Syham Fijeh Humain *Fleuriste*

 Nombre de messages: 68 Age: 21 Date d'inscription: 18/06/2006
 | Sujet: Par une nuit pailletée... Mar 24 Avr - 1:49 | |
| Deux éclats d’émeraudes tachés du sang de la flamme.
Une nuit pailletée d’étoiles.
Fumée qui s’échappe, parfum qui enivre, noir qui réchauffe, que l’on savoure. Café.
La chaleur d’une tasse blottie dans sa main, son regard perdu vaguement dans une danse rougeoyante. Syham.
Soudain, auprès du feu apparaît un papillon. Petit papillon caché dans la nuit. Un petit papillon lourd de sang…
Un village en ruine. Maisons brûlées, maison écroulées. Un être s'y promène. Son regard étoilé va çà et là, se pose par endroit. Les sons qui assourdissaient quelques temps auparavant se sont tus. Le silence prend place peu à peu. La nuit reprend ses droit, imposant un respect silencieux. L’air est encore noirci par l’odeur des cendres et du feu qui dévore tout ce qu’il croise. Calme.
Un être se promène. Il sait ce qui s’est passé. Il a vu ce qui s’est passé. Il a fait ce qui s’est passé.
Ruines éteintes…flammes éteintes… morts éteints… silence.
Les paillettes étoilées réapparaissent. Elles étaient masquées de rouge. Dans le noir elle peuvent briller à nouveau.
Un être se promène.
Une autre forme tremblante sort timidement du noir. Elle s’approche de l’être. Elle laisse derrière elle des éclats de lumière."Bonsoir. Que fais-tu ici, tout seul ? "Les pleurs étouffent la voix. Les pleurs font briller les yeux. Emeraudes et saphirs."Viens ! Je vais m’occuper de toi "L’être prend le jeune enfant dans ses bras. Il quitte les ruines. Il quitte le calme des ruines pour retrouver le crépitement de son feu de camp.
Il assoit l’enfant sur un coussin. Un linge blanc, de l’eau. Enlever la saleté, les pleurs, la suie, la cendre, le sang.
Laver, changer. Remplir le petit estomac tout retourné par les larmes.
Le jeune enfant est face au feu. Propre. Vêtements propres. Trop grands, mais frais, doux. Estomac rempli. Pleurs atténués, larmes séchées.
Rapidement l’enfant s’endort. Fatigué par les cris, les larmes, les morts. Un enfant ne devrais jamais avoir à vivre ça… L’être l’observe. Le silence n’est brisé que par le crépitement rouge. Le souffle des respirations est doux et calme, presque inaudible.
L’être observe le jeune enfant. Dans ses yeux dansent les flammes. Un sourire se dessine.
Il se lève. Aucun bruit. Un éclair dans la nuit. Coupure argentée dans le noir.
Il s’approche silencieusement de l’enfant. Il dort profondément. Il dort comme le font les enfants, si paisiblement, si sereinement.
L’être s’accroupit.
La coupure d’argent s’enfonce dans un blanc plein de vie. L’éclair disparaît dans une vie si fragile.
Le cœur transpercé. S’arrête. Les yeux ne se sont pas ouverts. Quelques battements. Blanc assombri. C’est fini.
Il n’y a pas eu un cri. Pas un bruit. La lame s’est enfoncée en douceur. Rapidement le petit cœur a arrêté de se battre.
La coupure d’argent réapparaît. Tache rouge.
Le petit papillon apparaît. Noir sur rouge sur l’argent de la lame. Avidité. La lame est posée sur le corps immobile.
L’être se lève. Va faire le feu. Une cafetière, une tasse. Se sert.
L’être s’assoit et pose ses yeux emplit d'une poussière humide dans la danse des flammes.
Deux éclats d’émeraudes tachés du sang de la flamme._________________  |
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