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 Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]

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Zane
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MessageSujet: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Ven 27 Avr - 2:14

Zane n’avait pas manqué ce sourire léger qui s’était dessiné sur le visage de l’alchimiste quand il lui dit qu’il reviendrait le lendemain matin pour préparer un autre hydromel. De cette manière, il pouvait comprendre qu’elle avait envie de le revoir à nouveau au réveil même si elle ne l’exprimait pas par des mots. Finalement, des étapes étaient en train de se franchir tout naturellement entre eux mais ce qui comptait pour lui, en ce moment, était de voir que la jeune femme ne ressentait aucun malaise comme elle ressentait fréquemment le matin. De tout cela, il ne dit pas un mot et se laissa soigner le visage.

Pendant ce temps, elle lui montra de manière assez nette qu’elle sentait qu’il lui cachait la vérité concernant ses égratignures. Il est vrai que son explication n’était guère convaincante mais elle n’avait pas été prononcée dans ce but. Il l’avait simplement donné pour ne pas que son silence en dise davantage. Ainsi, une nouvelle fois, il lui mentit en confirmant ce petit mensonge mais en lui donnant une véracité qu’il prit dans son vécu.


- « Ca m’arrive de temps en temps effectivement car il faut que je sois toujours prêt à combattre en toute circonstance. Les combats la nuit sont bien différents de ceux le jour et nos yeux deviennent alors un désavantage face à ceux des démons dont l’acuité nocturne nous est bien supérieure. » ajouta-t-il le regard perdu.

Le mensonge s’était transformé en souvenirs. Il se remémora ces combats qu’il livra de nuit et qui furent si meurtriers. Toutefois, il ne devait pas se laisser aller devant elle et décida de réaliser ce massage, sans prendre en compte l’étonnement de la jeune femme.
Pendant ce contact corporel, le dragonnier vit parfaitement les petits sourires qu’elle lui adressa mais il n’y répondit pas. En fait, son regard fut uniquement porté sur les différents endroits de sa peau qu’il parcoura de ses mains. Il était ainsi resté silencieux et ses mains n’avaient jamais dépassé les limites de la pudeur. Finalement, il avait montré le plus grand des respects pour ce qu’elle lui présentait. Il avait aussi tenu à lui montrer qu’elle pouvait avoir confiance en lui.
Résultat de tout cela ? Il espérait qu’elle pouvait ressentir ces messages qu’il lui adressait de ses mains et dont l’un des plus importants était qu’il était capable de prendre soin d’elle. Cela ne voulait pas dire qu’il serait de ceux qui considèrent que les femmes doivent impérativement être l’objet d’une protection constante, faute de pouvoir l’assurer elles-mêmes. Non, il ne se serait jamais permis de penser cela de Namibe car cela aurait été à la fois complètement faux mais aussi irrespectueux. Lui la respectait et voulait simplement lui montrer qu’elle comptait beaucoup pour lui. Et s’il ne pouvait pas jouer « les chevaliers protecteurs » de près, alors il serait un bienveillant de loin.

Après une heure, le massage prit fin et elle reprit ses vêtements. Zane prit soin de ne pas la regarder pendant cela et attendait de connaître son avis sur cette heure qui venait de s’écouler, toutefois, elle ne dit rien. Son verdict avait donc été celui du corps.
La scène qui suivit fut assez difficile à interpréter. Tandis que la jeune femme revêtait une tenue pouvant s’adapter à un combat, elle semblait aussi chercher un contact avec le gardien, ou peut-être un signe venant de lui, c’est du moins ce que ses différents gestes lui laissaient penser. Lorsqu’elle eut fini de s’habiller, il ne put s’empêcher de lui trouver un charme conséquent dans cette tenue à la fois masculine et féminine. Ainsi, alors qu’elle le montrait son goût du défi, lui ne la quitta pas du regard et garda un sourire léger avant de lentement balayer de sa main droite les quelques mèches de cheveux de son épouse glissant sur son front.


- « Cette tenue te va très bien. » dit-il simplement.

Pas besoin d’être savant pour combattre que c’était l’homme épris d'elle qui s’exprimait alors.

- « A présent, il est temps de se diriger vers le lac. Pour aujourd’hui, on pourrait se contenter de combats à mains nues mais peut-être serait-il bon de prendre Winter également. »

Après avoir écouté la réponse de la jeune femme, il entra dans le salon et déclara à Hakouro que le moment du départ était venu. Se retournant, il regarda son épouse et se retint de lui proposer de se rendre au lac sur le dos d’Hakouryo. Cette petite pensée le fit d'ailleurs sourire et il quitta ensuite la demeure. Tous deux se rendirent alors au lac…

Une fois sur les lieux, le dragonnier s’avança jusque sur les berges et prit une profonde inspiration avant de faire ressortir l’air par sa bouche. Il semblait vouloir profiter pleinement des lieux et du cadre naturel qui leur était offert. Peu après, il planta sa lance dans l’herbe tandis que le petit dragon se posa dans un arbre à peine à quelques mètres de là.
Il se retourna ensuite vers Namibe et commença à aborder ce qui allait se dérouler durant l’entraînement qui allait être fait en fonction des choix de l‘alchimiste. Mais avant cela, il se devait de lui expliquer plus en détails de quelle manière tous deux s’étaient entraînés autrefois. Ces mots seraient très importants et probablement lourds de sens.


- « Namibe, j’aimerai te parler des entraînements que toi et moi faisions dans le passé. Tous les deux avons appris certaines techniques de l’autre. Au début, cela était plutôt un jeu mais nous avons compris que cela nous servirait en combat. En nous connaissant parfaitement, nous parvenions à créer des enchaînements dévastateurs et cela nous a permis de tuer bon nombre d’adversaires. Aujourd’hui, j’aimerai que nous refassions cet apprentissage afin de reformer notre "duo". » dit-il alors que le vent balayait doucement ses cheveux.

Le regard du dragonnier était posé, tout comme sa voix. Son ton et même son attitude était quelque peu différents à présent et cela concordait avec le fait qu’il allait combattre. Dans ce cas de figure, même s’il s’agissait de son épouse, Zane adoptait une attitude différente renforcée aujourd’hui par son vécu. Il était homme à repousser ses limites à la fois parce qu’il se haïssait tellement qu’il s’infligeait de terribles douleurs mais aussi parce qu’il voulait devenir un combattant qui saurait repousser n’importe quel adversaire. Il ne devait pas se contenter d’être un bon invoqueur ou même un bon guerrier mais un homme capable de changer le destin de ce monde durant le peu de temps qui lui restait à vivre.
Tout ceci le renvoyait d’ailleurs à ce désir de profiter de tous ces petits instants de bonheur et de tous ces témoignages de beauté qui se trouvaient autour de lui et qu’il n’avait su saisir qu’au moment où il avait eu la certitude que la mort l’en priverait à jamais. Ceci, il allait l’évoquer à la jeune femme après avoir pris un caillou sur sol.


- « Je ne sais pas si tu ressens cela comme moi mais je voulais te dire ce que je vois dans ce paysage qui s’offre à nous aujourd’hui. J’y vois la beauté d’un monde que l'on ne parvient pas à aimer à juste titre si ce n’est lorsque la mort approche, lorsque l’on se rend compte qu’on va le perdre à jamais. A cet instant, le plus petit caillou devient un objet magnifique et on ne souhaite qu’une chose : rester pour découvrir toutes ces choses qui nous sont passés à côté. »

Zane apparaissait comme un homme profondément marqué par son vécu qui l’avait façonné mais qui faisait finalement aussi sa force actuelle. En tout cas, il n’avait pas regardé Namibe en prononçant ses mots. Or, pour ceux qui allaient suivre, ce ne fut pas le cas.

- « Je n’ai pas attendu de frôler la mort pour tenir à toi plus que tout. Hélas, je t’ai perdu malgré tout. Enfin, imagine ce que je ressens en ce moment en t’ayant face à moi. » dit-il toujours sur ce ton marqué à ceci près qu’il adressa un léger sourire çà la jeune femme à la fin de sa phrase.

Après ces quelques mots, le dragonnier décida de revenir sur ce qui les avait amenés ici.

- « Excuse-moi pour tout ça et revenons sur cet entraînement, mais avant de le débuter, j’aimerai savoir ce que tu en attends. Dis-moi quel visage veux-tu lui donner Namibe. »

Il s’était excusé sur concernant ses deux dernières interventions. Pourquoi ? La jeune femme aurait peut-être son interprétation sur cela. En tout cas, il lui en posait une autre à présent et elle était particulièrement sérieuse. Elle savait probablement ce que ces combats avaient représenté pour lui et il voulait lui laisser le choix de leur donner le visage qu’elle souhaitait aujourd'hui.
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Namibe Stark
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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Sam 28 Avr - 15:02

Voyant la main de Zane approcher de son front, elle ne pu tout à fait étouffer un frémissement. Elle ne cilla pas, mais dans son regard passa une légère lueur. Elle ne su pas quelle en était la raison, et rapidement l’instant fut balayé par les mots qu’il lui adressa : à la remarque qu’il fit sur sa tenue, elle porta ses deux mains à sa ceinture, et se cambra sensiblement. Non elle n’avait pas l’attitude d’une lady, mais elle était ainsi, plus enfant que femme. Le sourire qu’elle lui servit était pourtant, en dépit de cette attitude, très fin et léger. Elle fit un pas en arrière, chose rare, et commença à se diriger vers la sortie, elle aussi. Elle posa sa main sur l’encadrement de la porte et leva les yeux au ciel le temps de réfléchir à sa proposition.

« Hm… non non, je laisse Winter ici. J’ai bien envie d’un combat à mains nues »

Elle resta un instant dans l’encadrement, puis la veille au soir pointa le bout de son nez, et avec elle le baiser qu’il avait déposé sur ses lèvres. A vrai dire, elle n’y avait pas vraiment pensé jusque là, mais en cet instant, elle en fut troublée et finalement pénétra dans le salon. Après une caresse à Hakouryo, dont les écailles froides lui rappelaient le froid de la pierre, si agréable sous les doigts de l’alchimiste, elle se pencha, appuyée d’une main au canapé, et enfila rapidement ses bottes blanches, qui contrastaient étrangement avec ses chausses. L’amalgame de tons était décidément inattendu, mais lui seyait plutôt pas mal.
Elle les laça, les serrant précautionneusement, jetant de temps à autre de petits regards à Zane pour lui signifier qu’elle se dépêchait. Elle saisit son sourire léger, et haussa un sourcil mais ne l’interrogea pas.
Pourquoi ne pas prendre Winter ? Simplement parce que la crise de la nuit l’avait un peu sensibilisée… Et même s’il ne subsistait que des échos de cet état, elle ne voulait pas se risquer à prendre la lance. Cette arme n’avait aucune empathie pour sa porteuse, et la dévorer, profitant de la faille faite la nuit même, ne lui poserait aucun problème moral.
Elle avait cependant un fac simili de lance, juste là à côté. Elle ne connaissait pas la force de lancier de Zane, et sans doute cette arme finirait-elle en copeaux de bois, mais elle n’était aucunement dépendante de son arme. Aussi ne rechignerait-elle pas à la perdre rapidement.


« Je t’opposerais juste cette brindille. Advienne que pourra »

Avec un sourire, elle ouvrit la porte de sa demeure.



Elle planta elle aussi sa lance dans le sable. Elle était bien moins détendue que ne l’était l’homme. A chaque piaillement, comme il l’avait dit en plaisantant, son dos entier se crispait et elle relevait ses épaules avec des frissons. Les yeux plissés, l’envie lui en disait de faire voler quelques flammèches pour leur cramer ces foutues plumes. Mais elle se retint, et reporta toute son attention sur Zane. Le voir inspirer ainsi, admirer la beauté d’un paysage auquel elle était, comme il le dit lui-même, encore insensible, fit tomber quelque chose sur l’âme de Namibe. Elle ne su pas quoi, ni pourquoi, mais préféra le découvrir et se contenta de hocher la tête. Elle n’était jamais vraiment saisie par la surprise, lorsqu’elle découvrait un lieu. De prime abord, elle ne lui trouvait pas de charme. Puis il commençait à s’imbriquer en elle, et là il gagnait en beauté à ses yeux. Ynis… Ynis elle ne l’avait pas suffisamment habitée, tant elle restait plongée dans sa cité, pour l’apprécier réellement. Ce n’était pas le cas de Zane. Et elle pouvait tout à fait le comprendre.
La voix de l’homme la rappela à la réalité. Elle posa un regard très calme sur lui, rassérénée par ses pensées, oubliant presque ces sons atroces qui chantonnaient d’un air victorieux au-dessus d’eux. Elle l’écouta et finit par hocher la tête, une fois de plus. Elle n’était pas surprise qu’ils aient formé un duo. Elle n’était pas vraiment un combattant individualiste. Souvent, ses attaques étaient celles que l’on ne voyait pas, mais qui faisaient des dégâts parmi les pires. Elle ne savait rien du style de combat de Zane, mais il y avait toujours un moyen de les adapter. Qu’il soit expéditif, lourd, ou léger et rapide… c’était du pareil au même. La seule chose était qu’elle ne mettait aucune magie dans le combat, et s’il le faisait, ça figurerait la seule difficulté d’adaptation qu’elle aurait elle. En même temps, il avait du être difficile à lui aussi d’apprendre à se battre avec elle. Daeniel lui-même avait peiné à s’habituer à ses lancers d’aiguilles. Elle traçait tout autour de leur duo une toile de fils d’acier… Elle avait du mettre au point un système de signaux qui informaient son compagnon de ses lancers et de leur visée. Pour l’heure, ce combat ne serait qu’un test, il avait pour simple but de leur apprendre à se connaître. Il n’était pas encore temps de mettre au point des techniques.

Lorsqu’il parla du paysage, de ces infimes détails qui avaient tant de valeur à ses yeux, elle plissa les yeux et plongea son regard dans la brume. Elle n’y voyait pas de la brume, elle. Elle y voyait… elle y voyait ce qui, encore la séparait de son monde. Paradoxalement, ça la fit sourire. Non tous les détails d’Ynis n’avaient encore en elle qu’une très faible influence. Et son attention n’était encore captée que par ce lointain, un idéal froid et malsain, auquel chaque pore de sa peau aspirait. Vers lequel elle était tendue toute entière. Flocon de neige, froide créature de la pierre…
Elle sentit l’attention de Zane se poser sur son profil. Lui n’était pas un détail. Non, le vivant, celui qui parle, n’est pas un détail, et suffit à détacher Namibe de ses rêves. Elle se tourna vers lui et écouta ce qu’il lui dit sans le moindre mot. En fait, il avait capté ses yeux. A la limite, un infime sourire se dessina sur son visage, mais rien de bien démonstratif.


« Je suis bien placée pour savoir ce que tu ressens »

Elle haussa les épaules.

« Nous avons tous les deux perdus un lieu. Et nous avons tous les deux perdus ce qui fut l’amour de notre vie… J’ignore si dans mon cas je dois parler d’amour… mais ça s’en rapproche… Ca en a la force »

Elle sourit et leva ses pupilles écarlates au ciel, d’un air vaguement pensif…

« Tu as de la chance »

Elle remarqua qu’il changea le sujet bien rapidement, et n’insista pas. Quel visage donner à ce combat ? Elle fit semblant de réfléchir une seconde, saisit sa lance et fit un pas, deux, vers Zane. Il avait l’avantage de l’a connaître par avance. Mais cela ne changerait rien, elle se donnerait suffisamment à fond pour jouer de cet avantage là. Et puis, elle n’avait pas vraiment de mode de combat défini… Ca restait toujours flou. A la longue, s’adresser à elle sans recevoir de réponses finirait sans doute par lui peser. Mais elle n’y pouvait rien, c’était dans son tempérament, ce mutisme observateur, et les rares fois où elle déliait sa langue, c’était lorsque qu’elle était courroucée, blessée… Il lui faudrait du temps pour que ses mots soient à l’âme de Zane un véritable baume, et non plus simplement une barrière… Une expression de ce qui devait encore les séparer. Mais si ces liens qui les uniraient commençaient un peu à se profiler… Ils n’étaient pas encore suffisamment évidents pour que l’alchimiste ne les mette en valeur explicitement. Il allait falloir du temps. Il allait lui falloir du temps pour s’habituer à tout ça. A cette relation étrange d’un homme qui connaît une jeune femme, lui assure qu’il l’aime et qu’elle l’aimera, quand elle n’a su s’approprier de lui que le nom qui lui est propre.
Pour l’heure, c’était l’art du combat de Zane qu’elle voulait imprimer dans sa chair. Cet art, il était, pour un guerrier, la base de tout. Elle combattait pour protéger, pour tuer, pour vivre. Elle combattait comme elle vivait, de façon aléatoire et versatile. Discrète au ras du sol la plupart du temps. Elle combattait comme elle aimait, cette petite ombre blanche, menue et souple.

Elle avança donc, et sitôt qu’elle fut assez près, sur une impulsion, se retrouva au sol, la lance accompagnant un coup de pied pour faucher les chevilles de Zane. Quels mots mettre sur un combat ? Y avait-il meilleur moyen de lui donner un visage que de l’entamer ?
S’il y avait eu un visage à trouver là dedans, c’était celui de Namibe, souriant, un peu carnassier. Une envie de combattre, de se fatiguer. Depuis combien de temps n’avait-elle plus poussé son corps à bout lors d’un affrontement ?

Appuyée sur sa jambe d’appel et son bras droit, elle était prête, pour toute riposte, à se redresser sur cette main, rendant grâce à sa légèreté. Elle était en effet habituée à se porter à la simple aide d’un bras, voire des deux… Talent nécessaire pour l’escalade de bâtiments… Les prises n’étant que très rarement offertes pour les pieds.
Par chance, son mentor avait eu un passé d’acrobate… Mais sa souplesse, Zane avait eu tout le loisir de l’éprouver elle n’en doutait pas… Elle savait donc très bien que débuter ainsi, c’était jouer petit, et qu’aucun coup ne serait porté pour le moment.


¤~ A lui ~¤

Elle observa l’effet de son coup d’un regard perçant et intense… Priant des dieux auxquels elle ne croyait pas pour que ce combat se fasse laborieux. Ce matin, pas d’alchimie, pas de magie. Juste deux corps qui se démêleraient et partageraient un combat tant attendu.

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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Lun 30 Avr - 16:01

Namibe avait finalement décidé de ne pas prendre Winter avec elle pour leur entraînement. Elle se contenta simplement de prendre une lance plutôt quelconque, bien loin de la puissante Winter. Finalement, cela serait parfait pour lui qui allait lui montrer la technique qu’il avait développée concernant le désarmement de ses adversaires. Tous deux, accompagnés par le petit dragon blanc, quittèrent la demeure et le dragonnier ne manqua pas ce petit instant où elle resta dans l’encadrement de la porte, endroit précis où il lui avait donné un baiser la veille au soir.

* Alors toi aussi tu y penses encore ? songea-t-il en la voyant. *

L’homme ne montra rien de cette petite réflexion intérieure et tous trois prirent la direction du lac. Impressionné par la beauté d’un lieu qu’il n’avait pas revu de cette manière depuis plus d’un an, le gardien ne fut pas avare en parole. De son côté, l’alchimiste restait silencieuse et les quelques mots qu’elle prononça furent des plus brefs mais tout de même importants.
Ainsi, elle lui dit qu’elle comprenait sa situation puisqu’elle aussi avait perdu un lieu et l’amour de sa vie même si elle semblait hésitante sur ce dernier terme. Quelque part, entendre cela aurait pu être blessant pour une personne dans sa situation mais ce ne fut pas le cas. Après tout, le dragonnier ne représentait pas encore grand chose dans sa vie et il le comprenait. Dans les pensées de la jeune femme, seul Daeniel disposait d’une place conséquente. Finalement, il ne lui répondit pas, même lorsqu’elle lui dit qu’il avait de la chance.
Effectivement, elle avait tout à fait raison sur ce dernier point et il en était parfaitement conscient. Cette chance, il voulait justement la saisir de toutes ses forces. Il voulait changer le destin de ce monde et partager à nouveau sa vie avec elle. Toutefois, cette chance avait de très grandes limites et la première d’entre elles était notamment sa propre espérance de vie. Contre cela, il ne pouvait rien… En tout cas, s’il avait la chance de pouvoir partager à nouveau son existence avec l’alchimiste alors il pourrait au moins tenter de lui être utile en lui faisant savourer une nouvelle vie qu’elle ne faisait qu’effleurer et n’acceptait que par sa promesse passée.

A présent, le combat allait débuter entre eux, il le pressentait. La première attaque de la jeune femme serait très importante pour lui car elle déterminerait sa manière d’y répondre.
Ainsi, après s’être approché de lui, elle se retrouva au sol et faucha ses chevilles, ce qui eut pour effet de le faire tomber au sol sur le dos.


* C’est donc reparti, comme au bon vieux temps pas vrai ? songea-t-il en souriant. *

Ce petit sourire serait peut-être le dernier de ce combat car le dragonnier adoptait, la plupart du temps, une expression neutre accompagné d’un regard omniprésent porté sur son adversaire afin de ne louper aucun de ses gestes.
Finalement, s’il était tombé, s’était pour mieux contre-attaquer même s’il lui fallait reconnaître que la vitesse d’exécution de Namibe était toujours supérieure à la sienne. De manière générale, aucun des deux n’était plus fort que l’autre car chacun avait ses propres aptitudes. D’ailleurs, si la magie était interdite alors elle serait bien plus forte que lui qui en usait en combat.

Tandis que Namibe attendait la riposte, le gardien se releva à l’aide d’une main et resta immobile face à elle. Se relever de cette manière était une aptitude qu’elle reconnaîtrait probablement car après tout, c’était elle qui lui avait appris cette agilité.
Son visage restait neutre si ce n'est que l'on constatait simplement qu’il était des plus sérieux. Cette attente ne dura pas plus de deux secondes avant qu’il ne se dirige vers elle en courant. Du moins, encore fallait-il que ce soit bien lui qui soit en train de courir devant elle puisqu’elle pouvait voir pas moins de cinq doubles de lui se diriger vers elle à grande vitesse, transparents les uns derrière les autres.
Pouvait-on faire la différence entre ses cinq doubles du même homme ? Probablement, encore fallait-il que le temps le permette, mais là, la vitesse d’exécution du gardien était trop vive.
En un instant, Zane fut à son niveau, juste à côté d’elle et c’est là que tous les doubles se réunirent en un seul qui prit le bras de la jeune femme tenant la lance. Le gardien prit donc son bras et le passa derrière son dos, ce mouvement contraignant eut alors pour effet de lui faire perdre l’arme qu’elle tenait tandis qu’un autre Zane fit son apparition juste devant elle, armé de sa lance à double lame qu’il pointait dans sa direction. Pas besoin d’en faire plus car cela montrait que d’un simple mouvement, la lame pourrait la transpercer.
C’est alors que le double qui maintenait le bras de Namibe disparut pour ne laisser plus que l’orignal qui était finalement celui se trouvant devant elle. Là, Zane prit la parole.


