
Âmes de toute etnies, hommes et femmes venus de tous pays... Rejoignez l'île magique d'Ynis Witrin...... |
| | Malsaine fraternité ?[Namibe] | |
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| Auteur | Message |
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Namibe Stark Humaine *Mercenaire*

   Age : 19 Inscrit le : 27 Mai 2006 Messages : 1000 Localisation : The Land of Mist and Snow Rang : Mercenaire, Commerçante Race : Humaine
 | Sujet: Re: Malsaine fraternité ?[Namibe] Mar 20 Nov - 16:39 | |
| "Mais tu n'es pas femme à te laisser dominer de la sorte, hein, Leadeur?"
Quelle farce grandiose. Non Namibe n'était pas femme à être dominée. Du moins pas par autrui. Elle était femme à s'offrir, femme à faire don d'elle-même aux personnes qui en valaient la peine à ses yeux. Elle était femme à se sacrifier, femme à combattre. Elle était femme à tuer et femme à se relever de tout... Elle se relèverait encore de ce qui la dévorait de l'intérieur, mais pour combien de temps encore ? Namibe n'était femme à être dominée que par elle-même. Ses limites étaient celles que son corps lui imposait, car dans ces moments là, elle avait l'impression de sentir des parcelles de son âmes s'enfuir avec le sang qu'elle crachait. Son esprit intrépide l'aurait convaincue de s'envoler du haut d'une falaise, si son corps n'aurait pas risqué de s'y briser... Et son regard, qui était sans doute la seule véritable expression de ceci, ce regard droit, fort, hurlait alors sa rage avec puissance. La rage, la honte d'un regard qui ne tolère pas cette faiblesse corporelle pour un être tel qu'elle. Tomber à genoux, de faiblesse, devant son chef, était la plus misérable déchéance qu'une âme de Guilde puisse endurer. C'est à peine si elle sentit les bras de Dan la soutenir. A présent, ça lui était égal. Mieux valait occulter le temps de la crise la présence de l'homme... Nulle caresse n'aurait su embaumer cet organisme qui se punissait davantage chaque jour. Le cri de son chef, lui, lui vrilla les tympans, si bien qu'elle ne pu que gémir, entre deux quintes, secouée par la violence de la crise. Des larmes de douleurs luisaient sous ses sourcils froncés. Et c'est ainsi, elle prostrée, lui impuissant, que les secondes passèrent, durant lesquelles la toux se calma tant bien que mal.
Sa faiblesse, elle la lui avoua, la respiration sifflante, la voix étranglée. Que lui arrivait-il ? Hors de question de répondre à la question, la jeune femme avait suffisamment honte sans cela. Un spectre de quinte la fit tressaillir une dernière fois, avant qu'elle ne s'aide des bras de son chef pour se redresser un minimum. Cambrée, toujours à genoux face à un Dan qui l'étreignit en lui susurrant des mots réconfortant, elle garda les yeux grands ouverts. Finalement, elle se dégagea de l'étreinte, cherchant à récupérer un peu d'air... Obb ne s'était pas manifesté durant la crise, cela l'étonnait assez d'ailleurs, il ne semblait pas y accorder de réelle importance. Du moins jusque là. La jeune femme laissa couler un regard vague en direction du reptile dont la tête oscillait à présent à la manière d'un serpent charmé de ces marchés orientaux. Elle inclina la têtet en sa direction, puis reporta son attention sur Dan. L'homme voulait l'aider ? Elle eut un rire aigre, sarcastique. L'agressivité du rire n'était pas adressée au Chevaucheur, mais à elle-même. "Pourrais-tu m'aider à me combattre moi-même ?" Son regard était sombre, sa voix faible.
Il lui fallait faire quelque chose, absolument, pour remédier à cette situation... C'est alors que se déclara à nouveau la voix rugueuse de l'âme qui se plaisait tant à violer la sienne. Les temps encore vrillées par l'intrusion imprévue du Coursier, l'alchimiste posa une main sur son oreille en crissant des dents. Elle était affaiblie, après les crises, et le choc de leurs esprits lui était toujours terriblement douloureux. "TU PERDS DU TEMPS" susurra le reptile. "TU T'EGARES, CET HOMME NE TE GUERIRA PAS" Elle ferma les yeux une seconde puis se tourna, de profil au reptile, comme pour l'écouter plus attentivement. Mais alors, comment guérirais-je cela ? songea-t-elle. "TU DOIS TUER TON MAL A LA SOURCE... TUE CE QUI DOIT MOURIR... TON PASSE." Elle était étonnée de constater à quel point le reptile avait pu se promener dans son esprit. Au cas où le message n'avait pas été assez clair, il projeta dans son esprit une scène qu'elle avait crue profondément enfouie dans sa mémoire....
...
"Amenez-la moi." dit l'homme d'un ton sec. Ses épaules, larges, étaient ornées de ses cheveux d'un blanc lumineux. Face à une fenêtre gigantesque, il se tenait droit, se tenant les mains dans le dos. Il n'était pas en tenue d'apparat, et ne portait qu'une chemise sombre. En tenue de combat, semblerait-il. Cet homme là avait la stature de Dan, s'il n'était pas plus imposant encore. Ses hommes s'inclinèrent et rebroussèrent chemin. Lorsque la porte se rouvrit, il poussèrent avec violence une jeune femme dans la pièce. Elle tomba à genoux, son visage au raz-du-sol masqué par une cascade de cheveux platines, rougis par du sang, ci et là. Elle avait les mains liées dans son dos. Sur elle aussi, du sang luisant. La tunique d'un blanc pur qu'elle portait était déchirée par endroit, et ses omoplates saillantes étaient agitées par une respiration précipitée. Essoufflée, Namibe redressa un visage plein de rage, et marqué par un combat acharné, vers l'homme qui ne s'était pas tourné pour l'accueillir. Sa pommette droite était, non pas bleuie, mais en sang, ainsi que son arcade. Elle avait du sang aux commissures de ses lèvres. Mais surtout, elle semblait plus jeune de deux ou trois ans. Avec un rugissement, elle tenta de se lever à l'aide seule de ses jambes, mais celles-ci étaient trop faibles et, aidée par un nouveau coup qui lui vint des hommes d'arme, elle tomba à une coudée de là où elle avait été jetée avant. C'est alors que l'homme massif fit volte face.
Ses cheveux blancs et raides, soigneusement coupés, contrairement à ceux de l'alchimiste, encadraient un visage noble, altier. Ses traits étaient ciselés et gracieux, bien qu'également sévères et durs. De traits à inspirer le respect. Pas à tout le monde. Avec un nouveau rugissement, la jeune femme se démena pour se relever, les yeux pleins de rage. L'homme fit signe à ses hommes de la relever, et ceux-ci s'exécutèrent d'une poigne puissante. La jeune femme pendait lamentablement entre eux. Epuisée, elle laissa sa tête ballotter en avant un instant, ses cheveux servant de pendule à sa fatigue, puis la redressa. "Tes hommes m'ont cognée comme une bande de soudards" L'homme, ses yeux écarlates froids comme du marbre, la toisa avec un fond de mépris. "Il se méfient de toi, et ont raison. - Laisse-moi partir !" le glapissement de la jeune femme avait ressemblé au cri d'un renard en cage. Car c'était bien ce qu'elle était. Les poules avaient ligoté le renard, et l'exhibaient fièrement au reste de la basse-cour. Jamais elle ne se laisserait exhiber. "Tu resteras ici, jusqu'à ce qu'enfin tu sois devenue raisonnable. - Jamais, tu entends ?! Jamais ! Toi et des maudits ambassadeurs, allez vous faire foutre ! - Tu es une Stark, Namibe. Tu es ma fille. Je ne te laisse pas le choix, la succession te reviendra, que tu le veuille ou non. Tu t'y feras. - C'est hors de question ! Je ne suis plus ta fille, je suis la fille de notre Cité ! Je suis la fille de la pierre ! - Tu es mon héritière !" La voix puissante de l'homme avait tonné comme le vrombissement de l'éclair, calmant sur le champ la fureur de la jeune femme. Elle déglutit, craintive. Elle savait parfaitement que si ces hommes, à cinq ou six, avaient fini par l'immobiliser, au terme d'une lutte acharnée, cet homme-ci n'aurait besoin que d'une seconde pour la briser en deux. Elle trouva cependant le venin nécessaire en elle pour lui rétorquer, avec un regard mauvais : "Je ne suis pas ton héritière... Je suis l'héritière de générations et de générations d'alchimiste. Je suis l'héritière de la Mort, je suis l'héritière de la pierre..." Il l'intima au silence d'un geste de la main. Ses hommes, en réponse, lui flanquèrent dans le ventre un coup qui lui coup ale souffle et manqua de la faire tomber. Ils la redressèrent ensuite de force. Elle trouva encore la force de redresser son visage, crachant un peu de sang. Durant de longues secondes, les deux regards si semblables se défièrent l'un l'autre. Elle reprit finalement la parole d'une voix étranglée. "Je te tuerais. Un jour, je te tuerais de mes mains, père"
...
Le souvenir s'arrêta là. Elle avait finalement pris, le lendemain, la poudre d'escampette en fuguant par les toits, comme toujours. Personne n'avait jamais été capable de saisir le renard lorsqu'il foulait les tuiles verglacées à toute allure. Que voulait donc lui dire Obb ? La jeune femme plissa les yeux, puis observa Dan. Sur le visage de son supérieur, elle lisait une anxiété telle qu'elle en fut mal à l'aise. Elle prit appuis sur les épaules de celui-ci puor se lever, puis tituba en arrière sur un pas ou deux. Sans le lâcher du regard, elle essuya le sang d'un revers de main. Elle avait compris.
"Dan. Je dois partir" Elle fronça les sourcils. Elle découvrait cette vérité en même temps que lui, elle comprenait à peine. "Je dois quitter Ynis quelque temps...." ajouta-t-elle, le regard vague. Il lui fallait faire la peau à cette ordure qui portait son nom. Tout était de sa faute. La fin de la Guilde Blanche, la fin de l'alchimiste... La fin de tout ce qu'elle était. Elle devait tuer l'homme, pour tuer son mal... tuer son passé. L'assassin devait jouer sa dernière scène de façon noble, avec honneur... Tout l'honneur dont il serait capable. L'assassin Blanc, Namibe Stark. _________________

