté extérieur, sur un cintre de bois, la robe de sa femme.

Son expédition dura près d’une heure et demie. Ce délai était bien plus important que ce qu’il avait l’habitude de faire mais de cette façon, Cissée avait eu du temps pour se détendre tandis qu’il ramenait un plein panier de fruits des bois en plus de quelques pommes. Ou serait-elle à son retour ? Il allait le découvrir puisque, à présent, il se trouvait de nouveau chez lui.
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Mer 18 Juin - 2:02

Voir un homme qui avait donné une image forte puissante et froide de lui conter un morceau de son passé était fort déstabilisant pour la jeune chevaucheuse. En effet elle avait gardé pour elle le fait qu’elle le connaissait, mais avait elle bien fait ? Cela ne se retournerait il pas contre elle à un moment donné ? Ne craquerait elle pas sous l’effet de cette vision angélique d’un homme qu’elle avait connu sans pitié et totalement subjectif ? Son mensonge allait il la rattraper finalement ?...Une robe…voilà ce qui mettait tous ces doutes dans la tête de Cissée. Le passé d’une robe qui avait du appartenir à une jolie femme et gentille. Le blanc, couleur de prêté, ne va pas à tout le mode, et la jeune femme, dans un sens pensait qu’elle allait souiller cette magnifique pièce. Elle regrettait presque d’avoir dit à Anarion qu’elle la porterait. Elle ne voulait pas bafouer le souvenir d’une femme qui rendait cet homme si triste. Peut être alors, en y réfléchissant, se disait la jeune femme, que le Anarion qu’elle connaissait avant la bataille était si noire à cause de ce souvenir et de ce dont on l’avait privé si tôt, sa femme. Peut être était ce la chagrin de cet être perdu qui avait, au fil du temps, pris un autre sens. Quoi qu’il en soit, elle n’avait plus du tout le même sentiment vis-à-vis de cette robe à présent, et elle se sentait mal à l’aise. Néanmoins, elle avait une promesse.

Très vite il changea de sujet et passa aux propos de la jeune chevaucheuse. Bien sûr elle savait l’opinion de la plupart des hommes sur les femmes combattantes, elle savait que son amie avait eu quelques soucis avec son homme aussi, mais elle se devait de garder toujours le même optique. Elle ne devait pas oublier les innocents qui étaient morts à cause de sa négligence et son père le premier ; Alors elle prenait cela comme son fardeau et une fatalité à laquelle elle n’échapperait jamais. Mais en l’écoutant, elle ne pouvait qu’approuver ses dires ; Néanmoins sa vision de la paix était étrange, différente de celle de l’Anarion qu’elle connaissait avant.


« Je dois avouer que vous avez raison ! Néanmoins, il est des choses que l’on ne peut se pardonner, et je me bats en quelques sortes contre moi-même…pourtant, contrairement à vous je crois en la paix ! J’y aspire… »

Pourquoi disait-elle cela ? Elle qui d’accoutumé ne disait rien sur son compte ou du moins rien de si personnel ! Il arrivait à établir une atmosphère de confiance à laquelle Cissée n’aurait jamais cru adhérer. Et ce fut sur ces belles paroles qu’elle s’endormie, s’abandonnant doucement au monde de Morphée. Durant un long moment, rien ne se passa. Elle déambulait dans de longs couloirs noirs, et uniquement cela toute la journée. Soudain, cependant, elle vit un rayon de lumière. Non, une flamme plus précisément. Naturellement, elle se dirigea vers cette source de lumière et de chaleur. Peut être était c un signe. Pourtant, quelque chose l’oppressait, elle avait un mauvais un pressentiment. Mais elle avançait malgré tout jusqu’à ce qu’elle du passer par une petite fenêtre. Vous savez commet els rêves sont fait ! Sans savoir par quel moyen elle se faufila au travers et se retrouva devant un tableau familier ; Bien plus que familier et encore trop présent en sa mémoire pour l’oublier. Son village dévaster, brûler mis à feu par des dragons, son père agonisant, ces tas de gens brûlés à vif…par sa faute, son unique responsabilité. Un seul élément s’était jouté à la réalité des faits. Le dragon, oui celui là même qui avait ôté la vie de son père chéri, ne laissant rien de lui, juste un corps inerte qui perdait vie peu à peu. C’est ainsi, en voyant cette masse qu’elle haïssait, qu’elle se réveilla en sursaut, prononçant une phrase fort incompréhensible pour l’homme qui se tenait à ses côtés.

