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 Ce fut ici que tout commença ...

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MessageSujet: Ce fut ici que tout commença ...   Ven 17 Aoû - 13:37

Elle avait parcourut de grandes distances. Elle avait quittée son Angleterre natale pour de lointaines, dangereuses et inconnues contrées. Elle avait fait route seule, se nourrissant de ce qu'elle trouvait, dormant sur le plus confortable qu'elle pouvait trouver, bien que ce n'était que le sol froid. Et ce jour là, Erika était enfin arrivée à destination. Il n'y avait rien de bien particulier, aucunes fanfreluches ou ornements, ce n'était rien de plus qu'une berge, vierge, et dont l'eau qui s'étendait à ses pieds était couverte d'une épaisse brume blanche insondable ...

Le paysage était mystérieux, et le temps semblait suspendu en l'air, comme si, une fois dans cet endroit, le temps ne s'écoulait plus. Elle s'assit par terre, et frissonna au contact du sol froid. A travers la brume, elle ressemblait à une tâche sombre, au contour pourtant précis. Rien de plus qu'une tâche noire ... La seule touche de couleur dans ses habits était une broche, accroché au ruban de son chapeau, et qui ne représentait rien d'autre que deux cerises, dont les queues étaient entièrement noir, comme pour ne pas embrouiller le contraste avec leur couleur naturelle, le vert. Mais autre chose était étonnant dans cette silhouette. Deux yeux ... Une magnifique paire d'yeux couleur émeraude. Comme deux petits joyaux, brillants dans la brume ...

Replaçant bien son sac en bandoulière sur le côté, elle se replia sur elle même, genoux ramené contre sa poitrine et entourés de ses bras, la tête baissée, et tournée vers la droite, comme si elle tentait de la mettre parallèle à son épaule. Ses yeux se fermèrent, et lorsqu'il se rouvrir, elle se saisit d'un bout de parchemin qui ressortait de son sac. Elle recommença alors sa lecture, ses lèvres bougeant comme si elle lisait à voix haute, mais aucun son ne franchissant leur barrière ...


¤ Ma chère petite Erika

Je sais que lorsque tu recevras cette lettre, je serai déjà bien loin, auprès de ton père, de tes frères, et de ta petite soeur. J'ai envoyé Matthew te chercher pour te la donner. Mais si tu lis ces lignes, alors c'est qu'il est mort, ou qu'il m'a trahit en te donnant cette lettre alors qu'il était encore vivant ...

Mais je ne suis pas là pour parler de ceci, je veux te parler de ton avenir ma petite chérie, de ton avenir, mais aussi de ton histoire, de tes ancêtres ... J'essaierai d'être brève dans cette lettre, et tu n'auras qu'à lire l'autre pour plus de détails sur nous, les Goldberg.

Mes grands parents étaient des "magiciens". Je veux dire par là qu'ils possédaient des pouvoirs magiques. Seulement, cet héritage n'était transmis qu'au hasard, et parfois, plusieurs générations ne bénéficiait que d'une toute petite partie de ces dons, et il arrivait même qu'un seul des enfant en possède ... Tu n'es pas la seule, car Matthew aussi a hérité de pouvoir, mais d'une infime partie seulement. C'est la raison pour laquelle je l'ai choisis pour te transmettre cette lettre, dont il connaissait l'exact contenu. Pour que tu le saches, Matthew était ce qu'on appelle un animorphe. Il pouvait se transformer en un animal, plus précisément, un chien.

Mais ce que je veux que tu saches, c'est qu'il existe un endroit où tu seras en paix, et où tu pourras t'exercer avec tes pouvoirs autant que tu le voudras, les gens là bas en ont tous. Mais ils ont également un lien avec cette île. Surtout, garde toi d'en parler à quiconque, elle est cachée, secrète, et je t’interdis de devenir la honte de la famille, celle qui aurait causé la destruction de cette île de paix ! Pardonne moi mon emportement ... Suis précisément ces instructions, et tu pourras alors vivre là bas.

[...]

Une fois arrivée sur la rive, attend. Quelqu'un viendra te chercher. Tous ces renseignements, je les tiens de ma grand-mère, qui me les a révélés lorsque Matthew à montrer des signes de son pouvoir. Si tu as des enfants ma chérie, explique leur tout ceci, mais ne quitte pas l'île ... Mes grands parents ont fait cette erreur et comme tu as put le constater, notre famille est dans la ruine ... Je sais bien moi même que mes dernières heures sont comptées et je t'écrit tous ces mots avec les dernières forces qu'il me reste, celles que j'ai puisé en moi même pour mon amour pour toi.