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|  | | Dan Ryu Humain: *Chef de la Guilde des Chevaucheurs d'Ombre*

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 | Sujet: Re: Malsaine fraternité ?[Namibe] Jeu 22 Nov - 1:20 | |
| La crise de Namibe se termina d'elle même laissant la jeune femme le corps faible. Dan ne pouvait que la soutenir et la regarder dans sa souffrance. Il capta le regard farouche de l'alchimiste, comme en colère contre sa propre douleur. Dan ne la comprenait que trop bien, lui même si souvent à se rebeller quand son corps ne voulait plus suivre, à tout de même forcer jusque s'écrouler. Namibe devait se sentir... trahit par son propre corps. Dan pensa un moment à faire appeler un médecin. Il n'avait encore jamais eu à se soigner sur Ynis mais il connaissait comme tout le monde la Maison de vie. Peut-être fallait-il faire venir quelqu'un, ou même y emmener Namibe? Mais quelque chose lui disait non, que ça ne servirait à rien. Namibe était alchimiste, elle se servait de son propre corps comme d'une arme, usant de son sang pour fabriquer ses poisons, s'immunisant à tant d'autres... Elle savait sûrement ce qu'il se passait. L'expression sur le visage de la jeune femme le lui disait. Et la phrase qu'elle ajouta aussi.
"Te combattre toi? Contre ce que tu t'infliges?" Il eut un sourire forcé. "J'ai déjà du mal à te faire faire quelque chose quand tu n'es pas d'accord, alors t'empêcher de te faire du mal toi-même... Je ne suis qu'un homme, avec les faiblesses qu'il m'en incombe."
Le regard de Namibe fut vide un instant... hanté par quelque chose. Elle aussi avait un passé troublé et Dan connaissait ces moments de flashback. Parfois il en était victime, ces moments où des choses vous reviennent comme trop longtemps enfouies, s'imposant dans votre esprit sans invitation aucune. Il ne fit que l'observer, attendre que cela passe. Il l'aida à se relever, poussant de ses mains sous les petits coudes de la jeune femme. Quand elle s'éloigna d'un pas, il eut comme un regret, comme une envie de combler ce vide. Pourtant il comprenait: elle avait quelque chose à lui dire, sur un ton officiel. Une crainte apparut dans l'esprit du Maître de la Guilde. Maintenant qu'elle était si proche, il avait peur de la perdre. Et ce fut comme une cascade d'eau froide, plongé dans le vide... Elle partait... seulement un moment, mais elle partait... Il se sentit mal un moment, son coeur étreint par une poigne de fer invisible. Puis ses réflexes de supérieur prirent le dessus sur ses émotions. Il appela le vide dans son esprit, pouvoir réfléchir plus clairement. Il la contempla un moment des yeux et su ce qu'il vit.
"L'alchimiste blanche hein? J'aimerais avoir moi aussi un passé à affronter, mais il se cache lâchement de ma lame vengeresse... "
D'un geste vif, il retira quelque chose d'un replis de son pantalon.Un éclat à la lumière. Une lame de dague, sans manche, plus transparente que du verre. Une lame de la longueur d'une main, plus aiguisée qu'un rasoir et laissant passer la lumière a travers elle en la déviant si peu qu'elle paraissait invisible. Il la fit virevolter un instant dans sa main dans sa grande expertise des armes avant de la tendre, pointe tendue vers lui en direction de l'assassin. Aussi fine qu'une feuille cette dague. Jamais Dan ne l'avait encore dégainée sur l'île.
"Prend ceci, je te prit. C'est ce qu'on appelle chez moi une lame de dernier recour. En combat elle est bien trop petite mais elle est très discrète et très solide. Incassable en fait. Je ne sais pas en quoi elle est faite mais... je ne connais personne qui puisse la reproduire. Elle m'est précieuse, tu reviendras donc me la rendre. Et c'est un ordre. Tu es Mon arme, et je te donne l'ordre de revenir en vie. "
Finissant ses mots, il parcourra en un instant le peu de distance qui les séparait pour voler un baiser au goût d'hémoglobine à l'assassin blanc. _________________
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|  | | Namibe Stark Humaine *Mercenaire*

   Age : 19 Inscrit le : 27 Mai 2006 Messages : 1000 Localisation : The Land of Mist and Snow Rang : Mercenaire, Commerçante Race : Humaine
 | Sujet: Re: Malsaine fraternité ?[Namibe] Jeu 22 Nov - 18:42 | |
| Elle avait compris. Sa vie ne lui importait plus, mais elle se sentait néanmoins le devoir de faire quelque chose. L'impuissance était une chose dont elle s'était sérieusement lassée. Sa vie ne devait plus défiler sous ses yeux impuissants ainsi. Elle devait prendre les choses en main, elle devait finir ce qui aurait du être commencé. Elle devait tuer la force. Elle devait tuer un fardeau sur ses épaules, laisser les âmes de ses frères s'envoler de son coeur. Les libérer, leur offrir leur petite part d'honneur en tuant celle de l'homme responsable de leur destruction.
Elle avait longtemps pensé, sitôt quittée sa Cité, qu'elle était responsable, d'une manière ou d'une autre, de la mort de ses frères d'armes. Parce que c'était son nom qui ornait les brassards des pourritures qui s'étaient attaquées à la Guilde. Des hommes portés par une peur sans nom. La peur de la force de créatures de l'ombre. La peur qui conduit à des lâchetés sans nom. Quoi de mieux qu'un peu de fumée et que l'Aube pour déterrer les taupes ? La jeune femme devait laver l'affront pour mieux l'oublier. Elle n'avait pas l'intention de le laver pacifiquement. Le sang répondrait au sang. Elle l'avait dit à son chef, ignorant quelle allait être sa réaction, et fut soulagée de l'entendre dire, en dépit du regard éloquent qu'il posa sur elle de prime abord, les mots qu'il prononça. Son attitude avait perdu son caractère intime, exposé, pour redevenir celle d'un chef de Guilde, Namibe tint aussi bien qu'elle le pu la dragée, peinant toujours à tenir debout en dépit de ses efforts.
Ses yeux dont le rouge reprenait peu à peu de sa vigueur s'attachèrent aux mains de son chef, si imposantes, qui allèrent chercher dans les replis de son pantalon un objet qui attira son attention. Son regard acéré le détailla sans mal, mais elle en admirait la facture qui était d'admirable qualité, ainsi que la discrétion étonnante de la lame. Lorsque l'homme la tendit, la lame vers lui, en sa direction, elle fit un pas hésitant pour s'en saisir d'un geste faible. Elle le fit tourner entre ses doigts avec adresse alors que Dan poursuivait son énoncé. elle s'y était attendue. L'homme cherchait un moyen de s'assurer de son retour. Elle qui avait cru à un retour de son chef, démasquait une certaine crainte en dessous. Le fait, cependant, qu'il l'appelle "Mon arme", lui plu assez... Il avait fallu qu'ils se rapprochent pour que Dan lui confère la liberté d'être tout ce qu'elle pouvait être en ces terres. Après l'avoir fait virevolter une nouvelle fois, la jeune femme attacha la dague à sa ceinture.
Ne l'ayant pas vu venir, elle fut surprise par le baiser de Dan, si bien qu'un glapissement de surprise étouffé lui échappa. Il allait d'un rôle à l'autre sans arrêt, et la jeune femme ne savait plus à quoi s'en tenir. La fougue qu'il mettait dans son baiser montrait sa volonté d'un lien fort entre eux, ne serait-ce qu'un lien physique, un lien dû à leurs sensations. Cambrée, la jeune femme se laissa faire une fois encore. Il n'était pas prudent de partager un peu de son sang, étant donné la toxicité de celui-ci. Elle fronça les sourcils, puis, songeant que l'homme était robuste, et la quantité d'hémoglobine trop faible pour que cela ne soit dangereux pour Dan, elle répondit un instant à sa fougue, y mettant un peu du sien. Le contact du corps massif de l'homme lui faisait du bien, objectivement. Elle avait perdu, il y avait des mois de cela, cette chaleur toute particulière de relations au sein d'un groupe armé. Namibe n'avait jamais songé à cela avec les Chevaucheurs, parce qu'ils étaient bons, honnêtes. Mais cette fois, c'était pour la dernière mission de la Guilde Blanche qu'elle voulait se mettre en route. Et ce petit rappel des choses n'étaient pas superflu. L'homme ne l'embrassait sans doute pas pour cette raison là, mais elle prit ce qu'il lui offrait avec plaisir. Ce baiser avait beau avoir un sens radicalement différent pour l'un et l'autre, il était un baume au coeur des deux combattants. Finalement, Namibe détacha ses lèvres de celles de son chef, le souffle encore court. Elle appuya son front à la puissante poitrine du guerrier, et resta ainsi quelques instants.
"Je suis bien placée, et toi aussi, pour savoir que la Mort fauche sans se soucier des promesses que l'on se fait" elle releva un regard plein de force en sa direction. "Si je dois réchapper de la dernière mission de l'assassin blanc, alors oui, je reviendrais te rendre ton Arme" Ces mots avaient une signification ambiguë. De quelle arme s'agissait-il, Namibe ou la dague? La jeune femme ne prévoyait rien, rien au-delà de la mort de son géniteur. Qu'adviendrait-il d'elle à son retour ? Dan saisirait-il une dague, où posséderait-il également la porteuse de celle-ci ?
Elle s'éloigna de lui, titubant toujours. Obb, silencieux, s'était levé pour la soutenir. Le heurtant, à reculons, Namibe manqua de perdre l'équilibre. Le reptile à tête de serpent, d'une ondulation souple, la retint à l'aide de sa queue. Elle le remercia d'un regard, puis, la main sur l'échine du reptile, elle hocha la tête en direction de Dan. Les écailles crissant sur les dalles, Obb et sa maîtresse ne furent bientôt qu'une ombre vague, hybride, dans le tortueux couloir qui quittait le bureau de Dan Ryu....
...
"ALORS ?" Marchant à pas lents et mesurés, Namibe Stark quittait le profond bâtiment de la Guilde des Chevaucheurs. Elle ne répondit pas à la créature qui la soutenait, et se tourna en direction de la porte qu'elle venait de passer. Dans quel état était Dan, à l'intérieur? L'homme venait de bafouer son honneur pour une femme qu'il ne pouvait saisir pour l'heure. Sans doute aurait-elle dû culpabiliser... Elle avait tenté un être qui n'aurait pas dû l'être. Un être qu'elle devait quitter, quoi qu'il en coûte. Les sourcils froncés, elle fit alors face au reptile. "CET HOMME... DAN... NE T'EN OCCUPE PAS" La jeune femme plissa les yeux, puis répliqua mentalement : J'avais oublié ces sensations, créature. Sais-tu ce qu'est la chaleur d'un corps ardent de désir ? Pour toute réponse, un coup de fouet mental lui vrilla alors la tempe. Namibe manqua de s'effondrer pour la seconde fois. Obb la retint à nouveau à l'aide de sa queue. Elle lui envoya un sifflement rageur qui le fit rire. "LES HUMAINS SIFFLENT MAL" La langue du reptile venue lui effleurer le front, décala une mèche de ses cheveux livides. "LE DESIR ARDENT DETRUIT DES AMES... NE TE LAISSE PAS DETRUIRE. TU DOIS TUER" Carnassier Coursier, dangereux mangeur de chair. Elle aimait cet être impitoyable qui lui était lié, savourant quelque part la cruauté qu'il distillait dans son esprit. Redoutables. Dan ne s'était pas rendu compte de la nature de ces animaux. Namibe avait écopé du plus impressionnant... Avait-elle également écopé de celui qui lui ressemblait le plus ? Son ombre avait soif de sang... Marionnettiste obscur, il voulait s'en abreuver des mains même de sa Liée.
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Dernière édition par le Sam 15 Déc - 11:34, édité 1 fois |
|  | | Dan Ryu Humain: *Chef de la Guilde des Chevaucheurs d'Ombre*