Pour une fois, elle se sentait gênée d’ainsi à travers ces quelques mots dévoiler une de ces faiblesses. Même si cela n’était pas entièrement une divulgation, c’en était une. Qui plus est la gentillesse assez glauque du Anarion qui avait veillait sur elle, la laissait sceptique. Pourquoi ne posait-il pas de questions ? Ou bien était ce elle qui était sans cesse sur la défensive en sa présence ? Pourquoi la situation la déstabilisait elle tant ? Etait ce l’absence de Neïla ? Etait ce simplement ses faiblesses qu’elle ne contrôlait plus ? Autant de questions qui affluaient sans but précis. Si bien…oui si bien, qu’elle n’avait quasiment pas écouté ce que l’homme lui avait dit. Elle le regarda avec de gros yeux ronds qui voulaient tout dire.


« Désolée, oui Neïla, vous savez où elle peut être ? …Et Dehors ? »

Du moins, elle avait entendu le principal, mais il lui fallait le temps qu’elle se réveil et reprenne ses esprits. Elle l’observa alors se lever, faire entrer lumière et chaleur dans la maison puis sortir. Quant à elle, Cissée se redressa dans le lit, puis pivota et posa les pieds au sol. Il était frais, mais que cela était bon ! Elle se sentait revigorée ! Cela la motiva à sortir , ce qu’elle fit à petits pas, s’assurant d’un bon maintien.

Arrivée dehors, elle fut impressionnée parce qu’elle pouvait voir. Une véritable petite piscine chauffée. Lma vapeur qui se faisait voir grâce à Anarion lui donna envie de plonger dedans sans attendre. L’appel de la chaleur certainement ! Cela lui rappela aussi sa première rencontre avec Vart , dans les sources d’eau chaudes, sous le volcan. Une rencontre explosive qui avait pourtant bien fini ! Enfin, ses yeux pétillant fixant le bain, elle écouta tout de même Anarion dans ses explications. Elle retombait cependant en enfance, et devant l’attention qu’il lui avait apporté depuis tout ce temps, l’espace d’un instant, elle oublia totalement la personne qu’il était *oui était* et alla le serrer dans ses bras, telle une gosse à qui l’ont aurait donné son plus beau jouet de Noël.


« Merci, merci de faire tout cela pour moi. »

Puis elle desserra son étreinte e se recula. Il fallait l’avouer, elle avait depuis la mort de leur père et leu fuie sur Ynis assumé bien des responsabilités et cette liberté que l’escorteur lui offrait sans même le savoir lui faisait chaud au cœur. Elle regarda alors cette grande cuve et l’observa de nouveau.

« Les fleurs sentent très bon… » dit elle rêveuse. « J’ai hâte d’avoir cette conversation avec vous tout à l’heure ! »

Puis elle le laissa partir, songeant à l’heure de rêve qui l’attendait. Alors, doucement elle entra dans l’eau bouillante et parfumée ? Un pied une jambe, puis l’autre, et le reste du corps, lentement et avec la sensualité qu’elle ne possédait pas. Et oui, Cissée n’était pas ce que l’on pouvait qualifier de très féminine. Une fois immergée, elle prit de l’eau chaude et à l’odeur particulièrement douce et suave au creux de ses mains et s’en aspergea le visage. Comme promis, elle trouva l’éponge. Un luxe, ce bain était tout simplement un luxe ! Et elle en profitait tout simplement ! Elle était guerrière mais femme avant tout ! Finalement, Cissée finit par s’adosser contre la paroi de cet immense fût et avec l’éponge elle se frotta doucement délicatement, imprégnant sa au de ce doux parfum printanier.

Elle ne sut jamais combien de temps elle profita de cette au chaude, et de cette charmante attention venant d’un homme qu’elle avait jugée rustre et assez barbare. Mais le moment était venu de sortir. Elle attrapa alors ce drap blanc laissé là à son attention, et s’enroula dedans. Lui aussi sentait bon. Qui aurait cru que l’escorteur puisse être une vraie fée du logis !! Le seul problème, comment allait elle faire pour les vêtements ? Elle n’avait pas vu la robe, et elle n’allait tout de même pas remettre sa tunique et ses braies ensanglantées ! Elle décida alors de rentrer dans la maisonnette à la recherche d’un vêtement.
Mais au lieu de finir avec un vêtement sur elle, elle récupéra une chose étonnante. Là sur un petit bureau, coincé dans le coin de la pièce, elle trouva des petits carnets. Qui a dit que Cissée n’était pas curieuse ?? De fait, bien sûr, elle ramassa le plus prêt, s’assit le sol contre le mur,, replia les jambes ses genoux touchant à présent son menton et feuilleta l’ouvrage. Il était composé de nombreux croquis fait main. Des paysages, une belle forêt d’arbres feuillis et semblant pleins de vis ! Mais on y trouvait aussi des animaux, tels des daims, des chevaux… Lorsque la jeune femme en et finit avec le premier, elle s’en saisit d’un second et ainsi de suite, oubliant l’heure et même de s’habiller…
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Anàrion
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Jeu 19 Juin - 1:25