Pardonne moi de ne pas m'être aussi bien occupé de toi que ton frère ... Pardonne moi cette faute, car au fond, je t'ai toujours aimé, jamais je n'aurai put t'abandonner ... Pardonne moi si je t'ai causé le moindre tord, je ne le voulais pas.

Je t'aime, Erika.

Elizabeth Goldberg, le [Une larme a brouillé l'écriture] ¤


Erika laissa rouler une larme su sa joue, qui mourut sur ses lèvres noires. Elle ferma les yeux quelques instants, cachant son regard assombri de tristesse. Un soupire s’échappa de ses lèvres, alors qu’elle rangeait la lettre dans son sac, ne pouvant se résoudre à lire de nouveau l’autre morceau de parchemin. De tout son voyage, elle n’avait cessé de les lire, de les regarder, de penser à sa famille en les tenant dans ses mains. Ces quelques lettres … Ce mot de sa mère, ce mot de son frère … Même de son père et de tous ses frères. Tous … Tous … Tous lui avaient laissé quelques mots avant qu’ils ne meurent, lorsque leur cœur s’était ouvert comme jamais, en une dernière pensée d’amour …

Elle se sentait terriblement mal de vivre, de ne pas les avoir suivit. Elle regrettait que la mort ne soit pas venue la chercher plus tôt, et d’un autre côté elle jugeait que c’était le mieux … Non pas parce que cela lui avait permit de vivre, mais parce que le fait qu’elle soit la seule survivante empêche que sa famille n’ait souffert. Ils sont tous morts, les uns après les autres, et aucun n’est resté pour contempler cet horrible spectacle, personne à part Erika … Au moins, personne n’a souffert, et c’était ceci qui la réconfortait quelque peu. Mais si seulement Matthew était à ses côtés, si seulement il était là … Elle revoyait son visage souriant alors que la mort l’emportait lentement dans son sillage …


« Pourquoi m’as-tu laissé ? » murmura-t-elle en un souffle, les larmes coulant sur ses joues.

La solitude était bien la pire des choses, et pourtant, elle ne pouvait se résoudre à accepter quelque compagnie. Elle craignait bien trop que la mort n’emmène avec elle tout ceux qui lui parleraient ou resteraient un peu trop longtemps près d’elle. Erika se condamnait elle-même … Elle souffrait pour que les autres ne souffrent pas, elle y trouvait une certaine justice, bien qu’elle aurait préféré mourir … Mais lorsqu’elle entendit soudain des bruissements dans l’eau, très légers, et que seul le silence l’entourant lui permettait de percevoir, bien que plutôt flou, elle essuya d’un geste rapide ses larmes, le regard devenu impassible, sans presque aucune expression, comme si elle n’était rien de plus qu’un coquille vide. Et elle attendit …
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Miyu
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MessageSujet: Re: Ce fut ici que tout commença ...   Ven 17 Aoû - 15:37

[Je me joins à vous gente damoiselle
Le post à rien de fantastique, j'ai besoin de me remettre dans le bain]


Il faisait gris sur Ynis, aujourd'hui. Gris, il ne pleuvait pas encore, mais ça n'aurait su tarder. C'est dans cette ambiance que Miyu mit le nez au dehors, ouvrant d'un coup de coude les volets au bois gorgé d'eau de l'Auberge. Chambre n°5 comme à son habitude. Cette petite pièce était devenue sa demeure, à force. Non pas qu'il ait de très grandes affinités avec le personnel, mais il s'y sentait plus chez lui qu'il ne l'aurait été dans une maison. Après tout, de sa vie, Miyu n'avait jamais eu que des chambres puisque de la maison de sa mère il avait attérit ici...
Ce jour là, la brume avait envahi jusqu'à la cité de verre. Il devait encore aller chercher quelqu'un, comme à son habitude, comme à peu près tous les matins maintenant, mais il se demandait quelle serait la réaction de la nouvelle venue lorsqu'elle quitterait le sombre continent, puis la brume compacte pour... ça.
Ca n'était pas ses affaires après tout et bien vite, enfilé son imper d'un blanc pur et ses lunettes d'aviateur, Miyu se rendit sur la grêve.