 Inscrit le : 11 Mar 2006 Messages : 218 Localisation : Dans la propriété de sa Maîtresse Rang : Serviteur de Leïa Race : Humain
 | Sujet: Re: Malsaine fraternité ?[Namibe] Sam 15 Déc - 0:56 | |
| [Hrp: Post suivant les aventures de Mibe sur le Continent]
Lorsque l'aveuglant flash bleuté disparu, Dan, Shad et Namibe se trouvait dans le sous-sol du sombre bâtiment qui servait de quartier général à la Guilde. Tout était sombre, le système d'éclairage par un savant conduit remplie d'huile n'était activé que pour les cérémonies. Dans la salle de rassemblement régnait froid et silence, comme une atmosphère morbide. Mais Dan ne s'en formalisa pas. Il retira la cristal de sa chaire et se banda la main d'un mouvement ferme et rapide. Il n'y avait pas de temps à perdre mais il devait garder des précautions. Le moindre échange de sang avec Namibe pourrait avoir de fâcheuses conséquences. Il examina sans plus tarder Namibe. De nombreuses brûlures sur la peau émergée de ses vêtements, des cloques suintantes parfois percées... Elle était vraiment dans un piteux état. D'une pensée de Dan, Shad se mit à se déplacer à une vitesse folle dans les couloirs se servant des ombres présentes et de sa connaissance des lieux. Elle déposa Dan et sa protégée à l'entrée de l'une des chambres à disposition des Chevaucheurs. Quelques un avaient vu filer la créature, d'autres virent leur Maître portant la Leader, le regard farouche. Ils ne posèrent aucune question. Ce qui devait être dit le serait. Dan seul devait en décider. Il interpella un des novices d'une voix puissante et intimidante, lui ordonnant de lui apporter la trousse de soins qu'il gardait dans son bureau ainsi que des langes propres et de l'eau chaude. Il posa la poupée de chiffon blanc sur le lit rudimentaire et lui écarta une mèche de cheveux du visage dans une caresse. Il commença à dégrafer les vêtements de Namibe pour l'aider à mieux respirer et découvrit d'autres brûlures. Grimaçant, il se demandait quelle fournaise elle avait pu affronter pour revenir dans un tel état. Le novice frappa à la porte, moitié respectueux moitié craintif, et tendit à Dan ce qu'il lui avait demander. Il le remercia d'une tape sur l'épaule et d'un regard paternel avant de fermer la porte. Nul besoin de témoin pour ce qui allait suivre. Il approcha du visage de Namibe et lui chuchota à l'oreille.
"Je m'excuse par avance pour ce qui va suivre. J'eu préféré te découvrir ainsi dans d'autres circonstances. Mais je dois te soigner et les blessures n'ont aucune idée de ce qu'est la bienséance. Tu vas avoir mal, pourtant je te promet toute ma douceur..."
Il déposa sur les lèvres de Namibe un baiser du bout des lèvres, effleurant à peine sa peau pour ne pas l'incommoder, juste la rassurer. Puis saisit une courte dague d'un renflement de ses poignets de cuir. Dans la trousse de soin il saisit la fiole d'alcool pour nettoyer la lame. Puis le fil aiguisé du métal trancha les vêtements de l'alchimiste, la dénudant peu à peu. La douleur devait être atroce pour elle quand il dû couper la chaire parfois vivante qui avait presque fusionnée avec le tissu quand les cloques avaient éclatées puis séchées. Il serrait les dents, des gestes doux et précis, pourtant vif pour ne pas faire durer le mal plus que nécessaire. L'odeur du début de l'infection lui irritait les narines et il pu contempler le corps de l'alchimiste nue, presque aussi brûlée qu'épargnée. Une grimace d'horreur se peignit sur le visage de Dan quand il découvrit que parmi les brûlures se cachaient les marques fines et régulières d'un puissant fouet... Il la trouvait belle pourtant, des formes qui donneraient envie au plus froid des hommes, mais il espérait qu'elle pourrait défaire les cicatrices de par sa science, sans quoi elle serait marquée à vie. Il plongea un linge dans la bassine d'eau et commença à nettoyer la peau et la chaire à nue de la jeune femme. Une fois encore, ce qu'elle pouvait ressentir lorsque le chiffon frottait la peau écorchée donnait au cavalier du désert de froides sueurs. Il ne savait pas s'il avait déjà enduré quelque chose s'approchant. Lorsque les plaies eurent aspect plus satisfaisant, il sortit de la trousse un petit bocal percé, dévissa le couvercle laissant apparaître des larves grouillantes. Il en déposa sur les plais puis chantonna, usant de ses capacités de communication pour guider les insectes dans leur tâche de nettoyage et de désinfection. Le spectacle n'était pas beau à voir mais la thérapeutique était efficace tant que Dan supervisait les arthropodes. S'il ne l'avait fait, ils auraient finit par dévorer la Chevaucheuse pour n'en laisser que les dents. Après plusieurs heures de chansons, Dan, la voix rauque, débarrassa les plaies des larves gorgées pour les remettre dans le bocal, vérifiant qu'aucune n'échappait à sa vigilance. Il posa de nouveaux linges secs et propres sur les plaies cicatrisant déjà puis recouvrit Namibe d'une fine couverture. Elle ne devait pas prendre froid, non plus trop chaud en cas de fièvre. Puis, épuisé, il s'effondra sur une chaise, sa tête et ses bras sur le matelas, ses lèvres proches de celles de la poupée blessée. _________________
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|  | | Namibe Stark Humaine *Mercenaire*