Durant son excursion, Anarion avait repensé aux derniers échanges qu’il eut avec celle qui venait de débarquer dans sa vie sans le vouloir. Il lui avait confié avoir une idée de l’endroit où son phénix pouvait se trouver en ce moment. Certes, il n’en était pas absolument certains mais il avait quelques pistes de recherches en tête et de toute manière, il ne se serait pas permis de lui donner de faux espoirs. Il aurait pu le chercher durant cette escapade mais il préférait le faire en compagnie de la jeune femme car il voulait lui montrer l’endroit où il estimait retrouver le phénix. Cet endroit était à la fois le centre de la forêt et le début de son histoire, c’est là que Cissée apprendrait la vérité sur cet endroit.
Il repensa également à cette étreinte qu’elle lui fit telle une enfant après avoir découvert avec joie le bain qu’il avait préparé spécialement pour elle durant son sommeil. Ce moment l’avait profondément troublé et dans le sens positif du terme. En effet, même s’il avait déjà été en contact avec elle, ça n’avait pas encore été aussi fort qu’en cet instant. Pour elle, ceci ne devait pas représenter grand chose de plus qu’un remerciement mais pour lui… Non, en fait, il ne savait pas non plus ce que ceci avait représenté pour lui mais en tout cas, il avait ressenti cette envie très forte de passer ses bras autour d’elle à son tour mais elle avait desserré son étreinte avant qu’il se décide à le faire. Regrettait-il de ne pas avoir été jusqu’au bout ? Il cherchait à se convaincre que non.
Avant de partir, elle lui confia qu’elle avait hâte d’avoir cette conversation avec lui sans savoir que ce qu’il aurait à lui dire était non d’être amusant, bien au contraire. Enfin, il ne lui montra rien et se contenta de lui sourire avec affection tout en laissant son regard fixé sur elle durant un temps qu’il ne maîtrisa pas. Il ne voulait rien ajouter de plus car il voulait avant tout qu’elle se détende dans ce bain peu ordinaire.

Finalement, il ne se focalisa pas vraiment sur la cueillette des fruits durant cette heure et demie qu’il passa dans la forêt. En fait, toutes ces pensées étaient tournées vers cette femme qui avait débarqué dans sa vie sans prévenir et qui venait briser un cercle qu’elle ne pouvait pas soupçonner. Et puis, savoir qu’elle se trouvait actuellement dans sa maison lui donnait, pour la première fois depuis très longtemps, l’envie de rentrer chez lui le plus rapidement possible même s’il se força à ralentir son élan pour lui donner le temps de se détendre pleinement.
Lorsqu’il arriva dans ce qui lui faisait office de jardin, il la chercha tout de suite du regard mais ne la trouva pas. Visiblement, elle ne se trouvait plus à l’extérieur alors que la robe était pourtant toujours suspendue à la poignée de la porte d’entrée de la petite maison de bois. Ou pouvait-elle bien être en ce moment ? A l’intérieur probablement et c’est d’ailleurs là qu’il se rendit sans plus attendre. Là, il la vit en train de regarder les carnets de croquis qu’il avait laissé sur le bureau dans la pièce. Avait-elle remarqué sa présence ? Probablement pas vu qu’elle se trouvait plonger dans l’observation des dessins mais aussi parce que Anarion ne faisait aucun bruit. La raison à cela était qu’il l’observait avec attention.

Cissée était recouverte du drap qu’il lui avait laissé pour s’essuyer et à ce moment, le tissu blanc épousait les formes de son corps à cause de l’humidité. Il ne fallait pas croire que son silence était dû à de la lubricité car même s’il était sensible à ce qu’il pouvait entrevoir, les motifs de sa discrétion étaient ailleurs. En fait, il voulait s’attarder à ressentir la présence de cette femme qui apportait cette douce odeur des fleurs du bain dans toute la maison. Là, il s’approcha d’elle, déposa le panier de fruits sur la table et marcha de façon suffisamment appuyée pour faire craquer le parquet et ainsi, faire remarquer sa présence.
Une fois découvert, il s’approcha d’elle, se baissa pour être à son niveau et déposa une couverture sur ses épaules. De cette manière, le drap ne dévoilerait plus son intimité tout en lui permettrait de ne pas prendre froid. Puis, finalement, ce geste lui permettait de se trouver à une courte distance d’elle, de sentir de chaleur et de lui dire quelques mots.