- « Ce que tu vois se nomme « C.Q.C ». Ce mouvement exécuté pour te désarmer n’est que l’un des gestes de ce panel de techniques qui permet de désarmer ou de tuer un adversaire en un seul coup. Cette technique est efficace mais je ne l’utilisais pas tellement jusqu’à ce que j’y associe ma création d’illusions et jusqu’à ce que tu m’apprennes à être plus agile. Une fois ces trois éléments associés, le « C.Q.C » devient une technique redoutable que je dois privilégier en combat rapproché. » lui dit-il sur un ton sérieux.

Le gardien n’était en aucun cas en train de lui donner un cours. Il voulait simplement se découvrir à elle en ce qui concerne les combats. Il savait en effet que la jeune femme le jugerait, l’observerait sur ce point et c’est pour cela qu’il acceptait de se dévoiler à elle.

- « Tu m’as appris beaucoup de choses mais je veux que nous reprenions tout à zéro tous les deux si tu le veux bien, comme si je te rencontrais pour la première fois, puisque pour toi c’est le cas. » dit-il sincèrement.

Reprenant une position de défense, après avoir replanté sa lance dans le sol, il attendait la riposte de sa partenaire. Dans ses coups précédents, il avait prit soin de ne pas être violent. Ses gestes avaient donc été très travaillés de manière à ne pas lui causer de douleur exagérée même si, pour lui faire lâcher son arme, il avait recouru à une relative douleur.
Zane, dans ses entraînements avec elle, faisait toujours irrémédiablement attention à ce qu’il faisait. Cela ne signifiait pas qu’il la considérait comme étant fragile mais plutôt qu’il la respectait et ne voulait en aucun cas la blesser. Il s’était toujours attaché à cela et s’y tiendrait toujours.



[Edit : j'ai considéré que Namibe s'était relevée après son attaque sinon je n'aurai pas pu faire grand chose. Dis moi si ça ne te convient pas.]
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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Sam 5 Mai - 19:16

En le fauchant, elle fut assez surprise de ne pas le voir esquiver ce coup là. Il était fréquent qu’elle y ait recours, et elle se serait attendue à ce qu’il réagisse plus vite, en la connaissant. Sans qu’elle n’ait le temps d’y penser elle-même, son corps réagit, et prévu une contre-attaque de la part de Zane, aussi se dressa-t-elle bien sur le bras gauche, grâce à une impulsion de sa jambe d’appel. Les cheveux retombant sur son front, elle prit un instant pour le voir, et, stupéfaite, le vit se relever de la même manière… en… moins léger bien sur. Cette technique était adaptée plus particulièrement aux combattants légers, comme elle l’était, et comme l’était Daeniel, en dépit de sa taille. Elle était franchement surprise de voir Zane la réussir ainsi. Elle lut dans ses gestes une certaine affectation, signe que cette technique n’était pas innée, ou du moins qu’elle ne lui avait pas été apprise petit. Mais cet ordre des gestes, cet apprêt des jambes et ce regard fixement posé et attentif… Elle la lui avait bel et bien apprise. Elle en fut très surprise, parce qu’elle n’était pas très femme à divulguer ses techniques. Mais elle avait du faire une exception pour cet homme…
Se remettant de sa surprise, et ayant pris conscience de l’ampleur de la difficulté, elle plia sensiblement son coude et ses genoux, puis les tendit et se laissa basculer, souple, en arrière. Arrivant avec beaucoup de rapidité, mais surtout dans un silence de mort, elle ferma les yeux et se plongea tout entière dans la chair de l’assassin blanc. Elle fit un pas en arrière et haussa un sourcil. Puis elle se tint droite, tout son poids sur sa jambe gauche, sans que cela ne se voie, et la lance tendue dans son dos, le long de son bras droit et prête à virevolter au moindre signe…

Elle remarqua son sérieux et, avant même qu’il ne bouge, son regard écarlate capta l’infime amorce de sa course à venir. Comme une contraction du corps, signe avant coureur qu’il se mettait en branle. Même elle avait un mal terrible à effacer progressivement cette amorce… du moins, tant que l’assassin n’avait pas repris la totalité de sa maîtrise et de ses capacités, elle ne pouvait que le faire partiellement. Donc… depuis des mois.
En réponse à cet instant, son propre corps se raidit à son tour, et elle se laissa aller, fluide comme de l’eau, en arrière. Elle tendit son bras droit à la perpendiculaire de son corps, sur le côté, et sourit face à la concentration de l’homme. Son sourire commençait à se teinter de ce qu’elle avait cru perdu. Cette fougue… cette envie de violence qu’elle étouffait… trop.

Un éclair et la lance vint virevolter tout autour d’elle. Elle ne se doutait absolument pas de ce qu’allait faire Zane. C’était donc bien un combat inégal. Mais les combats inégaux étaient les plus excitants après tout. Le trouble de cette image la renseigna aussitôt sur la nature de ce qui l’attaquait alors. Des doubles. Ca, elle commençait à s’y faire, à force. Et quelque part elle le déplorait. Elle ne trouvait pas ça injuste ou quoi que ce soit. Il était injuste, quelque part, qu’elle ait reçu cet art du combat qu’elle entretenait… mais elle avait une certaine aversion pour tout ce qui était magique. D’où le peu d’utilisation qu’elle faisait de cette maudite pyromancie. La lance se fit alors offensive et à son tour elle se mit en branle. Elle bondit, dansa avec son arme, alternant les hauteurs, se basant sur un style de combat tout à fait désordonné, dans l’espoir de perdre les doubles à elle seule. Un à un, elle les fit quasiment tous disparaître… mais bien vite elle sentit une présence dans son dos. Et manque de chance, cette présence avait choisit, pour se manifester, la fin d’une combinaison de gestes sur laquelle elle n’avait qu’une très infime marge de manœuvre. Elle ne prit pas le temps de se retourner, et tenta de se baisser pour frapper dans son dos à hauteur du torse de Zane, s’il se tenait droit, mais n’en eut pas le temps et elle sentit très précisément la main de celui-ci qui saisit la sienne et se servit du geste de son attaque pour la coincer. Au soubresaut qu’il infligea à son bras, elle ouvrit la main, par réflexe simplement morphologique, et perdit son arme. Elle saisit également l’attaque, face à elle, de cet autre, là, qui venait la menacer de son arme. En combat réel, elle aurait eu un bon moyen de se défaire de ce mauvais pas… mais là, c’était dangereux, et ce pour une raison très simple : si elle avait pu se défaire de ce coup là, même si, elle le savait, le coup à la gorge ne lui serait pas porté, elle aurai très certainement amené l’autre à frapper non pas elle de sa lame, mais le Zane qui la tenait. Elle ne savait pas lequel des deux, si l’un des deux était le vrai, était fait de chair et d’os. Aussi ne voulait-elle pas prendre le risque et, à charge de revanche, se contenta de perdre le second assaut. Elle déplaça à nouveau son poids de jambe en jambe, s’apprêtant à se libérer d’une autre manière, plus lente celle là, quand le Zane qui la maintenait coincée disparût. Elle se mordit les lèvres… songeant qu’elle aurait largement pu utiliser sa technique, en fin de compte. Elle n’aurait tué ou blessé qu’un double. Il lui expliquait d’où venait sa technique… lui donner un nom la surpris, enfin, elle fut plus surprise encore par le nom en question… Elle le trouvait trop… impersonnel. Elle aimait trop se battre pour ne pas faire chair avec le moindre de ses mouvements. Ils appartenaient ainsi à l’intime, à l’innommable. Et cela n’était pas gênant, dans la mesure où les hommes qui avaient partagé cet intime là n’avaient pas survécu. Ce genre de technique, elle avait pu le voir chez certains autres de ses frères d’armes. Elle était propre à de nombreux arts martiaux. Mais ce qui la rendait plutôt originale, là, était ce jeu des doubles. En réalité, il la rendait presque imparable. Un guerrier plus lourd, à peine moins souple qu’elle n’aurait strictement rien eut à y répondre. Elle plissa les lèvres, et en guise de réponse, se contenta de dire :


« Ce n’est pas une technique qu’il est dans mes moyens d’employer. Je n’ai pas le don d’ubiquité. Mais je lui préfère de loin le combat… humain »

Elle sourit et recula. Ce faisant, elle glissa la pointe de son pied sous sa lance et la souleva en un instant pour la reprendre en main. Elle tendit le manche devant elle. Le geste, l’air de rien, mettait à l’œuvre de nombreuses parties de son corps, et en un instant, elle pu faire l’inventaire de ce qu’elle avait de douleurs éventuelles. Son avant bras droit était engourdi, mais rien de plus. C’était plutôt heureux, étant donné qu’un seul coup avait été porté jusque là. Enfin, porté à elle. Mais cela ne masqua pas le fait qu’il avait bel et bien fait en sorte de ne pas la blesser. Elle fronça les sourcils. Très franchement, ça ne lui plaisait pas. Elle n’aimait pas que l’on prenne des gants avec elle lorsqu’il s’agissait de combat. On n’en avait jamais pris avant, et c’était ce qui faisait en grande partie ce désir ardent qu’éveillait le simple mot d’affrontement. Elle ignorait de quelle façon pouvait bien fonctionner Zane, mais elle se dit, dans son petit esprit tordu, qu’il en allait peut-être de même pour lui. Peut-être lui non plus n’aimait-il pas se sentir cajolé en combat. Alors elle le pousserait à bout… Elle lui donnerait envie de cogner et de s’investir davantage.

Elle se mit sur une jambe, la plia, puis s’aida de l’autre pour bondir, pivotant sur elle-même accompagnée par la lance, et visa délibérément son épaule, mettant de la douceur dans son coup et se réceptionnant derrière l’homme d’une roulade aisée. Il était facile de porter, rapides comme l’éclair, des coups vides… C’était le signe avant coureur de ce qui se passerait ensuite. Elle maîtriserait chacun de ses gestes, comme à son habitude, mais cette fois exactement pour faire l’inverse de ce qu’est sensé donner un combat ordinaire. Elle ne voulait pas spécialement souffrir, mais elle était, pour sa part, capable d’un réel combat sans danger pour la santé de l’autre, et pour ce faire elle n’avait pas besoin de lui épargner ses coups. En fait, ce coup là avait été donné pour le titiller plus qu’autre chose. Elle se remit en garde, préparée à esquiver, ou simplement à minimiser au maximum la prochaine attaque, pour répondre de façon tout aussi agaçante, voir insipide, au coup que lui porterait Zane, à son tour. Elle avait décidé de donner à ce combat le visage de la tension, de la montés d’une excitation par la frustration. Elle le savait, d’expérience, pour avoir combattu ainsi de nombreux hommes rechignant à cogner une jeune femme de sa petitesse, c’était efficace. Qu’importait le passé qu’avaient eu l’autre Namibe et l’homme… pour la Namibe Stark qui, un genou à terre, attendait presque paisiblement de voir arriver la suite, il était simplement pour l’heure un adversaire sérieux, au visage fermé… Elle était incommodée (mais pas effrayée) par la magie qu’il utilisait, et de plus il connaissait ses techniques. Elle avait trouvé de son côté de quoi le déstabiliser. Un courant d’air agaçant.


¤~ Tu veux que nous nous harmonisions à nouveau, dis-tu ? Pour l’heure, amusons-nous simplement à faire monter tout ça, Zane ~¤

Elle lui sourit d’un air espiègle, provocateur, et souffla sur les cheveux d’argents qui s’écoulaient sur son front alors qu’elle l’attendait.

« Allons… bats-toi un peu »

Avait-il compris ? Déjà ? Quelque part, ça l’énerverait. Mais elle savait qu’elle n’y pouvait rien. En combat, ce qui l’avait séduite la piquait… Et qui sait si à force ça ne la piquerait pas constamment, en dehors même des combats ? Que Zane ait le malheur de dire « je te connais comme ma main » et elle serait capable de changer du tout au tout pour ne plus se sentir à découvert. Sale petite bête, elle échafaudait déjà quelques perversions de ses techniques, pour en garder le corps central, et, de façon presque imperceptible, les modifier assez pour avoir une chance de le surprendre.

Mais ça… elle le réservait pour le moment où, enfin, elle aurait réussit à le pousser à bout afin d’obtenir un affrontement satisfaisant.

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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Mar 8 Mai - 20:00

Le gardien avait mené l’attaque et montré à la jeune femme en quoi consistait sa technique. Elle lui avoua qu’elle ne pouvait maîtriser cette technique, paroles qu’il considérait comme étant fausses.

- « Pas besoin d’ubiquité pour la pratique du C.Q.C. Elle n’est là que pour le rendre plus performant mais il peut parfaitement être utilisé sans aucun pouvoir. Son but premier étant de désarmer un adversaire ou de lui porter un coup fatal grâce à un enchaînement de gestes. Cela permet d’utiliser la force de l’adversaire contre lui-même ou de se sortir d’une situation difficile. Tu n’as qu’un mot à me dire et je te l’apprendrais si tu le souhaites. »

Tenant sa garde, il guettait le moindre geste de la jeune femme. Le sourire qui se dessina sur le visage de cette dernière lui fit alors comprendre qu’elle allait prendre l’initiative du prochain coup. Son agilité fut ainsi mise au service du coup qu’elle lui porta à l’épaule avant de se réceptionner derrière lui avec une roulade. Se défendre de ce coup était simple, trop même puisqu’il lui avait simplement suffit d’utiliser l’une des lames de sa lance qui en possédait deux.
En réponse à ce coup, il dirigea sa lance et frappa en direction de ses pieds afin de la faire reculer quelque peu. La portée de sa lance était grande et le lui permettait, toutefois ce coup ne l’atteindrait probablement pas. Il n’était qu’une réponse identique à son attaque qui n’avait certainement pas eu la prétention de parvenir à le toucher.
Ainsi débutait la phase de provocation. Zane la connaissait trop bien pour ne pas le comprendre mais elle, elle ignorait encore beaucoup de choses de lui. La principale étant qu’il ne reproduirait pas les entraînements qu’elle fit avec Daeniel et dont elle lui avait quelque fois parlé. Il n’était pas homme à la blesser même si les entraînements pouvaient être rudes. Non, lui ne se permettrait jamais de la faire saigner. C’était sur ce point qu’il resterait parfaitement intransigeant. C’était sur ce point qu’il se démarquerait de cet homme qu’il ne haïssait pas mais qu’il ne voulait pas imiter. Pourquoi ? Car il ne voulait pas que, si elle venait à l’aimer, ce soit parce qu’il lui rappelait cet homme auquel elle fut tant liée.
Peut-être le comprendrait-elle par cet entraînement. Peut-être serait-elle profondément déçue mais le gardien ne changerait pas d’attitude. Toutefois, il allait concéder de passer à la vitesse supérieure dans ce combat puisqu’elle l’y incitait fortement. Ces coups ne la blesseraient donc pas mais il ferait aussi en sorte de lui montrer qu’il ne la sous-estimait pas. En effet, s’il respectait son corps déjà fortement éprouvé par son passé, il respectait tout autant sa combativité et son désir de ne pas être prise à la légère. Zane allait donc se battre sérieusement mais à sa manière. Mais avant ça, il allait répondre à sa provocation tout en lui adressant également un sourire provocateur mais pas seulement…


- « Très bien, je veux bien que l’on accélère les choses mais seulement si tu parviens à me toucher au torse avec ta lance. Je te préviens d’avance : ça risque d’être difficile. Alors relèves-tu ce défi ? Sinon, on peut très bien s’arrêter là et faire un gentil pique-nique. » dit-il sans la quitter du regard.

Provocation en réponse à une autre provocation, cela eut le mérite de détendre quelque peu son visage. La jeune femme allait-elle se laisser "séduire" par la manœuvre ? Elle ne reculerait probablement pas à moins qu’elle ne change les règles du jeu. En tout cas, arriverait-elle à le toucher ? A son époque, elle le pouvait aisément mais aujourd’hui, elle manquait d’entraînement et cela était visible. Elle n’en restait pas moins puissante et il allait probablement lui faire ressortir cette puissance petit à petit.
En tout cas, le gardien ne prit pas à la légère l’attaque qu’elle pourrait lancer et redoubla de prudence avant de prendre la parole une seconde fois, juste pour préciser un petit détail qui allait probablement la « stimuler » encore davantage.


- « J’ai oublié de préciser que le défi à un temps limite : est-ce que trois minutes suffiront pour parvenir à me toucher ? » dit-il avec cette même pointe de provocation.

Le combat allait peut-être devenir un jeu dans lequel le gardien allait se battre sérieusement. Parfaitement maître de son arme, il serait difficile à atteindre. Restait à voir de quelle manière la jeune femme allait réagir et quelle stratégie ou technique allait-elle employer si elle acceptait ce défi qui le renvoyait dans son propre passé.
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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Ven 18 Mai - 19:56

Elle réfléchit un peu à ce qu’il était en train de lui dire, concernant cette technique au nom barbare. Elle se remémora les effets, et de là imagina les gestes qu’il avait du faire pour l’amener à être ainsi coincée. Elle pouvait retourner le problème dans tous les sens, se mettre cette mécanique dans la tête autant qu’elle le voudrait, un homme avec près du double de sa force, et un minimum de connaissances au combat serait tout simplement capable de lui retourner le blocage et de la mettre, elle, dans la même position. Ca n’était pas bien sorcier, après tout. Avec de la vitesse, de l’entraînement, elle pouvait toujours y arriver, mais tout son art du combat se basait sur des techniques différentes, et non moins rapides, qui bien qu’exécutées autrement, et adaptées, surtout, à sa propre force. Elle devait davantage jouer sur la supériorité physique de ses adversaires, pour les entourlouper, plutôt que de s’exténuer à les coincer. Le don d’ubiquité, en somme, n’était pas tant le problème… Elle avait l’agilité et surtout la rapidité nécessaire pour se glisser dans le dos d’un adversaire. Non c’était bien la technique qui poserait un problème. Elle avait senti, bien qu’il ait retenu sa force, en quoi cette dernière jouait dans la technique. Nombreux avaient été ses frères qui en pratiquaient de similaires. Sans le nom. Pour elle, il fallait forger l’art du combat au corps… et comme le corps ne devait pas être le seul à se comprimer dans l’art, il fallait également donner au combat un fond calqué sur toute une grille de capacités.

Elle avait, certes, été étonnée de voir Zane se redresser sur une main, tout comme elle, mais au fond, dans l’application de la technique et son efficacité, Zane ne pourrait pas, vu sa morphologie, la faire à la perfection. Elle ne serait elle-même jamais capable de faire ce CQC sans patiner, pire : sans hésiter. Elle n’hésiterait pas, après un entraînement, sur les gestes. Elle pouvait peut-être même les rendre tout aussi instinctifs que les autres. Mais hésiter quant à sa force, ça, oui.

Bref, elle se contenta de secouer la tête en signe de dénégation, bref, laissant entendre qu’elle préférait, pour le moment, donner suite à leur combat.

Comme elle l’avait escompté, son coup ne toucha pas Zane. Tout au plus, elle s’appuya sur lui. Du coup, son coup n’ayant pas été souligné par une quelconque force, sa réception fut très lente, et maîtrisée, ce qui lui permit, dès l’amorce que fit l’épaule de Zane en sa direction, de prendre le temps de rebondir avec souplesse, et cette fois plus rapidement, sans même être frôlée par la lance. Au vu de sa lenteur, il aurait eu cent fois le temps de lui blesser un membre, même à cette distance, étant donnée la portée de ses coups, la réponse était claire. Elle ne lésina pas sur les pirouette, et donna à ce combat factice quelques enluminures agréables à l’œil. Elle resta sur les mains, à la dernière de ses roues aussi gracieuses que rapides, puis se laissa tomber en arrière, une jambe puis l’autre, avec délicatesse. Elle se releva en rejetant en arrière la crinière d’argent relativement irrégulière, en tout cas plutôt courte, qui retomba sur ses épaules pour s’y glisser comme de l’eau. Indolente, alors que le regard de son adversaire signifiait qu’ils jouaient le même jeu. Elle prit entre ses dents une lanière de cuir fine, les découvrant un peu sur un sourire vorace, et leva ses mains pour relever ses cheveux. Quelques mèches entourant son visage, trop courtes, lui échappèrent et donnaient à la coiffure de fortune un air un peu défait, mais elle s’en moquait, et se contenta de les nouer sévèrement pour faciliter sa visibilité. La jeune femme n’était décidément pas rodée aux gestes féminins… quelle importance lors d’un combat ?

Elle aurait, avec un autre, levé sa main pour lui indiquer de venir à elle, ou même baillé. Mais elle avait quand même du respect pour Zane, même en endossant l’uniforme de l’assassin. Aussi réprima-t-elle ses sarcasmes et se contenta-t-elle de poser ses mains sur ses hanches (à la Peter Pan *o*) Contre toute attente, ce fut lui qui la provoqua… d’abord d’un sourire, puis verbalement. Ses poings, s’ils ne bougèrent pas, se crispèrent sensiblement, et son sourire se fit plus énigmatique. S’ils avaient du réagir, ses cheveux auraient un peu ondulé d’excitation à l’idée d’un combat plus vif.
Pour toute réponse, elle abaissa ses bras, puis se tint les mains dans le dos, un peu penchée en avant et appuyée, l’air de rien, sur sa jambe d’appel.