Sitôt monté à bord de sa petite coquille de noix, le meneur, poussant du pied les rames bleues qui gisaient en son fond, s'engloutit d'une poussée mentale dans la brume qui protégeait l'île d'Ynis Witrin. Les minutes passaient, durant lesquelles il prenait tout son temps. Il finit même pas s'allonger au fond de la barque, les omoplates contre le banc sur lequel il était, d'ordinaire, assis. Sans cesser de conduire la barque de sa télékinésie, connaissant d'instinct le chemin à emprunter, le meneur s'amusait à reconstituer une petite scène sur laquelle des bonhommes de brume donnaient un concert survolté. Il les faisait se tortiller comme un marionetiste, laissant dans leur sillage de petits nuages virevoltants. Finalement le chanteur tomba à genoux, alors que le meneur entonait l'air qu'il venait d'acherver. C'est alors que grimpa sur scène une petite silhouette marquée par la finesse de sa taille, un popotin rebondi et une poitrine opulente. La groopie était simplement venue sauter partout, alors que le meneur glapissait d'une petite voix aigue "oh oui oh oui je vous aime tous" et qu'il faisait gigoter le petit corps idéal comme un pantin que l'on agite.

Il s'amusait ainsi comme un gamin lorsque, la brume empêchant d'y voir à un mètre, il entendit un son qu'il n'avait que très rarement eu l'occasion d'entendre. Des sanglots. Aussitôt se dissipa la petite scène, et le meneur, un coude sur le banc, se redressa pour faire face à ce qui faisait du bruit. La voix était féminine. Tout ce que Miyu en discernait de visu était une vague forme noire, recroquevillée. Il plissa les yeux derrière ses lunettes d'aviateur énormes, jusqu'à ce que les sanglots ne finissent par se taire. Le meneur poussa donc sa barque en avant et la laissa glisser, de profil à l'embarcadère et à la demoiselle qui s'y trouvait. Cette fois, il la discerna bien. Effectivement toute de noir vêtue, il ne manqua pas de remarquer les yeux émeraude et les cerises vives qui percaient ce calque en noir est blanc.
C'était donc elle qui pleurait, l'instant d'avant? Il n'avait pas la moindre once d'empathie et ne saisissait donc pas la tristesse de la petite demoiselle en cet instant précis, cela dit, il avait bel et bien entendu pleurer, et s'il se moquait de procurer à autruis joie, agacement, haine ou jouissance... encore que ça il aimait bien... Même s'il se moquait du reste en tout cas, il n'était pas indifférent aux pleurs... Pourquoi? Simplement parce qu'il ne faut pas être fin pour les voir, et s'il n'en saisissait jamais ou presque la cause, du moins pouvait-il encore tenter d'y remédier. Sans attendre donc qu'elle ne lui dise quoi que ce soit, il bondit donc hors de la petite barque, qui continuait son chemin toute seule, ses cheveux azurins retombant sur son front, lisses, et lui sourit. Il avait attérit assez près d'elle, et voyait de près son visage délicat. Il ne voyait là aucune larme, alors il glissa son index sous son oeil droit. Le test était positif, il y avait là quelque trace d'humidité.


"De toutes les eaux celle-ci doit être la seule que je n'affectionne pas"

Avec un sourire délicat, il inclina la tête. Il se trouvait alors appuyé sur un genou, l'autre replié sous son coude. Finalement, il se redressa, étira son dos et d'un geste du petit doigt, fit réapparaître la barque qui s'en était allée disparaître dans les brumes fauves.

"Je me nomme Takumi Miyu. Je suis le moine chargé de vous conduire sur Ynis Witrin"

Et sur ce il inclina la tête, avant d'inciter d'un geste de la main la jeune femme à monter à bord de son petit carosse.

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MessageSujet: Re: Ce fut ici que tout commença ...   Ven 17 Aoû - 16:28

Le bruit se rapprochait bien plus vite qu'elle ne l'aurait crut, et elle vit rapidement une embarcation devant elle, à travers la brume, avec à son bord, un jeune homme pour le moins étrange, que se ne soit que par la couleur de ses cheveux. Bien qu'elle n'eut pas idée d'engager une quelconque conversation, elle s'apprêtait à le saluer poliment, mais elle n'en eut pas l'occasion. Le jeune homme avait bondit près d'elle, et son regard se mua en étonnement, alors que par réflexe, elle se recula de quelques centimètres. Le sourire sur son visage la rassura quelque peu, elle ne voyait aucune trace de moquerie.