- « Je dois vous avouer que cela fait quelques instants que je vous observe dans cette pièce. En vous voyant ici, je me suis rappelé à quel point la présence d’une femme pouvait illuminer un foyer. Je sais que ces mots peuvent paraître un peu étranges alors que nous nous connaissons à peine mais je peux vous assurer que vous apportez une lumière dans cette pièce et dans mon regard… Tout cela fait beaucoup de bien, Cissée… » avoua-t-il avec une certaine pudeur malgré sa sincérité.

Il ne savait pas que Cissée ne se trouvait pas très féminine mais à cet instant, sa féminité resplendissait aux yeux de celui à qui elle avait tant manqué dans cette demeure, dans son monde. Puis, pensant qu’il pourrait la mettre mal à l’aise, il se releva, recula de quelques pas et tenta de changer de sujet. Pour cela, il repensa aux croquis qu’elle tenait dans ses mains.

- « Je vois que vous avez découvert mes dessins. Ils n’ont rien d’extraordinaires mais je crois qu’ils sont fidèles à cette forêt qui nous entoure. Enfin, disons que c’est un passe-temps contre l’ennuie qui sévit ici. Bref, inutile de s’attarder là-dessus, dîtes-moi plutôt : est ce que le bain a été agréable ? »

On ne pouvait pas dire qu’il avait envie de parler de ces croquis mais ne pas l’avoir fait alors qu’elle les tenait aurait été un peu étrange. En fait, l’origine de ses dessins l’était bien plus dans le sens où à la base, il ne savait pas du tout dessiner. Enfin, tout ceci trouverait bientôt des explications. A présent, le moment était probablement venu pour lui parler de son histoire mais avant cela, mademoiselle Cissée allait devoir revêtir quelque chose.

- « Nous avons encore du temps devant nous avant de nous rendre là où pourrait se trouver votre phénix donc si vous souhaitez manger un peu avant n’hésitez pas, surtout que la cueillette a été bonne. Et puis, je pense que je vais vous laisser un peu de temps pour vous habiller à moins que vous ne souhaitiez vous promener nue ? Je ne dis pas que je serai contre mais laver vos vêtements pourrait s’avérer être une meilleure solution non ? » dit-il en la taquinant quelque peu.

D’une certaine façon, si un observateur était en mesure d’observer ces deux-là, n’aurait-il pas l’impression d’assister à une scène de la vie quotidienne au sein d’un couple ? C’était étrange mais quelque chose de naturel s’était installé entre eux comme s’ils se connaissaient ou plutôt comme si tous deux avaient besoin de la présence de quelqu’un à ses côtés. Qui sait de quelle manière pourrait évoluer leur relation dans ce cas ? Aucun des deux ne le savait mais peut-être que tous les deux le cherchait.
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Cissée Céol
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Ven 20 Juin - 22:20

Depuis son réveil soudain et assez violent, Cissée avait changé. Quelque chose en elle, la menait sur un chemin qu’elle ne contrôlait pas, dans une voie inconnue et pourtant si sécurisante. Pour la première fois depuis bien longtemps, elle ne se sentait pas en danger. Peut être était-ce une erreur. Peut être pas ! Mais ce sentiment que lui procurait Anarion la transformait, elle devenait en quelques sortes une femme enfant. Elle échangeait sa place de guerrière contre celle de femme. En un certain sens du terme cependant. Pourquoi ? Oui pourquoi si soudainement, alors qu’elle était perdue au milieu de la forêt seule avec cet homme qui voulait en finir avec la moitié d monde quelques jours plus tôt, voulait elle ressentir de l’affection ? Car oui, il s’agissait bien de cela. L’étreinte était pas exemple, un désir de sentir la peau d’un homme et avait pour but d’offrir de la tendresse, sentiment qu’elle avait totalement mis de côté pour son travail de chevaucheuse, et de part son ressentit du monde et de son passé ; Mais cet isolement la changeait totalement. Et peut être que cette étreinte n’était qu’un début à sa libération !