   Age : 19 Inscrit le : 27 Mai 2006 Messages : 1000 Localisation : The Land of Mist and Snow Rang : Mercenaire, Commerçante Race : Humaine
 | Sujet: Re: Malsaine fraternité ?[Namibe] Sam 15 Déc - 11:12 | |
| Elle rampait encore lorsque Namibe se sentit soudain soulevée par… Dan ? Elle reconnu son odeur, celle de sa sueur, et de sa chair… L’odorat était décidément fort utile, à fortiori lorsque les autres sens nous abandonnaient. La jeune femme, un peu secouée, songea qu’ils étaient sans doute montés sur le dos de Shad. La rumeur que la surprise sereine d’Obb fit en elle la conforta dans cette idée. Les bras balançant dans le vide, la tête elle aussi renversée, Namibe se laissa faire, ne trouvant plus en elle la force de rester tendue. Puis la douleur était telle qu’elle ne parvenait plus à trouver la volonté de se tenir. Elle avait finalement atteint celui qui pourrait faire quelque chose pour elle. Elle profitait sans doute, quelque part, des sentiments de Dan… Mais les liens qu’ils avaient tissés tous les deux la faisaient penser que l’homme voudrait s’occuper d’elle lui-même, et c’était déjà une très bonne chose. Un sourire, très mince, étira le coin de ses lèvres lorsque Dan railla Zane. C’était vrai, il parlait trop… La jeune femme, enfin, pouvait se laisser porter…
Le point final de cette histoire.
------ ~¤~ ---------------------------------- L’odeur changea. A celle, âcre, du Continent succéda celle, humide et confinée, de leur Cartier Général. Par quel miracle se trouvaient-ils là, elle ne chercha même pas à le savoir. Elle avait du avoir un moment d’inconscience… Ca restait le plus plausible. La lumière aveuglante, sa vue l’abandonnant au fur et à mesure que la fièvre et les infections gagnaient du terrain, elle ne l’avait même pas vue. A nouveau elle perçu le son caractéristique de ce souffle étrange qui secouait les corps, dans le Royaume des Ombres. Elle l’entendait souvent lorsqu’elle montait Obb. Ainsi Shad s’était-elle mise en route derechef. Où l’emmenaient-ils ? Namibe l’ignorait. Ca aussi… Ils l’emmenaient là où elle serait en sécurité et pour le moment c’était amplement suffisant. Elle se languissait d’être posée, enfin, quelque part, et de ne plus sentir la prise de l’homme sur son dos zébré de coups de fouet. Elle se languissait d’onctions et de sommeil. De beaucoup de sommeil.
Le lit, si rudimentaire fut-il, fut à sa chair une caresse sans nom. La jeune femme, avec un hoquet de douleur, s’étira tout de même un peu, comme si le soulagement était suffisant pour qu’un corps comme le sien occulte ses souffrances. Le corps d’un assassin, forgé à l’art de tuer et à celui de combattre, ne tolérait pas ce genre de faiblesses… Il fallait se relever, toujours, et ce quoi qu’il se soit passé. Qu’étaient quelques coups de fouets sur la chair d’un meurtrier, sinon une punition bien méritée ? Lorsque les doigts, étonnement délicats, de Dan commencèrent à dégrafer ses vêtements, Namibe sourit, un peu plus largement cette fois. Chaque centimètre carré de peau découvert était une nouvelle bouffée d’oxygène, et cela lui faisait un bien fou. Elle laissa sa tête se pencher sur le côté, le laissant faire sans un mot. Un bruit de porte, puis le souffle de Dan contre son oreille. Ce qu’il lui dit lui arracha un ricanement faible. Elle eut aimé lui répliquer que les ombres aimaient trop les alcôves pour redouter les foudres de la bienséance, mais elle n’en avait pas l’énergie, et se contenta donc de ces souffles hachés s’apparentant à un écho de rire. Le miel que contenait les mots rassurants de Dan aurait fait un hydromel d’exception tant il était onctueux, mais le baiser qu’il déposa sur ses lèvres fiévreuses ne l’en fit pas moins frémir. Elle craignait ce genre d’attention, comme si toujours ces baisers-là devaient présager le pire.
Et cette fois-ci ne fit pas exception… Contrairement aux couches superficielles de ses vêtements, qui n’étaient pas, ou peu en contact direct avec sa peau, lorsque Dan retira par lambeaux les vêtements qui, eux, étaient supposés avoir protégé sa peau, ôtant de celle-ci également par là même, Namibe se cambra sous ses mains. Elle exprimait rarement sa douleur, ou bien dans les moments de faiblesse intense, mais de douleurs comme celle-ci, jamais elle ne se souvenait en avoir endurée auparavant. Physiques s’entend… Elle garderait des marques… Les pires des brûlures se trouvaient sur ses avant-bras et ses cuisses, les autres principales souffrances étant plutôt dues à l’arme dont son père avait fait usage pour corriger le rejeton Stark. Elle se demanda même, alors que Dan se devait d’entailler la chair trop abîmée pour en extraire le tissu, si elle ne préférait pas aux soins, en fin de compte, la brûlure même… Mais l’enfer n’était pas encore à ses portes, et ses souffrances finirent par se terminer… Du moins l’espérait-elle.
Elle avait crié, faiblement, mais cette fois-ci de façon audible. De la sueur perlait à son front et venait picoter la plaie qui lui barrait l’arrête du nez et les pommettes. Sa peau, ou ce qu’il en restait, était tout entière parcourue de spasmes de douleur, et elle ne parvenait pas à desserrer les dents. Un petit tour en enfer. L’enfer ardent, brûlant. Elle pria, sapant pour le coup ses convictions religieuses comme un château de cartes, pour que cela ne recommence pas, auquel cas elle se serait prise à envier Prométhée… Puis, se souvenant que c’était un oiseau, avec des plumes, un aigle qui venait lui dévorer le foie chaque nuit, elle revint sur son idée et se dit que les brasiers de Lucifer n’étaient finalement pas un si mauvais sort que cela.
L’instant de silence durant lequel elle s’était perdue dans des réflexions désordonnées et hors de propos, étendue nue sous les yeux de son supérieur, avait fini par se terminer, et de nouveau elle perçut chez celui-ci des mouvements. La bouche entrouverte sur un râle qui disait clairement « faites que ça soit bientôt terminé » elle sursauta au premier contact entre le tissu mouillé et sa chair à vif. La douleur était moindre que celle de déshabillage, mais elle n’en était pas moins mordante. Et, justement, Namibe s’en mordit les lèvres jusqu’au sang. Cette fois cependant, pas un cri, pas un son n’échappa à son implacable maîtrise. En revanche, sa maîtrise vola en éclat quand elle sentit, tout d’abord, un léger chatouillis sur sa peau. Intriguée, elle ouvrit un œil presque aveugle, inutile, puis le referma avec un soupir en entendant la voix de l’homme entonner un air qui lui était inconnu. Il était décidément très étrange... Lorsqu’elle comprit ce qu’il se passait, elle se raidit brutalement… Elle ne cria pas, par convenance, mais fut simplement horrifiée de sentir des insectes se promener sur elle. C’était le genre de mauvaises surprises que la science permettait d’éviter. Sa science. Mais elle ne pouvait reprocher à Dan de ne point avoir décodé d’ouvrages alchimiques sur le corps humain et la façon de l’endurcir ou, au contraire, de le réduire à néant, dans son désert rouge.
Elle lui reprocha cependant, les sourcils froncés de dégoût, ses fort mauvaises fréquentations. Après les oiseaux, voilà les insectes grouillants… j’aurais du l’emmener avec moi, le faire voir un peu de monde, dehors… songea-t-elle avec aigreur. Les heures se succédèrent. Ils l’engourdissaient, à force de succion, si bien qu’elle se rendit à peine compte que Dan les avait retirés de ses plaies une fois leur besogne terminée. Lorsqu’enfin, il posa sur celles-ci des linges qui, ne lui faisant pas mal, devaient être propres, la jeune femme exhala un profond soupir de soulagement et se détendit avec un véritable sourire, cette fois. La fièvre ne l’avait pas tout à fait quittée, mais elle se sentait déjà beaucoup mieux, et la douleur reculait par paliers. Ouvrant ses yeux opaques et ternes, elle pu distinguer cette fois la silhouette de son sauveur. Celui-ci, exténué après des heures de soins, se laissa choir à ses côtés, et brassa tant d’air qu’elle en ferma les yeux de plaisir. Elle sentait son souffle chatouiller ses lèvres, et fronça un peu le nez, avant de tourner sa tête pour la diriger face au mur. Après quelques longues secondes, sentant assez de salive encombrer sa gorge, elle dit d’une voix rauque : « Je te remercie » La gorge nouée, elle ajouta, plissant les yeux sous l’effort : « Je ne dois pas être belle à voir… » _________________

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|  | | Dan Ryu Humain: *Chef de la Guilde des Chevaucheurs d'Ombre*