Alors, il fit un geste qu'elle ne comprit pas immédiatement. Il glissa son index sous son oeil, et lorsqu'il fit allusion à ses pleurs, son regard d'émeraude qui fixait le jeune homme, se déroba, une lueur de tristesse les assombrissant. Ainsi donc il l'avait entendu pleurer. S'il y avait bien une chose qu'elle n'aimait pas, c'était que les autres sachent qu'elle avait pleurer, et elle s'en voulait toujours à elle même de ne pas être plus discrète. Pourquoi ? Peut être par fierté ... Ou pour éviter que l'on ne la questionne sur la nature de ses pleurs. Et surtout en un tel moment ... Elle était bien trop accablée par la mort de toute sa famille, bien trop anéantie par la disparition de son frère, bien trop brisée par la vie même.

Lorsqu'elle vit apparaître de nouveau la petite barque en face d'elle, revenant à travers la brume, elle tourna son regard vers le jeune homme, qui c'était relevé. Elle remarqua sa tête incliner et son sourire délicat, mais elle ne put y répondre que par un petit sourire triste, alors que ses yeux révélaient l'état dans lequel elle était. Ah, maudits yeux, si seulement ils ne montraient que ce qu'elle leur ordonnait ... Mais ils semblaient agir indépendamment de sa volonté, et ils révélaient tous ses sentiments, sans qu'elle ne le veuille bien sûr. Elle lui répondit alors, sans trop élever la voix, brièvement ...


" Erika G ... Sadness. "

Mauvaise habitude que celle de vouloir donner son véritable nom. Mais elle avait changé, elle en avait prit un autre, non pas pour ne plus appartenir à sa famille, mais parce qu'ils étaient tous morts, et qu'elle pensait que c'était de sa faute, parce qu'elle était une Goldberg. Et pourtant, lorsqu'elle se présentait, elle persistait, et souvent, voir toujours, elle omettait qu'elle s'appelait désormais Sadness, nom qu'elle s'était donné, en s'inspirant d'elle même ...

Elle vit le geste de la main du prénommé Miyu, en direction de la barque, et elle se redressa alors pour y prendre place. Elle ne vit pas la précieuse lettre qu'elle avait lut tomber de son sac, restant à l'endroit qu'elle venait de quitter.
Une fois assise dans la barque, ce fut alors qu'une question se posa à son esprit ... A quoi ressemblait donc cette île ? Qu'allait-elle y trouver ? Tout ce qu'elle savait c'était ce que sa mère lui avait dit, qu'elle y trouverait la paix ... Mais rien ne pouvait lui garantir les paroles de sa mère. Rien ni personne ... sauf peut être ... celui qui l'y conduisait. Mais elle n'osait rien dire, comme toujours, elle ne voulait rien dire, même. Elle avait développé l'idée qu'elle attirait la mort, et que quiconque s'approchait trop, était en danger de mort, aussi, elle faisait tout pour s'isoler, espérant que personne ne viendrait ...

Elle scruta quelques instants la brume épaisse autour d'elle, se demandant comment le jeune homme pouvait bien s'y retrouver alors qu’on n’y voyait pas à quelques mètres. Puis elle leva son regard vers lui, attendant un quelconque signe de sa part ...



[Ce n'est pas fantastique non plus, désolé.]
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MessageSujet: Re: Ce fut ici que tout commença ...   Dim 19 Aoû - 2:44