« Oh oui Oh oui pique-niquons donc »

Toujours penchée en avant, elle changea de jambe d’appuis, avançant un peu. Elle n’était pas pliée en deux, tout juste inclinée vers lui. Elle perçut sans problème la concentration de l’homme, ainsi que sa maîtrise. La lance qu’elle tenait dans son dos n’avait pas de prise aussi bonne. Déjà parce qu’elle n’était pas sa lance de combat, était très mal équilibrée et donc aussi fiable qu’un manche à balais, mais aussi parce qu’elle devait bien avouer s’être très peu entraîné sur Ynis… maudite île qui proscrivait le crime et autres exactions, les combats sérieux n’y étaient pas monnaie courante. Des entraînements, tout au plus… mais sans applications sérieuses, les combats perdaient de leur saveur. Avec ses frères, elle leur avait trouvé quelques plaisirs, mais c’était parce que bien souvent ils la poussaient à bout.
Ca pouvait paraître un peu dégradant pour elle, mais elle en avait besoin. Elle ne voulait pas se faire battre dans un combat factice. Elle voulait perdre parce que trop entamée pour bouger un poil. Perdre debout était tout simplement hors de question.
Il lui proposait bien un petit jeu affriolant, avec ses trois minutes… mais ça ne vaudrait pas un combat réel. Il lui en avait pourtant promis un.
Elle pourrait s’épuiser… mais en se contentant de le toucher une fois ? Piètre consolation pour un assassin. Et en étant réaliste elle ne pouvait masquer cette réalité… qui n’en était que plus humiliante : il la connaissait, et avait donc sur elle un très gros avantage. Aussi devrait-elle innover. Ou tout du moins prendre à contre-pied ses propres techniques. Le risque était, par là même, de prendre un corps déjà épuisé de sa nuit à contre-pied, et également de perdre en précision, de « calculer » ses coups. Elle aurait l’air d’un pantin, pas d’une débutante, certes, mais néanmoins d’une combattante qui serait inférieure à Zane. Et elle savait, avec tout ce qu’elle avait fait, qu’au fond ça n’était pas le cas. Zane sortait d’années de guerres, lui. Lui sortait de combats ardus, et à très forte valeur… la vie de ses proches. Si comme lui, elle avait du « s’entraîner » deux jours après son arrivée sur Ynis, elle aurait été, sinon plus en colère, tout aussi forte. Elle ne voulait pas dénigrer la colère de Zane… mais lui était là, auprès d’elle. Il lui suffisait d’un pas, d’un mot, même, et il avait une « réplique » de son amour dans les bras. Elle… elle avait été un peu comme du fer rougis noyé dans de l’eau glacée. Beaucoup de fumée, beaucoup de bruit, de frustration. Un combat… un combat aurait peut-être été mortel à son concurrent, en fait… Mais il y avait eu Syamoc… cet « homme du train », venu la sortir de sa torpeur, qui avait à merveille étouffé son courroux. Quelque part, en ce moment même, elle lui en voulait. La colère seyait plutôt bien à l’alchimiste.

Elle avait gardé sa position, tout en s’étant immobilisée. Le temps de pause n’avait pas été tellement long, mais elle l’avait quand même marqué, puis repris son avancée.


¤~ Première minutes, je me bats normalement, à dose moyenne… deuxième minute des tests… plus de forces… la colère me portera à la toucher, même si pour cela je dois attendre les ultimes secondes. Ma chair sentira celle de cette homme dans moins de trois minutes ~¤

« J’accepte ton jeu, Zane »


Et, toujours inclinée, ses pas chaloupés, la mettant en déséquilibre (voulu) à chaque fois, se hachèrent davantage, avant que sur l’impulsion d’une pirouette plus ornementale qu’efficace elle ne se mette en branle. La suite fut propre à ses techniques habituelles.

Changements de niveaux et de vitesse fréquent, un style de combat dans une harmonie sans cesse brisée, à la fois esthétique et glauque. Il aurait été pompeux de dire « baroque », mais quelque part, c’était ce qui synthétisait le mieux le genre de mouvements que Namibe imprimait à son corps. Zane ne voulait pas verser la moindre goutte de sang de l’alchimiste… Elle ne semblait pas s’évertuer à vouloir le faire saigner elle aussi. Sa lance, déjà, ne possédait aucune lame, puis ses ongles n’avaient rien de bien redoutable. Non elle ne pouvait pas le faire saigner. Mais pourrait-elle seulement le frapper ? Elle resta fidèle à elle-même, une minute durant, sans doute trop prévisible pour lui, elle enchaîna les combinaisons de mouvements, les sauts, roulades, pirouettes, lentes, rapide, précises et fougueuse… le tout sans cesse entourée de la danse de sa lame
Danseuse des neiges. Elle ne méprisait pas pour autant la garde, et faisait en sorte de limiter au maximum les dégâts, histoire de conserver son honneur. Elle ne lui facilitait pas la tâche, n’étant pas, bien que sensiblement en dessous de son niveau, trop en reste. Son rythme était assez violent, en dépit de sa précision. Simplement, elle laissait aller son corps, et son corps était plus docile et savant que son esprit, en combat, n’aurait su l’être. C’était bien là le danger. Lorsque son esprit prendrait le pas pour changer ses directions, ses attaques… qu’allait-il se passer ? Jeu dangereux pour les deux… pour les deux. En fait, le seul danger réel pour Namibe était de cracher son sang à l’arrivée… elle sentait, rien qu’en se battant normalement, un petit nœud poindre au creux de son estomac.


¤~ Sensible, tout petit… jte toucherais, bel homme… ~¤

Tout en effectuant ces gestes, bien que Zane soit amène de les contrer, elle prenait beaucoup de plaisir. Le plaisir de se glisser dans ce qu’elle avait été… et au terme de cette première minute, elle pouvait déjà se sentir mieux. Déjà plus à l’aise… déjà plus forte qu’au début du combat.

Dommage, car voici le moment de briser tout cela…

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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Lun 28 Mai - 23:07

Un sourire se dessina sur son visage quand il vit la jeune femme prendre une lanière de cuir entre ses dents. A ce moment, il ne loupa pas son expression qui lui témoignait de son envie d’en découdre. Il la vit ensuite attacher ses cheveux, très certainement pour que sa vision ne soit pas gênée dans un moment crucial. Finalement, elle passait peu à peu à la vitesse supérieure et voir sa volonté et sa concentration sur lui qui était devenu sa « proie » ne pouvait que le réjouir car il revivait là des scènes bien familières de son passé. De plus, il aimait la voir prendre cette posture de défi, cette apparence de garçon manqué et sa fougue mais elle ne devait pas en avoir conscience à ce moment là.

* J’imagine que tu dois te dire que tu ne vas pas me paraître féminine mais si tu pouvais lire dans mes pensées, tu verrais que cela n’a pas la moindre importance car ton charme présent vient d’ailleurs.* pensa-t-il comme s’il s’adressait à elle.

Son sourire fut ainsi son seul témoignage de ses pensées et sa seule réponse à sa réplique. En tout cas, il n’était pas surpris de voir que Namibe préparait déjà ses prochaines attaques car elle avait bien évidemment accepté de se prêter à son jeu. Ainsi, il allait la tester ou plutôt la pousser à se « surpasser ». Bien sûr, il ne la sous-estimait pas mais il voulait l’amener à s’améliorer car si l’histoire se réécrivait de nouveau de la même façon alors ils parviendraient pas à vaincre leurs ennemis. D’ailleurs s’était bien là l’un de ces objets de réflexion. Il pensait en effet que sa venue seule ne suffirait pas : il voulait aller plus loin et ne plus être ce qu’il fut car cela n’avait pas été suffisant. Toutefois, il ne pouvait pas accomplir cela seul et il savait qu’il allait s’entraîner à plusieurs reprises avec Namibe. Or, elle aussi devait pouvoir devenir quelqu’un d’autre pour que lui-même puisse prendre cette voie sans se tromper. Bien sûr, il ne voulait en aucun cas la forcer dans cette démarche et s’il voyait que cela était le cas alors il cesserait certainement. Enfin pour le moment, rien n’était encore en place et Namibe s’était déjà élancée sur lui afin de trouver sa faille.

Ses premiers mouvements lui firent très vite comprendre qu’elle allait combattre de plusieurs façons différentes et cette première minute pourrait peut-être n’être qu’une mise en bouche. Cela lui ressemblait en tout cas. Pour le moment, il parvenait à esquiver chacun de ses mouvements et pourtant il voyait clairement qu’elle ne lésinait pas sur les moyens. D’ailleurs, pour lui, elle lui donnait l’impression d’exécuter une danse dont seul son corps avait le secret.

* On a toujours aimé danser de cette manière. Plutôt atypique pas vrai ? Enfin, je crois que c’est avant tout notre couple qui était atypique et ça lui a donné beaucoup de charme. * pensa-t-il de la même façon que précédemment.

Ses esquives se poursuivaient soit à l’aide de mouvements soit grâce à sa lance. En tout cas, il ne cherchait pas à la faire saigner et, étrangement, elle non plus. Pourquoi ? Il l’ignorait encore mais hormis cela, voyait-elle à quel point leurs mouvements étaient en concordance ? Ainsi, si elle dansait, il en était de même pour lui mais il ne lui dit rien à propos de cela. Il se contenta donc de la regarder avec un regard profond qui ne voulait pas dire qu’il lui manquait de respect mais qu’elle le fascinait comme autrefois et cela n’allait pas diminuer car elle venait déjà de passer à un autre niveau qui correspondait à la seconde près à la fin de la première minute.
A présent, elle semblait innover. Ses gestes étaient plus brouillons mais bien plus difficiles à prévoir. Il devait donc redoubler de vigilance et adapter ses mouvements aux siens même si cela n’était pas chose aisé. D’ailleurs, s’il ne l’avait pas si bien connue autrefois, il n’aurait probablement pas été en mesure d’esquiver autant. Toutefois, ces tentatives ne fonctionnaient pas mais il n’en était pas déçu car il savait qu’elle lui réservait encore quelques surprises et c’est de cela qu’il lui parla quelques secondes avant la fin de la deuxième minute.


-« Je sais que tu es encore loin d’être au maximum Namibe et j’imagine que tu regrettes de ne pas avoir pu t’entraîner comme tu le voulais depuis que tu es arrivée sur l’île mais sache que ce n’est pas ceci qui pourrait t’empêcher de me toucher. » dit-il tout juste après avoir s’être tourné sur sa gauche pour esquiver sa lance.

Son regard était à la fois celui d’un homme profondément épris de sa femme mais surtout celui de quelqu’un qui la respectait en tant qu’adversaire dans cet entraînement. Il n’allait certainement pas lui révéler le véritable but de cet entraînement mais il allait ajouter quelque chose d’important pour lui et peut-être pour elle, tout dépendait de son interprétation des mots.

- « Tu finiras certainement par me toucher mais ce qui compte est la façon dont tu y parviendras alors continue à danser Namibe. Danse comme tu ne l’as encore jamais fait jusqu’à présent. »

A présent, les choses allaient certainement s’accélérer et Zane lui avait finalement fourni un petit indice pour parvenir à le toucher. Toutefois, il ne voulait en aucun cas lui faciliter la tâche et pour brouiller un peu plus les pistes il prit un ton un peu plus sévère mais toujours sérieux et respectueux.

- « Plus qu’une minute pour tenter de me toucher alors le moment est venu de te dépasser pour de bon ! »

Verrait-elle l’invitation qu’il venait de lui glisser ? Sentirait-elle toute l’intensité de ces sentiments exprimés ici par cet entraînement ? En tout cas, il n'était pas le seul à mener la danse car si elle parvenait à le toucher en se dépassant elle-même alors elle lui ouvrirait la voie, chose qu’il ne pourrait pas faire sans elle.
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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Mar 29 Mai - 0:49

Elle avait donc débuté, leur danse. Leurs deux corps qui savaient s’accorder comme par instinct, mieux encore que ne l’aurait supposé l’alchimiste, faisaient preuve de souplesse, de force… mais encore trop de douceur. Il était indéniable pour Namibe que la connaissance que Zane avait de sa gestuelle était très profonde. Et quelque part, elle trouvait là un certain plaisir. Le plaisir de se fondre dans le moule que cet homme lui appliquait… Comme si, enfin, elle trouvait un repère… Comme si enfin quelque chose semblait s’accorder à elle. C’était idiot, un simple combat… Mais elle lisait dans les regards, dans les sourires de Zane et leurs messages qu’il ne s’agissait pas tout à fait d’un « simple combat » Non. Et si tous les deux n’y trouvaient pas la même chose, la valeur de leur affrontement demeurait grande.

Cependant, il manquait encore à Namibe le challenge. Cette première minute test s’était écoulée comme du sable de ses mains, un peu trop vite à son goût. Et à présent qu’elle savait à quel point il allait être difficile de surprendre Zane, elle allait devoir redoubler ses efforts pour passer outre ses protections. Aussi libéra-t-elle ses gestes du carcan de son art. Durant quelques secondes, sans cesser de se battre, elle ferma les yeux. Elle se concentrait sur ses autres perceptions, cherchant à le suivre, lui. Elle ne menait alors plus rien… Elle suivait. Minute décisive, pour plaquer son rythme sur celui, adapté à son propre art, de Zane. C’était là que ça devenait intéressant. Elle allait briser l’harmonie de leur danse, pour s’ouvrir à un tango haché et au tempo malmené. Bizarrement, elle ne parvint pas tout à fait à ôter à cet instant son côté fluide et « doux » Quels que soient ses efforts, le combat restait accordé. Elle ne s’en étonna pas bien longtemps, et rapidement joua de cela même pour prendre une direction qui la mènerait plus près de cet homme. Sa lance sifflait furieusement, pourtant ses gestes n’étaient pas très précis, et restaient assez peu violents. Elle remarquait cependant qu’elle gagnait un peu de terrain, et cela était tout à fait positif, comme constat.
La minute touchait à sa fin, dans son compte à rebours. Suite à une voltige délicate, et absolument pas calculée, ce qui fit souffrir un peu son dos, elle retomba sur un genou et une main, l’autre jambe tendue derrière, et la main droite crispée sur la lance qu’elle tendait dans son dos. Elle était à tout casser à une petite trentaine de centimètres du sol. Inutile de souligner, donc, la différence de taille qui régnait entre son adversaire et elle. La voix de celui-ci la tendit toute entière. Elle n’était pas essoufflée. Du moins pas visiblement. Intérieurement, elle avait un mal terrible à maîtriser sa respiration, ce qui lui faisait un handicap qui risquait, pendant ou après le combat, de porter à conséquence. Non, les coups de Zane ne portaient pas. Mais les propres coups de Namibe eux portaient sur son organisme plus que l’homme ne l’aurait fait, ou n’aurait même envisagé de le faire.
Elle détacha ses pensées de ces sensations, et l’écouta, le regard levé vers lui, et les quelques mèches qui s’étaient échappées au cours de l’entraînement flottant un peu sur son front. Une petite brise siffla cette pause.

Elle n’avait pas pu s’entraîner comme elle le désirait. Non c’était vrai. Seule, elle avait bien tenté, quelques fois, de s’épuiser, mais elle n’avait pu conserver la totale maîtrise de son art pour la simple et bonne raison que la dextérité, au combat, ne s’entretient que face à un être de chair et d’os. Et pourtant, il ne laissait pas entendre que c’était perdu ? De toutes façons, quelles qu’auraient été ses propos, Namibe n’aurait pas reçu des propos défaitistes. Elle s’en moquait quelque peu, oui. Elle seule était en mesure de savoir si oui ou non son corps était à même de toucher celui de Zane. Elle seule savait encore ce qui lui restait d’énergie. Bien sur, il la connaissait, mais il avait beau vivre dans l’intimité de l’alchimiste durant des années, il ne pouvait pas plonger à même cet être qui lui faisait face, comme comprimé au sol, pour prendre conscience de ses réserves. Elles étaient maigres, où plutôt menacées, mais ça non plus, ça n’avait pour elle que peu d’importance. Combien de fois par le passé les avait-elle dépassées ? Et combien de fois le ferait-elle à nouveau ? Non, plus d’importance.
Elle s’apprêta à bondir derechef lorsqu’à nouveau la voix de Zane vint caresser ses oreilles. Ses mots la figèrent un instant. Son regard se fit sensiblement plus expressif, alors qu’elle avait perdu, en se concentrant, son sourire. Après avoir crispé son poing sur la lance, elle baissa la tête, les quelques mèches d’argent venant effleurer sa main d’appuis. Il parlait encore, mais les derniers mots qu’il prononça ne parvinrent qu’à ses sens. Non, elle était restée aux précédents qui pour elle étaient la clef qui lui ouvrirait Zane. Ni une ni deux elle lui bondissait à nouveau dessus. C’était tout juste si la voix de l’homme eut le temps de mourir sur les lèvres de celui-ci que Namibe était quasiment contre lui. Sa lance appuyée à Zane, elle se mit sur la pointe des pieds, dans l’élan de son bond, et lui murmura d’une voix voilée :


« Je veux bien danser cette danse là pour toi »

Puis elle recula juste assez pour qu’il voit le sourire ombragé qu’elle lui adressait, avant de virevolter autour de lui avec une vivacité nouvelle.

¤~ Merci, Zane… tu renouvelles mes forces… ~¤

Cependant, elle avait tord de penser une telle chose, car elle avait beau se mouvoir avec rapidité et, apparemment, aisance, il n’en demeurait pas moins qu’elle était à bout.

En apparence, elle était revenue à la première minute, les gestes qu’elle adoptait étaient bel et bien ceux qu’on lui avait enseignés dans sa cité natale. A la différence près qu’elle était cette fois à un quasi corps à corps avec Zane. Ils avaient tous deux une lance, mais une manière radicalement différente de s’en servir. Pour Namibe, elle était une arme souple, sœur de ses pirouettes et virevoltant à la suite de ses cheveux noués. Elle se plaquait à ses bonds, à ses mains ouvertes, comme pour leur offrir sa force de frappe. En fait, elle utilisait une lance comme les maîtres de kung-fu, en chine, utilisaient le bâton. Avec plus de légèreté cependant. Ca n’était pas académique, mais ça faisait la force de son combat.
Mais il y avait tout de même une certaine différence : d’une part dans la vitesse. Elle avait décuplé la sienne, quitte à s’essouffler de manière visible. Elle mettait son corps à rude épreuve, mais ça en valait la peine, non ? Puis autre chose. La finalité de tous ses coups, sans exception, dérivait. Zane voulait la voir danser, danser comme elle ne l’avait jamais fait… Pour danser, elle avait besoin de ses repères, elle avait besoin de ses bases… Et cette touche finale à chaque geste, sciemment calculée cette fois, était cette nouveauté qu’il réclamait.

Elle était proche, très proche de lui et la minute défilait par trop vite. Tout à coup, elle cru voir une ouverture et envoya la lance tournoyer dans la direction. Elle avait sous-estimé la défense de l’homme qui l’arrêta. L’onde de choc se propagea dans son poignet, et la contraignit à lâcher l’arme. Ceci était dû à la mauvaise qualité de la lance de fortune. Qu’à cela ne tienne, elle la poussa du pied et décida de continuer à mains nues. Elle était, en apparence, désavantagée. Mais dans les faits il n’en était rien. Bien que sa main gauche, celle qui avait subi le choc, avait tendance à frapper moins fort, elle n’en gagnait pas moins de terrain. Elle accrochait le regard de Zane, souvent. Elle avait cessé de sourire, mais il y avait dans les yeux de l’alchimiste la flamme du défi… Et une envie de le toucher, vite, qui montrait qu’elle n’en démordrait pas.
Mais les secondes coulaient vite, trop vite.
Trop vite, elle aurait dû désespérer. Mais il n’en était rien. Elle virevolta, une main au sol, et alors qu’elle semblait vouloir lui donner un coup de pied à hauteur de sa poitrine, elle pivota à une vitesse effarante pour faucher ses jambes. Elle n’était pas sure de réussir, parce que son équilibre, la fatigue allant, était relativement précaire. Mais elle ne s’en préoccupa pas et poursuivit l’attaque…

cinq… quatre…
Elle se releva, fondit sur un Zane qui se remettait de son esquive…
trois… deux…



Elle garda sa position quelques secondes encore… Son souffle était saccadé, mais elle ne bougea pas pour autant. Non, elle força ses membres endoloris par la pause soudaine à rester immobiles. Puis elle releva les yeux vers Zane, et lui sourit d’un air exténué. Le combat avait été court, trois minutes, ça n’était pas grand-chose… mais il l’avait poussée dans ses retranchements, et cela l’avait épuisée. Zane l’avait faite renouer avec son corps « d’avant ».

Elle était tout contre lui, toujours figée, étonnement droite quand elle avait plutôt tendance à être au sol. Elle ramena la jambe restée en arrière à côté de sa jambe d’appel, mais ne bougea pas ses bras.


« Ai-je finalement réussi à vous couper le souffle, honorable adversaire ? »

Des deux mains, elle avait frappé le plexus solaire de l’homme. Elle avait recours, quelque fois à ce type d'attaques combinées. Mais elle n'en faisait que deux. Deux factices, puis une réelle. Là, elle avait enchaîné le faux coup de pied, le faux fauchage... pour cette frappe précise. En combat réel, cette attaque aurait peut-être été fatale à son adversaire. Mais là, elle avait eu beau mettre une force redoutable dans son coup, elle avait su l’arrêter à l’instant précis où elle avait touché. Ainsi, elle avait plaqué ses mains au torse de Zane, en un geste précis et ordonné, sans pour autant qu’il ne ressente la moindre douleur. Retenir ce geste était bien plus douloureux pour elle, qui avait dû contraindre une ultime fois ses bras à arrêter un geste qui par nature aurait du frapper et ainsi se décharger en Zane. Elle avait gardé sa violence, l’avait imprimée en elle-même.
Et donc restait là, en face de lui et immobile… Elle restait là, le visage souriant, tout juste tiré par la fatigue, à trois pouces de celui de son adversaire. Elle laissa un ricanement soulagé, très bas, lui échapper, puis souffla sur une mèche qui avait eu l’impétuosité de retomber sur ses yeux dont le rouge brillait d’un éclat particulier. Elle soupira, puis laissa ses mains glisser sur le torse de Zane pour appuyer son front là où elles venaient de l’atteindre.