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 | Sujet: Re: Malsaine fraternité ?[Namibe] Mer 19 Déc - 0:20 | |
| Dan s'éveilla doucement lorsque Namibe lui adressa la parole. Il sentait encore la fatigue et devinait sous ses yeux les poches ridées qu'il arborait involontairement lorsqu'il veillait trop. Il poussa lourdement sur ses bras pour redresser son corps, se rasseyant dans le fond de la chaise. Un petit sourire mesquin à l'annonce presque sarcastique de sa patiente. Non, elle n'était pas très belle à voir couverte de bandage et de brûlure, mais au moins était-elle sauve. Rien d'autre ne lui importait pour le moment. Il écarta une mèche de cheveux sales du visage de la chevaucheuse, dans ses doigts toute l'attention dont un homme peut faire preuve.
"Peut-être va-t-il falloir que je te lave."
Il ricana. Rien que l'idée de donner son bain à Namibe avait quelque chose de réellement comique. Bien sûr elle n'accepterait jamais mais cela l'amusait. Il attrapa le linge qui baignait encore dans le seau d'eau pour passer un peu de fraîcheur sur le beau visage de la poupée blanche. Il avait envie de ses lèvres mais n'avait pas l'impression qu'il s'agissait du moment. Au lieu de cela il replongea le linge dans le seau et laissa sa curiosité le titiller quelque peu.
"Tout ce qui s'est passé... j'aimerais que tu me dises où tu t'es fait ça, comment, qui, et si... tu l'as bien massacré pour ça."
Aucun doute là dessus, la connaissant elle ne serait pas revenue si elle n'avait vaincue. Mais elle avait pourtant du se battre contre un adversaire particulièrement puissant pour écoper de telle blessures. Au moins était elle revenue a temps...
"Y'a aussi ton gros lézard qui doit fulminer quelque part de l'autre côté du lac. Il va falloir lui dire de se calmer avant qu'il mange l'un des meneurs. J'ai l'impression... que tu ne le contrôles pas très bien. Je suis désolé, je n'aurais peut-être pas dû te forcer à m'accompagner lors de ma quête à leur rencontre. Il est très puissant, certes, mais je ne voudrais pas que son esprit belliqueux te rende plus agressive que tu peux déjà l'être."
Obb était une préoccupation. Instable et dangereux. Même s'il se sentait coupable que Namibe fut liée et piégée avec lui, il n'en était pas moins rassuré que quelqu'un entrave le puissant Coursier. S'il était devenu fou sur l'île... Un dernier sujet devait être abordé...
"Il faut aussi que tu me dises qui était ce gars au dragon dans la forêt. Tu le connais non? J'ai fais vite pour te sauver mais il m'intrigue. Il semble savoir des choses sur moi, et je ne lui en ai pas donné la permission. J'aimerais que si tu occultes les autres, tu éclaircisses au moins ce point là."
Un puissant guerrier au dragon qui les connaissait tout les deux, qui connaissait donc sans doute Ynis Witrin. S'il s'averrait dangereux... les Chevaucheurs de l'Ombre auraient alors à jouer leur rôle. _________________
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 | Sujet: Re: Malsaine fraternité ?[Namibe] Mer 19 Déc - 22:46 | |
| Elle se sentait mieux, bien que la douleur soit encore un vif souvenir, et pu tourner la tête vers Dan en entendant la voix de celui-ci. Lorsque les mots, soulignés par un ricanement, furent clairs, elle haussa un sourcil éloquent. « Ma faiblesse n’est que temporaire, n’en profite pas trop » Le ton n’était pas bien sérieux, pourtant, elle avait le visage fermé, songeur. Le premier instant de calme depuis la fin de sa dernière mission… Des images revenaient, par flash, et s’imposaient avec violence à son esprit avant de s’évanouir comme des ombres que l’on éclaire. La tour. Le sourire de Loup… Le dos de son père… Son corps qui s’effondre… Les toits… Elle fronça les sourcils et détourna son visage de celui de son supérieur sans un mot. Alors que Dan promenait sur son visage une étoffe mouillée, elle plissa le nez lorsqu’il passa sur la plaie, profonde, qui barrait ses pommettes… Celle-ci marquerait sans doute son visage à jamais… Elle ne s’était pas vue, comment réagirait-elle à toutes ces cicatrices qu’elle allait dorénavant porter ? La jeune femme aurait sans doute une toute autre approche de son image, voire de son entourage… Il lui posa alors une question qui tombait à point. Comment s’était-elle mise dans cet état ? Elle était un peu surprise que ça n’ait pas été les premiers mots sortis de la bouche de l’homme. Elle ne le regarda pas. Un sourire étira ses lèvres sèches, et elle fut prise d’une petite quinte de toux. Il fallait qu’elle le dise à haute voix, sans doute pour le réaliser… « J’ai tué le père Stark… J’ai fouillé dans les tripes de mon père » Son sourire se fit distant, ce que dit Dan ensuite, elle n’y prêta pas de grande attention. Il lui parlait d’Obb, mais elle ne répondit pas. Elle n’écouta même qu’à moitié. Qu’Obb la rende plus agressive ? Sans Obb, elle n’aurait jamais réussi à mettre à bas un homme tel que l’était son père. Sans Obb, elle n’aurait même sans doute pas encore atteint sa cité. Sans Obb, elle serait morte de froid sur ces toits qui lui avaient tant manqué… Sans Obb enfin, elle serait morte comme une chienne avant d’atteindre l’embarcadère… Si Obb ne l’avait pas poussée à bout… Si le reptile ne l’avait pas mise en condition pour une tornade de violence… Namibe aurait-elle seulement trouvé la force de tenir face au fouet de l’homme qui avait brisé sa vie… Celui qui l’avait détruite, elle, comme un mur que l’on désosse ?
Elle se contenta, après un long, un très long silence, de tourner la tête une nouvelle fois vers Dan, et de lui dire avec un sérieux désarmant : « Toute ma vie je serais reconnaissante à Obb d’avoir su faire de moi ce que je suis aujourd’hui.» Et ce quoi qu’en pense Dan. « Il m’a été très fidèle, et m’a aidé à un point que tu ne peux même pas entrevoir. » Elle appréciait beaucoup l’homme, en lequel elle ne voyait étrangement plus vraiment son chef, mais quoi qu’il en dise, elle se jurait à l’instant de ne jamais mentir, de ne jamais maquiller cette reconnaissance. Le reptile avait souffert le martyr, du froid de sa Cité, et ceci pour l’affection seule qu’il avait pour elle. Ca, Namibe ne l’oublierait pas. Elle allait même jusqu'à se demander si Obb ne l'avait pas poussée à bout, lorsqu'il avait découvert son passé, en sondant son âme, dans ce but précis...
Dan reprit à nouveau la parole. Parler la fatiguait, mais elle prêta tout de même attention à ses mots. Elle comprit bien vite ce dont parlait Dan. Elle avait presque oublié, avec toutes les souffrances venues la déchirer sur ce lit, que Zane lui aussi avait été présent à l’embarcadère. Elle prit alors une mine songeuse. Que faisait-il là, et pourquoi était-il venu, celui-là ? Elle lui en voulait toujours beaucoup de l’avoir abandonnée à ses espoirs. Finalement, sans cet avenir finalement si fade qu’il avait fait miroiter sous son nez, qu’elle avait laissé faner, à défaut de mieux… Sans le parfum corrompu des promesses trahies de l’homme, peut-être la détresse de Namibe n’aurait-elle pas été aussi grande. S’il n’était pas venu tenter de tuer le souvenir de Daeniel, de ces assassins à qui elle avait offert, en tuant son géniteur, leur noblesse méritée, peut-être aurait-elle accueilli sa disparition comme celle de Syamoc : avec une souveraine indifférence. Mais voila, il était venu la secouer, Zane. Il était venu, avait maquillé les frères en criminels, la Guilde en vieux tableau… L’alchimie, même, en science honnie.
Elle prit une courte inspiration. Mais Zane, en plus de toutes ses qualités, était « l’élu des sœurs Aleyna », celui que la digne épouse de Dan avait désigné pour devenir le sauveur d’Ynis. Quelque chose dans le ton, passablement dédaigneux, de Dan, laissait entrevoir à Namibe une certaine rancœur. Elle le comprenait. Après tous, il était tout aussi chevaucheur qu’elle l’était, et c’était à croire que ces gens là n’aimaient guère être connus d’inconnus. Elle se devait cependant de lui fournir une réponse satisfaisante, et y songea sérieusement. Dan, dans la conjecture actuelle des choses, n’aurait guère apprécié d’apprendre de Zane qu’il était le futur époux supposé de la jeune femme. Aussi Namibe se contenta-t-elle d’occulter la relation qu’il aspirait à avoir avec elle, vague, pour s’en tenir à ce qui concernait Dan.
« Cet homme se nomme Zane. Lui et son dragon sont nos alliés, si cela peut te rassurer. Le gonze vient du futur. Un futur qui aurait vu notre défaite à tous, contre les forces du mal. Les soeurs Aleyna l'auraient envoyé nous prévenir de ce désastre lamentable en le jetant parmis nous... Je peux te l’assurer, j’en ai la certitude. Emma et Leia pourraient te le confirmer si tu le leur demandait avec… insistance, je pense. Il fait jurer partout de ne point divulguer l’information, mais je suppose que le chef de la seule guilde organisée de l’île est en droit de savoir cela… J’ignore encore pour quelle raison il est partit d’Ynis, mais j’ai l’intention de le découvrir… » Elle fronça les sourcils « … On a un compte à régler tous les deux »
Alors que, tout au long de son explication, elle s’était montrée plutôt neutre, elle avait, dans la dernière partie de sa réponse, adopté un ton bien plus froid. Oui ils avaient des comptes à régler… Namibe souffrait la mort. Elle souffrait la peur, elle souffrait la méchanceté… Mais jamais elle ne souffrirait que l’on se foute d’elle comme Zane avait eut le culot de le faire. _________________

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|  | | Dan Ryu Humain: *Chef de la Guilde des Chevaucheurs d'Ombre*

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 | Sujet: Re: Malsaine fraternité ?[Namibe] Jeu 10 Avr - 0:03 | |
| Dan ricana en même temps qu'il la lavait. Faiblesse temporaire? Oui sans nul doute. Elle serait pourtant bien présomptueuse d'affirmer pouvoir se défendre dans l'état où elle était. Il lui faudrait plusieurs jours avant de se remettre, son corps avait besoin de se régénérer. Dan ne lui avait pas immédiatement demandé ce qui c'était passé. En fait ce n'était pas le plus important. Cela ne le concernait que peu. Il tenait bien plus à la santé de Namibe qu'à tout savoir d'elle. L'un comme l'autre avait des secrets, certains inavouables. La vie de Dan n'avait pas toujours été dans la lumière de Stellae... Il lui avait posé la question mais ne voulait pas la forcer à répondre. Juste la curiosité en fait: qui avait été assez fort pour ça? Mettre Namibe dans un état pareil? Certes elle n'était pas invulnérable, mais elle avait forcément accepté les blessures qu'elle subirait lors du combat, sinon elle l'aurait évité. Quand elle lui expliqua, il fut un instant surpris. Son père? Quelle ironie. Dan avait toute sa vie été ignorée par son père pendant qu'il voulait briller à ses yeux, sans jamais y parvenir. Il l'avait perdu sans jamais atteindre son but. Elle s'en était débarrassée.
« Ton père hein? C'est pas banale, je dirais... Je ne te demanderais pas de m'expliquer, ça ne me regarde pas vraiment. Durant un temps, j'aurais presque tout donné pour sauver le mien. J'espère au moins que cela à soigné ton âme, vu l'état dans lequel tu as mit ton corps. »
Il fut surpris du ton défensif qu'elle prit pour défendre Obb. Puis il comprit. Il aurait réagit d'une manière semblable si quelqu'un avait oser parler ainsi de Shad. Peut-être même aurait-il été plus tranchant. Il afficha un sourire fraternel.
« Toutes mes excuses. Je n'aurais jamais dû. Je suis heureux que ta symbiose avec lui t'es tant apportée. Tu semblais si réticente au début. »
Alors elle parla de Zane, lui expliquant qui il était. Pourtant elle restait évasive, il le sentait. Mais il n'insisterait pas. S'il avait apprit une chose concernant Namibe, c'est qu'il ne fallait pas la forcer à se révéler. Si elle voulait un jour lui expliquer, elle le ferait. En attendant, il respecterait sa décision.
« Un allié hein? Peut-être bien... Un allié de l'île, si les Aleyna le souhaitent. Mais laisses moi choisir moi-même ceux à qui j'accorde crédit. Je n'ai aucune confiance en un homme qui pense me connaître sans jamais m'avoir parlé, quoiqu'il ait vu dans sa vie. »
Le futur hein? Désastreux? Possible en effet. Très probable même. Cependant, il ne connaissait rien aux voyages temporels, et doutaient fortement de la véracité que pouvaient avoir les propos d'un tel homme. Surtout que l'impression que Dan avait de lui était celle d'une âme perdue. Les paroles d'un homme perdu ne l'inspiraient guère.
Il était temps pour l'alchimiste de se reposer. Elle avait l'air encore très faible, et Dan ne faisait que l'épuiser. Il se leva et lui caressa doucement la joue, voulant témoigner un peu de tendresse sans être invasif.
« Je serais dans mes quartiers si tu veux me voir. Essayes de te reposer... »
Il saisit la poignée, hésita un instant puis sortit. Il était pensif dans le couloir. Quant à sa relation avec elle, quant à ses pressentiments. Et cette petite voix qui semblait savoir tout sur tout. Arrivé dans sa chambre, il s'affala sur le lit et plongea dans un légère somnolence. _________________
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|  | | Namibe Stark Humaine *Mercenaire*