Le malaise de la demoiselle, Miyu était trop obtus pour le saisir, aussi ne vit-il rien de son envie de retrait lorsqu'il glissa un doigt sur son visage. Il n'y avait là rien de bien sensuel, du moins rien qu'il voulait employer à cet effet. Il n'était pas un homme spécialement romantique, si ce n'était par jeu pur et dur... Mais en revenche, il était curieux, et s'il touchait ainsi au visage de la demoiselle, c'était surtout parce qu'il avait envie de savoir si oui ou non elle avait pleuré. Le résultat positif, là aussi il ne remarqua rien de son trouble, voir de la rancoeur qu'elle éprouvait à son encontre propre. Mais même s'il l'avait ressenti, cela ne lui aurait pas fait grand chose. Non, il s'en moquait en réalité. Il y avait des choses bien plus intéressantes à étudier. Les mensurations de la demoiselle même suffisaient à obscurcir le mystère d'une larme. Et puis, il savait d'expérience que les gens qui pleurent en arrivant sur Ynis expliquent rarement d'où leur viennent ces larmes.
Ou bien était-ce lui qui était trop maladroit pour qu'ils ne le lui expliquent volontairement? Il l'ignorait. Toujours était-il que sa franchise, et son goût du premier degré bien lourd, très rares avaient été les personnes qui s'en était contentées. Dernière en date, la douce Arwana. Tiens où est-elle au juste, ma petite palfrenière? songea-t-il, ayat déjà l'eau à la bouche.

A ce moment là de l'intrigue une question existentielle se pose. Oui, en effet, on se demande à qui avons-nous affaire. Marquons donc une pause et demandons nous ce qu'est ce meneur.

a- Un satyre lubrique qui n'a comme mode de pensée que la logique impliquée par son bas-ventre.
b- Un pauvre benêt aux pouvoirs de réflexion réduits.
c- E.T.
d- Dom Juan.
f- Un meneur de barque exemplaire...


A vrai dire, posez-lui la question et Miyu vous répondrait sans ambage qu'il appartient à la race des marguerites bleues, doublé d'un amateur de bonne musique et d'un fondu du saké. Certes ces propositions n'ont pas été citées, mais l'homme est un peu tout... Excepté sans doute le benêt.
Lubrique, bien entendu il l'était. Un homme privé de toute sensibilité morale, à la barrière mentale aussi inviolable que la sienne, ne devient qu'un mécanisme de chair, dans lequel une âme, enfermée, tourne comme un lion en cage. Un homme qui n'a plus pour vivre, fonctionner, que ses sens... Sensuel Miyu oui, tout entier offert aux plaisirs qu'ils apportent et à ses yeux, avec la caresse de l'eau, la brume et le saké, la chair d'une femme présente sans doute les plus belles vertus au monde. La chair, entendons nous... Pour ce qui est du reste, il ne demande pas forcément au jolies filles qu'elles aient inventé l'eau tiède !
E.T.... oui dans ce monde-ci oui...
Dom Juan... Collectionne-t-il? Beau palmarès à son actif, il n'y a pourtant jamais pensé... [ouh le menteur]
Meneur de Barque exemplaire...

Deux ans auparavant, alors qu'il débarquait sur l'île et se rendait chez Emma Aleyna pour demander à apprendre les incantations, la jeune femme su lui faire confiance, en dépit, certes, de son allure défaite de l'époque, de son parler un peu plat, de son air absolument déphasé et de sa nonchalance qui, elle, ne le quittera sans doute jamais. Pourquoi donc? Parce qu'il était capable de l'endosser ce rôle. Parce qu'il vivait pour l'eau, qu'il l'aimait plus que tout et que, comme elle le prévoyait alors, nul mis à part le Vioque, peut-être, ne se trouvait plus en osmose avec cette barrière que le jeune homme azurin. Miyu se moquait de ce qui montait à bord. Il n'appréciait pas plus les plantes que les hommes, les chevaux ou les truites. Si une personne ne devait pas monter, eh bien il ne serait simplement pas envoyé la chercher. Il se moquait d'où venait les gens, n'avait qu'une curiosité des plus supperficielle et se foutait un peu de tout, en fin de compte. La seule chose qu'il n'aimait pas étaient les pleurs...
Et les armes... Lorsqu'il avait dit cela à Emma, elle avait sourit...

Cette demoiselle, là, elle n'avait pas d'armes, mais elle avait les premières... Et cela sans doute avait suffit à l'homme pour le faire descendre de son nuage doré d'insensibilité, et ce simplement pour tenter d'y remédier à sa manière. Sans la moindre finesse... Un échec? Et alors, il avait la conscience tranquille, c'était le plus important. Qui perd gagne comme on dit, Miyu se contentait du jeu. Et puis, il perdait suffisament souvent lorsqu'il jouait pour le "gros lot" [censure oblige xD] pour ne pas se formaliser d'une défaite plus bonne enfant.