Bref, la jeune femme avait plus que profité du somptueux bain que l’escorteur lui avait préparé durant son repos. L’odeur était fort agréable et la sensation de l’eau nettoyant une peau souillée par le sang était plus que bénéfique. Cependant, à présent bien propre, elle était sortie du bain, en quête d’un vêtement à se mettre sur le dos. Heureusement, Cissée n’était pas de ces filles pudiques qui ne veulent pas montrer un carré de peau à quiconque étrange à la famille et encore ! Ainsi, elle se promenait sans difficultés avec cet unique drap blanc sur elle, que l’eau avait du rendre un peu transparent et humide donc collant. Elle aurait donc du se concentré sur le fameux vêtement, ou a robe qu’elle avait promis de porter, mais au lieu de ca la jeune chevaucheuse curieuse tomba sur de petits carnets. Elle els feuilleta les uns après les autres, ne se rendant pas compte du temps qui passait ni même de l’heure et demie qui devait bientôt être écoulée en son plein ; Non au lieu de cela, elle laissait ses yeux vagabonder sur ces petits dessins qui bien que maladroits pour certains, exprimaient beaucoup de choses. Pour la jeune femme, cela était signe de tristesse et de nostalgie. Peut être se trompait elle.

Malgré son silence, elle l’avait remarqué, elle n’était pas chevaucheuse pour rien. Cependant elle avait préféré le laisser air et voir ce qu’il allait faire. Sans doute son instinct de chasseuse. Observer puis agir. Elle ne fut pas déçue et feinta la surprise lorsqu’il fit du bruit pour se faire entendre. Elle observa en premier les fruits, surprise par la quantité que l’homme avait amassé, puis elle le regarda lui, nullement gênée par le fait qu’elle avait ses petits carnets en main. Non au contraire elle lui sourit lorsqu’ déposa sur elle une serviette. Certes elle n’avait pas froid, Cissée n’avait jamais froid de part ses pouvoirs, mais l’attention qu’elle recevait lui faisait chaud au cœur, bien que dans un autre contexte elle aurait tout envoyé balader.

Elle l’écouta alors parler, et sentit les sentiments étranges qu’il pouvait ressentir à ce moment même. Bie sûr elle ne pouvait comprendre ce qu’il entendait par la chaleur qu’une femme apportait au foyer, étant elle-même une femme, elle ne possédait pas son point de vue. Néanmoins, la façon qu’il avait de le dire, ainsi que son visage qui exprimait une sincérité pure, lui faisait comprendre une partie de ses propos. Sa seule réaction qui la surprit elle-même, fut de serrer la main d’Anarion dans la sienne. Un geste audacieux, qu’elle ne contrôlait pas. C’était comme si toutes ces émotions qu’elle avait auparavant gardées en elle, s’exprimaient dans ce lieu de paix.

Soudain, il se leva ; Elle ne comprit pas vraiment pour qu’elle raison, mais elle ne le retint pas ! Après tout il était libre de faire ce que bon lui semblait. Lorsqu’il aborda le sujet des dessins, elle acquiesça, mais bien vite l sujet fut éludé pour en venir au bain. Elle même se leva, laissant els croquis de côté comme si cela n’avait été qu’une utilité dans cette journée, bien que la jeune chevaucheuse se doutait qu’ils cachaient bien plus que cela. Enfin, puisqu’il en était ainsi, elle se releva lentement, le drap glissant quelque peu et découvrant ainsi un peu plus le haut de sa poitrine.


«Oui, il tait parfait, merci. Bonne température, odeur très agréable…Cela fait beaucoup de bien je dois l’avouer ! », dit elle le sourire aux lèvres.

Elle le entait tout de même mal à l’aise, ou dérangé par quelque chose. Mais Cissée qui avait l’habitude de vivre avec son grand frère et dans un milieu d’hommes de par sa fonction sur Ynis, e se doutait absolument que cela puisse être par le fait qu’elle était à demie nue ; Peut être ne l’était ce pas après tout !? Mais dans ce cas soit elle se trompait, soit cela était dû à autre chose. Quoi qu’il en soit, elle n’était pas très bavarde, et c’est en se dirigeant vers les fruits qu’elle lui fit comprendre qu’elle avait faim, et qu’elle acceptait volontiers d’en manger. Elle prit quelques mûres dans sa main droite et se retourna vers Anarion, une idée soudaine, voire deux, lui revenant en tête. Mais avant tout elle devait lui avouer un petit détail.