   Age : 19 Inscrit le : 27 Mai 2006 Messages : 1000 Localisation : The Land of Mist and Snow Rang : Mercenaire, Commerçante Race : Humaine
 | Sujet: Re: Malsaine fraternité ?[Namibe] Dim 20 Avr - 20:41 | |
| Dan réagit sur l'explication qu'elle donna à son état. C'était prévisible... comment aurait-il pu rester sur ce qui aurait du être une incohérence manifeste ? Tuer son père, le patriarche de sa lignée, de sa famille. Tuer l'homme qui avait le même visage qu'elle, le même regard tranchant et sanguin, la même... puissance. Namibe s'est un peu battue contre elle-même, en fin de compte. Contre son fidèle reflet. Elle a tué ce qu'il restait de son sang et de son être en ces lieux. Et Dan de demander si cela avait soigné son âme...
Une fois encore, Namibe ricana, puis s'arrêta bien vite dans une quinte de toux. Elle jeta un vague coup d'œil à l'homme. La jeune femme n'en avait jamais parlé avec lui, et sans doute ne lui en parlerait-elle jamais. Comment lui reprocher alors de ne point "savoir" que finalement, ce que Namibe avait définitivement détruit en regagnant sa cité, c'était elle-même ? Entreprise suicidaire ? Pas tout à fait. Un jour, Namibe renaîtrait, non plus Dragon mais Phœnix, des cendres d'un passé trop âcre, pour se construire une vie loin de ceux qui furent sa vie d'antan. Cela lui apparaissait comme très clair désormais. Sa renaissance prendrait du temps... Finalement, le seul qui pourrait jamais la guider serait sans doute Obb. Il était le seul à démêler son esprit. Lui non plus n'était pas au bout de ses peines. Elle était consciente de son égoïsme. Surtout de son égoïsme envers Dan, et finalement elle regrettait un peu cela. A le regarder de plus près, Dan était très bel homme, fort bien fait, et loyal. Il était de loin le compagnon idéal d'une nouvelle vie... Mais Namibe, elle, ne l'était pas encore. Et quelque chose lui disait que quelle qu'elle soit, la voie qu'elle allait choisir n'en ferait pas une femme plus fréquentable.
Elle avait peur de détruire Dan.
Elle tourna alors la tête sur le côté, coupant le lien visuel qui la liait à lui, et n'écouta plus vraiment ce qu'il lui disait. Elle ne répondait plus à rien, soudain submergée par la fatigue et l'alanguissement. Son visage s'assombrit, ses douleurs lui revinrent. Il parla d'Obb, de Zane... sujets qu'elle n'avait pas envie de développer davantage. Obb parce qu'il l'avait vue affaiblie, et qu'elle désirait à ce qu'il demeure le seul. Zane parce que le sujet la mettait toujours en colère à l'heure qu'il était. Plus le temps passait, et plus l'homme lui semblait injuste. Elle se contenta donc d'un profond mutisme.
Dan s'en alla, et Namibe sombra dans un sommeil sans rêves....
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Sans rêves ?
L'homme était pourtant en train de courir à toute haleine, juste devant. Etait-elle réellement là bas ? Oh sans doute pas. A moins que ce retour n'eut été qu'un songe étrange. Son père était-il mort ? Et quel était ce silence, ce calme qui gouvernait son âme ? Namibe se surprit à se sentir aussi bien qu'elle avait pu l'être avant l'Aube qui vit la fin des vies qu'elle chérissait. Elle se sentait comme en ces temps perdus où son âme pouvait se poser simplement et analyser son monde. L'homme devant, il sentait l'angoisse. La sueur aussi. Namibe, elle, ne sentait pas la colère. Elle ne sentait pas non plus la peine. Ni quoi que ce soit. La seule chose qui devait être, c'était cet homme gisant dans la neige. Tuer. Elle le faisait bien. Et elle ne se blessait jamais, ou très peu. Elle était svelte et souple, elle évitait les coups. Elle était très tonique. La prise qu'elle avait sur la lance d'ében dans son dos était implacable. Se sentir dans cet état là la surprit, car finalement ça n'avait plus été le cas depuis l'Aube. Et Ynis n'avait rien arrangé à cela...
Il y eut un bruit dans son âme tout à coup. Une lamentation, une prière. Ce n'était pas sa voix, ni quelque voix humaine. Non cette voix-ci pleurait un être essentiel. C'était la voix de la créature qui errait, au loin, en mal de sa Liée.
Namibe s'éveilla.
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Obb l'appelait, elle percevait ce murmure agité venu briser la quiétude qui l'avait envahie. Depuis combien de temps gisait-elle dans ce lit ? Elle l'ignorait. Ses douleurs lui paraissaient un peu plus lointaines, mais sans doute était-ce dû au sommeil. Son corps dormait toujours quand son esprit, doucement, refaisait surface. Elle n'entendait plus les pleurs du reptile des Ombres. Son danseur d'obsidienne s'était tut. Il avait fallu le silence complet de son âme pour qu'elle perçoive le son si ténu. A présent que les rouages de ses pensées s'était remis en marche, l'alchimiste l'avait perdu. Elle avait au moins la preuve que le reptile était en vie, sur le continent. Il l'attendait.
Namibe l'ignorait, mais trois jours s'étaient écoulés durant lesquels elle n'avait plus pu sortir de sa léthargie. Trois longues journées durant lesquelles son esprit et son corps cicatrisaient doucement, difficilement. Soixante-douze heures pour une chasse qui dans son songe n'avait duré qu'une poignée de minutes. Comme si son esprit avait pris son temps, dans un soucis de détail, de reconstituer la Namibe d'antan avec le plus de fidélité possible.
Mais la Namibe d'antan s'était enfuie avec la mélopée du Coursier de l'Ombre, et l'alchimiste n'était alors plus qu'un corps trop lourd à porter. Alors elle ferma les yeux, puis elle attendit...
Les minutes passèrent, puis une heure puis deux, durant lesquelles elle avait fait l'effort de mobiliser chaque partie de son corps. Elle le connaissait bien ce corps, autrefois. Lorsque son cœur chantait toujours au diapason de sa guilde, elle en avait d'ailleurs une parfaite maîtrise. Comment avait-elle pu la perdre ainsi ?
Ca n'était pas parfait, mais elle réussit à éveiller assez ses membres pour parvenir à s'asseoir, lentement. Quelques minutes encore et elle était debout, titubant un peu dans la pièce. Ces trois jours avaient été suffisants pour qu'elle recouvre un usage correct de ses membres, et pour que ses brulures deviennent plus supportables. Elle étaient pourtant toujours fraîches sous les bandages. Mais il suffit d'un crissement de dents pour étouffer cela, et Namibe fit quelques pas.
On avait disposé des hardes non loin. Bures grossières et chemise en lin, rien de très seyant, mais au moins, tout cela semblait confortable. C'était parfait. Elle enfila tout cela, ressemblant à un bagnard malingre dans sa tunique grise, puis jeta une cape sur ses épaules. Ca irait. Sa lance était un peu plus loin... Quant à ses affaires, à ses vêtements et aux objets qui lui étaient précieux, tous étaient restés sanglés au cheval qu'Obb surveillait. Elle n'avait donc nul besoin de quoi que ce soit d'autre, si ce n'était de bottes. Elle connaissait les lieux comme sa poche, et il ne lui fut pas difficile de retrouver la salle d'entraînement. Il y avait toujours quelqu'un là bas, qui s'entraînait. Elle se glissa doucement dans la salle d'à-côté, où, comme elle s'y attendait, demeuraient les affaires de l'inconnu, et subtilisa ses bottes. Elle n'avait pas de scrupule à le faire. Le loi et la bonté... Ne seraient plus ses maîtres. Ainsi sommairement vêtue, la capuche de sa cape lui masquant la moitié supérieure du visage, elle se dirigea vers la sortie... En passant devant le bureau de Dan. Elle le savait bien entendu... Mais elle ne s'arrêta pas.
Elle se demandait bien pourquoi. _________________