¤~ C’était tout juste… ~¤

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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Mar 29 Mai - 15:47

Les deux premières minutes s’étaient à présent écoulées et même s’il ne disait rien, il constatait que Namibe était très affaiblie. Bien sûr, elle ne laissait rien paraître mais il avait entendu les battements de son cœur ainsi que sa respiration durant le combat et visiblement elle ne s’en était pas rendue compte. D’ailleurs, elle n’aurait peut-être pas aimé savoir qu’il faisait tant attention à elle mais il ne pouvait pas agir autrement car il savait qu’elle était affaiblie depuis plusieurs semaines et qu’elle devait prendre soin de son organisme même si elle n’en avait visiblement aucune attention. En tout cas, durant leur affrontement, il avait porté son attention sur son souffle en se concentrant et sur la fréquence des battements de son cœur quand il se trouvait à proximité. Finalement, il constatait qu’elle devait être épuisée intérieurement mais que, quoi qu’il en soit, elle continuerait à se battre jusqu’au bout pour le toucher et il ne comptait pas du tout l’en empêcher. En effet, il la respectait bien trop pour ralentir le rythme et puis de cette façon, elle aurait probablement l’impression de se dépenser pleinement même si ses coups ne la blessaient pas.
Lorsqu’il s’était adressé à elle, il avait vu qu’il avait capté son attention mais elle ne lui avait pas pour autant répondu. Toutefois, elle le fit presque instantanément après et à sa manière. Ainsi, elle était maintenant presque collée à lui et lui murmura qu’elle voulait bien danser cette danse pour lui. Ces mots lui arrachèrent un léger sourire car il voyait là qu’elle se dépassait mais pas uniquement pour elle mais aussi pour lui. En tout cas, elle semblait disposer d’une fougue nouvelle et il ne comptait pas la décevoir. Se mettant en garde, il était prêt à contrer ou esquiver chacun de ses assauts et il savait que cela serait particulièrement difficile.
Ses premiers assauts ne le surprirent pas car ils étaient ceux qu’elle utilisait en temps normal toutefois leur finition était bien différente et il voyait là qu’elle commençait véritablement à danser d’une autre manière. Pourtant, cela n’était pas suffisant car il parvenait encore à esquiver ou stopper les coups notamment grâce à sa puissante lance à doubles lames qui était loin d’être une lame ordinaire même si elle était moins puissante que Winter. En tout cas, l’arme que portait la jeune femme ne pouvait en aucun l’égaler et elle fut contrainte de la lâcher. A cet instant, il ne lui restait plus qu’une poignée de secondes pour parvenir à l’atteindre et c’est là qu’elle décida de poursuivre l’affrontement au corps à corps.


* C’est donc à mains nues que tu vas tenter de m’atteindre ? Je crois que c’est ta meilleure chance pour cela mais sauras-tu trouver les derniers pas de cette danse ? * pensa-t-il comme s’il s’adressait à elle.

Désormais, s’était une danse sans armes qui venait de débuter car lui aussi avait lâché sa lance, non pas pour se mettre à un niveau en dessous mais pour s’élever à un niveau au-dessus tout comme elle. En effet, tous deux avaient visiblement un point commun qui était leur grande maîtrise de leurs corps et les dernières secondes de ce combat allaient voir la confrontation de leurs arts à ce niveau. Là, Zane n’avait plus besoin de se concentrer pour sentir que Namibe était épuisée de l’intérieure mais ce n’était pas pour cela qu’il la ménagea.
De plus, une nouvelle forme de danse avait débuté maintenant et elle était quelque part bien plus poétique. En effet, lorsqu’il parvenait à l’esquiver ou à la contourner alors il respirait son parfum, l’odeur de sa peau et leur grande proximité faisait même que certaines de ses mèches venaient caresser, durant une infime fraction de seconde, son visage. Toutefois, ceci ne se déroulait pas sans qu’il ne reste extrêmement concentré sur elle et il pouvait d’ailleurs voir le défi qui était si visible dans ses yeux. Il pouvait également sentir la puissance de ses coups qui venaient mourir dans l’une de ses paumes, sur ses avants bras ou même sur ses genoux. Oui, à ce moment là, la danse était devenue différente et il voyait là une sorte d’union des corps. D’une certaine façon, ceci pouvait être perçu comme un jeu amoureux. Bien sûr, ceci était une vision poétique de la chose mais il n’en restait pas moins que Zane recevait les coups tandis que Namibe les donnaient. Ainsi, chacun voulait toucher l’autre.
Soudain, elle tenta de l’atteindre avec un coup de pied à la poitrine mais ceci n’était qu’une feinte puisqu’elle voulait en fait faucher ses jambes et sa très grande vitesse d’exécution avait bien failli lui faire gagner son pari mais il réussit au dernier instant à esquiver l’attaque. Toutefois, ceci n’avait été que les premiers éléments de cette attaque qui vint briser sa défense alors que le temps était presque écoulé. Ainsi, elle était parvenue à le toucher au plexus sans qu’il ne puisse rien y faire et il n’ignorait pas qu’elle n’avait pas donné toutes ses forces dans ce coup qui aurait alors pu gravement le blesser voir plus. Finalement, elle avait attendu la dernière seconde de ce combat pour le toucher mais cela n’enlevait strictement rien à ce succès mérité d’une femme qui venait d’être poussée dans ces limites. Elle lui posa alors une question à laquelle il répondit aussitôt en lui souriant.


« Mon souffle a été coupé et il aurait même pu être définitivement arrêté. En tout cas, c’est un pari réussi et je proclame sans plus attendre ta victoire retentissante. » lui répondit-il alors qu’elle venait d’appuyer son front à l’endroit même où elle venait de le frapper.

Fatigué également, il se laissa aller à une douce étreinte. Là, il sentit le souffle saccadé de sa partenaire mais aussi les battements de son cœur. Avait-elle également envie de cette étreinte ? Probablement vu qu’elle s’était mise contre lui. En tout cas, elle semblait avoir besoin de sa chaleur, c’est du moins ce qu’il pensait et il aurait été criminel de la repousser, chose qui ne lui aurait jamais traversé l’esprit d’ailleurs. En fait, il avait besoin de ce contact pour lui transmettre ces émotions, sa tendresse et son respect. Toutefois, il prit tout de même la parole.

- « Je crois que l’entraînement est terminé pour aujourd’hui, aussi bien pour toi que pour moi. A présent, je t’invite à nous reposer un peu avant de te conduire dans ce lieu dont je tiens encore un peu à te cacher l’identité. Pour le moment, dirigeons-nous vers les berges du lac mais attention : interdiction de se pousser à l’eau d’accord ? » lui dit-il en souriant.

Son regard bienfaiteur posé sur elle, il lui témoignait toute son affection mais aussi sa fierté. Bien sûr, il ne se considérait pas comme son maître mais c’est lui qui avait été l’instigateur de ce jeu et qui « rendait son verdict ». Celui-ci était d’ailleurs sans appel à tous les niveaux. Tout d’abord car elle fut en mesure de le toucher physiquement mais aussi car elle l’avait séduit durant cette danse comme elle le fit par le passé bien qu’aujourd’hui cette séduction fut unique.
A présent, peut-être aurait-il dû se diriger vers les berges mais il ne voulait pas encore rompre cette étreinte. Pour la prolonger encore un peu, il s’adressa une nouvelle fois à elle. Il savait que ceci serait certainement sa dernière intervention car il ne voulait pas la gêner en la retenant davantage auprès de lui. A nouveau, il voulait lui laisser pleinement le choix.


- « Si tu le souhaites, nous pourrons nous entraîner autant de fois que tu le désires. Nous pourrons développer une manière de combattre ensemble et nous aurons fréquemment à dépasser nos limites car d’ici quelque temps, d’autres nous amènerons à le faire. En tout cas, j’ai confiance en nous et tu viens de me fournir un très bel exemple Namibe. »

Il est vrai que la jeune femme venait d’ouvrir une voie dans laquelle il lui faudrait s’engouffrer à son tour. Tous deux devaient développer une façon de combattre nouvelle et infaillible pour être en mesure d’affronter ce futur qui avait encore si peu de chances d’être vaincu. Enfin, l’heure n’était plus au combat mais à la détente et il la laissa prendre la décision de se diriger ou non vers les berges afin de s’y asseoir et de s’y rafraîchir quelque peu éventuellement.
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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Mer 30 Mai - 0:31

Sitôt après l’avoir touché, et avoir constaté sa propre victoire, elle avait levé les yeux vers lui, à temps pour voir son sourire… A temps pour l’entendre constater à son tour le coup porté. Lui avait-elle vraiment coupé le souffle ? A vrai dire, elle n’y croyait pas vraiment. Ou alors, elle s’était allée davantage qu’elle ne l’aurait soupçonné. Sa question avait plutôt été une boutade. Et quelque part, qu’il lui réponde qu’effectivement, elle l’avait frappé assez pour couper sa respiration montrait bien qu’elle n’avait eu cette maîtrise qu’elle escomptait. Elle lui adressa, ou plutôt laissa poindre, le front contre le torse de Zane, un sourire un peu crispé.
Maintenant qu’elle s’était immobilisée, qu’elle avait cessé de faire l’effort qui tirait son propre corps hors de ses limites, elle sentait ce mal la submerger à nouveau. Ce qui n’était qu’une pointe lors du combat était à présent une vague brûlante qui avait déferlé sur sa cage thoracique. Elle se maîtrisa tant bien que mal, mais ne pu tout à fait faire taire son état, et sa respiration demeurait saccadée.
Elle sentit alors les bras de Zane l’envelopper. L’espace d’un instant, son dos encore chaud se raidit, et sa respiration se bloqua. Zane n’était pas idiot, et il avait ce sens du corps que n’avaient pleinement que les combattants aguerris. Elle savait que tout contre lui, elle ne masquerait pas, s’il ne l’avait pas déjà découvert, son état… Et en effet, elle ne fut pas à même de le masquer bien longtemps. Sa respiration redevint brûlante. Et sifflante, surtout. Le cœur de Zane la surpris un peu, quant à lui. Il était à la fois doux, mélodieux et agité… En somme, ses irrégularités faisaient que ce cœur était chaud, à celui de Namibe. Elle se contenta de simplement remonter ses mains sur le torse de Zane, et les appuya de part et d’autre de sa tempe. Les yeux clos, l’air passant entre ses dents avec un sifflement laborieux, elle se laissa aller à la chaleur quasi réparatrice de l’homme. Sa tendresse lui était palpable… et bien qu’elle ne doutât pas que celle de Zane n’était pas comparable à la sienne, elle lui répondit, tout en cherchant à se calmer tant bien que mal.
Alors que la voix de Zane s’élevait entre eux, elle fronça les sourcils, tout en souriant, sans bouger d’un pouce. Elle n’était pas collante, en fait : elle était comme posée là, contre lui… Comme si un souffle de vent suffirait à la faire disparaître. Elle l’écoutait, mais ne répondait pas. Trop concentrée pour cela. Elle se contenta d’un sourire un peu sarcastique, lorsqu’il lui dit qu’il était interdit de pousser l’autre dans l’eau. Pour l’heure, c’était tout juste si elle pouvait assurer sa respiration. Elle n’était pas une femme faible… Mais la crise de cette nuit avait été violence. Et elle le savait, elle se connaissait assez pour savoir que d’ici un jour, peut-être deux, elle aurait retrouvé tout son aplomb. Sitôt ses poumons remis de la nuit… des chocs successifs que l’arrivée de Zane avait amenés, elle serait tout à fait en mesure de bondir aux quatre coins d’Ynis avec sa lance dans le dos.
Elle n’aimait pas qu’il la voie aussi faible. Même s’il avait dû voir pire, les années aidant, elle ne le supportait pas. Mais ne pouvait se soustraire à cette étreinte pour le moment, puisqu’elle seule semblait l’apaiser un peu. Elle garda le silence, ainsi, simplement posée là contre lui.

Lorsqu’à nouveau la voix de Zane vint s’élever entre eux, ses épaules se raidirent un peu, mais elle ne fit pas un geste. Combattre ensemble. Il lui en avait déjà parlé… mais maintenant qu’elle avait eu un extrait… elle se figurait déjà ce que donnerait un « duo » avec Zane. Un duo au combat. Dans la rivalité, ils avaient été capables d’une sorte d’osmose assez troublante, même pour l’esprit cartésien, voire mécanique de Namibe. Oui, certes, il était possible d’y voir la rencontre charnelle de ces deux êtres qui, quelque part, étaient un peu promis l’un à l’autre. Lui par son passé et cet amour, vif, qu’il nourrissait pour elle… et elle simplement pour ce que représentait Zane. Mais simplement pratiquement, en ce qui concernait le combat… Elle ne pouvait nier la qualité de leur petit affrontement. Non elle ne pouvait nier que ça fonctionnait… Que même lorsqu’elle avait voulu la briser, cette harmonie qui régnait entre eux était trop forte pour céder à Namibe. Et les choses qui ne cédaient pas sous elle… celles qui ne relevaient pas d’une quelconque magie… Etaient d’une grande puissance. C’était une nouvelle alchimie. Nouvelle danse. Elle fronça les sourcils. Elle ignorait ce à quoi pouvait bien ressembler ce passé qui avait fait zébré ce corps contre lequel elle était regroupée, là ; elle ignorait ce qu’il lui demanderait de concessions. Mais elle avait bien vu, en cet instant, en trois simples petites minutes, quels progrès elle allait devoir faire. Se battre contre un inconnu était plus facile que de se battre contre un homme qui déjà savait tout d’elle. Elle en était consciente. En fait, heureusement qu’elle avait terminé dans cet état, sans quoi elle aurait été assez butée pour ne pas se figurer quelle serait la difficulté… Que cette femme qu’elle avait été, dans le passé de Zane, ait périt, tout en combattant en tant que son égale lui laissait entendre que quoi qu’elle en pense, elle avait dû faire des progrès considérables… et surtout gagner en endurance.

A la proposition de l’homme elle ne répondit pas aussitôt, elle ne voulait rien différer… mais elle ne savait pas ce qui se passait si elle devait venir à parler. Elle resta quelques instants tout contre lui… Puis crispa ses doigts sur le torse de son adversaire, avant de relâcher sa prise et de rompre cette étreinte en reculant d’un, puis deux pas. Elle hocha la tête, signe qu’elle était indécise, avant de froncer les sourcils. Lentement, en se contrôlant un maximum, elle sentit ses genoux se poser à terre. Elle passa d’un revers de main son avant bras sur son front, puis abaissa son visage en direction de la terre battue… Son regard se porta sur le lac, brillant… Il était indécent qu’il brille avec cette fureur alors qu’elle-même se sentait si mal. Elle releva les yeux vers Zane, piteusement agenouillée face à lui, et lui adressa un sourire d’excuse.


« Je pense qu’une pause m'est nécessaire… »

Secouée d’une petite quinte de toux, elle repoussa ce goût amer qui venait poindre dans sa gorge. Et réprima également la brûlure, dans ses poumons. Ce qu’elle avait inhalé la nuit précédente était décidément tenace.
Le regard qu’elle avait levé vers lui était parlant. Très parlant.


« … désolée… j’ai eu une nuit agitée »

Elle laissa un rire doux, entre deux quintes, lui échapper. Rire en cet instant était pour le moins inattendu.

« Me battre n’était peut-être pas très raisonnable… mais j’en suis ravie… Vraiment contente d’avoir eu la joie de te combattre… C’était très instructif, et c’est très volontiers que je renouvellerais ça ! »

Elle avait tenté de mettre de l’engouement dans sa voix, même si son regard ne pouvait tout à fait mentir à Zane. Pourtant, bon sang, le coeur y était ! Elle était en effet en mesure de mentir à un homme dont le corps savait s'accorder à ce point au sien. Quelques fois, le mensonge revêtait pour elle certains atouts... Comment ne pas inquiéter l'homme qui venait de la combattre?

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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Lun 4 Juin - 23:15

Namibe se laissait finalement aller à cette étreinte. Elle semblait presque avoir besoin de cette chaleur et il le comprenait peu à peu au fil des secondes qui s’écoulaient. De plus, il trouvait qu’elle était plus démonstrative à son égard comme si elle tombait peu à peu sous son charme. Encore qu’il n’aimait pas se référer à cette phrase car il estimait que la jeune femme n’était pas de ceux qui tombent sous quoi que ce soit. Il préférait donc penser qu’elle acceptait ce qu’il lui offrait et qu’elle commençait à vouloir lui rendre la pareille. C’est du moins ce qu’il constatait dans ces gestes relativement soignés mais surtout dans le fait qu’elle soit en train de lui avouer sa faiblesse, chose qu’elle ne faisait pratiquement jamais si ce n’était avec lui dans son passé.
En cet instant il pouvait donc constater qu’elle avait abaissé sa forteresse en lui laissant voir les difficultés de sa respiration et le laissant ressentir les battements de son cœur tandis qu’il la serrait contre lui. Il est vrai qu’il était tout à fait en mesure de déceler tout cela car il avait autrefois si souvent fusionné avec le corps de l’alchimiste. Bien sûr, cela ne passait pas que par les ébats amoureux mais à chaque fois qu’il se collait à elle ou qu’il l’observait. Dans le premier des cas, cela se passait très souvent la nuit quand elle dormait et que lui prenait soin de lui donner sa force vitale pour que son réveil soit moins douloureux. Là, il se trouvait alors contre elle et diffusait sa vie à travers elle et cela n’aurait jamais été possible s’il n’avait pas été en mesure de la connaître à un tel point qu’il maîtrisait parfaitement chacune des destinations de son flux vital. Dans le second cas, cela se passait à tout moment de la journée et aussi par l’habitude. En effet, il était devenu particulièrement attentif à tous ces gestes, toutes ces paroles et il pouvait ainsi voir si elle lui cachait son état ou non. Evidemment, tout ceci n’était pas infaillible car Namibe savait parfaitement ce qu’il faisait si ce n’est ce flux vital qu’il lui offrait à son insu.
Les mots qu’elle prononça ensuite ne firent que confirmer tout cela. En effet, elle lui avoua en deux temps et de manière indirecte que quelque chose s’était produit cette nuit et que cela était lié à sa quinte de toux. Il comprit alors qu’elle s’était probablement adonnée à l’alchimie et que ce qu’elle avait respirée provoquait encore des effets aujourd’hui. Il voulait alors tenter de calmer cette crise mais il savait qu’elle n’apprécierait pas qu’il le fasse avec son flux vital donc il allait opter pour tout autre chose juste après qu’elle lui ait dit avoir aimé ce combat. A présente à genoux au sol, il se rapprocha d’elle et se mit derrière elle avant de prendre la parole.


- « Laisse-moi t’aider à t’apaiser quelque peu. » dit-il en en se plaçant de manière à ce qu’elle soit entre ses jambes.

A présent, la jeune femme avait le dos sur le torse du dragonnier et ses jambes étaient étendues après avoir été guidé par Zane. Il avait ensuite pris les mains de Namibe pour les placer l’une au-dessus de l’autre sur le bas de son abdomen et il posa ensuite ses mains sur les siennes de la même façon. Maintenant que tous deux était très proches, il resserra un peu son étreinte et lui expliqua le pourquoi de ceci en parlant avec une voix qui se voulait légèrement plus basse et plus douce.

- « Quand je ne pouvais pas t’aider avec mon flux vital sous peine d’être découvert alors j’utilisais cette petite position qui consiste à calquer ton souffle sur le mien et à focaliser tes sens sur ma chaleur. De cette manière nous allons tenter de stabiliser ton organisme et de chasser peu à peu le poison que tu as en toi. Bien sûr, ceci n’est pas une solution miracle mais je crois en notre association. D’ailleurs, par le passé cela nous a souvent apaisés tous les deux et aujourd’hui j’aimerai voir s’il en est de même, non pas pour le plaisir de revivre un tel moment mais pour chasser, même si ce n’est hélas pas de manière définitive, ce qui te ronge. » lui dit-il presque au niveau de l’oreille.

Pouvait-elle le voir sourire avec confiance en ce moment ? Allait-elle se retourner et voir son regard chargé de sentiments à son égard ? Il ne le savait pas et concentrait son regard vers l’horizon avant de continuer à prendre la parole et à prendre sa respiration de manière lente mais appuyée de façon à ce qu’elle puisse le suivre.

- « Namibe je sais que je peux t’empêcher d’utiliser l’alchimie et tu sais certainement aussi que je ne peux pas renoncer à mes invocations. Toutefois, je compte bien tout faire pour apaiser tes douleurs car je ne peux accepter de te voir souffrir ainsi. A présent laisse-toi faire, ferme simplement les yeux, concentre-toi sur mon souffle ainsi que sur mes mots et ta crise va se calmer d’elle-même si tu nous fais confiance. »

Le gardien venait d’annoncer qu’il allait parler durant cette union mais il n’en avait pas dit davantage. De toute façon, elle aurait très vite sa réponse tandis que ses mains s’appuyaient doucement sur les siennes de façon à sentir si son souffle reprenait un rythme normal. Jusqu’à présent, il s’était toujours montrer tendre avec elle mais s’il fallait faire une échelle alors cet instant serait de loin le plus doux. En tout cas, il devait maintenant focaliser l’esprit de la jeune femme sur autre chose que ce qui la rongeait et pour cela il allait lui parler de manière très personnelle.

- « Je n’oublierai jamais la Namibe que j’ai épousé par le passé et je craignais de ne pas avoir de place dans aa vie aujourd’hui. Toutefois, je crois que tout a été fait pour que je te retrouve à nouveau comme si j’avais une seconde chance. Je dois reconnaître que j’ignore encore si tu m’ouvriras ton cœur mais je sais que nous combattrons côte à côte alors avant cela laisse-moi te faire revivre car je sens bien que tu as perdu tes repères depuis ton arrivée sur cette île et ce petit combat t’a probablement fait à nouveau goûter à ta vie passée. Pourtant, sache que je pense que ni toi ni moi ne devons nous focaliser sur nos passés car ce n’est pas cela qui nous permettra d’avancer. Nous devons vivre quelque chose de différent et devenir différents nous-même car si l’histoire se réécrit à nouveau de manière semblable alors nous ne serons pas en mesure de changer les choses. D’ailleurs, ces trois minutes de combat étaient aussi là pour te montrer qu’il nous faut nous dépasser et atteindre un niveau qui nous est encore inconnu et sans toi je ne pense pas pouvoir y parvenir. »

Sa voix était douce mais posée. Il ignorait encore comment elle réagirait à tout cela mais il ne souhaitait en aucun cas être angoissé car cela compromettrait ce qu’il voulait faire. Ainsi, il continua à s’adresser à elle tout en se concentrant son sur état et en maintenant son étreinte pourtant si légère. En effet, plutôt que par ses bras, s’était leurs corps qui les liaient dans cette position.