« J’avoue que j’étais rentrée pour trouver quelque chose à me mettre mais… »

Elle se regarda pour signifier qu’elle n’avait visiblement pas trouvé ce pourquoi elle était à l’intérieur de la maison. Puis quand elle releva la tête elle fixe l’escorteur et ajouta :

« Néanmoins, au-delà de ça, la prochaine fois laissez-moi vous aider à trouver des fruits. Je n’ai pas à manger votre récolte, vous faites déjà assez preuve d’hospitalité comme cela ! »

Peut être que la jeune femme changeait un peu et se laissait aller pour une fois, mais elle ne dérogerait pas sur ce fait. Elle ne voulait pas se faire assister. Etre gentil et doux avec elle, elle l’acceptait volontiers mais elle ne voulait pas pousser non plus et abuser de la nouvelle gentillesse de l’escorteur.
Soudain, elle prit alors Anarion par la main et l’entraîna dehors, toujours enroulée dans son drap blanc qui contrastait énormément avec la couleur flamme de sa chevelure et de ses yeux. Peut être que l’homme sentirait la chaleur incroyable qui émanait de ses mains. Oui, Cissée était curieuse en cet instant. Elle l’emmena alors un peu dans la forêt juste derrière la maisonnette, et se planta devant un arbre. Un vieux chêne. Elle en avait d ‘ailleurs vu un semblable de dessiné dans l’un des carnets d’Anarion, si sa mémoire était bonne. Quoi qu’il en soit, si l’on s’approchait bien et que l’on regardait de près l’écorce, là oui plus près encore, juste sous le bourgeon, ici à put être un mètre cinquante du sol, on pouvait distinguer une gravure. Cissée passa ses doigts dessus. Elle sentit les petites écailles de bois créées par l’ustensile pointu qui avait servi à la gravure.


« Un ‘s’ et un ‘a ‘. Y’a-t-il un rapport avec vous Anarion ? »

Elle ne voulait pas être indiscrète, mais en même temps elle était une femme très curieuse, et elle repérait bien les petits détails inutiles, ou pas, selon les cas.

« J’ai découvert cela tout à l’heure tout à fait par hasard, je ne vous oblige pas à répondre, je suis juste curieuse… », lui dit elle en l’observant, son regard flamboyant aux rayons d soleil que les branches feuillues de ce grand chêne filtrait.

Ils restèrent devant cet arbre quelques instant. Puis quand Cissée eut ce qu'elle souhaitait, elle se rappela avoir vu la robe en emmenant Anarion devant ce chêne. Assez naturellement cette fois ci, elle reprit la main de l'escorteur, et l'entraîna de nouveau devant le grand bain, puis le planta devant la petite porte à laquelle la robe était pendue.

"Je ne l'avais pas vu au premier coup d'oeil, désolée...c'était gentil à vous."

Alors, sans aucune inhibition, lentement, avec des gestes qui n'étaient pourtant pas doux, loin de là, elle fit tomber le drap sur le sol; Elle se moquait totalement d'être vu ainsi? et lentement elle revêtit la belle robe blanche de Séphira, d'abord avec appréhension puis avec un plaisir immense. Un fois habillée, elle s'éloigna avec de petits ps joyeux et tournoya;

"Alors, comment suis je?" demanda t'elle à Anarion, un sourire aux lèvres!
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Anàrion
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin (PV)   Mar 24 Juin - 23:29

Il n’est jamais facile de dire ce que l’on a sur le cœur et même s’il ne fallait pas parler d’aveux sentimentaux, Anarion venait tout de même de confier quelque chose d’important à celle qu’il apprenait à découvrir. Il n’y avait pas une once de mensonge dans ses propos qui étaient même encore en dessous de ce qu’il pouvait ressentir grâce à sa présence dans cette petite demeure qui fut bien trop longtemps privée d’une femme en son sein. Enfin, ce solitaire se posait des barrières afin de ne pas agir de manière déplacée mais contre toute attente, Cissée semblait le suivre voir même le dépasser dans une démonstration de tendresse. Ainsi, après l’avoir serré contre elle, la jeune femme lui tenait désormais la main. Or, ce genre de geste était loin d’être anodin et jetait le trouble dans l’esprit de son compagnon. Ce dernier avait l’impression qu’elle cherchait soit à se rapprocher de lui, soit à le soutenir, le tout de manière prononcée et ceci le surprenait au vu de leur rencontre très récente. Il repensa donc à cette question qu’elle lui avait posée tout à l’heure concernant d’éventuelles pertes de mémoires et, peu à peu, il commençait à croire qu’il n’était pas le seul à avoir des choses à révéler tandis qu’il avait cette impression que d’une manière ou d’une autre, leur proximité avait un sens caché.