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|  | | Dan Ryu Humain: *Chef de la Guilde des Chevaucheurs d'Ombre*

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 | Sujet: Re: Malsaine fraternité ?[Namibe] Sam 26 Avr - 14:30 | |
| Dan était inquiet pour Namibe. Depuis trois jours elle était dans son état semi-comateux, n'ouvrant pas les yeux. Il se doutait bien qu'elle guérissait, petit à petit, mais s'inquiétait qu'elle ne puisse rien avaler. Les plateaux repas qu'il avait laissé sur la table de nuit, elle n'y avait pas touché. Allait-elle vraiment guérir sans se nourrir? Il ne pouvait qu'attendre qu'elle se remette. Attendre et prier.
Il passait le plus de temps possible dans le quartier général, toujours prêt à s'occuper de sa seconde si besoin était. Ne pouvant rien faire, il remplissait son office journalière. La moitié de la journée consacrée à s'entraîner lui-même et les nouvelles recrues, l'autre à lire les rapports de ses espions sur le continent. Peu de mauvaises nouvelles, peu de bonnes nouvelles. Tout était immobile. Ce qui ne lui plaisait pas forcément. Savoir appréhender les changements était indispensable à sa fonction, mais lorsque rien ne changeait...
Trois jours après le retour de Namibe, la journée s'annonçait comme les précédentes. Il ne dormait plus chez Leïa ces derniers temps. Parfois il avait l'impression qu'il était de moins en moins Dan Ryu et de plus en plus le chef des Chevaucheurs. Jamais il ne se délierait de son serment, mais l'absence de sa relation avec Leïa lui pesait. D'autant plus qu'il ne comprenait pas vraiment. Quoiqu'il en soit, il continuait à protéger ce qu'il avait juré de conserver intact. Le jour filtrait ses premiers rayons par l'unique fenêtre pendant que Dan effectuait ses séries de tractions matinales, portant juste son bandana et un ample pantalon noir. C'était comme cela qu'il chassait l'engourdissement de la nuit, comme cela aussi qu'il chassait les souvenirs qui lui revenait, parfois violemment. Son désert natal, sa période de mercenariat ou bien encore quand il fut marin... L'exercice gardait son esprit au calme et faisait taire la voix dans sa tête. Toujours présent, ce prémice de folie se contentait d'observer quand ses pensées se tournait vers l'exercice.
Lorsqu'il eut terminé, il retrouva Shad dehors. Un commis lui apporta son petit déjeuner, comme chaque matin. Du lait de chèvre, un pain au seigle et des baies. Le Coursier mâchait nonchalamment un mouton de l'enclos qui était réservé pour les nourrir. Silencieux l'un comme l'autre, profitant du calme de l'aube, quand peu d'âme était encore éveillée. Il entendit quelqu'un traîner des pieds vers la sortie. Aucun Chevaucheur ne se déplaçait avec autant de fracas, du moins aucun qui tenait debout. Il ne tourna même pas la tête pour savoir de qui il s'agissait. Lorsqu'elle passa le seuil de la porte, il se contenta de dire:
"Alors comme ça tu t'en vas?" _________________
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|  | | Namibe Stark Humaine *Mercenaire*

   Age : 19 Inscrit le : 27 Mai 2006 Messages : 1000 Localisation : The Land of Mist and Snow Rang : Mercenaire, Commerçante Race : Humaine
 | Sujet: Re: Malsaine fraternité ?[Namibe] Dim 27 Avr - 21:34 | |
| Plus elle avançait, plus elle se rendait compte que son état n'était guère reluisant. Ses pas étaient lourds et traînants, et chacun d'entre eux éveillait de petites douleurs un peu partout. De toute évidence, il aurait été sage de rester quelques jours encore au lit... Mais Namibe n'avait pas le courage de cela... Et puis, elle était pressée de découvrir une nouvelle vie. Elle ignorait toujours de quoi elle allait être faite, mais cette fois-ci, l'inconnu était de loin plus appréciable. Ce qui aurait pu la retenir ici, c'était finalement Dan. Aussi avait-elle ressentit un soupçon d'appréhension en passant devant les quartiers de celui-ci. Mais il ne s'était rien passé. Dan avait sans doute à faire, et elle supposa qu'il devait vadrouiller à droite à gauche. Finalement, tant mieux.
Elle poursuivit sa laborieuse avancée, jusqu'à finalement atteindre la sortie de la guilde. La lumière lui semblait trop vive, et trop aveuglante. Pour cela, Namibe était pressée de retrouver le gris continent. Mais elle avait trop vite cru les dés jetés, car une voix qui lui était familière l'arrêta sur le pas de la porte. Il n'était pas bien loin, en fin de compte.
Elle leva une main pour protéger ses yeux, pourtant déjà sous la capuche, et fronça le nez en découvrant ses dents. Lorsqu'elle se fut suffisamment habituée pour le discerner, elle poussa un léger soupir, et s'approcha de lui. S'adossant à une barrière, la capuche toujours basse sur son visage, elle croisa les bras non loin de lui et garda le silence quelques longues secondes. Ca, ils n'en avaient pas parlé, lorsqu'il l'avait ramenée. Il n'avait jamais été question qu'elle s'en aille. Elle fronça les sourcils, avant de dire d'une voix lointaine : "Je pense que oui"
Dan ignorait ce qu'elle allait devenir, maintenant que son passé était mort. Mais surtout, il ignorait ce qu'elle ne deviendrait jamais. Elle leva le menton pour le voir et déglutit difficilement, les bras toujours croisés sur sa poitrine.
"Je crois que cela vaut mieux pour tout le monde ici... Tu ne crois pas ?" _________________

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|  | | Dan Ryu Humain: *Chef de la Guilde des Chevaucheurs d'Ombre*

 Inscrit le : 11 Mar 2006 Messages : 218 Localisation : Dans la propriété de sa Maîtresse Rang : Serviteur de Leïa Race : Humain
 | Sujet: Re: Malsaine fraternité ?[Namibe] Lun 5 Mai - 23:20 | |
| Dan ne posa pas le regard sur elle. Il n'osait pas poser ses yeux sur Namibe... Comme s'il avait peur d'y succomber. Il pouvait la situer rien qu'à son odeur caractéristique et au rythme de son cœur encore affaibli. Une partie de lui la désirait ardemment, mais son esprit restait maître de son corps. La vue dans le lointain, il poussa un long soupire avant de lui répondre.
"Ce que je crois n'a guère d'importance de toute façons. Ce dont j'ai envie non plus."
Son ton était cynique. Il n'avait pas prévu le départ de son bras droit et ne pouvait lui donner sa bénédiction. Elle était essentielle pour lui, sur le plan professionnel et surtout sur le plan affectif. Pourtant il ne pouvait la retenir: il n'en avait ni le pouvoir, ni l'envie. Namibe était Namibe car libre et farouche. Rien ne semblait pouvoir changer cela.
"Ici tu ne te sens pas chez toi, je le sais. Une partie de moi vit la même chose. La partie qui tient à toi comme elle ne le devrait pas. Mais je ne te retiendrais pas. Je me suis toujours gardé de décider pour toi. Même mes ordres, je sais que tu ne les as accomplis que parce que tu les acceptais. Je ne ferais rien pour te retenir."
Il ressentait un grand désarrois. Ce qu'il tentait de cacher, mais Namibe le verrait sûrement. Il était persuadé qu'elle pouvait lire en lui dans une certaine mesure. Il glissa une main dans sa manche pour en retirer un foulard de soie blanche. Un motif s'y voyait, une épaisseur dans le tissu. Comme une fleur blanche, sur un fond blanc. Il fit un léger nœud avec la soie autour d'un de ses poignards de lancer. Un sourire mi-amusé mi-dégouté se lisait sur ses lèvres.
"J'ai toujours eu un goût idiot pour les cadeaux je crois. Idiot..."
Il jeta sans même regarder le poignard en direction de la porte près de sa désormais ex bras-droit. Avant de lui lancer un regard direct, farouche et ému. Dans ses grands yeux noirs perlaient des larmes, luisantes dans le soleil matinal.
"Je suis un idiot de sentimental! Mais tu me manqueras. Garde le foulard, souviens-toi de moi je te pris. Sa voix était rauque, sa douleur palpable. Il eut un rictus. Et prends soins de toi!"
Il se détourna brusquement et couru vers son coursier, sans se retourner une seule fois.
*Shad!*
A peine eut-il posé sa main sur le cuir écailleux qu'ils avaient disparus, Shad et Dan, pour soigner cette peine qui leur était commune. _________________
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|  | | Namibe Stark Humaine *Mercenaire*