- « Namibe, nous avons une porte vers une autre vie qui se trouve devant nous et chacun représente la clé de l’autre. Une fois ouvertes, je pense que ces deux portes vont nous mener sur des chemins qui finiront par se rencontrer. C’est en tout cas la façon dont je vois les choses et sache que tu pourras prendre cette clé invisible que je crois détenir et qui ouvrira ta porte. Si tu es amenée à le faire mais que tu as des craintes alors vole la moi et jette simplement un regard derrière la porte pour voir ce qui s’y trouve. La suite, toi seule la verra. »

Après avoir prononcé ces mots combien de temps s’écoula ? La question n’était finalement pas là car cela n’avait en fait aucune importance. Il savait d’ailleurs que tout cela ne prendrait fin que quand Namibe irait mieux et lorsqu’il ôta ses mains des siennes, il ne prononça pas le moindre mot, il attendait ainsi le verdict de la jeune femme.
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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Mar 5 Juin - 2:20

Elle fronçait es sourcils, s’était un peu plus prostrée, pour étouffer la toux, lorsqu’elle le sentit se déplacer. Dans son dos, elle l’entendait plier les genoux pour s’installer. C’est alors que la toux amena à ses lèvres un peu de ce liquide rose et tiède qu’elle réprimait aux tréfonds de sa gorge. Non… Il ne devait pas voir de sang. Elle se les mordilla avec violence, et renversa un peu la tête en arrière lorsqu’elle le sentit s’installer, ou plutôt l’installer elle, entre ses jambes. Elle n’était pas incommodée par la proximité masculine… Elle y avait été pour le moins habituée, dans sa guilde. Quelle que soit cette proximité, d’ailleurs… mais là il y avait quelque chose de troublant. Peut-être se sentait-elle simplement plus faible… Et donc plus vulnérable ? Les crises, très rares d’ailleurs, qu’elle avait fait chez elle n’avaient strictement rien à voir avec celle-ci. Autrement, elle n’aurait pas été en mesure, une seule seconde, de mener une telle vie de luxure en tout genre. La voix de Zane, tout près d’elle dans son dos, la mit cependant en confiance, et elle déplia un peu ses jambes, s’appuyant effectivement au torse de l’homme qui la maintenant… comme dans un écrin. Un écrin de chaleur qui tentait de protéger du cristal qui à tout instant menacer d’éclater. C’était un peu une sensation étrange. On avait, certes, déjà eu des gestes de tendresse pour Namibe… Mais ils étaient toujours des gestes de plaisir, parfois, même souvent à sens unique. Non pas qu’elle n’avait pas apprécié cette tendresse, mais elle n’avait pas souvent eu l’impression que ces gestes étaient faits pour lui faire du bien à elle. Ca ne lui avait pas déplu, dans la mesure où son corps avait bien moins d’importance à ses yeux que son intégrité morale. Une véritable résistance de la nature. Résistance à la nature. Toujours sur le terrain de l’effort et de la violence…

Non, décidément, non. Cette pièce de cristal là… ce corps si fragile n’avait jamais su être placé dans un tel écrin. Et c’était toujours d’elle-même qu’elle recherchait la protection. Cet homme était vraiment différent. Elle ne lui répondit pas pour autant, et se laissa totalement guider, s’empêchant de tousser, à grand renfort de morsures. Là où il était il ne pouvait pas le voir. Tant mieux d’ailleurs. Ils gardaient chacun une forme d’intimité. D’ailleurs, pour le moment, Namibe ne voulait pas non plus savoir ce que faisait Zane, ni pourquoi il le faisait. Le moment viendrait bien assez tôt, et elle avait une priorité considérable à prendre en compte. Alors qu’il plaça leurs mains sur son abdomen, elle y jeta un petit coup d’œil avant de déglutir. Elle ne pu réprimer totalement un frisson alors qu’il resserrait leur étreinte… ni un autre lorsqu’il lui parla d’une voix comme altérée. Elle savait lire dans la voix des hommes. Elle avait appris à déceler la les acteurs, les menteurs, les traîtres. Mais également la peur la plus pure. Et là… elle sentait que la douceur de Zane était « affectée »… Mais ça ne lui déplaisait pas, et puis, sincère ou non –bien qu’elle ne doutât pas une seconde qu’il n’y ait pas de sincérité dans sa tendresse– cette voix, glissée ainsi au creux de son oreille, l’apaisait. Elle écouta tout de même ses propos avec intérêt. Toujours revenait cette même idée « d’association » entre eux. Etaient-ils si compatibles que cela ? Elle ne se l’aurait pas figuré. Bien qu’elle était contrainte d’avouer qu’un homme qui au combat arrivait à ne faire qu’un avec les gestes de l’alchimiste devait sans doute y arriver en dehors du combat aussi… Cette idée pouvait sembler tout à fait déplacée, voire même indécente, mais Namibe n’avait que faire de la décence lorsqu’elle allait à l’encontre de ses convictions. Et c’était un fait très clair à ses yeux, deux guerriers ne pouvaient mieux s’accorder que les armes à la main. C’était en cela que ce combat contre Zane l’avait tant intriguée, d’ailleurs. En ça, sans doute… qu’il lui avait beaucoup plu. Alors cela signifiait qu’il y avait de la rivalité dans les histoires qu’elle avait eu avec les hommes. Mais oui. Objectivement oui, elle était un être de pierre et de neige, et dans ces conditions l’intrusion d’un homme au corps chaud, à l’âme plus tendre ne se faisait pas sans affrontement. Et relâcher ainsi quelque chose qui couverait, de toutes façons, en elle, était un efficace moyen de la laisser s’adonner à son tour à de la tendresse pour son compagnon. Elle apparaissait toujours comme une petite marionnette, douce et docile, lorsqu’elle évoquait, où se remémorait les instants passés avec Daeniel. Oui, c’était du miel que l’assassin avait eu sous les doigts, les nuits, les aubes… les missions se succédant. Mais si Namibe n’avait pu exalter ce malaise qu’elle avait avec les être chauds, lors d’entraînements plus ou moins violents, peut-être aurait-elle moins bien supporté de sentir cet homme là contre elle. Quelque part, elle n’était donc absolument pas surprise de savoir que c’étaient les combats qui, en dernier lieu, réconciliaient l’alchimiste avec Zane, dans le passé. Elle en était même soulagée.

Avec un sourire, elle l’écouta parler. Ses mots n’étaient plus tant importants que sa voix, que leur position et que ce qui se passait. Calquer sa respiration sur celle de l’homme, elle avait presque instinctivement tenté de le faire. Au départ, c’était impossible. La régularité des inspirations, et surtout le calme des expirations de son adversaire était bien trop douche et précise à la fois pour que les poumons malmenés de Namibe ne s’y adaptent. Elle s’appliquait, pourtant, grandement aidée par les mains de l’homme, qui semblait suivre à la fois sa propre respiration et l’ébauche que celle de la jeune femme faisait d’une respiration calmée. Elle s’appuya un peu plus à Zane, s’abandonna un peu plus à leur étreinte, parce qu’elle sentait que quelque part, c’était efficace. Elle aurait eu des choses à rétorquer à ses mots, mais ne pouvait décidément pas se résoudre à les faire sortir, tant elle était absorbée par l’efficacité de leur petit jeu. Elle aurait aimé lui dire qu’il n’était pas équitable que lui seul soit en mesure de l’aider… Que même si le remède n’était pas « miracle » -et Namibe était bien placée pour savoir qu’il n’était pas de réels remèdes miracles- elle devait être en mesure de trouver quoi faire pour l’aider, lui aussi. Quelque chose. L’alchimie, c’était le don, à la base, de changer une matière en une autre. La science du changement, de la mutabilité des corps. Le corps de Zane, celui de Namibe n’y échappaient pas, et s’ils avaient pour le moment emprunté la voie d’un changement vers la déchéance, si une personne demeurait capable de trouver de quoi « changer » ça… De quoi « changer » la pente en ascension…
C’était bien la petite héritière de siècles de sciences occultes.

Mais elle ne pouvait encore trouver… Et elle ne doutait pas un instant d’avoir tôt ou tard l’opportunité de découvrir quelque chose… D’apaiser quelque chose, elle aussi, chez lui. Elle ferma les yeux, et finalement, ses pensées, les mots glissés par Zane dans son cou ainsi que les mains de ce dernier parvinrent à un résultat probant. Elle n’en écoutait pas moins ses propos… Ils étaient devenus bien plus intimes. Et cette fois, c’était sans équivoque qu’il évoquait leur éventuelle future relation envisageable. Il avait de l’aplomb, sans doute motivé par cette sensation qu’il gagnait… non pas du terrain, mais contre le mal qui avait menacé d’éclater en Namibe. Il avait gagné du terrain, ils le savaient tous les deux, face aux effets néfastes de l’alchimie. Comment ne pas se sentir plus fort, dans ces conditions ? Comment ne pas se sentir capable de simplement se laisser aller à l’espoir de pouvoir construire d’autres choses ? Oui, elle avait bien accepté l’idée que quoi qu’il se passe dorénavant, Zane y aurait un rôle à jouer. Mais elle n’était pas tout à fait capable de se le formuler. C’était idiot, mais c’était un constat. Elle ne voulait pas voir, elle non plus, ce passé se rejouer sous ses yeux. Hors de question qu’ils soient les spectateurs d’une pièce déjà trop revue, sitôt ses paupières closes. Hors de question de voir quiconque se perdre dans l’oubli général… celui de l’indifférence la plus blessante, sous ses yeux. Elle ne voulait plus être la dernière, plus être le dernier témoin d’une existence, d’un héritage. Zane… Zane était cela, lui aussi. Ce dernier témoin. Celui d’Ynis. A plus grande échelle, il était une réplique de Namibe. Comment se sentait-il celui qui avait vécu tant d’années à ses côtés à elle… Y avait-il quelqu’un de plus à même de la comprendre sur cette île ? Elle fronça les sourcils. Son cœur accéléra, mais de façon plus naturelle… Moins angoissante. Elle n’était pas tout à fait remise, mais contrairement à son état, directement après le combat, elle était bien mieux. Elle ne bougea pas pour autant, et laissa aux soins de Zane le temps de se mener jusqu’à leur terme. Finalement, se sentant capable de briser l’harmonie de leurs inspirations commune, elle prit la parole d’une voix un peu rauque, tout en appuyant l’arrière de sa tête à l’épaule de Zane pour le voir. Sans savoir pour quelle raison ces mots fusaient entre ses lèvres, à voix basse, elle lui dit simplement…


« La clef… où est-elle ? »

Puis, par réflexe, elle sentit ses pommettes rosir, et redressa la tête pour lui masquer son malaise. La conclusion à tout ce qu’il lui avait dit était lamentable. Lamentable espèce de sombre crétine de midinette à deux sous, elle ne trouvait rien de mieux que ça, quand les mots de l’homme l’avaient tant inspirée ?
Et pourtant… Quelque part… ces petits mots insipides renfermaient nombre de discours, bien qu’ils soient facilement sujets à des interprétations pas nécessairement justes de Zane… Encore que là leur signification était plutôt claire. Enfin, pour lui… moins pour elle, étrangement. Elle, elle ne savait pas ce qu’elle voulait, elle ne savait pas ce qu’il attendait d’elle, mais elle était bien prête à courir le risque pour entrebâiller cette porte. Voir ce qui se cachait derrière, en avoir un extrait, même ténu. Un extrait suffisant pour lui donner l’envie d’en voir, d’en goûter davantage. Non, Namibe ne « tombait » pas sous le charme. En revanche scientifique, ou plus communément appelé « animal curieux », elle « tombait » facilement dans ce genre de pièges là. Et le pire était sans nul doute que c’était de manière volontaire.

Elle n’avait pas bougé, pas d’un poil. Comme si elle avait peur de briser quelque chose. Peur du vide. C’était stupide. Stupide. Mais c’était humain, après tout. Elle ne comprenait pas tout, et avait peur… peur du reste. Peur que le reste n’efface ces énigmes, et ne l’éloigne plus encore de leur solutions. Ca n’était pas un hasard. Elle ne croyait pas non plus au destin, mais à la causalité, ça oui : Zane était arrivé. Il s’était battu, avait failli mourir… Puis ils avaient pu se découvrir un peu. Enfin, elle l’avait découvert puisqu’elle ne lui était absolument pas inconnue, elle. Et après quelques larmes, des coups de sang…

Un rêve. Ce rêve là qui était venu l’agiter. Celui d’une transition. Le passage d’un monde à un autre. Et c’était à ces deux hommes de se passer, en quelque sorte, le relais. C’était réducteur de ce qu’était l’existence de Namibe… mais ça lui convenait… Qu’était-elle d’autre, après tout, sinon une enfant de la pierre, errant loin de sa mère minérale ? Et à ce tître… Que pouvait-elle faire sinon combattre pour se sentir vivante ? Sinon se laisser éroder par les flots de cette île trop lisse… ?
Sinon… sinon se laisser saisir par un être qui lui promettait d’avoir les épaules suffisamment solides pour la maintenir, elle… Et pour que l’érosion soit la plus douce… La plus bénéfique possible pour elle ?

Elle saisit les mains de Zane, et les décolla de son ventre, sans les lâcher. Elle se décala un peu également, se soustrayant à son étreinte. Pour autant, elle ne la brisa pas, et ce décalage lui était simplement nécessaire pour pouvoir lui faire face un minimum. Il n’y avait pas beaucoup de force dans ses yeux, mais il y avait de la douceur et un calme souverain. Elle ne souriait pas. Pourquoi ne pas sourire, quand l’occasion s’y prête ? Parce que lorsqu’elle ne s’y prêtait pas, Namibe savait trop bien se dessiner un sourire de substitution. Elle ferma les yeux et s’approcha un peu de lui pour replonger les pupilles écarlates dans celles de celui qui venait de lui éviter une crise de plus. Elle aurait aimé, en cet instant précis, lui parler de son rêve. Elle s’en mordit les lèvres et, en dépit de ce désir là…
Elle garda le silence.

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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Sam 16 Juin - 16:56

Namibe restait profondément silencieuse et il ne pouvait pas dire que cela le surprenait. Ainsi, il pensait qu’elle était probablement en train de se concentrer sur ses gestes et cette chaleur dont le but était de calmer sa douleur. D’ailleurs, même si leur proximité était un moyen de renouer avec son passé, la chaleur que Zane lui donnait était totalement désintéressée. En effet, il ne voulait en aucun cas jouer un jeu et profiter d’une faiblesse passagère. Non, il voulait clairement qu’elle aille mieux et cela par tous les moyens possibles car il ne pouvait plus accepter de la voir souffrir ainsi. Par le passé, ces crises avaient été bien plus violentes à tel point que les gestes qu’ils reproduisaient aujourd’hui n’avaient plus qu’un effet de façade. Repenser à cela le renvoyait à son propre état… Il savait qu’il mourrait dans peu de temps et ne connaissait aucun remède pouvant changer cela. Il s’était résolu à son sort mais l’acceptait de moins en moins au fur et à mesure des heures passées avec la jeune femme. Il ne voulait pas mourir alors qu’il avait peut-être une chance de revivre avec elle. Bien sûr, son espérance de vie serait peut-être encore de une voir deux années mais cela lui paraissait bien dérisoire pour être avec celle que l’on a toujours attendue sans jamais oser le demander. Cela était aussi ridicule en sachant que sa mort serait bien antérieure au déclenchement de la dernière des batailles. Il allait donc ménager son organisme autant que possible afin de rester en vie pour ne pas que sa présence soit inutile mais comme cette idée de mourir était difficile à l’heure actuelle… Rien que repenser qu’il allait à nouveau perdre Namibe pouvait lui faire serrer les poings jusqu’à en faire couler son propre sang et maudire encore plus cette vie cruelle où quoi qu’il arrive chaque être vivant perd à la fin.
Enfin, il se força à ne pas se noyer dans ses pensées funestes afin que ce qu’il tentait pour l’alchimiste ne soit pas un échec. Pour se faire, il devait donc lui aussi se concentrer sur autre chose et ceci serait la chaleur qu’elle dégageait. D’ailleurs, il se dit que s’il lui avait parlé de cette chaleur alors le flocon de neige aurait été surpris d’en dégager. Enfin, il n’avait jamais considéré que cette neige, à laquelle elle s’apparentait, était aussi froide qu’elle le pensait.
Finalement les minutes s’écoulèrent les unes après les autres dans un silence que seul Zane brisait de ces mots jusqu’à ce qu’elle intervienne pour lui demander d’une voix basse où se trouvait la clé. Parlait elle alors de celle que lui détenait ou de celle qu’elle détenait. La première option était la plus probable mais la réponse il ne l’avait pas. Pour une fois, il ne se lancerait dans aucun long discours car cette réponse elle seule devait la trouver.


- « Je ne peux pas te dire où elle se trouve mais je crois que tu la verras de plus en plus nettement jusqu’à ce que tu décides de la prendre. » répondit-il simplement.

L’étreinte se poursuivit ensuite jusqu’à ce que Namibe se décale de manière à plonger son regard dans le sien. Elle ne dit pas un mot mais il put lire dans certains de ces gestes comme ce sourire qu’elle ne fit pas et ces lèvres qu’elle mordilla. Pour lui, il était clair qu’elle se retenait à la fois dans ses intentions, ses mots et peut-être même ses sentiments. Il lui fallait donc encore du temps pour se dévoiler un peu et il allait lui en donner tout en voulant écartant définitivement cette crise qui l’avait menacé. Pour s’occuper de cela, il allait donc encore une fois utiliser un moyen un peu détourné mais efficace.

- « Lorsque tu te mordilles les lèvres cela à toujours un sens mais je ne t’embêterai pas encore sur cela tout de suite. Toutefois, je vois bien que tu souhaites me dire quelque chose et que tes lèvres cachent quelques secrets ». lui dit-il en passant son index sur ces dernières.

Première chose qu’il vit en les observant : les traces de sang séché qu’elle avait certainement caché il y a peu de temps. Il savait qu’elle ne voulait pas lui montrer ses faiblesses et il ne dit donc rien là-dessus. De toute façon, elle avait dû comprendre ce qu’il avait remarqué. Il préféra donc en venir à sa seconde idée pour calmer totalement cette crise qui était venue jusqu’au bord des lèvres de la jeune femme.

- « Il y a une seconde étape pour stabiliser ton organisme Namibe et il me faut te la montrer maintenant. » dit-il en se relevant doucement avec elle.

Sans rien dévoiler il prit la main de la jeune femme jusqu’à ce qu’ils arrivent tous deux justes à coté de l’eau qui était relativement agréable vu que le soleil avait déjà passé de longues heures à la réchauffer de ses rayons. Là, il commença à ôter sa ceinture sur laquelle se trouvaient ses petites sacoches contenant des herbes. Il la déposa sur le sol et se retourna vers la jeune femme en souriant doucement.

- « Que dirais-tu d’une petite baignade Namibe ? » dit-il en guise d’invitation.

Il retira ensuite ses chaussures puis se fut au tour de sa veste. Ne gardant que son pantalon, il se lança dans un plongeon d’une manière presque athlétique non pas pour l’impressionner mais parce que quand on se jette à l’eau aussi rapidement sans y aller de manière progressive il faut bien le faire avec un minimum de sérieux pour la suite. Une fois au milieu de l’eau il s’adressa à elle sur un ton beaucoup moins sérieux dira-t-on.

- « Qu’attends-tu pour me rejoindre ? Rassure-toi, je ne te demanderai pas de te baigner toute nue même si cette idée ne me déplairait pas le moins du monde. » dit-il en riant.

Puis, s’approchant de la berge pour arrivée juste à côté d’elle, il prit une voix bien plus sérieuse.

- « Namibe, on dit que l’eau renferme de nombreuses vertus et j’en ai moi-même la conviction. Te plonger dedans et y faire quelques mouvements permettra à ton organisme de mieux se stabiliser. Ceci vient en renfort de ce que nous avons fait tout à l’heure et après cela ta crise sera définitivement repoussée pour un long moment. Fais moi-confiance. »

Double invitation finalement. Il lui demandait d’entrer dans l’eau et de lui faire confiance. Double ton de sa voix également car après avoir fait passer cela comme un jeu, il lui montra que cette démarche était tout à fait sérieuse et avait pour but de l’apaiser. Allait-elle accepter cette nouvelle méthode un peu atypique qu’il avait autrefois mise au point dans le seul but d’aider sa femme ? Il attendait son verdict.
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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Dim 17 Juin - 0:24

Sans un mot, comme figée, elle attendit les réponses de l’homme qui l’étreignait toujours. Elle aurait vraiment aimé qu’il lui réponde vraiment, quant à cette clef qui devrait lui permettre de le découvrir un peu plus, ou de découvrir ce qu’était la cohabitation des deux êtres. Elle fronça les sourcils, et tenta de trouver à la réponse qu’il lui donna un sens. Elle qui avait songé qu’il pourrait sur-interpréter ses mots, elle se trouvait à présent devant les énigmes de ceux de l’homme. A son tour, elle tenta de leur trouver une réponse. La trouver elle-même ? Pourquoi ne la lui montrait-il pas, lui qui voulait tant les reconstruire tous les deux… ? Cela signifiait-il qu’il n’en était pas capable ? Elle réfléchit un peu, et ne mit pas de terme à ses questionnements lorsqu’elle lui fit face. Son regard plongé dans celui de Zane, elle y cherchait d’autres réponses, plus concrètes… Ce rêve, ce rêve auquel elle était en train de songer en cet instant même, quel rapport avait-il avec cette clef ? La réponse lui semblait évidente, tout aussi évidente qu’insaisissable. C’était comme avoir sur les lèvres qu’elle mordillait la solution à son problème… Zane reprit la parole. Si sa voix ne la sensibilisait pas autant que lorsqu’il était dans son dos, elle fut tout de même saisie, simplement parce qu’il intervenait lors même qu’elle ne savait plus quoi faire. Ses lèvres cachaient un secret à l’homme. Oui effectivement, sa lecture était juste. Mais elles lui cachaient un secret, à elle aussi. Sentant le doigt du guerrier effleurer en toute délicatesse ses lèvres, elle ferma les yeux et fronça les sourcils, sans reculer d’un pouce. Il lui fallait trouver la clef, juste là. Elle se trouvait juste là, Namibe en était persuadée. Mais alors qu’il achevait son geste, elle les rouvrit à temps pour voir l’expression qui, si fugitive soit-elle, passa sur le visage de l’homme. Soudain, elle se souvint de la crise, avant qu’il ne la calme. Et surtout, elle se souvint du sang. Pour éviter qu’il ne remarque quoi que ce soit, elle n’avait rien fait pour l’enlever… Lèvres parlantes pour lui, muettes pour les deux, elle se serait damnée pour garder un minimum d’intégrité… Conserver ce qu’il en restait, laborieusement. Il ne lui fit aucune remarque, et parvint même, plutôt habilement, à masquer ce qu’il venait de constater. Mais elle n’en était qu’un peu plus prise, puisqu’il était presque entendu entre eux qu’il avait vu…
Elle laissa un juron, bien que muet, lui échapper sous la forme d’un petit souffle jeté sur le côté. Un sourire plus revêche aux lèvres, elle y passa à son tour deux doigts pour effacer ce qu’il restait de preuve de son mal.