En se relevant, il mit fin à ce geste au sens encore imprécis et regarda son invitée se lever à son tour. A partir de ce moment, il sembla quelque peu la fuir du regard et c’est pourquoi il ne remarqua pas que le drap qu’elle portait se trouvait désormais un peu plus bas qu’auparavant. Elle lui dit ensuite que le bain avait été agréable puis elle se dirigea vers la corbeille de fruits afin d’en manger quelques-uns. Au moins, elle ne semblait pas du tout avoir perdu de sa joie de vivre et il s’en réjouissait. C’était d’ailleurs l’un de ses objectifs afin de la mettre en confiance et de l’amener peu à peu à retrouver la mémoire afin qu’elle puisse lui dire de quelle manière elle était arrivée là.

La gêne qui s’était installée en lui à cause de l’histoire de ces lieux qu’il n’avait pas encore mentionnés mais aussi par cette proximité n’allait pas se poursuivre dans la fuite car Cissée ne cessait de plonger son regard dans le sien comme pour capter son attention ou plutôt, peut-être, pour lui faire passer ses sentiments et sensations. D’ailleurs, après lui avoir avoué qu’elle n’avait pas trouvé quelque chose à porter, elle le remercia de son hospitalité en lui faisant part de son souhait de l’accompagner dans ses futurs excursions. A cela, il répondit de manière assez naturelle et sincère même si tout n’était pas forcement évident dans ses paroles.


- « Rassurez-vous, ces fruits ne proviennent pas de mes récoltes personnelles et de toute manière, il y a en bien trop pour moi tout seul. Quant à mon hospitalité, si vous accepter de rester un peu ici avec moi, vous aurez en main la plus belle des façons de me remercier. »

Cette fois-ci, son regard avait croisé le sien et alors qu’il remarqua ce drap tombant, Cissée l’entraîna à l’extérieur en le prenant de nouveau par la main et en dégageant une chaleur qu’il était impossible de manquer. Que souhaitait-elle faire? Voulait-elle lui montrer quelque chose ? Il n’en avait pas la moindre idée et se laissa kidnapper par cette femme qu’il observait désormais de dos et que rien n’aurait pu arrêter en cet instant. Après quelques pas, ils arrivèrent devant un vieux chêne qu’Anarion connaissait parfaitement et sur lequel deux lettres étaient inscrites l’une à coté de l’autre. Le « s » et le « a » inscrits sur l’écorce signifiaient tout simplement Séphira et Anarion mais derrière cela se cachait une histoire plus profonde qu’il décida de lui raconter puisque sa curiosité semblait l’y inciter.

- « Malgré les siècles, je n’oublierai jamais le jour où Séphira et moi avons gravé nos initiales sur ce chêne. J’avais dix ans tandis qu’elle en avait neuf. Nous avions tous les deux l’habitude de venir jouer près de ce chêne et dans ce qui autrefois n’était qu’une petite prairie. Un jour, nous avons décidé de laisser une trace de notre passage sur cet arbre sans savoir que quelques années plus tard c’est tout naturellement ici que nous allions décider de construire notre maison pour y vivre ensemble. Cette inscription n’était alors plus seulement le symbole de notre amitié d’enfance mais celui de notre amour. » dit-il en caressant l’écorce.

Combien de gens pouvaient se vanter de s’aimer depuis l’enfance ? Bien sûr, il peut s’agir, dans cette période d’insouciance, d’un amour inconscient mais ceci n’en diminue pas pour autant l’intensité. Quoi qu’il en soit, cet arbre fut comme le point de départ des liens qui l’unissaient à sa femme et il ne pourrait jamais l’oublier. C’est donc avec émotion qu’il laissa encore un peu sa main sur le tronc de cet arbre qui avait à la fois connu la chaleur de leurs deux corps mais aussi la rage d’Anarion quand ses poings vinrent le frapper après que sa femme soit morte.
En tout cas, à coté de ce vieux chêne, un autre arbre, tout aussi ancien portait une inscription et cette fois-ci, c’est Anarion qui le ferait découvrir à la jeune femme qu’il invita à le suivre. Après seulement une courte enjambée, il coupa quelques hautes herbes et fit apparaître un prénom gravé dans l’écorce : Orianne. L’inscription, beaucoup moins précise, était située en bas du tronc et semblait ainsi montrer que son auteur n’était pas bien âgé. Enfin, à présent, il se devait de donner des explications à Cissée mais ceci n’allait pas se faire sans peine tant sa voix fut chargée par l’émotion.