   Age : 19 Inscrit le : 27 Mai 2006 Messages : 1000 Localisation : The Land of Mist and Snow Rang : Mercenaire, Commerçante Race : Humaine
 | Sujet: Re: Malsaine fraternité ?[Namibe] Mar 6 Mai - 21:01 | |
| "Ce que je crois n'a guère d'importance de toute façons. Ce dont j'ai envie non plus."
Etait-il dans le vrai ? Namibe se le demanda. Elle se demanda s'il avait raison de croire que ce qu'il pensait ne lui importait pas. Elle-même ne savait pas encore ce qu'il en serait. Elle fronça les sourcils sous sa capuche et déglutit de plus belle. Elle aurait dû en parler avec lui, à présent, c'était trop difficile. Elle avait envie de lui expliquer, mais elle n'en fit rien. Et comme s'il avait compris qu'elle ne lui ouvrirait pas les portes de sa vérité, Dan analysa par lui-même cette décision. Alors c'était parce qu'elle n'était pas chez elle qu'elle partait ? Il avait sans doute raison, d'un côté... Mais il se trompait lourdement par ailleurs. Il se trompait dans le rôle qu'il avait joué, pensait-il, pour elle. Elle fronça plus encore les sourcils, et amorça même un geste vers lui pour démentir ce qu'il venait de lui énoncer, mais elle fut coupée dans son élan par le geste qu'il eut alors. Elle le regarda sortir le foulard blanc, puis la dague de lancer... Puis ce sourire.
Elle ne le lui avait jamais vu, et se sentie comme transpercée par le remord. Elle le faisait souffrir, elle brisait quelque chose. Mais que briserait-elle encore en restant ? Son cœur, sa vie ? Elle sentit sa gorge se serrer et préféra regarder ailleurs en tournant la tête lorsque la lame se tanqua dans le bois. Elle avait décidément perdu tous ses réflexes. Il venait de la surprendre.
Lorsqu'elle reporta son regard vers lui, ce fut pour voir le sien, ému... Etait-ce vraiment Dan Ryu, qui se tenait face à elle ? Qu'ai-je donc fait de toi, Dan ? songea-t-elle avec une profonde tristesse. Lorsqu'il se retourna, elle voulut le suivre, mais étant donné son état, c'était peine perdue. Elle n'avait pas fait trois pas qu'il s'était évanoui dans les ombres. Elle resta, pantoise et instable sur ses jambes de faon, au milieu du petit enclos où elle avait trouvé son ancien Maître.
L'homme souffrait par sa faute, et elle n'avait rien fait contre ça. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il réagisse si vivement... Le plus juste aurait été de dire qu'elle ne se l'était pas demandé. Aurait-elle décidé de cela si elle avait prévu une telle chose ?
Elle tomba à genou, assommée par la scène qui s'écoulait entre les doigts de sa mémoire comme du sable. La faiblesse l'assaillant, elle resta voûtée dans la terre, le visage bas et toujours recouvert de sa capuche noire. Elle était une ombre, unie et sombre, comme toujours... Mais aujourd'hui, elle était plus voyante qu'elle ne l'avait jamais été. Parcourue d'un frisson, elle tenta de se relever et se dirigea vers la porte pour saisir le poignard. Elle peina à le dégager du bois, puis y parvint avec un rictus. La soie coulait entre ses phalanges comme de l'eau. Ce contact était terriblement doux... Sans doute était-ce la dernière caresse que Dan comptait lui offrir. cette idée éveilla quelque chose au cœur de ses tripes, qui la fit se mordre la lèvre presque jusqu'au sang. L'envie.
Il lui avait dit qu'elle lui manquerait, mais lui lui manquait déjà un peu. Cet homme avait eu plus d'importance pour elle qu'elle ne s'en était aperçu, et il se trouvait qu'en fin de compte, elle ne quittait pas l'île sans un gros pincement au cœur.
Ses yeux se perdirent dans les couloirs tortueux des quartiers de son ancienne guilde... Elle ne pouvait pas partir comme ceci.
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Dan...
Je suis navrée de ne pas avoir pris la peine de parler avec toi de mon départ... A vrai dire j'espérais même partir en catimini. Tu ne voulais pas me poser de questions au sujet de ce que j'ai fait chez moi, mais je répondrais, je l'espère à certaines d'entre elles en quelques lignes. Te souviens-tu de notre première entrevue, au phare ? Je t'y ai dis que j'avais été la protégée d'une guilde aujourd'hui éteinte. Son nom était la Guilde Blanche. Je n'y détaillerais pas mon rôle, car ce serait pour moi revenir sur des souvenirs qu'il me faut dépasser à présent. Là d'où je viens, les guildes sont fort peu fréquentables... Or, je suis la fille unique d'un très important notaire. Comme tu t'en doute, cet homme qui m'offrit mon regard sanguin n'était guère enclin à me voir lui échapper dans les rangs de la lie de ma bien-aimée cité.
Il ne me récupéra pourtant pas, et décida d'en venir à un moyen plus expéditif afin de me détacher à jamais de mes frères.
Tous furent massacrés sous mes yeux. Mes mentors, mes frères, la chair de ma chair s'est écroulée comme des remparts face à l'invasion des misérables pourritures que sont les Stark. Loin de revenir la queue entre les jambes implorer la grâce de mon père, je tuai son bras droit et fuis pour le seul véritable asile dont parlaient les tables d'Alchimie que je m'étais échinée à décoder, des mois durant : Ynis la lumineuse, l'île gardée par le sceau de la grande Stellae. Tu me connais assez pour te faire une idée de l'importance que j'accorde à de telles choses... Je n'avais rien à faire du verre, du cristal, du bon temps et de cette foutue Déesse... S'il te plait, pardonne le blasphème que je m'apprête à faire, mais je pense que Stellae s'est trompée. Je ne méritais pas sa protection, ni son amour. Aujourd'hui encore les raisons qui firent que je pus monter à bord de la barque me sont étrangères. Je pense que c'est parce que je ne suis pas montée seule. J'ai suivi Syamoc, te souviens-tu de lui ? Candide Syamoc, assez simple pour que l'île lui ouvre ses portes. Et à moi par la même occasion.
Par la suite, elle m'a acceptée, mais là encore je n'y comprends rien. Je ne fuyais ni la mort ni les ravages. Moi qui n'étais qu'une vulgaire ombre, sale et aux mains couvertes du sang des justes, je fuyais les mondanités d'une vie correcte.
Tu dois me trouver minable, à présent que tu sais ce qui m'a poussé dans tes rangs, Dan... et peut-être comprends-tu pour quelles raisons je me sens indigne de vous tous et de cette île...
J'ai vengé ma guilde et l'ancienne moi. J'ai tué Lord Stark, mais j'ai également tué Namibe... Cela te paraîtra étrange, mais je ne suis plus torturée, je ne suis plus rien. Je n'ai plus de morale, pas même une morale d'assassin. Je n'ai plus de camp... Je ne défendrais plus les justes, Dan, même pour toi. Tu m'as dis, tout à l'heure, que je n'avais accepté tes ordres que parce que j'étais d'accord pour le faire, que parce que c'était ce que j'aurais fait... Mais tu te trompais. Si j'ai accepté tes ordres, c'est parce qu'ils venaient de toi. Je crois que tu n'es pas capable de comprendre ce que tu représentais pour moi. Peut-être aurais-tu su éviter toute cela, toi... Mon voyage, et puis ce départ, maintenant. Non, j'en suis même sure, tu aurais pu faire ceci. Mais tu étais trop humble pour le faire. En toi, dès le premier jour, celui où tu m'acceptas à tes côtés comme seconde, celui des épreuves... J'ai vu en toi le digne Maître d'une guilde potentiellement puissante. Presque autant que la Guilde Blanche. Mais il manque aux Chevaucheurs ces liens de sang que nous avions. Il leur manque un chef qui oserait se poser en Maître sur eux tous. J'aurais aimé que tu acceptes d'être le ciment qui m'aurait liée à ton idéal. Jamais je n'aurais été sincèrement d'accord avec ceci, mais tu aurais disposé de moi comme tu l'aurais voulu... Je serais restée à tes côtés comme une arme implacable et docile... Je serais devenue pour toi ce que j'étais pour feu mes frères : exactement ce que tu aurais désiré.
Je crois que tu me prends pour plus inaccessible que je ne le suis en réalité. Je ne suis que l'enfant des guilde. J'ai été sculptée par mes mentors pour ceci, pour cette vie de meute... Je suis faite pour le sacrifice et l'obéissance... Mais jamais tu n'as su accepter ceci. Et je sais qu'en lisant ceci, l'idée te semblera toujours aussi révoltante.
Sans un contrôle j'aurais été trop destructrice pour Ynis. Et srutout pour toi, Dan. Tes valeurs sont ta plus grande valeur, ton courage, ton abnégation... Ta bonté. Tu es un homme de Bien. Ne laisse pas les lois te faire croire le contraire. Ne perds pas ton temps à tenter de t'imputer de viles intentions parce que tes sentiments ne sont pas les "bons"... cela n'enlève rien à ta valeur, à la beauté de ton être. Moi par contre, je t'aurais émaillé... Je suis une ombre, mais toi, tu n'en es que le maître... Pour toi je ne devais être qu'une arme... C'était le seul moyen de te protéger.
Le désir de rester auprès de toi est immense, mais je ne me résoudrais pas à rester tant que cela risquera de t'abimer. Mais je ne vais pas loin. Je réalise que je ne pourrais partir trop loin... Peut-être ai-je encore envie que tu deviennes mon Maître pour de bon. J'ai encore envie de te donner une chance d'user de moi comme d'une arme... Si tu devais avoir besoin de moi, et si tu le désirais, sâche que je serais toujours près. Je m'établirais dans un endroit dont tu auras connaissance...
A présent je te fais mes excuses pour tout ce que je t'aurais fait souffrir... Laisse moi une chance de me faire pardonner... Rejoins-moi à la nouvelle Lune là où pour la première fois j'ai découvert un peu de toi. Faute de mieux, je dormirais au phare pour le moment.
Je t'en pries...
Et ne t'inquiète pas pour moi, je sais m'en sortir... Je ne risque rien.
Son écriture était difficilement lisible tant elle tremblait. Pourtant elle était toujours finement étirée, délicate... Elle déglutit... Une larme vint rouler sur sa pommette. Elle reposa la plume sur l'énième feuille qu'elle avait entaché de son misérable message d'au-revoir, puis écrivit un dernier :
Pardon.
Namibe
Avec un rictus, elle se redressa. Elle avait laissé cela sur le bureau de Dan. A présent, elle pouvait s'en aller. Elle pouvait s'envoler pour sa nouvelle vie...
[FIN DU TOPIC POUR NAMIBE]
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