« Ces lèvres… Elles ne savent pas te parler concrètement… mais elle me cachent également beaucoup de choses »

Un soupir échappa à Namibe à l’instant où Zane reprit la parole. La seconde phase ? Elle avait pourtant l’impression de se sentir mieux. Elle se leva néanmoins dans le même temps et fit face à Zane. Alors qu’était cette seconde phase ? Elle pensa même le lui demander, mais il la prit de court en saisissant sa main pour l’entraîner à sa suite. Elle le suivit à petits pas, cherchant à voir où il voulait en venir. Approchant du bord de l’eau, elle ralentit, se planta même dans ses bottes pour résister à la traction, lorsqu’il la lâcha finalement pour… Oter sa ceinture ?
Un sourire espiègle vint poindre sur ses lèvres. Que manigançait-il ? Elle se tint droite, autant que faire ce pouvait en tout cas, et l’observa. Alors qu’il se tournait vers elle, elle fut presque troublée par la douceur de son sourire. Non, ça n’était pas ça, alors. Elle hésitait presque à le regretter. Une baignade ? Elle le regarda finir de s’apprêter à ladite baignade avec un hochement de tête. Le voyant plonger, elle haussa un sourcil. Un tel plongeon… ça l’amusait. Elle n’en ferait pas autant, rien de plus sur que cela. En même temps, le seul courant d’eau de sa cité était gelé, elle ne se serait jamais risquée à un tel plongeon, au risque de se voir écrasée sur le ciment glacial. Le ton sur lequel il reprit la parole l’amusa. Elle haussa les épaules. Se jeter à l’eau dans le plus simple appareil ? Etant donnée la pudeur de la créature, ça ne l’aurait pas davantage faite sourciller que cela. A condition bien sur qu’il eut formulé comme un défi l’invitation à la baignade. Elle afficha une mine presque désolée, bien évidemment feinte, et lui dit sur le même ton :


« Moi qui en nourrissait l’espoir, tu m’en vois déçue… »

Avec un clin d’œil plein de malice, elle posa simplement les mains sur sa ceinture pour en défaire le premier cran. Il reprit alors la parole, décidément bavard, pour lui expliquer la raison réelle de l’invitation. Effectivement, cela paraissait très logique. Dans la mesure où le corps était soulagé de son poids, il était plus en mesure de se mouvoir et surtout de le faire avec fluidité. De recouvrir ses facultés. Il s’agissait là du meilleur moyen de calmer une crise, si l’on ne paniquait pas. Elle comprit donc tout à fait où l’homme voulait en venir avec cette seconde phase. Elle le regarda fixement… puis secoua la tête et acheva d’ôter sa propre ceinture. Son regard avait changé, il avait perdu son impertinence. Elle fronça les sourcils, puis attrapa le bas des agrafes de son corset. Une à une, elle les défit, puis délaça le haut de ses chausses. Elle s’assit dans le sable, sans le lâcher des yeux, et commença à se charger de ses bottes. Pour rien au monde elle ne les mouillerait. Elle lui adressa un petit sourire d’excuse, amusé, puis parvint enfin à délivrer du cuir ses pieds nus. Elle n’était pas rapide. Mais par chance, elle n’avait pas à s’en occuper en cas d’urgence. Avec une moue mutine, elle s’appuya sur ses deux bras pour se redresser, et porta ses deux mains à ses chausses. Elle les fit glisser et leva une jambe, puis l’autre, délicate, pour en dégager ses pieds. Elle se retrouvait exactement dans la même tenue qu’à son réveil. Elle dénoua ses cheveux et les laissa courir sur le haut de ses épaules. Finalement, elle fit quelques pas en sa direction, jusqu’à se trouver dans l’eau jusqu’à mi-cuisse. Le bas de sa chemise était tout juste humide. Elle frissonna, puis adressa à Zane un sourire en coin, avant de se laisser glisser dans l’eau plus discrètement qu’il ne l’avait fait. Elle ne nageait pas spécialement bien, mais pu s’y mouvoir sans trop de difficulté. Finalement, elle ressortit, ses cheveux formant sur sa chair comme une dentelle lumineuse. Elle secoua la tête pour les en décoller. Les mèches retombant de manière aléatoire autour de son visage, légèrement ondulées, elle se rapprocha de Zane et l’observa, un sourire délicat aux lèvres.

Son rêve lui revint alors en tête. Tout en essorant sa chemise, qui une fois trempée n’était plus vraiment d’une grande utilité, elle pencha la tête de côté. Ce songe… Elle n’avait pas osé le laisser franchir ses lèvres, tout à l’heure. Peut-être avait-elle eu tord… Et peut-être qu’elle avait besoin de lui en parler pour trouver cette clef qu’il n’avait pas voulu lui montrer. Sa respiration accélérée par l’hésitation, et non pas, cette fois, par une quelconque crise, elle finit par déglutir et, après avoir piétiné sur place, s’approcha un peu plus de lui. La respiration plus profonde, elle lui glissa dans un souffle :


« Finalement, je peux bien te dire le secret de tout à l’heure… »

Elle cilla, puis reporta un regard hésitant sur lui.

« En fait, j’avais envie de te parler d’un songe. C’est idiot… n’est-ce pas ? »

Surtout présenté comme cela. Elle ne poursuivit pas, comme si elle avait besoin pour cela, d’un encouragement, quel qu’il soit…
Elle finit par regarder piteusement l’onde qu’ils produisaient tous les deux, comme bercée par le clapotis que son agitation produisait dans le lac. Elle ne savait pas quoi faire de ses mains et, pour meubler tant que pour dissiper sa gène, elle se frotta l’arrière du crâne. Non seulement il avait vu sa faiblesse, mais en plus de cela il voyait sa futilité. Il la voyait à la fois brisée et dénaturée. Un bien piètre assassin. Qu’en penserait-il… ? Que pouvait faire Zane face à elle… ? Elle fronça les sourcils, déglutit, puis ferma doucement les yeux.

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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Lun 18 Juin - 0:34

Il ne l’avait pas manqué ce petit froncement de sourcils quand il lui ne lui avait rien dit de plus au sujet de cette clé poétique. Ceci pouvait d’ailleurs paraître en contradiction avec ce qu’il avait montré de lui jusqu’à présent mais il n’en était rien. En effet, il tenait à ce qu’elle trouve elle-même la réponse à cette question car ceci serait très important à la fois pour elle mais aussi pour eux deux si une nouvelle chance serait donnée à ce couple qu’ils ne formaient pas encore. Le gardien ne voulait donc en aucun cas précipiter les choses et il ne ferait rien pour qu’elle se sente obliger de se mettre avec lui. Enfin, de toute façon elle n’était pas une femme à qui l’on oblige quoi que ce soit. Toutefois, dans le passé tous s’étaient aimés sous une impulsion mutuelle et aujourd’hui il ne voulait pas que cela se fasse dans un seul sens. Elle allait donc apprendre à le connaître lui et cette nouvelle vie qu’il voulait lui offrir. Pour le moment, elle était dans un couloir, entre deux portes. Celle qui se trouvait derrière elle représentait son passé qu’elle avait indéniablement dépassée sans pour autant l’avoir oublié ou renié. Derrière la porte de devant se trouvait son futur avec cet homme mais le choix lui appartenait totalement à savoir qu’elle pouvait repasser, ne serait-ce qu’en partie, par cette porte d’où elle venait ou emprunter celle qui était encore close et qui pourrait s’ouvrir sous son souhait et ne former plus qu’un prolongement avec celle de son passé. Sa vie serait alors une continuité mais aussi une évolution. Il l’écouta ensuite prononcer cette phrase qui lui fit se dessiner un léger sourire sur son visage. Il ne fallait pas y voir un quelconque sentiment de supériorité de sa part mais juste cette confirmation qu’il avait qu’elle seule détenait ses réponses mais qu’elles ne seraient pas faciles à obtenir.

- « Ces lèvres le peuvent pourtant mais il faut qu’elle le veuille aussi bien vis à vis de moi que pour toi. » répondit-il sans rien dévoiler.

Peu après, il ne manqua pas non plus son sourire quand il lui parla de la seconde phase. Montrait-elle donc là une envie de ne pas le quitter ? De ne pas rompre ce que tous deux faisaient et qui l’apaisait tandis que lui renouait avec la chaleur de cet être qui comptait bien plus pour lui que son existence ? Il y avait probablement une part de vérité dans ces questions mais quoi qu’il en soit cette seconde partie aurait lieu et il l’y avait conduit sans attendre.
Elle répondit bien évidemment à ce qu’il lui avait lancé et sa manière de répondre lui plaisait toujours autant. Et puis, ce qu’elle ignorait c’est que par le passé tous deux s’étaient déjà, à plusieurs reprises, baignés nus dans ce lac. La suite de ces baignades lui seul la connaissait aujourd’hui toutefois il en fit une allusion très indirecte en lui répondant.


- « Une prochaine fois peut-être. » ajouta-t-il sans cacher son sourire.

Tout comme lui, elle ôta certains de ses vêtements et il aurait été mensonger de dire qu’il n’était pas du tout sensible à son charme. Au contraire, il la désirait non pas uniquement physiquement mais pour tout ce qu’elle représente pour lui. Toutefois, ces désirs devaient rester en lui et ne pouvaient s’échapper que dans des situations de proximité même si cela était toujours fait avec beaucoup de réserve. Elle s’avança donc dans l’eau et il vit qu’elle y prenait un certain plaisir qui n’était pourtant pas complet car elle avait encore cette chose qu’elle ne parvenait pas à lui dire. D’ailleurs, elle piétina quelque peu avant de pouvoir se lancer et ses hésitations lui rappelaient un peu celles que pouvait avoir un enfant ayant du mal à avouer une bêtise. Bien sûr il ne s’arrêtait pas qu’à cela et son regard et son expression furent alors bienfaiteurs pour lui ouvrir cette voie sur laquelle elle hésitait encore temps à se lancer.
Elle finit par lui avouer qu’elle voulait lui parler d’un songe et s’auto dénigra quelque peu. Pour lui, cela n’avait qu’une seule explication : elle commençait à toucher la poignée de la porte comme pour essayer de l’ouvrir et ses premiers pas étaient particulièrement difficiles. En tout cas, il allait la guider à sa manière et c’est pour cela qu’il prit ses mains alors qu’elle ne parvenait pas à les stopper par elle-même. Il fit preuve d’une grande douceur dans son geste et il les prit même sans porter ses yeux sur elles. En fait, son regard n’avait jamais quitté le sien tout comme son sourire qu’il lui adressait doucement. Elle devait se demander ce qu’il pensait d’elle mais pouvait-elle encore douter de lui si elle l’observait comme lui le faisait ? Il se contenta donc de lui répondre brièvement car pour lui ses gestes avaient parlé avant même qu’il n’ouvre la bouche.


- « Parle-moi de ce songe Namibe, je t’écoute. » dit-il en lui lâchant doucement les mains dans l’eau comme pour lui montrer que cette fois-ci il la laissait avancer seule vers lui.

Il devait le reconnaître, il ne savait pas ce que pouvait être ce songe mais il devait avoir un rapport avec la situation actuelle et notamment avec lui.

* Serais-tu en train de glisser tes mains pour tenter de trouver la clé ? * pensa-t-il comme s’il s’adressait à elle.
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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Lun 18 Juin - 1:45

A la réponse qu’il fit à la réflexion de l’alchimiste, quant à une baignade naturiste, elle se contenta d’un sourire railleur, alors qu’elle se glissait dans l’eau. Elle appréciait la légèreté de l’instant. Elle contribuait grandement à l’apaiser alors qu’elle s’était sentie oppressée quelques minutes avant. Et puis, les jeux badins, ces petites joutes séductrices, elle les maîtrisait et se retrouvait ainsi en terrain connu. A la différence près que dans sa guilde les jeux allaient… plus loin. A ce souvenir, elle fut partagée entre un sourire éthéré et un frisson, mais réprima l’un comme l’autre afin de ne rien laisser paraître de son souvenir. Zane… Zane savait-il tout cela ?

Elle s’était approchée de lui, tout près, et lui faisait face. Elle devait lui dire quelque chose. Et elle savait que c’était le songe, le songe était une partie de la clef. Cette fameuse clef. Il l’avait été pour elle en tout cas, lui avait révélé quelque chose. Simplement qu’elle… n’était pas fautive, de se laisser aller vers plus de lumière. Mais s’il le lui avait révélé, encore fallait-il qu’elle soit capable quant à elle de l’accepter. Elle déglutit plusieurs fois, jusqu’à ce qu’il ne saisisse ses mains. Elle eut un geste, ou plutôt l’amorce d’un geste en sa direction, mais l’étouffa bien vite. Le ton qu’il empruntait lui donnait l’impression d’être une enfant. Techniquement parlant, elle n’en était plus une depuis fort peu de temps… ce qui était loin d’être le cas de Zane. Et pourtant, ce décalage entre eux ne la gênait pas puisqu’au fond… Elle avait été façonnée par Daeniel pour n’être à vie qu’une femme enfant. Que ça soit son corps ou son âme, il avait su la polir ainsi… Cela, Namibe pensait ne pas pouvoir le perdre. Et pourtant, là… la femme enfant semblait bien insipide face à cet homme dans l’attente. Insipide petite créature qui tergiversait… qui s’apprêter à lui raconter un rêve comme l’on confie un cauchemar sur l’oreiller, avant de se replonger dans un sommeil plus doux. Et pourtant, là, c’était le conte qui était doux. Le lieu. Le lac, Zane, les mains de celui-ci qui saisissaient les siennes, les regards, les sourires de l’homme. Elle décida de se laisser porter pas l’instant, et le regarda lâcher ses mains avant de plonger ses yeux écarlates dans ceux, plus sombres, qui semblaient vouloir la couver.


« T’ai-je parlé de ceux que je fais d’habitude, dans ton passé ? » Elle fronça les sourcils et déglutit… avant qu’il ne lui réponde, elle se lança et décida de lui en faire une esquisse, pour qu’il comprenne… « Je revois… chaque nuit je les revois mourir, et je suis impuissante. Toujours aussi impuissante. Chaque nuit je revois… Daeniel » Songeant que Zane en serait peut-être blessé, elle aventura ses mains vers les siennes, moins sure d’elle qu’il ne l’avait été, comme pour lui signifier qu’il ne s’agissait pas là de ce qu’il pouvait imaginer. « Il meure, sous moi… dès que mes paupières sont closes, comme il le fit il y a quelques mois à peine. Comme si mon esprit voulait me contraindre à faire un deuil dont je ne veux pas… » Elle ferma les yeux lentement et sourit « Mais cette nuit c’était différent. Je n’ai pas eu mal. Je me sentais étrange. En fait, j’étais toujours aussi impuissante, je cédais non pas à l’immobilité, mais plutôt à une danse. La dernière danse que doit faire l’assassin blanc. En fait, c’était comme si mon passé… Comme si lui décidait de m’affranchir de tout cela. J’ai eu très peur, j’ai crié, griffé, pleuré pour retourner dans ce passé… Pour le retrouver lui et danser encore… Mais rien n’y fit, inexorablement, il me dirigea vers un ailleurs. Plus de lumière, plus de douceur qu’il n’y en avait dans ce qui restait de nous deux. C’est comme si finalement, toutes ces années dans la guilde ne se résumaient plus qu’à un tango enflammé… destructeur pour moi… pour lui. Mais un tango… garde une certaine dose de volupté… » Elle déglutit à nouveau et rouvrit les yeux pour les poser à sa droite… sur Ynis. « Et dans cette lumière, il y avait toi. Tu étais celui qui me retenait quand je tentais de retrouver mon ombre… Au début, j’ai pensé que tu me retiendrais de force à tes côtés… Parce que tu es un peu cette promesse que j’ai faite à Daeniel, en fait… J’ai pensé… j’ai pensé que mon esprit te verrait comme une chaîne dorée. Mais j’ai eu tord, et ce songe m’a dit une toute autre chose » Elle plissa les yeux et recula un peu, lâchant la main de Zane. Comment arrivait-elle à lui raconter cela ? Ca ne lui ressemblait pas du tout, un tel débit de parole. Décidément, cet homme avait le don de la faire jacasser. Sans doute parce que lui-même parlait pas mal. A un pas de distance de lui, elle acheva son conte. « Toi, tu n’étais pas la pour me retenir, au contraire de mon passé. Non, toi tu m’as épaulée lorsque je me suis effondrée. Tu m’as empêchée de sombrer grâce à une simple… étreinte… et des mots apaisants… »

Et là, elle garda le silence. Que pouvait-elle bien dire d’autre à présent ? Elle était trempée, elle tremblait comme une feuille, ne pouvait fixer son regard sur lui, ne sachant même plus ce qu’elle était… Et elle venait de lui confier cette transition. Elle n’était pas capable elle-même de se la figurer clairement. Alors il attendait qu’elle fasse un pas vers lui ? Elle l’avait déjà fait en songe, après tout. Peut-être le fait de lui en parler était-il plus explicite que ne l’auraient été tous les pas qu’elle pouvait faire dans le lac. Elle se contenta de regarder ailleurs, passa une main sur son front sans cesser de trembler.

Des mèches d’un blanc pur vinrent osciller devant ses traits tendus alors qu’enfin elle releva les yeux vers lui. Il s’était passé quelque chose qu’elle n’avait même pas remarqué. Elle venait de lui avouer quelque chose de décisif, pour elle… Elle venait de lui avouer une angoisse et un désir dans le même temps. Et ce dans le lac, face à lui et trempée jusqu’aux os. Et en dépit de cela, elle finissait par se tenir aussi droite que possible, et allait jusqu’à lui faire face. Son regard, enfin, arrivait à se fixer dans celui de l’homme. Et si elle n’était pas détendue, si elle ne pouvait réprimer ses frissons, elle ne défaillirait pas pour autant. Plus maintenant. Pourquoi ? Parce qu’elle était acculée, et que c’était acculée que Namibe tenait le mieux debout. Elle était son propre piège, le savait. Il avait raison au fond, elle était libre de saisir la clef… Mais elle sentait que son bras n’avait pas la force de se tendre pour se libérer, faire volte face et transformer, enfin, le cul de sac en portail.
Elle resta à une coudée de lui. Pour tenir, elle ne devait plus avancer. Pendant combien de temps resterait-elle distante, alors qu’elle venait d’offrir à Zane une faiblesse, une faille qu’il lui suffisait d’effleurer pour s’y plonger ? Cet homme… Il pouvait avoir la réserve nécessaire pour ne pas profaner cette âme totalement perdue. Mais était-ce ce qu’elle désirait… Elle fronça les sourcils, y songeant un peu. Elle ne souriait pas le moins du monde. Non, son sérieux était à faire peur, au contraire.


« Zane… »

Un nouveau frisson la traversa, alors qu’elle était littéralement tétanisée.

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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Lun 18 Juin - 22:37

Pour comprendre Namibe et parvenir à la faire se sentir mieux il fallait apprendre à la connaître et être sincère, c’est en tout cas ce qu’il pensait après ces années à ses côtés. La jeune femme ne se laissait que difficilement connaître dans le sens où elle parlait très peu de son passé et même à lui. Il le savait, elle devait se demander s’il serait toujours aussi délicat avec elle en sachant tout de son passé. Toutefois, ceci n’était pas vraiment la question qu’il fallait qu’elle se pose. En effet, devait-il aimer ce qu’elle était pour pouvoir aimer qui elle est aujourd’hui ? Et puis finalement elle ne pouvait pas oublier ce passé et elle avait été forgée avec lui donc ce que le dragonnier ressentait pour elle ne pouvait pas être illusoire. Peut-être avait-elle besoin de l’entendre mais pour le moment ce n’était pas à lui de parler. D’ailleurs, il intervenait de moins en moins souvent, laissant davantage l’opportunité à celle qui fut son épouse.
Cette dernière était sur le point de lui parler de ce songe qui semblait la préoccuper. Elle lui posa tout d’abord une question à laquelle il ne pouvait finalement pas lui répondre faute de temps. Gardant sa réponse de côté pour plus tard, il resta silencieux et attentif tandis qu’elle poursuivait son récit avec une certaine difficulté qui soulignait que dire tout cela était loin d’être évident pour elle mais qu’elle ne reculerait pas. Elle lui donna donc tous les détails de ce songe dans lequel il intervenait. Cette fois-ci elle le surprit à la fois par ces gestes mais aussi par ses mots. Bien sûr il n’en montrait rien mais les faits étaient là. Tout d’abord parce que cette fois-ci se furent ses mains à elle qui se dirigèrent vers lui pour lui dire quelque chose. Elle ne voulait pas le mettre en « compétition » avec Daeniel et le lui montrait. Elle arrivait également à lui confier quelque chose de finalement très personnel qui pouvait donner lieu à de nombreuses interprétations. Toutefois, Namibe avait trouvé la sienne. Visiblement, ce rêve quotidien n’était plus aussi douloureux depuis qu’elle avait fait sa connaissance et le songe lui-même avait été modifié. Bien sûr, elle n’oublierait certainement pas toutes ces scènes et il y avait de fortes chances qu’elle revive ce cauchemar mais la fin ferait qu’elle n’aurait plus à se réveiller en sueur avec cette impression redoutable que nous laisse un cauchemar même de longues heures après qu’il se soit achevé.
Puis après les mots vint le silence. Namibe avait certainement raconté ce songe en détail et même si elle semblait avoir trouvé une réponse quelque chose semblait encore lui manquer. En effet, elle n’avait pas abordé un point sur lequel il allait revenir mais avant cela il l’observa en silence sans faire le moindre geste.
Elle adopta plusieurs attitudes : fuyant son regard tout d’abord, elle finit par le soutenir tout en gardant ces distances avec lui. La logique des choses aurait voulu qu’elle se rapproche de lui ou bien qu’il le fasse mais rien ne se fit pourtant. Le dragonnier attendait-il autre chose ? Que ce soit ces gestes ou son regard, rien ne trahissait ses pensées si ce n’est que son silence pouvait laisser croire qu’il attendait désormais qu’elle saisisse cette clé. Elle prononça ensuite son prénom alors qu’elle frissonnait de plus en plus. Là, c’était comme si elle venait de frapper de ses petits poings contre cette porte encore close. Il était donc tend que le portier vienne lui répondre.

Il ne lui fallut pas faire plus d’un pas pour se trouver presque contre elle avant de s’adresser à elle. Frissonnante, il estimait que cela n’était pas uniquement la cause du temps extérieur qui était devenu orageux. D’ailleurs des nuages chargés d’une pluie imminente se trouvaient désormais au-dessus d’eux. Maintenant, il était juste à coté d’elle sans pour autant la toucher. Son souffle chaud venait finir sa course sur le visage de la jeune femme.