Lorsque la demoiselle lui dit son nom, le meneur tiqua. Il haussa un sourcil éloquent (qui ne se vit bien évidemment pas derrière les lunettes) se demandant comment il se faisait qu'elle le lui dise. Effectivement, ça n'arrivait jamais. Aussi lui répondit-il bêtement :
"Ben... je sais" d'un air d'évidence désarmant, avant d'ajouter : "Vous arrive-t-il souvent d'aller chercher des gens dont vous ignorez l'identité?" Mais il n'était pas content. Cela ne se voyait pas, puisque tout autant qu'il ne sentait pas l'état d'esprit d'autrui, Autrui ignorait l'état d'esprit du meneur. Cela dit intérieurement, c'était tout un mic mac qui s'était mis en branle. Si elle me dit son nom, c'est que je ne l'ai pas appelée. A moins bien sur qu'elle n'ait une mémoire de moins de 30 secondes, même une dizaine de secondes en fait. C'est peu probable, avec un être humain. Alors elle ne savait pas que je savais son nom en arrivant. Alors... alors ça veut dire que je ne l'ai pas appelée et donc que je n'ai pas fait comme d'hab. Pourquoi j'ai pas fait comme d'hab? S'ensuivit un intense effort de réflexion puis... Parce qu'elle pleurait !
"Eureka" fit-il, satisfait.

Finalement, ces questions finirent par devenir des plus secondaires à ses yeux. Il s'en moquait passablement, elle avait un joli sourire, dont la tristesse échappait au meneur, et c'était pour le moment tout ce qu'il demandait à savoir. Finalement, elle grimpa à bord. D'une prise mentale puissante, il empêcha la barque de faire le moindre mouvement lorsque la demoiselle y mit le pied. Une plume même aurait davantage affecté l'embarcation en s'y posant. C'était toujours plus rassurant, après, libre à lui de feindre les attaques de l'eau sur la coque, voire de faire, s'il le désirait, de la coquille de noix un hors-bord. Toujours était-il qu'il martyrisait rarement les gens au moment de l'embarcation. Il attendait un peu qu'ils soient coincés avec lui sur le lac ehe.

Mais cette fois, il se passait encore autre chose. Alors qu'elle avait posé son petit postérieur sur le banc en face de celui du meneur, celui-ci remarqua au sol une petite pièce de papier. Machinalement, il la ramassa et, sans qu'elle le voit, en parcourut la fin. Le contenu du courrier lui échappa royalement, il ne chercha même pas à le saisir à vrai dire. Mais il comprit néanmoins qu'il était à elle. Trop léger pour faire le lien avec ses larmes, alors qu'il bondissait à bord, posant sont adôôôrable postérieur sur son banc de d'habitude, il lui tendit la lettre sans un mot d'abord. Pendant quelques secondes il regarda la petite demoiselle, puis, après un bref regard au continent, dit d'une voix légère :
"Mieux vaut éviter de laisser traîner ici ses affaires, ma petite demoiselle" Puis, sans un mot, il leva le petit doigt et la barque, oscillant doucement, s'enfonça derrechef dans la brume. Du pied, il poussa les deux rames bleues qui gisaient au fond.

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MessageSujet: Re: Ce fut ici que tout commença ...   Ven 31 Aoû - 20:39

[Et presque deux semaines de retard ... =.=''''
J'suis désolé ... é.è]



Erika fut décontenancée de la question du jeune homme. Elle n'avait pas pensé une seule seconde qu'il connaissait son nom ... sa tristesse étant la principale source de ses préoccupations, elle ne portait plus grande attention à autre chose. Cette lettre ... Elle l'obsédait, elle la relisait sans cesse, elle ne daignait pas sortir de son esprit, et il fallait dire qu'au final, ce dernier était plutôt embrouillé. Marquant une expression surprise, elle baissa la tête. Elle avait été idiote ...