- « Cette inscription est un peu plus récente… C’est celle de ma fille, Orianne, qui n’avait que cinq ans à ce moment. Ma femme et moi lui avions appris à écrire son prénom rien que pour ça en espérant qu’à son tour, un autre prénom viendrait se graver à côté du sien. Hélas, ce maudit destin en avait décidé autrement ! »

Malgré les années, l’émotion et l’attitude de cet homme montraient qu’il était impossible de se remettre de la perte d’un si petit être. Même si le deuil finissait par s’imposer, l’absence restait irremplaçable. Anarion dévoilait ainsi sa plus grande tristesse à celle qui l’avait connu bien différent dans ce qui semblait aujourd’hui être une autre vie. Enfin, d’une certaine façon, Cissée n’était-elle pas elle-même en train de goûter à une autre vie ? Ne changeait-elle pas au contact de l’homme qui s’occupait d’elle depuis qu’il l’avait retrouvé inconsciente au beau milieu de la forêt ? Peut-être que la réponse se trouvait juste sous ses yeux alors qu’elle revêtait la robe qui avait appartenue à Séphira.

Cet instant fut tout à fait particulier pour Anarion et pour plusieurs raisons dont la plupart relevaient de l’intime. Durant quelques instants, il eut l’impression de voir revivre sa femme mais finalement c’était plutôt Cissée qui redonnait vie au vêtement. En fait, hormis sa taille et son gabarit elle ne ressemblait pas à son épouse et c’était donc bien elle qui insufflait une nouvelle vie à ce tissu si précieux.
De plus, que dire de sa façon de la mettre ou plutôt de sa façon de se changer ? Le moins que l’on puisse dire était qu’elle n’était pas du genre pudique puisqu’elle s’était mise nue alors qu’il se trouvait juste à côté d’elle. Visiblement, le geste n’était pas calculé mais il n’en restait pas moins troublant car elle ne pouvait ignorer sa présence. Qu’avait-elle donc cherché à faire ? Etait-ce une invitation plus franche ? En tout cas, elle était désirable et il aurait pu succomber si toute cette tristesse ne le submergeait pas encore. Enfin, il ne manqua pas les cicatrices qui parcouraient sa peau et qui témoignaient de combats passés. Ainsi, comme ces vêtements l’avaient déjà montré avant, cette femme était une guerrière mais la robe qu’elle portait désormais allait, peut-être, il l’espérait, lui faire découvrir une nouvelle existence.

Beaucoup de pensées lui traversaient l’esprit en cet instant mais il en fut tiré quand Cissée lui demanda comment il la trouvait. Répondre à cette question n’allait pas vraiment être difficile car sa réponse s’était déjà dessinée sur son visage de la même manière qu’elle montrait actuellement sa joie par ses gestes et son sourire.


- « Vous êtes magnifique, tout simplement. » dit-il avec un regard d’une douceur qui ne se trouvait pas facilement chez tout le monde.

A ce moment, il fit deux pas et se trouva ainsi juste à côté d’elle. A son tour, il aurait pu la serrer contre lui mais c’est autre chose qu’il avait une tête et ceci n’était pas de moindre importance. Il reprit donc la parole afin de transmettre un message fort à celle qui se trouvait devant lui tandis qu’il posait ses mains sur ses épaules comme pour focaliser son regard sur le sien.

- « Il y a une chose importante que je tiens à vous dire sans plus attendre. En fait, je ne veux pas que vous croyez que je cherche à faire revivre ma femme à travers vous. Tout d’abord parce que je sais que ceci est impossible mais aussi parce que c’est vous qui êtes en train de faire revivre chaque chose ici. Je vous supplie de bien vouloir me croire. »

Après ces mots prononcés avec une intensité certaine, il décida de reculer de plusieurs pas jusqu’à lui tourner le dos désormais. Là, il prit une grande respiration en levant son regard vers le ciel avant de prendre de nouveau la parole pour faire une demande troublante à la jeune femme.

- « Cissée, seriez-vous d’accord pour rester un peu plus longtemps ici avec moi ? » demanda-t-il avec une voix quelque peu angoissée.

Cette fois-ci, Anarion ne s’était pas retourné vers elle et son regard se portait désormais sur le sol même s’il semblait plutôt errer dans le vide. Sa demande était liée à l’histoire de ces lieux même si elle n’en avait pas encore conscience. Sa question était incomplète tandis qu’il attendait la réponse avec une appréhension telle que son cœur battait tellement qu’il semblait être sur le point de sortir de sa poitrine. Beaucoup de choses gravitaient autour de cette question qui était une sorte de chemin encore encombré par des ronces que Cissée allait devoir couper pour connaître la vérité sur tout et y compris sur ses propres sentiments.
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