- « Ce songe ne s’effacera jamais mais sa fin fera en sorte qu’il ne soit désormais pas qu’un cauchemar. Maintenant tu ne le redouteras plus comme avant même si je crois qu’il fera toujours parti de ta vie. Toutefois ce songe n’est pas encore complet pas vrai ? »

A cet instant quelques gouttes de pluies commencèrent à tomber et rendaient la surface de l’eau trouble. Si proche d’elle, il ne lui aurait fallu pas plus d’un souffle de vent pour que ses cheveux frôlent le visage de l’alchimiste et qu’à son tour il l’enlace mais contre toute attente il ne la touchait pas encore. Il n’y avait donc toujours pas d’étreintes comme celle dont elle avait parlé juste avant.

- « En effet, tu ne m’as pas dit si finalement tu avais accepté mon étreinte dans cette nouvelle lumière. Je ne vois donc qu’une explication à cela : la fin de ce songe doit se dérouler dans la réalité si tu le souhaites. La clé dont je te parlais est désormais dans tes mains et il ne te reste plus qu’à à la faire entrer dans la serrure pour que débute maintenant notre propre danse. » dit-il en positionnant ses bras comme pour accueillir une cavalière.

Zane avait donc peut parlé et avait même fait preuve de réserve. Tout cela avait bien entendu un sens et une logique puisque tous deux faisaient finalement un pas chacun à leur tour vers l’autre. Le dragonnier ne voulait pas précipiter les choses et il savait que si elle acceptait cette danse avec lui cela ne voudrait pas vraiment dire qu’elle lui offrait son cœur. Pourtant, cette danse aurait un sens très profond pour celle qui se trouvait maintenant en possession d’une clé vers une autre vie dans laquelle il serait son écrin tout comme elle le serait pour lui qui s’affaiblissait un peu plus chaque jour. En tout cas, en cet instant, ces pensées allèrent également auprès d’un homme qui se trouvait lui dans la première des portes de la vie de Namibe. Bien qu’il ne le connaissait pas, il pensa qu’il devait être en train d’observer cette scène et qu’il incitait, tout comme dans ce songe, celle qu’il aimait à prendre ce nouveau départ. Pour la première fois, il vit alors Daeniel comme une personne autre qu’un « rival ».

* Je prendrai soin d’elle, je te le promets également. * lui dit-il en se voyant dans ce songe, juste en face de cet homme qui venait de danser une dernière fois avec elle.


[Comme tu peux le voir je suis parvenu à bien le contrôler ^^ . Suite au prochain post Smile ]
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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Mar 19 Juin - 2:05

Alors qu’elle venait de lui parler, et qu’il l’avait laissée faire… Alors qu’elle l’avait touchée, il l’avait laissée faire… Et alors qu’elle s’était dérobée à lui… Il l’avait laissée faire.

Namibe se tenait droite face à lui, frémissante. Elle était figée là, sans savoir quoi faire à présent. Elle pensait à ce qu’elle venait de lui raconter. En réalité elle allait jusqu’à s’étonner elle-même de ce qu’elle lui avait raconté. Ca ne lui ressemblait pas, et les regards que l’homme laissait courir sur elle… ce silence qu’il laissait s’installer… Tout cela le lui disait bien. Elle crispa un peu ses poings, de manière presque imperceptible, lorsque Zane l’approcha. Elle esquissa un mouvement de recul, mais voyant qu’il ne la touchait pas, elle resta finalement en place. Elle sentait son souffle sur ses pommettes, et un nouveau frisson se promena le long de son échine. Elle ne se sentait pas agressée par une telle proximité… Mais elle sentait bien qu’il y avait quelque chose d’implacable, cette fois. Elle leva les yeux vers lui, lui offrant son visage pâle et hésitant, mais soutenant tant bien que mal le regard de l’homme. Une chaleur naquit en elle. Pas spécialement agréable, au premier abord, mais elle n’avait cela dit rien de celle qui la faisait cracher ses poumons. Non. C’était celle d’un sentiment nouveau, difficilement acceptable. Difficilement acceptable. C’était pour cela, d’ailleurs, qu’elle avait lutté, dans son songe, pour rester dans l’ombre. Pour cela qu’elle avait abîmé ses doigts pour passer outre le mur et quitter Zane, avant qu’il ne l’étreigne.
Que voulait-il dire par incomplet ? Elle ne voyait pas… Elle ne voyait pas. Elle ne cilla pas, mais plissa les yeux, découvrant la ligne blanche de ses dents d’un air sceptique. Les premières gouttes d’eau la surprirent et la contraignirent à abandonner ce masque. Elle leva le nez au ciel et le vit plus noir qu’elle ne l’avait laissé. Elle ne s’était pas rendue compte du changement… Elle reporta son attention sur Zane avec un nouveau frisson, triturant un peu le bas de sa chemise, le murmure de la pluie venant chanter tout autour d’eux à la surface de l’eau. Incomplet. Qu’il se tienne là, si près d’elle, sans même la frôler, était plus intime encore à Namibe que ne l’aurait été une étreinte. Parce que cet homme avait un magnétisme, sans le savoir peut-être, qui à cette distance la saisissait. Elle n’était pas habituée à ce genre de situation. Elle avait l’habitude d’être saisie, puis d’avoir le choix de l’accepter ou non… ou bien de provoquer… Mais elle n’avait pas l’habitude de faire face à un homme tel que Zane, alors que celui-ci ne la touchait pas. Leur souffle, à cette distance, se confondaient… Elle frissonna une fois de plus avec que la voix de l’homme s’éleva une fois de plus. Elle le laissa parler. Non, elle ne le lui avait pas dit. Mais dans son songe, elle était comme là, acculée. Face à un mur, cet homme dans son dos venu l’étreindre… Elle n’avait pu se substituer à sa douceur car il s’agissait là du seul réconfort qu’elle avait…

L’alchimiste fronça les sourcils et déglutit. Les mots de l’homme la touchaient beaucoup par leur beauté. Afin que débute leur danse… Elle devait saisir la clef qui lui permettrait de changer, enfin, de partenaire. Qui lui permettrait d’esquisser les pas que saurait mener Zane. Quelle suite proposait-il à ce tango effréné… ? Il se mit en place comme pour l’accueillir. Pour Zane, que signifierait une danse, là ? Pour Namibe, ça serait comme un test. Ils avaient déjà dansé, tout les deux. Juste tout à l’heure, les armes en main. Ils avaient dansé pour elle. Et ils avaient… fonctionné à la perfection. Mais là, ça serait tout à fait différent. Il n’y aurait pas de rivalité entre eux. La rivalité… deviendrait tendresse… Et l’harmonie… demeurerait ?
Elle le regarda, ses pupilles écarlates exprimant très clairement une certaine surprise, comme si, si étrange cela puisse paraître, elle doutait de ce qu’il lui offrait. Elle eut l’ébauche d’un nouveau mouvement de recul. Saisir cette main équivalait à ses yeux à un engagement. Celui de faire l’effort de marcher vers cette vie, très concrètement. Elle l’avait déjà accepté, mais c’était comme une promesse différée. Comme l’idée de l’avoir, là, et de savoir qu’un jour ça marcherait. Qu’il lui tende sa main, son regard plongé dans le sien de cette manière, signifiait bien plus. Il disait « c’est le moment » Elle avait frappé à la porte. Zane lui avait ouvert et, alors qu’elle s’était demandée tant de fois quel allait être le visage de ce qu’il lui offrait… lui donnait l’opportunité, d’un simple geste, de le découvrir. Elle avait peur, à présent. Elle avait très peur.
Nouveau frisson, et le silence ne se brisait toujours pas. Et ils étaient toujours quasiment l’un contre l’autre, sans se toucher. Nouveau frisson et elle regarda cette main qu’il lui suffisait de saisir pour danser, enfin, avec Zane. Elle qui lui avait demandé où se trouvait la clef, l’idée de la mettre à l’œuvre en cet instant la tétanisait.

Elle ferma les yeux et baissa le visage, toujours silencieuse.



Le toit est gelé. Les ardoises se moirent des reflets gris de l’obsidienne. L’obsidienne, d’ailleurs, elle en a un peu partout. Elle est richement vêtue, toute de noir. Jusque dans ses cheveux où des accessoires noirs plaquaient sur sa tête diaphane un filet d’ombre. Elle se cachait là, seule. Sa cité s’étendait, docile, sous ses pieds. Depuis combien de temps l’a-t-elle quittée ? Depuis combien de temps l’être de pierre avait-il abandonnée pour la livrer aux êtres chauds ? Oui car c’était bien ça. Offensée par la moite nuit de tendresse toute humaine qu’elle venait de vivre, sa cité de l’avait plus abritée, et de fil en aiguille la voilà là… Enfin… Elle ne savait plus où elle se trouvait. Que faisait ce flocon déchu, en deuil, sur le toit de sa grandiose cité…
Elle ferma les yeux, inspira l’air. Mais oui… c’était clair en fait. Comment avait-elle pu se le demander ?
Elle ne rouvrit pas les yeux. Non… elle n’avait pas besoin de voir, d’être là pour la garder en elle. Alors ça n’était pas un rêve, ça n’était plus un souvenir. C’était juste…
« Adieu »




Elle avait toujours les yeux clos, le visage bas… ses cheveux détrempés ondulaient devant son visage. Ils ne le masquaient pas tout à fait, trop fins pour cela, mais en troublaient tout de même la vue. Alors qu’elle s’était évadée dans ses pensées, n’offrant plus son regard à l’homme… elle avait fait quelque chose. Zane… Elle le voyait, très distinctement. Il était avec elle sur ce toit et il avait attendu.

En rouvrant les yeux, sans pour autant relever le visage, elle se rendit compte elle avait déposé sa fine main dans celle de l’homme… Elle ne s’en était pas aperçue… Elle ne regarda pas leurs mains. Elle n’avait simplement pas besoin de le faire pour presser celle du jeune homme. Plutôt qu’une pression, elle glissa ses doigts entre ceux de Zane, comme pour affermir leur étreinte… Comme pour lui demander de ne plus la lâcher. Sans lever son visage, tremblant toujours, elle esquissa un nouveau geste. Mais cette fois pas un geste de recul comme les autres fois. Non, elle esquissa un geste pour s’approcher de lui. Elle ne le fit pas de suite, puis, petit à petit, gagna les quelques pouces qui séparaient leurs deux corps pour appuyer au torse nu de Zane son front… Elle gardait sa main dans la sienne, leurs deux avant-bras comme plaqués l’un à l’autre… Quant à son autre main, elle ne bougeait pas, plongée dans l’eau du lac. Avec la pluie, qui gagnait de l’ampleur, elle avait l’impression d’être comme immergée… Immergée avec lui… Plongée dans l’odeur de l’homme.

La respiration précipitée, elle déglutit, puis fronça les sourcils. Après avoir toussoté, elle parvint à se forger une voix suffisamment solide. Effleura de son pouce le dos de la main de Zane, elle lui murmura, sans bégayer, cette fois…


« J’ai envie de danser avec toi »

Un sourire, infime, se profila enfin sur ses lèvres qui, il y avait encore quelques instants, tremblaient.

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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Mar 19 Juin - 15:05

Rares étaient les fois où Zane avait vu celle qu’il aime aussi tétanisée. La raison n’était pas difficile à trouver et il pouvait donc la comprendre. Après tout, elle était sur le point de débuter une nouvelle existence avec lui à ses côtés mais il ignorait encore si elle prenait également cela comme une décision de vie à deux. Pour lui, il n’était que peu probable qu’elle soit très éprise de lui car elle venait à peine de le rencontrer. Pourtant, même s’il n’est pas du tout ce que l’on pourrait appeler un « homme à femmes », il voyait clairement qu’il l’avait touché. Elle n’était pas insensible à lui et il pouvait le voir. Et puis d’ailleurs, si elle ne ressentait rien pour lui serait-elle aussi incertaine ? Elle devait parfaitement savoir que sa promesse était à portée de main et qu’il n’y aurait plus uniquement que des plans sur la comète. Non, là tout risquait de devenir concret pour elle comme pour lui.
Enfin, si Namibe était fébrile quand était-il vraiment pour le dragonnier qui se tenait si près d’elle sans pour autant la toucher ? Et bien contre toute attente lui aussi avait peur, ce qui pouvait paraître surprenant vu tout l’aplomb dont il faisait preuve. Pourtant, ses pensées, ses souvenirs lui montraient aussi une autre face de sa vie passée et de ce que l’actuelle pourrait devenir. Il revit tous ceux que la vie lui avait arrachés, tout ce bonheur qui finalement lui avait été repris sans qu’il ne puisse changer les choses. Il revit ce jour où le sourire de sa mère se perdit à tout jamais devant son fils dont le corps était paralysé par un froid dont il en attendait la mort. Il repensa à sa rencontre avec Namibe et à ces années passées à ses côtés jusqu’à ce qu’elle meurt pour lui sauver la vie. Il se remémora aussi tous ces gens d’Ynis Witrin qui étaient morts au combat alors que lui avait survécu. Point commun avec cette jeune femme, il était lui aussi une sorte de survivant de ce monde. Elle devait probablement le sentir et peut-être était-ce aussi pour cela qu’elle ne l’avait pas rejeté. En tout cas, le poids de ce passé était très lourd à porter et son message était clair : il perdrait tous ceux à qui il tient tôt ou tard. La seule échappatoire à cela était finalement sa propre mort. D’ailleurs, il repensa subitement à cette conversation qu’il avait eu avec le médecin de l’île avant que la guerre ne débute. Venu faire un bilan médical imposé par les sœurs, il avait confié la chose suivante au médecin :


- « Je sais bien que cette idée risque de l’effrayer un peu mais nous vivons ensemble depuis tant d’années que je pense qu’aujourd’hui le moment est venu qu’elle porte du blanc d’une manière parfaitement originale pour elle. »avait-il dit alors qu’il était assis sur la table d’examen.

Depuis plusieurs mois une idée germait dans sa tête et aujourd’hui il en faisait part à son médecin. Pourquoi lui ?

- « Je veux la demander en mariage Doc et rien ne me fera changer d’avis. Je sais que le mariage n’a pas de sens profond pour certains mais je veux lui passer cette bague au doigt, je veux définitivement l’écarter de ses anciennes peurs et lui prouver que je ne la quitterais pas quoi qu’il arrive. Je sais que vous allez me considérer comme un jeune premier et que peu de gens aiment autant une personne avec une force identique durant tant d’années mais c’est mon cas. » dit-il avec sincérité tout en regardant le médecin qui utilisait son stéthoscope pour écouter les battements de son cœur.

Là, le sourire du gardien se fit bien moins affirmé. Il le gardait pourtant mais la résignation pouvait se lire sur son visage alors qu’il voyait que son médecin allait en venir aux mêmes constations que lors des dernières visites.

- « Soyez honnête docteur. Il ne me reste plus longtemps à vivre pas vrai ? »

D’un signe de tête, le médecin lui avait répondu par l’affirmatif et en guise de réponse le dragonnier avait serré ses poings de toutes ses forces tout en gardant pourtant un sourire timide sur son visage.

- « Surtout ne dîtes rien à Namibe et croisez les doigts pour moi. Je sais qu’elle me trouve rêveur en ce moment donc je lui ferai ma demande ce soir après un bon entraînement. Je sais comment m’y prendre : il me suffira de la provoquer un peu et de lui dire que pour connaître mon secret il faudra qu’elle parvienne à me toucher. Bien sûr, elle y parviendra et c’est alors là que je lui avouerai mon intention de l’épouser. Je ne sais pas encore si elle acceptera mais je sais qu’elle devrait apprécier la manière car après tout c’est en combat que nous avons commencé à nous aimer. En tout cas je compte sur votre discrétion Doc et sachez que vous serez le premier averti si cette jeune demoiselle fait la folie d’accepter de se marier avec moi. » avait-il dit en se rhabillant et en faisant mine d’ignorer que ses jours étaient comptés .

Puis, quittant le cabinet de celui qui était devenu un confident, il ajouta encore quelques mots.

- « Pourquoi, dès que je suis heureux, quelque chose menace de m’arracher mon bonheur ? Cette question me hante chaque fois que je m’attache à quelqu’un mais cette fois-ci la situation est différente : je ne laisserai plus rien ni personne s’en prendre à ceux que j’aime et je ne mourrai pas. Vous verrez alors que la science à ses limites et que la foi d’un homme peut le maintenir en vie. »

Mensonge… Il savait parfaitement que même la plus grande des volontés ne pouvait rien face à la dégénérescence physique. En tout cas, il avait tout fait pour cacher cela à Namibe mais elle s’en était bien vite rendue compte. Et aujourd’hui que ferait celle qui se trouvait face à lui concernant cette dégénérescence ? Laisseraient-ils à nouveau la mort les séparer ? Finalement, lui aussi avait peur mais il sentit une main prendre la sienne. L’alchimiste venait de le toucher sans que ce soit lui qui en prenne l’initiative. Elle se colla ensuite sur son torse tandis que l’une de ses mais restait dans le lac. Là, il pouvait parfaitement ressentir son désir de ne plus quitter sa chaleur et il entendit alors sa requête : elle avait envie de danser avec lui. Ainsi, elle acceptait de terminer ce songe et il allait répondre à ses attentes.

A présent la pluie tombait fortement mais ceci semblait ne presque pas compter pour lui. Il se contenta d’ailleurs de lever simplement la tête vers le ciel et de fermer les yeux pour sentir la froideur de la pluie. Ceci n’était en fait qu’une dernière sensation froide avant de se laisser tomber dans la chaleur de sa partenaire. Il posa donc à nouveau son regard sur elle et prit sa main qu’elle avait laissée dans l’eau. Comment allait-il positionner ses mains ? Quelle danse allaient-ils exécuter ? Quelque chose de tendre, quelque chose qui lui rappellerait cette sensation qu’elle avait ressentie tout à l’heure en s’imaginant tel un cristal dans un écrin. Il plaça donc ses mains autour de la taille de la jeune femme. A présent, il pouvait caresser son dos mais aussi l’enlacer de manière douce mais souple. Là, il n’avait nul besoin de déployer un quelconque artifice, il se contenta simplement d’être lui-même et de ne dégager que sa chaleur humaine. Chacun de ses gestes était attentionné et témoignait d’une chose qu’il lui annonça.


- « Notre danse ne sera pas unique Namibe. Elle sera multiple comme ce que nous vivons aujourd’hui. » dit-il d’une voix affirmée et tendre en faisant, entre autre, allusion à leur combat de tout à l’heure.

La pluie avait beau tomber avec abondance, elle semblait n’avoir plus aucun effet sur lui. Maintenant, il tournait en compagnie de Namibe. Leurs mouvements étaient lents car leur danse avait ce rythme mais aussi car l’eau était un élément réduisant considérablement la vitesse d’un individu. La thérapie de Zane était donc à l’œuvre et il espérait qu’elle repoussait et qu’elle repousserait encore longtemps les malaises de l’alchimiste.
Plusieurs minutes s’écoulèrent ensuite. La logique des choses aurait certainement été qu’il dépose ses lèvres contre les siennes mais il n’en fit rien comme s’il craignait de violer l’intimité de la jeune femme. Il n’était donc plus vraiment dans le même état d’esprit que la veille quand il l’avait embrassé près de la porte de sa chambre. L’alchimiste avait maintenant franchi la porte mais souhait-elle continuer le voyage ? N’était-ce pas un peu trop tôt pour elle ? A nouveau, il lui laisserait l’initiative. Elle seule déciderait de ce qu’elle voulait vivre avec lui. Etranger dans ce monde, c’était uniquement elle qui pouvait lui donner ses racines.


- « Et maintenant Namibe, que veux-tu que nous fassions ? »

Question totalement ouverte, il lui laissait le choix de la suite des événements. Il voulait profiter de ce jour car il savait que dès demain il devra partir pendant près de trois semaines pour un voyage dont le but n’était connu que de lui seul…
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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Mar 19 Juin - 23:34

Tout contre lui, Namibe ne bougea pas d’un pouce. Elle continuait, l’air de rien, de caresser le dos de la main de Zane, leurs doigts liés comme si jamais ils ne devaient de séparer. Elle le sentit s’étirer un peu, pour lever, sans doute, le visage et l’offrir à la pluie. Elle laissait quant à elle l’eau ruisseler de son front, toujours baissé, bercée par le rythme du cœur de l’homme. Sentant la main de celui-ci saisir la sienne, encore libre, puis les deux mains de Zane se posant sur ses hanches, remontant dans son dos… Elle ne pu réprimer un sourire et lui offrit à voir un visage apaisé. Elle glissa d’abord ses doigts sur le torse de son cavalier, suivant une fois de plus l’entrelacs de ses cicatrices, avant d’à son tour les glisser dans le dos aussi massif que souple de son… compagnon. Il était cela ? Oui sans doute. Sans doute Zane s’approchait-il à grands pas de ce statut de « compagnon ». Elle savoura cette danse. Elle comprenait tout à fait ce qu’il entendait par des danses multiples. Car pour elle aussi, le combat était dansé. Le combat, leurs étreintes le seraient. Somme toute, cet instant englobait tout cela. Elle laissa un soupir léger lui échapper, savourant réellement le contact chaud et réconfortant de Zane. Une danse lente et agréable. Ils étaient à la fois enchaînés l’un à l’autre, et portés par l’eau du lac. Elle aimait terriblement cet instant. Comme elle l’avait pensé, il était d’une tendresse toute autre que ce qu’elle avait connu. Elle se sentait protégée toute entière par cet homme… Il ne la mettrait pas à mal comme Daeniel l’eut fait, pour s’assurer qu’elle était bien à lui. Non, Zane n’était pas homme à danser un tango brutal… Zane était homme à protéger. Il était plus âgé d’une bonne poignée d’années que Daeniel, et cela, ce décalage expliquait sans doute la répugnance de l’homme à « brutaliser » ou contraindre Namibe à quoi que ce soit. Il serait constructif, très constructif, pour elle, elle en était persuadée.