" Oui, c'est vrai ...
Je n'y avais pas pensé ... "


N'ayant pas le coeur à discourir, et il fallait dire qu'elle avait rarement envie de discuter, elle ne s'hasarda pas sur le sujet. C'est bien beau de connaître le prénom, mais comment savoir si la personne en face était bien celle là ? N'importe qui aurait put se faire passer pour elle. Mais ne sachant rien de l'île, et de tout ce qui s'y tramait, elle préféra se taire. On dit parfois qu'il vaut mieux poser ses questions que de rester idiot, mais dans son cas, elle préférait ne rien savoir. Discuter le moins possible était sans doute préférable, que la mort ne s'attarde pas auprès d'une autre personne qu'elle même. Et oui, Erika était ainsi, toujours à penser que la mort rôdait autour d'elle, et qu'elle s'emparerait des âmes qui l'approcheraient de trop près, et trop longtemps. Une idée stupide, mais toute sa famille ayant été décimée, elle n'a pas trouvé meilleure idée qu'elle pense attirer la mort ...

Le jeune homme ne paraissait démontrer aucun sentiment envers elle. Erika trouvait ceci très étrange, mais d'un autre côté, elle l'en remerciait intérieurement. Il ne lui posait aucune question, il ne s'apitoyait pas sur son sort ... Il la laissait tranquille, comme si elle lui était complètement indifférente. Pour certain, ce genre de comportement aurait été frustrant, agaçant, mais pour elle c'était tout l'inverse. Mois on s'occupait d'elle, mieux elle se portait, si tant est que l'on puisse utiliser cette expression pour signifier qu'elle fusse bien plus seule que d'ordinaire. Dans son cas, il était bien difficile de dire qu'elle se portait mieux, puisqu'elle était toujours malheureuse, disons que cela entraînait un certain sentiment d'apaisement, mais rien qui ne puisse la rendre heureuse.

Pendant quelques instants, le meneur ne fit rien, et enfin il prononça un 'Euréka' d'un air satisfait. Elle se sentit totalement oubliée, et ne comprit pas pourquoi il avait agit ainsi ... Sans doute un moment de réflexion, mais dont elle ne connaissait pas le sujet. Toujours est-il qu'il avait trouvé, et qu'il en semblait plutôt content. Un regard interrogateur se posa sur lui, avant que finalement, elle n'aille s'asseoir dans la barque, constatant avec étonnement qu'elle n'eut aucun mouvement, pas une seule oscillation. Magie provenant de la barque ou de son meneur ? Elle ne put y répondre ... S'en suivit quelques instants avant que le jeune homme ne monte lui aussi. Il lui tendit alors une feuille de papier, et elle comprit aussitôt que c'était sa lettre. La surprise s'inscrivit sur son visage, un étonnement et une de colère contre elle même d'avoir faillit perdre cet objet précieux ... Bien que toute précision fusse inutile, étant donné l'altruisme du meneur.

Elle prit la lettre qu'il lui tendait, et l'écouta lui dire qu'il ne valait mieux pas qu'elle laisse traîner ses affaires. D'un hochement de tête presque imperceptible, elle lui fit signe qu'elle avait enregistré le message, bien qu'elle n'en demeure pas moins curieuse de tout savoir sur cet étrange contrée presque inhabité. Mais sa curiosité se posait surtout sur l'île, malgré qu'elle n'en parle pas. Avec les années, elle avait apprit à tenir sa langue. Et alors, la barque se mit à osciller doucement : ils venaient de partir. Erika n'osait rien dire ... Et elle n'avait pas vraiment non plus envie de parler, avec toutes les idées macabres qui lui trottinaient dans la tête. Néanmoins, elle énonça à voix haute une de ses pensées.


" Je me demande pour combien de temps il y en a ... "

Le ton n'avait pas été très fort, comme un chuchotement. Se rendant alors compte qu'elle venait de parler toute seule, ses joues rosirent, alors qu'elle détournait la tête vers l'eau. Il fallait dire que la situation était assez embarrassante pour elle. Elle, qui fuyait tout contact, se retrouvait seule avec quelqu'un, au milieu d'une étendue d'eau auquel la brume flottante donnait une impression d'immensité, sans aucun moyen de fuir. Le fait que se soit un homme ne la dérangeait pas spécialement, elle avait vécut longtemps auprès d'homme, puisque la seule présence féminine avait été sa mère, et toutes les deux n'étaient pas toujours en très bon termes ... Le plus proche d'elle étant l'aîné, Matthew, elle était donc habituée à la présence de personnes du sexe opposé.

S'occupant alors de l'eau plutôt que de la situation, elle la contempla, alors que la barque oscillait toujours doucement, comme bercée par le vent ...



[Pas fantastique tout ça =/
J'essaierai de faire mieux au prochain.
Et encore désolé du retard ...]
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