Elle ne le lui dirait pas. Sans doute en raison de ce qui lui restait d’orgueil, mais Zane avait gagné plus d’une bataille, en quelques heures à peine. Il avait donné à Namibe un certain goût pour la douceur et le bien-être. Il avait réussi à faire reculer la maladie par une simple étreinte. Il avait réussi à l’attirer dans ce lac, à la faire « danser ». Il avait réussi à lui montrer que ce rêve n’en avait pas été un, et que Zane serait bel et bien l’homme capable de l’attirer à lui, de l’ancrer ici. Et il avait une place en elle, à ses côtés. Comment se ferait-il, autrement, que sa présence lui soit si naturelle ? Créature sensuelle, le corps de Namibe savait reconnaître celui qui s’accordait à sa nature. Rares avaient été ceux qui comme Zane n’avaient pas éveillé la moindre réticence au sein de l’organisme de l’alchimiste. Son cœur ne lui était pas octroyé, mais elle prenait, objectivement, goût à cet apaisement qu’il produisait. Elle prenait goût à sa chaleur, d’autant plus lorsqu’elle était naturelle, comme là, alors qu’il se contentait de la prendre dans ses bras, de prodiguer à son dos, à travers le tissu, des caresses plus appuyées à sa chair. Il n’y avait pas seulement du paternalisme ou l’envie de se « garder » mutuellement, dans leur jeu. Du moins Namibe y lisait-elle une certaine sensualité. Une sensualité plus ambiguë. Elle y prenait un certain plaisir, Syamoc ayant été des plus réservés, elle retrouvait un peu cette chaleur, ce malaise si agréable, pressée contre cet homme là. Il lui donnait envie de prolonger leur danse, de prolonger cette heure… La suite. Il lui donnait envie de… protéger. De protéger son corps. De les protéger tous les deux, en fait. Elle avait envie de savoir que celui qui lui faisait du bien, d’une simple étreinte, était là… A cette idée, elle frémit. Zane lui avait dit que lui aussi allait vers sa propre extinction. Elle y avait été insensible, avant. Peut-être parce qu’elle-même ne se voyait guère d’avenir long. Mais tout d’un coup, elle eut un peu peur. Que son corps se meure, c’était son histoire. En fin de compte, elle se devait sa mort. Mais que celui-ci, contre lequel elle se blottissait… Que ce dos que ses mains effleuraient, ruisselant de pluie… que cette chaleur ne s’éteigne, tout d’un coup. Cela lui parût inacceptable. Nouveau frisson. Elle le serra un peu plus fort, crispant ses épaules comme pour ne jamais lâcher l’homme. Elle…

Elle trouverait quelque chose. Pour eux deux. Namibe n’était pas un médecin, mais avait les clef pour œuvrer aussi bien que n’importe lequel des médecins. Ce qui lui manquait, pour en être un, était cette soif de santé. Cet altruisme. Mais pour Zane, et un peu pour elle… Elle serait capable de changer de perspective. De façon intime… Pour que jamais l’un des deux danseurs n’abandonne son cavalier. Elle sourit et éloigna son visage de celui de l’homme pour plonger un regard écarlate, tout à la fois doux et affirmé, dans celui de Zane.

Alors qu’ils s’immobilisèrent, sans pour autant se lâcher, elle sourit et leva une main vers le visage de l’homme pour l’effleurer, du bout des doigts, avant de descendre dans sous cou. Presque avec pudeur, elle la replaça entre eux deux, et sourit d’un air un peu plus léger. Ce qu’elle voulait faire ? En cet instant précis, elle ne savait pas du tout quoi faire de plus pour se sentir bien. Si étrange que cela puisse paraître, elle n’eut pas l’idée de pousser plus avant leur… étreinte. La situation s’y prêtait pourtant parfaitement. L’un contre l’autre. Tous deux à moitié dévêtus… encore que le peu de vêtement que Namibe portait était réduit à néant par la pluie et le lac. Achevant tout juste une danse des plus douces… Mais si la simple idée de le laisser lui échapper, là, lui semblait irrecevable, celle d’aller plus loin ne l’effleurait que légèrement. Alors, que lui répondre ?
Le temps de réfléchir, elle détacha ses yeux de ceux de Zane et, sans vraiment s’en rendre compte, effleura son torse du bout des doigts. Peut-être le chatouillait-elle, mais elle n’y prit pas garde. Elle s’appuyait un peu en arrière, sur les mains de l’homme. Tout à fait détendue dans ses bras, bien que tremblant toujours un peu…

Elle finit par prendre une petite inspiration, et lui demanda, d’une voix assez claire, bien que basse :
« Dis-moi plutôt… toi… quel est ce lieu où tu désirais m’emmener… » Elle fronça légèrement les sourcils et ajouta d’un air huppé, en se cambrant un peu plus pour se décoller de lui, sans pour autant se soustraire à leur étreinte… « Tu te souviens, tu disais que je serais tellement épuisée que tu m’y emmènerais ensuite pour que je me remette de mes émotions… »
Elle prit quelques instants, songeant à ce qu’elle venait de dire, avant de rire doucement. « Bon, j’admet que tu n’étais pas si éloigné que cela de la réalité… mais !... » Elle se tortilla un peu pour défaire l’étreinte de l’homme, saisissant les mains de celui-ci dans son dos pour s’en libérer, et s’éloigna de quelques coudées. Là, elle posa ses mains sur ses hanches, digne comme si elle était correctement vêtue, comme si elle n’avait pas tremblé comme une feuille l’instant d’avant… comme si… Comme si elle ne risquait pas de se soumettre à ce qui lui était antagoniste… Pour changer de vie.
En somme, elle se tenait face à lui comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Elle lui sourit, pleine de malice, et poursuivit la phrase laissée latente.
« … mais tu as sous-estimé mes capacités de récupérations ahaha » Et sur ce, elle l’arrosa généreusement, avant de faire un petit bond en arrière, avec un rire délicat. Elle était gonflée, de lui dire ça alors qu’il venait littéralement de la ramasser pour la remettre sur pieds… qu’il avait mit en œuvre son temps et sa tendresse pour la calmer… Sans Zane, elle ne se serait sans doute pas remise. Et pourtant elle avait encore l’aplomb de se targuer de sa remise en forme. Pleine d’insolence et de légèreté… Elle se sentait beaucoup mieux… et bien que joueur, bien que provocatrice, elle n’en adressait pas moins à Zane un regard d’une grande tendresse, le remerciant de ce qu’il venait de faire. Le ciel était chargé et la pluie tombait dru sur eux deux… d’autant plus maintenant qu’ils s’étaient séparés. Mais en dépit de cela, elle sentait toujours la chaleur, si tendre, de Zane. Comme si à présent qu’il était tissé, le lien qui les unissait ne devait plus trembler. Si ténu soit-il. Un nouvel éclat de rire, à nouveau elle arrosa l’homme, ce qui pouvait paraître futile étant donné l’importance de la pluie. Elle secoua un peu la tête, ses mèches d’argent se répartissant sur ses épaules de façon un peu fauve. Le provocant un peu plus encore, elle se pencha à avant, la chemise se décollant de son plexus solaire pour flotter, des gouttes d’eau se mêlant à celles de la pluie à la surface du lac. Elle lui tira même la langue, le couvant presque du regard.

Alors qu’allaient-ils faire ? Poursuivre leurs petites joutes, ici… ou bien découvrir ce lieu que Zane avait voulu lui montrer… ?
Bon, l’invitation de Namibe allait plutôt à la première proposition, mais Zane restait libre d’y répondre comme il l’entendait.

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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Mer 20 Juin - 23:36

A présent Namibe se laissait envelopper par sa chaleur et celle de leur danse. Il pouvait le ressentir de façon indéniable et retrouver cette attitude à son égard lui faisait un bien indescriptible. Encore que l’on aurait pu imager cela tel une paire d’ailes de lumière venant protéger un homme mourrant de froid. Oui, le dragonnier avait l’impression de revivre en ce moment et même s’il ne le montrait pas tellement par les mots, il le montrait sûrement davantage par ces gestes. En effet, chacun des allers et retours de ses mains dans le dos de l’alchimiste n’était que douceur mais aussi sensualité. Il connaissait chaque centimètre de sa peau qu’il avait à de nombreuses reprises embrassée ou caressé. Cette connaissance lui venait aussi de toutes ces nuits où il lui avait offert son flux vital à son insu. Bref, il connaissait parfaitement son corps mais aussi les souffrances qui s’en emparaient si souvent. Cette connaissance aurait été idéale s’il avait été médecin mais ses connaissances dans ce domaine étaient plus que restreintes. Bien sûr, il connaissait désormais beaucoup de choses sur les plantes mais il se restreignait finalement à une médecine douce, une médecine très douce même comme celle qu’il était en train de pratiquer dans une danse au goût d’étreinte.
Durant cette danse, il sentit distinctement ce frisson qui la parcoura et qui la fit resserrer son étreinte autour de lui. A quoi pouvait-elle penser ? Avait-elle peur de quelque chose ? Il l’ignorait mais ne changea aucun de ces gestes comme pour lui montrer que rien ne viendrait perturber leur danse. Soudain, elle les fit s’immobiliser et plongea son regard dans le sien tandis que l’une de ses mains se posa sur son visage pour entamer une légère descente jusqu’à son torse alors qu’il venait de lui demander ce qu’elle voulait qu’ils fassent ensuite. Ce moment d’immobilisation était particulier car ce fut d’une certaine façon une sorte de battement qui aurait pu marquer le début d’une étreinte plus poussée. D’ailleurs, il en ressentait un peu la sensation alors que pour lui le bruit de la pluie s’était totalement effacée pour ne laisser place qu’au bruit de leurs expirations. Ces expirations de chaleurs il pouvait les ressentir sur sa peau nue. Quand l’une d’elle venait mourir sur l‘une des parcelles de sa peau, les autres semblaient tétanisées par le froid de cette absence. Alors oui, à cet instant il s’était imaginé contre elle pour calmer totalement ce froid et il ne put chasser ce désir de son esprit même s’il ne voulait pas y céder aussi vite. Il fallut donc attendre qu’elle ne prenne la parole pour que cet instant s’éloigne.
En prenant la parole, elle redevint une jeune femme ne pouvant tenir en place. D’ailleurs, ceci le fit sourire quelque peu. Il comprit que l’instant de l’étreinte devait se terminer notamment pour que les choses n’aillent pas plus loin mais aussi car Namibe ne pouvait pleinement s’y réfugier encore. Il fallait laisser du temps aux choses et même s’il lui en manquait, Zane accorderait tout le temps nécessaire à la jeune femme. Pour le moment, elle lui rappela ce qu’il lui avait dit précédemment. En effet, il devait reconnaître que les derniers événements lui avaient totalement fait oublier qu’il voulait l’emmener dans un lieu qu’il lui tenait encore secret. En tout cas, elle n’avait pas oublié et elle se tenait désormais presque triomphante face à lui comme si tout ce qui l’avait fait souffrir s’était miraculeusement envolé.


* Tu es si belle quand tu es comme ça Namibe. T’en rends-tu seulement compte ? Je sais parfaitement que tu es encore épuisée et probablement que tu as été quelque peu mal à l’aise par ce nouveau lien entre nous et pour cacher cela tu joues telle une enfant. Je crois bien que je ne me lasserai jamais de te voir ainsi. * pensa-t-il en la regardant avec un regard brillant jusqu’à ce qu’il reçoive l’eau qu’elle lui envoyait en plein visage.

Ses pensées l’avaient empêché de tenter toute esquive mais cela ne l’empêcha pas de sourire au jeu de sa partenaire. D’ailleurs il aurait aimé lui répondre mais avant cela il confirma qu’il l’emmènerait bien dans ce lieu auquel elle avait fait allusion.

- « Très bien nous nous rendrons dans ce lieu mais avant cela permets-tu que je me rhabille un peu ? » dit-il en souriant.

Là, il se prit une nouvelle déferlante d’eau made in Namibe dans le visage et alors qu’il aurait voulu lui répondre il fut stoppé par une nouvelle provocation peut-être pas totalement voulu. En effet, l’alchimiste se penchait désormais dans l’eau dans une position qui pouvait laisser entrevoir certaines parties du haut de son corps. Il se permit alors un léger regard lubrique avant que cette fois-ci ce ne soit Hakouryo qui vienne voler au ras de l’eau devant lui pour l’éclabousser à son tour. Futé, le petit reptile avait tout observé de manière discrète et avait profité de l’écart de conduite de son maître pour faire son retour de manière remarqué dira-t-on.
Faussement furieux, Zane s’en prit quelque peu à son dragon.


- « Je savais bien que tu aurais mieux fait de rester dans la maison, tu viens de me priver du plus beau des spectacles. » dit-il avant de comprendre son erreur.

A ce moment, il regarda Namibe et craint qu’elle ne le frappe. Enfin, tout cela n’était qu’un petit jeu pour la faire rire, pour lui montrer qu’il ferait tout pour chasser ses peurs, ses soucis. Et puis il ne serait pas seul dans cette tâche puisque le petit dragon blanc était également très attaché à la jeune femme à qui il envoyait désormais de l’eau grâce aux mouvements de sa queue tandis que son maître nageait au loin pour se cacher de l’éventuelle fureur de la jeune femme. Une fois au loin, il pencha la tête au niveau de l’eau qui prit alors une teinte rouge sang… Une nouvelle crise, voilà ce qu’il venait de subir et son fidèle compagnon l’avait très bien compris après lui avoir une première fois envoyé de l’eau. Tous deux s’étaient donc livrés à une parfaite mise en scène pour tromper Namibe afin que cette journée ne soit pas gâchée par ce qui le rongeait.

* Que ferais-je sans toi Hakouryo ? Merci mon ami. * dit-il en reprenant son souffle très saccadé et en essuyant sa bouche.

Rester éloigné serait évoquer les soupçons donc le gardien ne mit que peu de temps à revenir auprès du dragon qui s’employait toujours à distraire celle qu’il considérait un peu comme sa maîtresse finalement. Là, il s’adressa directement à elle.

- « Hum… je crois qu’après tout malentendu il faut repartir sur de bonnes bases c’est pourquoi nous devons marcher pour nous changer les idées. D’ailleurs, la pluie commence à s’arrêter, c’est bon signe non ? » dit-il de manière peu cohérente tout en étant gêné.

Sortant de l’eau, il se rendit directement vers ses vêtements laissés en dessous d’un arbre. Ils étaient un peu humides mais il pourrait tout de même les mettre. Ce qu’il fit d’ailleurs avant de dévoiler enfin leur destination à Namibe.

- « Le soleil refait son apparition et je pense que ses rayons nous sécheront partiellement pendant la route. Une fois arrivés, nous pourrons allumer un feu pour mieux nous réchauffer et manger un peu. De toute façon la Tour de Verre sera un endroit idéal pour ça. C’est d’ailleurs à cet endroit que je réunirai bientôt les gardiens qui accepteront de me rejoindre pour tenter de changer le cours des choses. » lui dit-il en souriant.

Dans sa nouvelle vie, ce lieu aurait une très grande importance car c’est entre autre là qu’il formera ceux qui changeront le destin du monde. C’est là qu’il réunira les gardiens d’Ynis Witrin et il voulait montrer cela à celle qui compte le plus pour lui. Il voulait lui faire partager les espoirs de ce lieu ainsi que les siens. Cette journée sera donc définitivement placée sous le signe d’une nouvelle vie que ce soit pour lui, pour elle, pour eux.
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MessageSujet: Re: Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]   Jeu 21 Juin - 11:13

Attendant les réponses de Zane avant de l’arroser, elle saisit subrepticement le regard de l’homme qui semblait ému… Que produisait chez lui cette réaction ? A vrai dire, le côté puéril de Namibe n’était ce qui, à son sens, pourrait amener en Zane une sensation adoucie, comme celle de retrouver… son passé perdu. Namibe avait le même regard lorsqu’elle allait s’asseoir seule au cœur d’un camp tout entier recouvert de neige. Il était si calme qu’il avait été tentant de l’arroser ainsi. Sans doute parce qu’elle le poussait dans ses retranchements. Elle voulait le pousser à s’alléger. Elle ne doutait pas que chaque mouvement, si ténu soit-il, chaque regard qu’elle poserait sur lui… Elle savait que tout lui rappellerait quelque chose, et provoquerait en lui un regain de nostalgie. C’était sans doute pour cela qu’elle l’avait arrosé, pour le ramener à elle. C’était la réaction d’un enfant, mais à ses yeux ça restait plutôt efficace. Il voulait se rhabiller ? Très bien. Elle lui répondit à sa manière avant de rire doucement et de se pencher histoire de le narguer. Elle se laissait très rarement aller à ce genre de comportement. Mais en cet instant là, ça lui semblait naturel. Et très agréable, surtout.
La jeune femme soupira, avant de saisir à nouveau un regard, torve celui-là de son compagnon. Elle le suivit jusqu’à l’intérieur de sa chemise, et se redressa lentement, un sourire finaud sur les lèvres, qui n’annonçait rien de bon, lorsqu’elle fut doublée par la comète qu’elle avait totalement oubliée. Elle suivit le vol du dragon qui laissa un Zane détrempé qui s’éloigna. Le reptile accrocha son regard. Elle était décidément toujours captivée par l’animal. Il lui donnait l’impression de découvrir une partie d’elle-même sous un autre jour. En fait, Hakouryo… Hakouryo était ce qu’elle aurait aimé pouvoir être. Namibe était un dragon, quoi qu’elle en dise quoi qu’elle fasse. Elle avait le sang de son père, qui avait le sang de ses aïeux et parmi eux les légendaires reptiles… Elle avait leur pouvoir, la pyromancie… Mais elle n’avait jamais eu le droit de se plonger dans la neige avec plaisir. Hakouryo, lui… Il était ce dragon blanc, celui dont elle aurait voulu endosser la tenue. Libéré du noir et du rouge de ses congénères. Peut-être aurait-elle pu être un assassin blanc, dans ses conditions, et n’en aimer pas moins son essence. Elle n’aurait ainsi plus de conflit au sein même de son organisme. Elle aurait des égards, un peu plus d’attachement pour son corps. Elle n’en serait pas à compter les années qui lui restaient.

Elle s’était un peu perdue dans ses pensées, alors que son regard suivait le ballet aérien de l’animal. Zane l’en sortit en lui adressant la parole. Elle secoua la tête et reporta son regard sur lui, il était étrange. Oui, il y avait quelque chose d’étrange en lui. Mais il masquait très bien ce dont il s’agissait, aussi se contenta-t-elle d’un sourire troublé. Quel besoin avaient-ils de reprendre sur de bonnes bases ? Aux yeux de Namibe, celles qu’ils venaient, l’espace d’un combat, puis d’une « danse », étaient tout à fait bonnes à prendre. L’alchimiste lui sourit et balaya l’air d’un revers de main, lui signifiant qu’il n’y avait pas de problème. Son côté gamin, bien que toujours latent, avait eu le temps de se calmer, alors qu’elle observait le dragon, aussi se replongea-t-elle dans son mutisme à la fois attentif et, à présent, plein de considération. Elle le regarda sortir avec un petit sourire en coin, et ne sortit à son tour que lorsqu’il eut fini.
Il se remit à lui parler, lui révéla, alors qu’elle sortait de l’eau, trempée jusqu’aux os, l’endroit où ils se rendraient. La tour de verre… Oui, Namibe en avait entendu parler. A sa connaissance cette tour, postée sur le continent, était désaffectée. Elle n’avait pas eu le loisir d’y pénétrer. Alors elle deviendrait le « fief » des gardiens ? C’était une très bonne idée. Nettement moins austère que la Guilde, ce qui était somme toute naturel. Par nature, les Gardiens étaient moins austères que les chevaucheurs. La guilde de Namibe n’était qu’assassins déchus, voleurs repentis, combattants de l’ombre et anciens mercenaires. Ils n’étaient pas pourvus de cet esprit chevaleresque qu’avaient les gardiens. Un fossé entre eux. Namibe et Zane l’enjambaient, plus ou moins timidement. Mais s’ils arrivaient à danser l’un avec l’autre, les armes à la main comme démunis, ils n’en restaient pas moins très différents. L’alchimiste fut éclairée d’un sourire éclatant, avant de répondre d’une voix adoucie :
« Oui, je serais très heureuse de t’y accompagner » Elle ferma les yeux en signe d’assentiment, puis acheva le chemin qu’il lui restait à faire jusqu’à ses vêtements pour les saisir. « Si tu permets… » Elle lui adressa un léger sourire, puis enfila ses chausses à la va-vite avant de se tourner dos à lui. Elle ôta sa chemise gorgée d’eau, la conservant sur sa poitrine, ses cheveux regroupés devant son épaule. Dans cet appareil, elle plia ses jambes fines, et saisit le corset pour le mettre, sans rien dessous. Ca n’était certes pas très confortable, ni tellement la tenue d’une jeune femme de bonne vie, mais c’était le seul moyen de ne pas se retrouver trempée en moins de temps qu’il ne le fallait pour le dire. Les reflets d’améthyste de la pièce de cuir et d’étoffe juraient avec la chair d’ivoire de la jeune femme. Celle-ci, une fois toutes les attaches du corset refermée sur sa poitrine, se retourna vers l’homme, plia la chemise et, très rapidement, fut tout contre lui pour… essorer la chemise au-dessus de sa tête.
Elle recula vivement avec un
« A-ha » triomphateur, et, comme tout geste a son explication, ajouta d’une voix légère « C’était juste histoire de vous refroidir un peu, Ser » Et sur ce elle lui fit un clin d’œil, montrant qu’en réalité elle en avait simplement eu envie, et ne lui tenait pas rigueur de son coup d’œil lubrique –il avait du, après tout, en voir bien plus dans son passé. La chemise à présent délestée d’une bonne partie de son eau sous le bras, ses bottes à la main, elle revint auprès de lui, trépigna un instant, puis se mit à marcher en direction du chemin qu’ils avaient emprunté pour arriver là.
Elle fit deux pas à reculons pour lui faire face, et lui dit avec douceur
« Laisse-moi juste passer chez moi pour me changer. On ne sait pas ce qui peut se passer sur le continent… Je n’ai pas envie de m’y aventurer dans une telle tenue » Elle ajouta sur cela un sourire interrogateur, puis laissa un léger soupir lui échapper et l’invita à lui emboîter le pas.

Qu’il la conduise là bas signifiait sans nul doute beaucoup de choses pour Zane, elle ne l’ignorait pas. Aussi était-elle honorée qu’il veuille l’y conduire. Après tout, elle n’avait pas vraiment sa place là bas. Il n’était en rien contraint de la mêler à ce qu’il voulait faire… Mais il le voulait, lui assurant pas là même qu’elle aurait bien une place aux côtés de Zane. Lui assurant aussi, quelque part, que si elle n’arrivait pas à s’ancrer en Ynis, elle arriverait néanmoins à s’ancrer… A ses côtés. Un sourire absent effleura ses lèvres, celles-ci, l’espace d’un instant, se dirent qu’après tout… Celles de Zane pouvaient bien les attacher à une nouvelle existence, la rendant même… douce. Non, elles ne se le disaient plus.

En fait, elles le savaient déjà.

Elle ferma les yeux soupira une nouvelle fois puis, presque à regret, lui tourna le dos et s’en fut entre les buissons.

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Entraînement sur les berges du Lac [ reservé à Namibe ]
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